Equateur : chronique d’une rébellion
par Ana María Larrea
Article publié le 4 mai 2005

En une semaine, l’Equateur a été témoin d’insolites transformations. Un nouveau gouvernement annonce de profonds changements dans la gestion du pays. D’un régime qui se reconnaissait lui-même comme le meilleur ami des Etats-Unis, on est passé à un gouvernement qui demande publiquement à Condoleezza Rice de ne pas interférer dans les affaires internes. D’un président qui demandait au Congrès d’étudier la possibilité de concéder l’immunité aux soldats nord-américains, à un régime qui annonce non seulement que cette immunité ne sera pas concédée, mais qu’en plus l’accord de la base de Manta sera revu [1]. D’une politique économique totalement orthodoxe et fidèle aux mandats du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale, à de surprenantes annonces d’investissements plus importants pour le secteur social au moyen de l’élimination du Fond de stabilisation pétrolière, utilisé auparavant pour payer la dette extérieure [les bénéfices du négoce pétrolier profitant aux créanciers du pays].

Et tout cela grâce à la rébellion des « hors-la-loi », qui ont piétiné l’échiquier du système politique équatorien, en exigeant d’être les maîtres (et maîtresses) de leur propre destin par une protestation aux répertoires multiples, extrêmement créative, spontanée, sans partis politiques ni directions visibles.

Un mécontentement accumulé

Si le mouvement des « hors-la-loi » a surgi de manière spontanée au moyen d’une convocation faite par une femme qui proposa le mercredi 13 avril, sur Radio La Luna, de réaliser un « cacerolazo » [concert de casseroles] le soir même, les racines qui ont permis son apparition et qui l’alimentent sont bien plus profondes.

Le renversement de présidents au cours de la dernière décennie en Equateur n’est pas une nouveauté. En huit ans, l’Equateur a eu huit présidents. Tous les présidents élus par vote populaire depuis 1996 ont été expulsés de Carondelet [Le palais présidentiel]. Les Equatoriens ne souhaitaient pas que le troisième renversement d’un président soit à nouveau « récupéré » par les secteurs dominants et les partis politiques. Dans les deux occasions précédentes, ce fut le peuple qui protesta dans les rues, les militaires qui arbitrèrent la succession, et les partis politiques qui décidèrent de qui devait être le successeur. Après le renversement de Bucaram [2], dans la désormais célèbre camionnette qui parcourait les rues de Quito en proclamant le triomphe du peuple équatorien, se trouvaient les dirigeants des partis politiques traditionnels ; tandis que lors du renversement de Mahuad [3], ce furent les dirigeants d’alors du mouvement indigène qui proclamèrent la victoire, avec les colonels de la République. Même si dans les deux cas, la protestation populaire avait eu comme toile de fond la crise économique avec les classiques mesures de stabilisation, le changement de président n’a pas signifié de reformulation des politiques publiques ou un virage par rapport au modèle de développement en vigueur. Au contraire, les nouveaux locataires de Carondelet accélérèrent les réformes néolibérales promues par le FMI. Il existait alors dans la société un fort sentiment de frustration, en voyant qu’après la protestation populaire suivaient les petits arrangements du pouvoir, et qu’il n’y avait pas de changements substantiels. Cette fois-ci, les dirigeants politiques ont été expulsés de la protestation sociale, sous le slogan « qu’ils s’en aillent tous ! ».

La rébellion des « hors-la-loi » rend compte de la profonde crise du système politique équatorien, crise qui n’est pas nouvelle mais qui s’est intensifiée ces dernières années. L’élection du colonel Gutiérrez à la présidence de la République fut justement le résultat de l’épuisement du système politique. Les électeurs de Gutiérrez voyaient en lui une personne nouvelle qui n’appartenait pas aux partis politiques traditionnels, qui avait été à la tête d’une rébellion contre le gouvernement à l’origine de la dollarisation [4] et de la concession aux Etats-Unis de la base de Manta, et qui, en alliance avec le mouvement indigène et les mouvements sociaux, offrait un programme de gouvernement de type « progressiste ».

