Mexique
Résistance et répression à Oaxaca
par Luis Hernández Navarro
Article publié le 9 octobre 2006

Oaxaca est un état plein de problèmes sociaux. Centre touristique du Sud du Mexique, ses enclaves sont entourées de quartiers miséreux soutenus par les remesas, l’argent envoyé par les travailleurs migrants. Sur son territoire sont à l’ordre du jour des luttes pour la terre, des affrontements avec les caciques et les coyotes [passeurs, ndlr], des disputes pour les conseils communaux, des revendications ethniques, des actions pour de meilleurs prix pour les produits agricoles et la résistance à l’autoritarisme de l’Etat. La violence politique contre les dissidents qui manifestent depuis le 15 mai est également à l’ordre du jour. Le mouvement s’est transformé en une convergence de nombreuses contradictions sociales de l’Etat. Près de 350 organisations, communautés indigènes, syndicats et associations civiles ont formé l’Assemblée Populaire du Peuple de Oaxaca (APPO, Asamblea Popular del Pueblo de Oaxaca.

Une partie importante de la société oaxaqueña [de Oaxaca], s’est solidarisée avec les instituteurs. Il n’est pas inhabituel que ces derniers participent à ces mouvements. Plus encore, beaucoup d’entre eux ont été organisés et dirigés par des professeurs. Le syndicat des enseignants est l’unique force sociale démocratique ayant une présence sur tout le territoire. C’est la seule organisation capable de faire sentir de manière coordonnée et simultanée son poids politique dans toutes les municipalités de cet état.

Les professeurs de Oaxaca travaillent dans des conditions précaires, avec très peu de ressources pédagogiques. Leurs élèves arrivent à l’école sans rien dans le ventre et doivent abandonner les cours pour aider leur famille aux travaux des champs. Bon nombre d’entre eux connaissent à peine leurs parents, parce qu’ils ont émigré aux Etats-Unis. Les salles de classe sont mal équipées. Et pour arriver aux communautés où ils travaillent, ils doivent investir du temps et de l’argent à se déplacer par des chemins qui n’existent que dans les rapports officiels. Dans ces conditions, l’identification des instituteurs avec les communautés dans lesquelles ils travaillent a été une constante dans l’histoire récente. Ils ne sont pas seulement devenus des activistes dans leur syndicat mais aussi des porte-parole des revendications communautaires.

Formation du mouvement des instituteurs

Les manifestations à Oaxaca ont commencé comme l’expression de la lutte du corps professoral pour une augmentation salariale au moyen de la « rezonification » pour vie chère. Il n’y avait dans cette lutte aucune nouveauté par rapport à des luttes similaires des années antérieures. Leur mobilisation s’est mise en marche à une date symbolique et traditionnelle : le 15 mai, journée de l’instituteur. C’est ainsi depuis des années. Le mouvement essaie d’utiliser comme il l’a fait à chaque succession présidentielle la conjoncture électorale pour augmenter sa capacité de pression.

Les protestations se sont radicalisées devant l’entêtement des autorités de l’Etat. Au lieu de se mettre autour d’une table pour négocier, le gouverneur [Ulises Ruiz] a d’abord menacé les enseignants et a envoyé ensuite ses policiers déloger par la force les enseignants campant dans le centre de la ville de Oaxaca. La répression sauvage le 14 juin a radicalisé ces derniers qui, depuis lors, ont exigé la destitution du gouverneur de l’Etat. Plutôt que de chercher des solutions, le gouvernement fédéral s’est désintéressé du conflit et a affirmé qu’il s’agissait d’un conflit local dans lequel il n’avait pas à intervenir.

Cette situation politique explosive s’est polarisée davantage encore à la suite des dernières élections pour le poste de gouverneur. Gabino Cué [1], avec le soutien de l’ex gouverneur Diodoro Carrasco [2] et une coalition de la majorité des partis d’opposition, ont affronté Ulises Ruiz, un des principaux hommes de main de Roberto Madrazo, candidat du Parti Révolutionnaire Institutionnel (PRI) à la présidence. La courte victoire du porte-drapeau du PRI [Ulises Ruiz, en 2004, ndlr] fut sévèrement remise en cause par les partisans de Cué, qui ont dénoncé une énorme fraude à son encontre. L’imposition fut consommée, mais les injustices ont survécu. La conjoncture s’est encore compliquée après la rupture du gouverneur Ruiz avec son prédécesseur José Murat [3].

