Elections présidentielles le 9 avril
Le Pérou entre le nationalisme indigéniste et le retour de la droite
par Ernesto Tamara
Article publi le 10 mars 2006

La campagne électorale au Pérou est entrée dans sa dernière ligne droite avec la guerre des sondages mettant actuellement aux prise trois candidats : Lourdes Flores pour l’alliance de droite Unité nationale (UN), Alan Garcia, candidat du Parti apriste péruvien (PAP), et Ollanta Humala pour le Parti nationaliste péruvien (PNP). Le dernier sondage attribue 27%  Flores, 20%  Garcia et 19%  Humala, après une série de dénonciations contre l’ex-militaire et candidat nationaliste pour de supposées violations des droits humains quand il combattait [la guérilla du] Sentier lumineux.

La candidature du militaire  la retraite  la présidence du Pérou, Ollanta Humala, a déchaîné une campagne médiatique pour le discréditer, sans qu’il y ait eu de discussion sur son projet politique ou sur son programme de gouvernement, tandis que des observateurs politiques dénoncent un accord entre les patrons, les médias et l’ambassade nord-américaine pour empêcher toute possibilité de victoire du candidat nationaliste, qui a évité jusqu’ maintenant de conclure des accords avec la gauche.

La guerre des sondages le situe un jour en première position ou en ballottage avec la candidate de droite Lourdes Flores, le lendemain en deuxième position, et maintenant [en troisième] derrière l’ex-président Alán García [1].

La candidature d’Humala préoccupe les secteurs les plus puissants du pays, bien que ces derniers n’en donnent pas la raison.

Peut-être ses dernières apparitions auprès du président vénézuélien Hugo Chávez ou son intention annoncée de rencontrer le dirigeant cubain Fidel Castro sont-elles  l’origine de ces craintes, car le discours du candidat  la présidence est resté sur le terrain du nationalisme et du populisme.

C’est que le Pérou a été tout au long du siècle dernier une source de développement du populisme et du nationalisme, parfois lié au marxisme latino-américain, qui a gagné d’autres pays de la région, et qui a enclenché des processus qui ont remis en cause les bases des relations de dépendance.

Aussi bien le populisme du fondateur de l’Alliance populaire révolutionnaire américaine (APRA), Víctor Raúl Haya de la Torre, que le marxisme latino-américain rénové de José Carlos Mariátegui ou encore le processus militaire du général Juan Velasco Alvarado [2], ont gagné tout le continent et y ont impulsé un processus de lutte.

Humala n’a pas revendiqué un fil conducteur qui relierait son projet  ces expériences, bien qu’il ait manifesté son admiration pour Velazco Alvarado, mais la seule mention du nationalisme et du populisme au Pérou réveille des peurs endormies dans les sommets du pouvoir.

La candidate de droite Lourdes Flores pourrait d’après les sondages remporter les élections d’avril, alors que le président Alejandro Toledo, qui n’a pas mené une politique très différente de celle proposée par Flores, souffre depuis plus de deux ans du plus mauvais indice de satisfaction de tous les présidents du continent pour l’évaluation de son mandat, avec un pic d’ peine 7% d’opinions favorables parmi la population et une moyenne qui ne dépasse pas 10%. Flores, bien qu’elle ne dirige pas la liste du parti actuellement au gouvernement - dont le candidat a renoncé - représente de fait l’option la plus proche du gouvernement actuel des prochaines élections.

Sachant cela, il est difficile d’accepter les sondages qui accordent  Flores la première position, et les soupçons d’une man“uvre entre l’ambassade nord-américaine, les médias et les patrons pour assurer son triomphe et empêcher que la candidature d’Humala soit une alternative réelle, deviennent plus crédibles.

Les secteurs de gauche du Pérou reconnaissent que leurs divergences sont importantes avec le projet politique d’Humala, mais ils se sont montrés disposés  l’appuyer pour renforcer les chances d’en finir avec le modèle néolibéral d’abord impulsé par Alberto Fujimori [3], ensuite par le président Toledo, et maintenant par sa successeur désignée Flores.

Les espoirs de changement placés dans la présidence de Toledo se sont envolés en peu de temps. Son image d’opposant au gouvernement de Fujimori, ses dénonciations de la fraude électorale, des violations des droits humains, avaient créé l’illusion que durant son mandat les choses allaient changer. Pourtant, dans un retournement de veste politique dont la région est coutumière, Toledo a poursuivi le projet politique de son prédécesseur, se bornant  maquiller certains aspects de la politique des droits humains en créant la Commission de la Vérité [4], mais sans mettre en “uvre de manière décidée ses recommandations, allant jusqu’ utiliser les mêmes pratiques de corruption pour se maintenir au pouvoir et y faire accéder ses amis.