Cependant, le programme de gouvernement du colonel changea radicalement après le premier tour électoral. Loin d’être un « progressiste », Gutiérrez fut un fonctionnaire docile de l’ambassade nord-américaine, hypothéquant la souveraineté du pays. Sa politique économique fut totalement orthodoxe et fidèle aux mandats du FMI et de la Banque mondiale. La politique sociale fut réduite à la distribution de cadeaux et à l’achat éhonté de dirigeants sociaux. Le mouvement indigène fut érodé, fragmenté et divisé comme jamais auparavant dans son histoire. La violence politique gagna du terrain dans le pays. Des groupes sociaux défenseurs du gouvernement furent armés sous la protection de la force publique.
Ne comptant pas sur une structure de pouvoir qui lui permette de consolider son mandat, le colonel s’est allié avec tous et chacun des partis politiques, à différents moments selon les volatiles conjonctures du pays, conservant comme piliers de sa gestion les forces armées et l’ambassade nord-américaine.

En septembre 2004, après une réunion avec Bucaram au Panamá, le colonel scelle sa dernière alliance, celle qui plus tard le mènerait à sa chute : l’alliance avec le Parti Roldosista Ecuatoriano [5]. Gutiérrez devient alors partie intégrante d’une dispute intra-oligarchiste : allié à Bucaram et à Noboa [6], il commence à saper quelques-unes des sources de pouvoir de Febres Cordero [7]. La gauche et les mouvements sociaux sont incapables d’avoir une position autonome et unitaire qui présente d’autres options au pays.

Après une tentative échouée de l’opposition de juger politiquement Gutiérrez, le colonel parvient à établir une majorité au Congrès national, qui se partage les postes du Tribunal suprême électoral et du Tribunal constitutionnel. Finalement, en décembre 2004, cette majorité commandée depuis la présidence de la République, destitue inconstitutionnellement la Cour suprême de justice et nomme de nouveaux juges. On commence à accuser Gutiérrez d’être un dictateur. Depuis décembre, l’opposition au sein du Congrès essaye, sans succès, de révoquer la nouvelle Cour suprême.

Les protestations exigeant le retour à l’état de droit ne se font pas attendre : de gigantesques marches à Quito, Guayaquil et Cuenca menées par les autorités locales tentent de canaliser le mécontentement citoyen. Le maire de Guayaquil convoque une marche « civique » et non politique, pour l’autonomie et la sécurité de Guayaquil. A Quito et Pichincha, les autorités locales et l’Assemblée de Quito prennent leurs distances face à cette posture, et convoquent une marche politique contre le dictateur, pour la démocratie et le retour à l’état de droit. La marche de Cuenca demande le retour à l’état de droit, une consultation populaire pour la signature du traité de libre-échange [en cours de négociation avec les Etats-Unis] et des travaux (publics) pour la région.

Cependant, le peuple démontra être beaucoup plus en avance que ses supposés leaders. Alors que la clameur unitaire dans les marches était le départ de Gutiérrez, les leaders s’efforçaient de la réduire au changement de la Cour suprême de justice. La société quiteña [de Quito] commença à vivre un processus de politisation très intense. La discussion sur le sens de la protestation envahit les espaces publics et privés. L’éventail idéologique des participants des marches était très vaste. Plusieurs voix ont émergé pour demander qu’en plus du départ du colonel dictateur on réfléchisse sur les thèmes de fond de la politique équatorienne.

Le gouvernement minimise les protestations et un mois plus tard, le nouveau président de la Cour suprême classe les plaintes contre Bucaram, Dahik [8] et Noboa, autorisant le retour au pays des ex-autorités. Le retour de Bucaram accroît la colère de la population de Quito, déjà mobilisée.