La grève des enseignants de Oaxaca est un mouvement légitime qui cherche la satisfaction d’une série de revendications et d’une demande centrale : la « rezonificacion » [4] pour vie chère. Le coût de la vie à Oaxaca a augmenté dramatiquement, en partie de par la présence du tourisme. Par la voie de la « rezonification », les instituteurs de l’état demandent une augmentation de salaire compensant la hausse du prix du panier de la ménagère. Cette revendication est portée depuis 1979 par la Coordination des travailleurs de l’éducation (CNTE, Coordinadora Nacional de Trabajadores de la Educación) dans plusieurs Etats.

Les instituteurs de Oaxaca ont chassé le charrismo [5] syndical de la section 22 du Syndicat national des travailleurs de l’éducation (SNTE, Sindicato Nacional de Trabajadores de la Educación) depuis le 1er mai 1980. Ce jour-là, durant la célébration du Jour du travail, s’est déclenché un mouvement épurateur qui continue d’être vivant aujourd’hui encore. Les professeurs de Oaxaca ont 26 ans d’expérience de lutte ininterrompue. Durant cette période, plusieurs de leurs dirigeants ont été assassinés, on a essayé de leur imposer des représentants, ils ont été persécutés, la gestion de leur table de direction a été bloquée, mais tout a été vain. Ils ont survécu à cinq présidents de la République, à plusieurs gouverneurs et aux règnes de caciques syndicaux que sont Carlos Jonguitud Barrios et Elba Esther Gordillo [6]. Leur cohésion syndicale leur a permis d’affronter avec succès toutes les tentatives entreprises depuis le pouvoir pour les diviser.

Au-delà de leur militance syndicale, les travailleurs de l’éducation de Oaxaca ont une longue histoire de lien avec des organisations paysannes et indigènes. Dans une société où le monde rural a un poids très important, les instituteurs fonctionnent souvent comme les intellectuels organiques de la communauté. Leur connaissance de l’espagnol et des chemins scabreux des institutions les transforme souvent en gestionnaires des problèmes des villages. Tous les partis politiques obtiennent des cadres politiques du corps enseignant.

La responsabilité ressentie par les professeurs envers leurs communautés est telle que la plupart a renoncé à l’occupation de la capitale oaxaqueña pendant deux semaines, afin d’assurer la fin de l’année scolaire dans leurs communautés. Les classes terminées, ils sont retournés en ville pour poursuivre leur plan d’action. Ce sont eux qui occupent la ville de Oaxaca.

Le mouvement s’étend

L’appel des enseignants a rencontré rapidement un écho dans une très grande partie de la société oaxaqueña, qui l’a rejoint. Offensés tant par la fraude électorale par laquelle Ulises Ruiz est devenu gouverneur [en 2004, ndlr] que par la violence gouvernementale contre bon nombre d’organisations communautaires et régionales, des centaines de milliers de Oaxaqueños ont pris les rues et plus de 30 mairies.

Les manifestations ont coïncidé avec les élections fédérales [le 2 juillet 2006, ndlr]. Après avoir eu l’intention de les boycotter, les rebelles se sont mis d’accord pour promouvoir un vote de sanction contre le PRI et le Parti d’Action Nationale (PAN). Le 2 juillet, ils ont administré à ces deux-ci une sévère défaite dans l’état de Oaxaca. Le « tricolor  » [le PRI, ndlr] fut balayé. La Coalition « Pour le bien de tous » (Por el Bien de Todos) [de centre gauche dirigée au niveau fédéral par Lopez Obrador, ndlr] a gagné neuf des onze sièges de députés et les deux sièges de sénateurs de représentation à la majorité en jeu. Et si le « soleil aztèque » [la coalition en question, ndlr] a perdu deux positions, ce fut à cause de ses divisions internes et de la faiblesse de ses candidats. Malgré le fait que le gouverneur avait promis à Roberto Madrazo [candidat à la présidence de la République pour le PRI, ndlr] de lui apporter un million de votes, il a dû se contenter d’un peu plus de 350 mille, soit 180 mille voix de moins que celles remportées par Lopez Obrador.