Humala était sur le point de ne plus pouvoir se présenter en janvier dernier,  la veille de la clôture des inscriptions des candidatures aux élections, quand la sienne fut contestée par l’avocat Julio Quintanilla, proche du candidat présidentiel Fernando Olivera du Front indépendant moralisateur (FIM) - qui ensuite a renoncé -, pour violation de la loi électorale.

Selon Quintinilla, Humala, ne pouvait pas, en tant qu’initiateur, fondateur et président du PNP, s’inscrire et présenter sa candidature  la présidence du pays pour une autre organisation, comme il le fit pour Union pour le Pérou.

Le juriste affirme qu’une telle action est interdite par la loi électorale, qui établit qu’une personne inscrite dans un parti ne peut être candidate pour un autre que si elle démissionne du premier cinq mois avant ou si elle reçoit de celui-ci une autorisation expresse.

Pourtant, la Cour électorale a rejeté la plainte.

Humala dénonce que depuis des mois les forces de l’oligarchie ont engagé des actions pour le discréditer et pour empêcher sa candidature.

Le dirigeant du Parti nationaliste péruvien (PNP) fait remarquer que les man“uvres contre sa candidature ont commencé depuis le début de l’année quand il a décidé de créer cette organisation. Il affirme que depuis lors il est suivi par les services secrets nationaux - « J’en ai des preuves  », assure-t-il - et il rappelle qu’un général s’est même permis de faire contre lui des « déclarations franchement belliqueuses  ».

Il indique que « même le premier ministre, le citoyen nord-américain (Pedro Pablo) Kuczynski  » s’en est pris  lui « en violation flagrante de la loi électorale et sans que le système politique réagisse, parce qu’il s’agit d’Humala  ». « Il n’a même pas hésité  s’en prendre  ma famille, en l’utilisant politiquement contre moi  ».

Le candidat  la présidence soutient que « ces man“uvres démontrent le désespoir et la désorientation morale du gouvernement de Toledo et des classes politiques du pays  » face  la montée du nationalisme dans les intentions de vote.

« Nous avons obtenu un important soutien parmi les citoyens, derrière nous il y a cinq millions d’électeurs, nous sommes déj la première force électorale du pays  », a-t-il proclamé. Il affirme que cette réalité désespère les politiciens péruviens traditionnels, qui devant l’échec de leurs précédentes man“uvres recourent maintenant  une argutie juridique pour disqualifier le courant nationaliste et son candidat.

L’ethnocacérisme

Le mouvement ethnocacériste milite pour une patrie indigène comprenant des territoires situés aujourd’hui au Pérou, en Bolivie, en Equateur, au Chili et dans une partie de l’Argentine. Le nom de ce mouvement, auquel appartiennent le père et des frères du candidat  la présidence Ollanta Humala, s’inspire de la figure du maréchal Andrés Avelino Cáceres, qui dirigea les « montoneras  », majoritairement composés d’indigènes qui ont résisté  l’occupation chilienne du Pérou  l’époque de la guerre du Pacifique [5]. A cause de cela, certains le considèrent comme un mouvement « anti-chilien  », surtout parmi ses partisans en Bolivie.

Le père d’Ollanta est l’avocat Isaac Humala, fondateur de l’Institut des études ethnogéopolitiques. Il revendique avec orgueil ses ancêtres curacas (chefs administratifs de l’empire Inca). Ce qui fait la force en partie du mouvement ethnocacériste est mise en avant de l’indigène et du cholo [6] face au « blanc  » dans un pays  forte discrimination raciale.

Des médias chiliens ont averti, il y a quelque temps, du danger supposé d’une victoire d’Ollanta Humala, en signalant que son frère, Antauro, qui pourrait être ministre de la Défense s’il parvient  la présidence, a annoncé que son pays reprendra Arica [7]. Ils citent pour cela une déclaration d’Antauro de juillet 2001, où il disait que « Arica va revenir  notre peuple... profitez-en tant que vous le pouvez  », et il soutenait que le Chili est un pays « constitué presque uniquement d’immigrants  » qui « ont négligé le peuple Araucano [8]  ». Et dans une autre interview il a déclaré : « Nous considérons que le moteur du changement, avant un Lénine ou un Mao, est un Manco Capac [9]...  »

La presse péruvienne a elle aussi tenté d’effrayer les Péruviens avec le danger d’une guerre avec le Chili si Humala parvient  la présidence. Par exemple, il est écrit dans la revue Caretas que « avec un possible gouvernement ethno-nationaliste, un affrontement avec le Chili serait imminent, de même qu’avec l’Equateur, si la Confédération nationale indigène ne gouverne pas dans ce pays du nord  » [10]. « Dans le cas contraire, le scénario le plus souhaitable, avec une Bolivie d’Evo Morales, serait celui de la formation d’un axe tahuantinsuyen (par allusion au Tahuantinsuyo [11], ou royaume des quatre nations) entre les trois pays, réalisant ainsi un rêve bolivarien [12] sur une base inca  ».