Pour le 13 avril, les autorités de Pichincha et de Quito annoncent une grève provinciale. Une grève à faible mobilisation, car jusqu’au jour précédent, la tenue de la protestation dépendait de si on allait parvenir ou non au Congrès à destituer la Cour suprême de justice. Une convocation marquée en outre par la propre dispute à l’intérieur de la Izquierda Democratica (Gauche démocratique - parti social-démocrate), entre les positions les plus conservatrices du maire de Quito et celles plus radicales du maire de Pichincha. Le Congrès ne destitua pas la Cour, et la grève s’est faite avec des résultats moyens, et une gigantesque répression. A nouveau, les leaders politiques n’ont pas pu canaliser le mécontentement populaire.

Une protestation « hors-la-loi »

Le 13 avril, Radio La Luna [9] ouvre ses micros au public pour l’une des ses désormais célèbres « tribunes citoyennes ». Radio La Luna s’est caractérisée par l’accompagnement constant des processus de lutte du peuple équatorien, elle a joué un rôle important dans les renversements de Bucaram (1997) et Mahuad (2000) . Elle a maintenu une position critique face au gouvernement de Gutiérrez, elle doit répondre à un procès intenté par le régime qui essaye de lui retirer sa fréquence, et son directeur a subi de nombreuses menaces.

Dans la « tribune citoyenne » du 13 avril, La Luna s’interroge sur de nouvelles formes de protestation. Une dame propose de protester le soir même, une autre suggère que la rencontre ait lieu sur la Avenida de los Shyris, et c’est de cette manière que se met en place le premier « cacerolazo » contre Gutiérrez. Plus de cinq mille personnes se donnent rendez-vous sur la Avenida de los Shyris avec leurs casseroles, et un énorme répertoire de slogans contre le colonel. Une fois terminé le « cacerolazo  », une centaine de personnes se dirige vers le domicile de Gutiérrez pour poursuivre la protestation. Le lendemain, l’ex-président les traite de « hors-la-loi ». Commencent alors à apparaître des milliers d’affiches collées sur les automobiles quiteñas disant « Moi aussi je suis un(e) hors-la-loi  ». Les éléments d’identité du mouvement spontané commencent à se configurer, et les « hors-la-loi » se multiplient d’une nuit à l’autre, utilisant pour la convocation à la mobilisation la radio, le courrier électronique, et les téléphones portables.

Après le « cacerolazo », il y eut le « reventón », puis le « tablazo », puis le « rollazo », le dimanche 17 ce fut le « golpe de estadio » pendant les matchs de football [10]. Chaque soir la protestation regroupait plus de gens, et la créativité débordait. Il est important de mentionner l’immense participation des enfants à la radio et dans les rues. Le vendredi 15, le colonel décrétait l’état d’urgence, et dissolvait la Cour suprême de justice. Malgré l’état d’urgence, l’armée ne descend pas dans les rues pour contrôler les protestations. Le lendemain, Gutiérrez se voit obligé de déroger le décret. Le samedi 16, les manifestants tentent d’atteindre le palais de gouvernement, à deux rues de Carondelet, les « hors-la-loi » crient « Soldat, soldat, laisse-nous passer, nous voulons juste dire bonjour », la répression augmente.

Le lendemain, dans une interview accordée à CNN, Gutiérrez minimise la protestation en disant qu’il s’agit de vingt mille personnes tout au plus, qui ne sont pas représentatives de Quito, et encore moins du pays. Les « hors-la-loi » décident alors de montrer au colonel combien ils sont, et se convoquent pour le mardi 19 avril au Parc de la Carolina. Commencent à apparaître de nouveaux visages dans ce qui jusqu’alors, avait été à la base un mouvement des classes moyennes de Quito : les secteurs populaires rejoignent la protestation. Du parc de la Carolina part une énorme marche d’environ 150 mille personnes en direction de Carondelet. Après une forte répression policière, Julio Garcia, photographe chilien-équatorien meurt asphyxié par les gaz lacrymogènes.