Depuis lors, une très grande partie de la société ne reconnaît plus Ulises Ruiz comme gouverneur de l’Etat. Depuis que s’est tenue le 25 mai dernier la dernière réunion de la Commission de négociation élargie (Comisión Negociadora Ampliada) avec le mandataire, elle ne l’a plus revu. Elle ne négocie ni avec lui ni avec ses représentants. Elle n’accepte pas son argent ni ses programmes. Elle se dirige seule. Le 11 juillet, l’APPO a convoqué avec succès une journée de désobéissance civile et pacifique par laquelle elle a cherché à rendre manifeste l’ingouvernabilité et le manque d’autorité qui existe dans l’Etat.

Dans la protestation convergent des centaines d’organisations sociales, des communautés indigènes, des groupes citoyens et des organisations politiques avec un objectif central : la destitution du pouvoir en place dans l’Etat. La section 22 du SNTE a été au début la colonne vertébrale qui a structuré le mouvement. Mais maintenant, malgré son énorme importance numérique et sa capacité de mobilisation, c’est une île de plus dans l’archipel anti-Ulises Ruiz.

Le mouvement a assumé le contrôle politique de la ville de Oaxaca. S’il le considère pertinent, il bloque l’entrée des hôtels de luxe du centre-ville, l’aéroport local, bloque la circulation des avenues, empêche l’entrée dans les administrations et au Congrès de l’Etat.

Pour essayer de pallier la crise, Ulises Ruiz a changé plusieurs fonctionnaires de son cabinet, dont le secrétaire de gouvernement et les a remplacés par des membres des groupes du PRI qu’il avait démis du gouvernement de l’Etat. La manœuvre n’a pas eu plus d’effet. Ses problèmes ne sont pas seulement avec la classe politique de l’Etat mais avec la société dans son ensemble.

Dans le même sens, dans une action désespérée pour conserver le pouvoir, il a trahi son chef Roberto Madrazo, en proposant dans une réunion des gouverneurs priistas [du PRI] de reconnaître Felipe Calderon comme vainqueur du combat électoral. Depuis lors, il s’est entretenu à trois reprises avec le candidat présidentiel du PAN pour lui offrir son appui et chercher son aide. Le gouvernement fédéral, à la recherche d’alliés faire face aux manifestations contre la fraude électorale, a répondu en soutenant le gouverneur destitué.

Avec le temps, la situation s’est aggravée. Le 22 juillet, un groupe de 20 inconnus a ouvert le feu avec des armes de gros calibre contre les installations de Radio Universidad. La radio universitaire, gérée par le mouvement, est devenue un formidable instrument d’information et de mobilisation sociale. Le même jour, plusieurs inconnus ont jeté des cocktails molotov contre la maison de Enrique Rueda Pacheco, secrétaire général de la section 22 du SNTE. Quelques jours plus tard, des cocktails molotov ont été lancés contre le domicile de Alejandro Cruz, dirigeant des Organisations indiennes pour les droits humains (Organizaciones Indias por los Derechos Humanos).

Guerre sale

La violence physique dirigée contre des opposants n’est pas nouvelle à Oaxaca. Elle fait partie de la culture politique de la classe étatique. Des organisations paysannes, des communautés indigènes, le syndicat enseignant et des citoyens subissent des persécutions et des abus policiers depuis des décennies. Dans les années 80, Amnesty International a élaboré un long rapport documentant les violations des droits humains dans les zones rurales du Chiapas et de Oaxaca. Caciquismes, disparitions forcées, assassinats de dissidents politiques et détentions arbitraires ont été des instruments habituels de gouvernement dans les différentes administrations de l’Etat.

A Oaxaca, la guerre sale est de retour. La liste des atrocités commises par le gouvernement de Ulises Ruiz contre le mouvement des enseignants et l’APPO augmente jour après jour. Parallèlement à l’ingouvernabilité de l’Etat s’est déclenchée une grave crise des droits humains.

Assassinat de citoyens insurgés par la main de tueurs à gages et de policiers en civil, tirs d’armes à feu contre des journaux et des stations de radio indépendantes, kidnapping et torture de dirigeants sociaux par des brigades paramilitaires, menaces de mort, centres de détention clandestins, incendie d’autobus par des groupes de casseurs liés aux autorités priistes locales et détentions arbitraires sans mandat d’arrêt de leaders populaires sont quelques-unes des agressions commises contre le mouvement civil qui exige la démission du gouverneur de l’Etat.