Ce que pense Ollanta

Le candidat  la présidence du Pérou a pris ses distances par rapport aux aspects extrêmes de l’ethnocacérisme, et dans ses déclarations dans divers médias, il a adopté une posture plus pragmatique. Il se considère anti-impérialiste, «  quel qu’il soit  », nationaliste, et disposé, dit-il,  intégrer la gauche et la droite  son gouvernement.

« Mon nationalisme est une lutte contre la globalisation qui va  l’encontre des intérêts nationaux, et dans ce nationalisme peuvent tenir aussi bien les forces de gauche que les forces de droite. Nous ne faisons pas de discrimination idéologique. Au Pérou, la gauche est divisée et ne rassemble pas un grand électorat. Pourtant, moi, je leur ouvre les portes. Et le secteur patronal, national, est maintenant au bord de la faillite  cause du néolibéralisme. Ceux qui se considéraient de droite sont pour le nationalisme. Et nous leur ouvrons aussi les portes.  »

Il soutient que le Pérou doit être libre et souverain, administrer ses ressources naturelles, mais il assure qu’il n’expropriera pas les multinationales.

« Nous avons des ressources naturelles mais ce sont les multinationales qui les gèrent. Souvent elles ne paient ni impôts ni royalties. Regardez le cas de Cajamarca. C’est le deuxième producteur d’or au monde et le deuxième département le plus pauvre du Pérou. Il est dans les mains du consortium Yanacocha, de l’entreprise nord-américaine Newmont. Mais il y a aussi l’espagnole Repsol, qui va maintenant construire une usine pour commercialiser notre gaz de Camisea. A Camisea, où il y a l’argentine Pluspetrol et Repsol, un contrat a été établi pour les royalties sur la base des prix de l’an 2000. A l’époque, le million de pieds cubiques [mesure liquide américaine] de gaz valait 1,25 dollars, et maintenant il est  9 dollars, mais les redevances sont les mêmes qu’en 2000  ». Il soutient que ces ressources doivent être nationalisées et précise que « par nationalisation, je veux dire y participer comme propriétaire, avec un pourcentage de l’actionnariat. Il s’agit de négocier avec les entreprises pour qu’elles continuent  investir  ».

Pour y parvenir, il propose de modifier la constitution de la République. Cette constitution, affirme t-il, est « néolibérale  », et c’est « un permis pour abuser pour le grand capital multinational  ».

Il rappelle que notre constitution est illégale et criminelle, car elle a été créée par Fujimori par un coup d’Etat. Elle interdit  l’Etat de participer  l’activité économique et accorde des conditions égales au capital national et étranger.

Il se dit anti-impérialiste, « quel que soit cet impérialisme  », mais il admet qu’il faut commercer et négocier avec les Etats-Unis. « L’Amérique du Nord est l’économie la plus importante du monde et il serait absurde de leur tourner le dos.  »

« Nous avons des affaires en commun, comme la coca, pour laquelle il faut trouver une solution. Nous cultivons environ 60 000 hectares de feuilles de coca. Pour la consommation nationale, 10 000 ou 15 000 suffiraient, c’est- -dire qu’il faut éradiquer le reste. La solution doit passer par le ministère de l’Agriculture, qui doit aborder la question de la substitution rentable, et de l’industrialisation de la feuille. Cette plante possède 14 propriétés, et seule est exploitée celle qui va au trafic de drogue. Il faut trouver un marché pour les 13 autres  ».

D’un autre côté, il soutient que ses appels  restaurer l’empire inca Tawantinsuyu, qui comprend des régions de divers pays andins et du nord de l’Argentine, ne sont pas  prendre au sens littéral, mais qu’il s’agit d’un appel  une intégration « andino-américaine en un seul Etat national  ». « Par exemple, le Pérou et la Bolivie. Nous avons une culture très similaire, une histoire, une langue, et même les défis posés par le gaz et la coca. Séparés, nous n’avons que 180 ans. Ensemble, plus de 1 500. Comment ne pas penser  refaire l’intégration ? Nous deviendrions puissants, comme un seul Etat  ».