Renán Borbúa, cousin du colonel, annonce depuis Guayaquil qu’il arrivera à Quito accompagné de gens pour défendre le président. Dans la matinée du 20 avril, les « hors-la-loi » avaient convoqué le « mochilazo » [11], la protestation des jeunes collégien(ne)s. Tandis que les étudiants se trouvaient sur la Avenida de los Shyris, des groupes armés convoqués par Borbúa commençaient à arriver en ville par dizaines d’autobus. Les « hors-la-loi » se concentrent aux diverses entrées de Quito pour protéger la ville qui commence à se sentir assiégée par les défenseurs du régime. Des affrontements ont lieu. Depuis le ministère du Bien-être social, des jeunes armés tirent sur la foule sous la direction du sous-secrétaire du Bien-être social, Bolívar Gonzáles. Une protestation qui jusqu’alors s’était caractérisée par son côté pacifique et festif commence à devoir faire face à la violence.

Pendant ce temps, l’ambassadrice des Etats-Unis, Kristie Keney déjeune à Carondelet avec Gutiérrez. Jusqu’au jour précédent, Condoleeza Rice avait fait des déclarations de soutien au régime. L’ambassadrice abandonne le palais, et à 10h30, le commandant général de la police présente sa démission, argumentant qu’il n’est pas disposé à se prêter à l’affrontement entre Equatoriens. Quelques heures plus tard, l’opposition parvient à un accord au Congrès national, elle destitue le président et le premier vice-président du Congrès, nomme une nouvelle vice-présidente, qui est chargée de diriger la session, et destitue le président de la République par 60 voix, pour abandon de la fonction de président constitutionnel. Quelques minutes plus tard, les forces armées déclarent publiquement qu’elles ont retiré leur soutien au colonel, et qu’elles abandonneront le palais du gouvernement. Le Congrès investit le vice-président de la République, Alfredo Palacio, en tant que nouveau président. Mais la force publique ne protège pas le nouveau chef de l’Etat, elle ne le fera que six heures plus tard, le laissant au milieu d’une foule en colère qui exige que tous s’en aillent, et qu’il y ait des changements profonds dans la gestion du pays. Plusieurs députés furent frappés, le nouveau président fut forcé de se cacher pour éviter d’être agressé, et la police brilla par son absence.

Parallèlement, un groupe de « hors-la-loi » s’est rendu à l’aéroport pour empêcher la fuite de Gutiérrez. L’avionnette dans laquelle il se trouvait ne put décoller de la piste en raison de la présence des manifestants. Finalement, Gutiérrez fut sauvé par un hélicoptère. Le gouvernement brésilien accepta la demande d’asile politique présentée par le colonel.

Le pays après Gutiérrez

Lucio Gutiérrez laisse derrière lui la plus grande crise institutionnelle de l’histoire récente de l’Equateur. Un pays fragmenté, divisé mais disposé à se reconstruire à partir de nouveaux énoncés. Un pays sans cour de justice, avec des institutions fragiles et totalement discréditées, un manque de confiance dans la gestion de la chose publique, une crise totale de représentation tant des partis politiques que des organisations sociales. La crise du système politique équatorien a entraîné avec elle les organisations sociales, qui se trouvent divisées elles aussi, et prises dans le jeu institutionnel pour lequel beaucoup d’entre elles ont opté.

Il nous reste aussi un peuple mobilisé, critique et disposé à construire un nouveau pays de ses propres mains. Des classes moyennes radicalisées, qui se sont mobilisées massivement pour un avenir meilleur. Un mouvement majoritairement composé de femmes et de jeunes qui ne sont pas disposé(e)s à ce que leur voix ne soit pas écoutée.