La nouveauté de la violence locale contre les opposants qui est vécue actuellement est qu’elle se réalise contre le mouvement social le plus important et vigoureux depuis des décennies et qu’elle se fait de manière « extra officielle ». Cela signifie que la majorité des actes de répression sont exécutés par des policiers de l’Etat habillés en civil, qui ne reconnaissent pas l’être, et par des paramilitaires. A certaines occasions, ils ont pu compter sur le soutien de dirigeants municipaux de filiation priiste.

Le gouvernement de l’Etat ne reconnaît pas d’habitude sa responsabilité dans ces faits, bien que plusieurs détenus soient après emprisonnés dans des prisons de haute sécurité. Dans l’Etat, on vit un nouvel épisode de la guerre sale qui secoua notre pays dans les années 70 et 80 et qui a provoqué la disparition de 1 200 personnes.

Il s’agit d’une guerre sale parce que le pouvoir policier et judiciaire est utilisé de manière informelle et non réglementée contre le mouvement populaire. A la place de la violence légitime de l’Etat, nous assistons à l’usage de la violence illégale et illégitime par le (non)gouvernement de l’Etat, avec la complicité du gouvernement fédéral qui a permis que soient commises de graves violations des droits humains. Au lieu de la négociation politique, les autorités font un usage croissant de tactiques et procédures belliqueuses pour essayer de freiner la désobéissance citoyenne.

Pour « justifier » la guerre sale, s’est propagée la rumeur selon laquelle le mouvement populaire oaxaqueño a été « infiltré » par des organisations politico-militaires de gauche qui ont radicalisé la protestation. Mais la mobilisation contre le gouverneur, se plaçant explicitement dans le cadre de la désobéissance civile, a suivi des chemins clairement pacifiques. A aucun moment, les membres de l’APPO ont utilisé des armes à feu dans leurs actions. Leur radicalité vient de l’autoritarisme gouvernemental. L’origine de la violence se trouve ailleurs.

Une société organisée

La société oaxaqueña est fortement organisée en groupements ethno-politiques, communautaires, agraires, de producteurs, civils, syndicaux, de défense de l’environnement et des immigrants. Elle a construit de solides réseaux transnationaux permanents. Ce dense tissu associatif, forgé sur plus de trois décennies de luttes et à forte vocation autonome, a rompu massivement dans les trois derniers mois avec le contrôle du PRI et les médiateurs politiques traditionnels. Les méthodes traditionnelles de domination gouvernementale, basées sur une combinaison de cooptation, de négociation, de division, de manipulation des revendications et de répression se sont épuisées. Le modèle a littéralement explosé. La nouvelle guerre sale est ainsi devenue le dernier recours d’une classe politique acculée pour récupérer la chaîne de commandement-obéissance.

Acculé par le mouvement de résistance civile contre la fraude électorale, le gouvernement fédéral a fait du conflit oaxaqueño une monnaie d’échange avec le PRI. Il ne destitue pas le gouverneur qui n’est plus reconnu par les citoyens, mais il ne lui envoie pas non plus la Police fédérale anti-émeutes. Depuis le 3 juillet, sans la moindre gêne, Ulises Ruiz s’est jeté dans les bras de Felipe Calderón. Il compte sur son alliance avec le candidat du PAN pour se maintenir au pouvoir ou, le cas échéant, pour participer à la négociation autour de son successeur. Cette attitude du gouvernement fédéral permet à la violence illégitime des autorités de l’Etat de s’ouvrir un chemin sans opposition.

La lutte actuelle à Oaxaca répond à des motivations et des dynamiques particulières. Il n’y a pas d’organisation armée ni de parti politique capable de stimuler l’auto-organisation citoyenne autonome présente dans l’Etat, et qui est sa marque distinctive. Menacer avec le fantôme des guérillas est une tentative pour délégitimer une authentique protestation populaire que la bêtise gouvernementale a transformée en quelque chose s’apparentant à un soulèvement.

Il y a des luttes sociales qui préfigurent des conflits de plus grande envergure. Elles sont un signal d’alarme qui donne l’alerte sur de graves problèmes politiques sans solution dans un pays. Les grèves de Cananea et de Río Blanco constituent un des antécédents reconnus de la Révolution mexicaine de 1910-1917 [7]. La révolte de 1905 en Russie montra le chemin qui, 12 ans plus tard, fut parcouru par les Bolcheviques pendant la Révolution d’Octobre.