Il rejette aussi l’accusation d’être anti-chilien, bien que parfois une certaine méfiance lui ait échappé  l’égard du pays voisin.

« Je ne hais pas le Chili, pas plus que je ne suis anti-chilien. Avec le Chili, nous devons construire une relation d’intégration qui soit transparente, équitable et de respect mutuel. Moi, ce qui m’ennuie, c’est le despotisme. Cela n’aide pas non plus qu’on découvre, en plein conflit avec l’Equateur [13], que le Chili, qui est garant de la paix entre les deux pays, vend des armes  l’Equateur  ».

Renonciations de candidats

Dans les dernières semaines, plusieurs cas ont été dénoncés d’« achat de renonciation  » de candidats  la présidence pour dégager le paysage électoral et concentrer les énergies sur la promotion de la candidature de Lourdes Flores et sur la campagne visant  discréditer Humala.

Ces allégations ont été démenties avec véhémence, et les renonciations déj annoncées ont été expliquées par d’autres motifs.

Le dirigeant du Front indépendant moralisateur (FIM), Fernando Olivera, a retiré [cf au début du texte] sa candidature  la présidence et annoncé qu’il dirigera la liste des candidats de ce parti au Congrès.

Avant Olivera, l’autre candidat  la présidence qui a renoncé pratiquement aux portes de la campagne est Rafael Belaúnde, qui postulait pour le parti gouvernemental Perú Posible (Pérou Possible).

Au même moment, les deux partis qui ont formé il y a cinq ans une alliance et amené Alejandro Toledo au palais de gouvernement, se retrouvent sans candidat pour les prochaines élections présidentielles.

Pendant ce temps, une intense campagne de presse, apparemment avec des vidéos éditées avec précaution, tente de montrer Ollanta Humala dans des épisodes de violation des droits humains contre les paysans pendant la campagne militaire contre la guérilla du Sentier lumineux, au début des années 90. En contrepartie, la candidate de droite a d » prendre la défense de plusieurs personnages de sa liste de députés et sénateurs, liés  des faits de corruption sous l’ancien régime de Fujimori et sous l’actuel de Toledo.

Une chaîne de télévision a présenté il y a quelques jours une vidéo où des habitants de la forêt centrale péruvienne ont identifié Humala comme un certain capitaine Carlos González qui aurait commis plusieurs crimes contre les paysans, mais plusieurs de ces témoins présumés allèguent maintenant que leurs déclarations ont été manipulées.

De janvier  juillet 1992, Humala était le chef de la base anti-subversive Madre de Dios, dans la forêt centrale péruvienne. Pourtant, Humala nie être le capitaine González et il annonce que quand il arrivera au gouvernement il demandera la déclassification de documents pour prouver son innocence dans ces accusations.

Pendant ce temps, la candidate  la présidence Lourdes Flores, a répondu de « la qualité morale  » des candidats au Congrès pour les trois partis qui composent cette alliance de droite.

Flores assure que les accusations contre plusieurs membres de la liste des candidats au Congrès manquent de preuves convaincantes ou ne sont pas étayées par une information suffisante pour prouver leur responsabilité.

L’un des candidats pour le district électoral de Lima est José Luna Gálvez. L’ex-député a un procès en cours  la Chambre pénale spéciale de la Cour suprême car il est accusé, comme plusieurs de ses collègues, d’avoir été suborné par Montesinos [14] pour changer de bord et s’enrôler dans les rangs gouvernementaux. Un autre est Raúl Castro Stagnaro, lié  une entreprise qui a utilisé le même compte bancaire que celui qui a été utilisé pour rapatrier une partie des fonds qui ont servi  financer la campagne de Fujimori en 2000.

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Le journalisme d’insinuation : « Libération » en campagne au Pérou
par Nils Solari et Gilles Robic

Dans un article de Libération paru le 22 février, Jean-Hébert Armengaud, expert en citations tronquées, « informe  » sur la campagne présidentielle péruvienne, quelques semaines avant le scrutin du 9 avril.

De la campagne présidentielle de ce pays lointain, Jean-Hébert Armengaud n’avait, jusqu’ cet article, pas dit grand chose. Mais si l’on excepte la référence inscrite au titre de l’article (« un présidentiable  ») et une brève
information sur le scrutin, il n’en dit pas plus ici. On ne saura rien du débat en vue des élections : aucune mention des programmes politiques, ni des « autres  » candidats (ceux que Libération n’a pas en ligne de mire). Non, Armengaud fait son marché : il choisit de relayer une accusation apparue courant janvier 2006, et fortement investie depuis par les médias péruviens.