Cependant, le manque d’organisation, l’une des caractéristiques les plus novatrices des « hors-la-loi », et qui a contribué au succès de la protestation, est aussi l’une des ses principales limites au moment de faire des propositions et de construire ce pays différent. Si l’Equateur a pu apprécier la grande quantité de revendications du mouvement, les arguments politiques de fond sont dilués, avec une large gamme de contenus différents et contradictoires, certains de nature révolutionnaire, d’autres de nature autoritaire voire fasciste. La seule revendication à faire consensus fut le départ du président et celui de toute la classe politique, et la refondation du pays à partir du peuple. Mais un peuple encore non organisé, avec lequel il est difficile de parler vu qu’il n’a pas construit de référents visibles, et où semblent encore confus les contenus programmatiques pour la fondation de ce pays rêvé. Dans certains endroits se créent des assemblées populaires, qui peuvent se constituer en référents pour la construction d’une nouvelle démocratie plus participative. Il faudra voir si ces embryons d’organisation parviennent à se maintenir et à avoir une incidence sur la vie publique.

La rébellion des « hors-la-loi » laisse aussi perplexe une classe politique qui était habituée à l’échange de faveurs, aux petits arrangements, au jeu de leviers, à la corruption et qui maintenant sera surveillée, remise en cause et combattue. Car une démocratie sans la voix des « hors-la-loi » n’est plus possible.

Notes :

[1En 1999, les gouvernements équatorien et étasuniens signaient une convention octroyant, pour une période de 10 ans renouvelables, l’usage de la base militaire de la côte pacifique de Manta à l’armée nord-américaine. Les bases navale et aérienne de Manta, en Équateur, sur la côte, à une heure de vol de la frontière colombienne sont sous la juridiction exclusive de Commandement Sud (SouthCom) des forces armées états-uniennes. Manta est un centre de commandement de la marine et de l’aviation, dirigeant notamment des opérations clés des mercenaires de la Dyncorp. (ndlr)

[2Abdalá Bucaram Ortiz fut élu président de la République d’Equateur pour la période d’août 1996 à août 2000. Il fut cependant rapidement renversé par le mouvement social (1997) et quitta le pays pour se réfugier au Panama suite aux accusations de corruption dont il était l’objet. (ndlr)

[3Jamil Mahuad, élu en août 1998, renversé et destitué en janvier 2000 suite à un soulèvement populaire. (ndlr)

[4La monnaie équatorienne est le dollar depuis plusieurs années. (ndlr)

[5Le parti de Bucaram. Lié au groupe économique de la famille Isaías, qui a dirigé jusqu’en 1999 la plus grande banque du pays, dont la faillite a entraîné le pays vers la dollarisation. (ndlr)

[6Gustavo Noboa Bejarano, vice-président de la République entre 1998 et 2000 sous le gouvernement de Jamil Mahuad, devint président de la République équatorienne après le soulèvement du 21 janvier 2000. Suite aux élections de 2002 et à la victoire de Lucio Gutierrez, il fuit la justice de son pays qui l’inculpa d’irrégularités dans la renégociation de la dette extérieure, en favorisant les détenteurs de bons qui ont pu ainsi réalisé de plantureux profits sur le dos du pays. (ndlr)

[7Leader du Parti social chrétien. A des intérêts dans les secteurs financiers et du pétrole.

[8Ex vice-président de la République. Accusé en 1995 de détournement de fonds, il avait fuit au Costa Rica. (ndlr)

[10Il s’agit des termes donnés aux différentes formes utilisées par la population pour se manifester et exprimer son rejet de gouvernement. Le « reventon » consistait à faire exploser des ballons pour faire le plus de bruit possible, le « tablazo » à frapper des tablettes, le « rollazo » à sortir avec du papier hygiénique pour « nettoyer la merde » et le « golpe de estadio » à protester massivement contre le gouvernement dans les stades de football. (ndlr)

[11de mochila, sac à dos

Source : Rebelion (www.rebelion.org/), 30 avril 2005.

Traduction : Isabelle Dos Reis et Frédéric Lévêque, pour RISAL (www.risal.collectifs.net/).

Les opinions exprimées et les arguments avancés dans cet article demeurent l'entière responsabilité de l'auteur-e et ne reflètent pas nécessairement ceux du Réseau d'Information et de Solidarité avec l'Amérique Latine (RISAL).
RISAL.info - 9, quai du Commerce 1000 Bruxelles, Belgique | E-mail : info(at)risal.info