La mobilisation enseignante et populaire qui, depuis le 22 mai, secoue Oaxaca est une expression de ce genre de protestations. Elle a mis en lumière l’épuisement d’un modèle de gouvernement, la crise de relation existante entre la classe politique et la société, et la voie que le mécontentement populaire peut prendre dans un futur proche dans tout le pays.

A Oaxaca, la désobéissance civile est très près de devenir un soulèvement populaire qui, loin de s’épuiser, grandit et se radicalise jour après jour. Le mouvement a cessé d’être une lutte traditionnelle de protestation et a commencé à se transformer en un embryon de gouvernement alternatif. Les institutions gouvernementales locales sont de plus en plus des coquilles vides sans autorité, tandis que les assemblées populaires deviennent des instances dont émane un nouveau mandat politique.

Au train où vont les choses, l’exemple de la commune naissante de Oaxaca est loin de se circonscrire à son Etat. Au moment le plus inattendu elle pourrait préfigurer ce qui peut se passer à travers tout le pays si on ne nettoie pas les « cochonneries » commises pendant les élections du 2 juillet.

Ressources :

— Hernández Navarro, Luis. Oaxaca : la muralla autoritaria : http://www.jornada.unam.mx/2006/06/15/004a1pol.php (15/06/2006).

— Hernández Navarro, Luis. La comuna de Oaxaca :http://www.jornada.unam.mx/2006/07/25/021a1pol.php (25/07/2006).

— Hernández Navarro, Luis. Oaxaca : el regreso de la guerra sucia : http://www.jornada.unam.mx/2006/08/15/023a2pol.php (15/07/2006).

— Hernández Navarro, Luis. Oaxaca, magisterio y lucha armada : http://www.jornada.unam.mx/2006/08/29/025a2pol.php (29/09/2006).

Notes :

[1[NDLR] Gabino Cue Monteagudo est un homme politique mexicain, membre de Convergencia. Il est actuellement sénateur de la République pour l’état de Oaxaca. Il a été candidat au poste de gouverneur en 2004 mais a été vaincu par Ulises Ruiz.

[2[NDLR] Diódoro Carrasco Altamirano est un homme politique mexicain. Ancien membre du Parti révolutionnaire institutionnel, l’ancien parti d’Etat, il a été gouverneur de l’état de Oaxaca de 1992 à 1998 et a soutenu le candidat du PAN, Felipe Calderon, à la dernière élection présidentielle.

[3[NDLR] José Murat Casab est un homme politique mexicain membre du Parti révolutionnaire institutionnel. Il fut gouverneur de l’état de Oaxaca de 1998 à 2004.

[4[NDLR] La « rezonificación » serait une réévaluation du coût de la vie, qui impliquerait une hausse du salaire minimum des instituteurs.

[5[NDLR] Au Mexique, le charrismo syndical désigne l’alliance entre leaders syndicaux et l’appareil gouvernemental et patronal.

[6[NDLR] Dirigeants syndicaux du SNTE et politiques liés au Parti révolutionnaire institutionnel.

[7[NDLR] Au début du 20e siècle, deux grèves d’une grande importance marquèrent l’histoire de l’origine du mouvement ouvrier mexicain. Durant la dictature de Porfirio Díaz, il était interdit aux travailleurs de s’organiser, de manifester et de se rebeller pour défendre leurs droits. Malgré cela, en juin 1906, dans l’état de Sonora, des travailleurs des mines de Cananea lancèrent une grève pour des salaires plus élevés et pour être traités plus équitablement par rapport aux employés états-uniens. Plusieurs travailleurs trouvèrent la mort ou furent blessés. L’année suivante, en janvier 1907, une autre grève éclata dans la région de Orizaba, dans l’état de Veracruz. Des travailleurs du secteur du textile de Rio Blanco se mirent en grève à cause de leurs mauvaises conditions de travail. Il y eut également de nombreux morts et blessés.

Source : IRC Programa de las Américas (http://www.ircamericas.org/), 19 septembre 2006.

Traduction : Frédéric Lévêque, pour le RISAL (www.risal.collectifs.net).

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