Un candidat - Ollanta Humala - donné en tête des sondages entre décembre 2005 et janvier 2006, « est désigné par plusieurs témoins comme étant l’ex-"capitaine Carlos", et  ce titre responsable de violences, en 1992 et en 1993, lors d’opérations aveugles confiées  l’armée  l’époque du Sentier lumineux, le groupe terroriste qui a mis le pays  feu et sang dans les années 80 et le début des années 90  ».

(...) « Entre autres plaintes déposées il y a une semaine pour "tortures" et "disparitions forcées"  » : (...) « Teresa Avila accuse désormais le « capitaine Carlos  » (...) d’avoir été le responsable de l’enlèvement de sa soeur et de son beau-frère, le 17 juin 1992, disparus depuis.  » Alors, l’est-il ? Ne l’est-il pas ? En l’état actuel des informations effectives, il est impossible de se prononcer sur une éventuelle culpabilité qui, si elle était
vérifiée, serait particulièrement grave...

Lire la suite sur ACRIMED : http://www.acrimed.org/article2295.html.

Notes :

[1[NDLR] Président du Pérou de 1985  1990.

[2[NDLR] Président du Pérou de 1968  1975,  la tête d’un gouvernement des forces armées.

[3[NDLR] Président du Pérou de 1990  2001.

[4[NDLR] Lire Cristiano Morsolin, Pérou : sortie du rapport de la Commission de la vérité et de la réconciliation, RISAL, 19 septembre 2003.

[5[NDLR] La guerre du Pacifique fut un conflit armé qui opposa le Chili au Pérou et  la Bolivie entre 1879 et 1884. Cette guerre fit perdre  la Bolivie son unique accès  la mer. Le Pérou, quant  lui, perdit la province de Tarapacá. Ces deux territoires font, depuis la fin de la guerre, parties du territoire chilien.

[6[NDLR] Le « cholo  » est un métisse de sang européen ou indien. Ce terme est également utilisé pour qualifier un indigène qui adopte les usages occidentaux.

[7[NDLR] Province actuellement chilienne conquise sur le Pérou durant la guerre du Pacifique.

[8[NDLR] « Araucano  » est le nom que donnent les Espagnols et les Chiliens aux Mapuches.

[9[NDLR] Premier empereur de l’empire Inca.

[10[NDLR] La Confédération des nations indigènes d’Equateur (CONAIE) est le principal mouvement indigène équatorien.

[11[NDLR] Référence  l’empire Inca, le plus grand et le plus ancien étendu sur le continent américain, dont le siège impérial était la ville de Cusco. Son époque remonte  1200 après JC. Tahuantinsuyo est un nom composé de deux mots quechuas : Tawa, qui signifie quatre et Suyo : état. La surface du territoire était gigantesque : 3.000.000 Km2, avec plus de 5000 Km (3.107 miles) de côte pacifique, représentant aujourd’hui le double du territoire péruvien.
Le centre géographique et politique des 4 suyos ou nations était Cusco. Ils étaient répartis de telle façon : au nord-ouest le Chinchaysuyo, allant jusqu’au fleuve Ancashmayo  Pasto (Colombie) ; au nord-est l’Antisuyo, dans les vallées sub-tropicales occupant une partie de la basse jungle amazonienne. ; au sud-ouest le Contisuyo, sur la côte péruvienne jusqu’au fleuve Maule (Chile) ; et au sud-est le Collasuyo, occupant aujourd’hui une grande partie du territoire bolivien jusqu’ Tucumán (Argentine).

[12[NDLR] Quand on parle de « rêve bolivarien  », on fait référence au rêve d’unité de l’Amérique latine.

[13[NDLR] Lire Pablo Paredes, Misérable conflit entre le Pérou et l’Equateur, Le Monde diplomatique, mars 1995.

[14[NDLR] Ancien chef du service de renseignement péruvien (SIN), Vladimiro Illich Montesinos a fui la justice de son pays car il était accusé de violations des droits humains, blanchiment d’argent provenant du trafic de drogue, trafic d’armes, corruption et enrichissement illicite. Il était considéré comme la clé de vo »te du système politique mis en place par l’armée et l’ex-président, aujourd’hui destitué, Alberto Fujimori. Il a été arrêté au Venezuela en juin 2001.

Source : Liberación (www.liberacion.press.se/), Suède, février 2006 ; Bolpress (www.bolpress.com), février 2006.

Traduction : Marie-José Cloiseau, pour le RISAL (www.risal.collectifs.net/).

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