La dette de la Bolivie
par Frédéric Lévêque
Article publiť le 5 juin 2006

L’accession en janvier dernier d’Evo Morales √ la pr√©sidence de la R√©publique bolivienne a mis le changement √ l’ordre du jour dans le pays le plus pauvre d’Am√©rique du Sud. Le nouveau gouvernement est le produit de cinq ans de puissantes mobilisations populaires qui lui ont donn√© un mandat : celui de r√©pondre aux revendications port√©es par les mouvements sociaux (les guerres de l’eau de El Alto et de Cochabamba, la guerre du gaz, les mobilisations des cultivateurs de coca, etc.) et d’entamer un processus de transformation, de r√©version des politiques n√©olib√©rales mises en Ň“uvre depuis une vingtaine d’ann√©es.

On le sait, la probl√©matique des hydrocarbures - nationalis√©s le premier mai dernier -, la convocation de l’assembl√©e constituante - ses membres seront √©lus en juillet prochain - ou encore l’extradition de l’ancien pr√©sident Gonzalo Sanchez de Lozada pour sa responsabilit√© dans les massacres de la guerre du gaz (octobre 2003) sont au centre des pr√©occupations populaires. L’endettement ext√©rieur du pays, quant √ lui, m√™me s’il p√®se lourdement sur les finances publiques, ne semble pas √™tre un th√®me que s’est appropri√©e la rue.

Un peu d’histoire

C’est lorsque le pays se trouvait sous le joug de la dictature militaire, dans les ann√©es 70 que la dette ext√©rieure du pays explosa, surtout √ cause de cr√©dits contract√©s √ de haut taux d’int√©r√™ts et √ court terme aupr√®s de banques internationales priv√©es, et ce malgr√© de bonnes rentr√©es financi√®res gr√Ęce aux prix √©lev√©s de ses exportations. Entre 1970 et 1980, la dette ext√©rieure publique a sextupl√©. A l’instar de l’Argentine, la dictature a b√©n√©fici√© du soutien de fait des organismes financiers, des banques priv√©es internationales et du gouvernement des Etats-Unis. Cette √©poque d’endettement excessif et de corruption a grev√© l’avenir du pays.

La Bolivie a retrouv√© la d√©mocratie en 1982, devan√ßant ainsi ses voisins sud-am√©ricains. Mais ce retour √ la d√©mocratie repr√©sentative fut presque concomitant √ la mise en Ň“uvre de politiques n√©olib√©rales, √ partir de 1985, avec l’introduction de la ¬« Nouvelle politique √©conomique¬ » - la ¬« premi√®re g√©n√©ration¬ » d’ajustements structurels -, un programme qui, selon le FMI, ¬« rompit avec la tradition vieille de d√©cennies de ’capitalisme d’Etat’ de la Bolivie, √©liminant les contr√īles de prix et de taux d’int√©r√™ts, unifiant le taux de change, lib√©ralisant le commerce, permettant aux banques d’op√©rer dans des monnaies √©trang√®res, augmentant les tarifs du secteur public, etc.¬ » [1]. Cette √®re est symbolis√©e entre autres par le d√©mant√®lement de la Corporation mini√®re de Bolivie (COMIBOL) et l’affaiblissement fatal de l’historique et puissant mouvement des mineurs.

Vingt ans sous la houlette des institutions financières

Selon l’√©tude ¬« Bolivia’s Challenges ¬ » de Mark Weisbrot et Luis Sandoval [2], ¬« au cours des vingt derni√®res ann√©es, la Bolivie a continuellement op√©r√© dans le cadre d’accords avec le Fonds mon√©taire international (√ l’exception d’une p√©riode de huit mois). En partie conform√©ment √ ces accords avec le Fonds, qui a coordonn√© sa politique (...) avec la Banque mondiale et la Banque interam√©ricaine de d√©veloppement (BID), la Bolivie a mis en oeuvre certaines des plus profondes r√©formes structurelles en Am√©rique latine. ¬ » Et pourtant, la situation sociale du pays ne s’est gu√®re am√©lior√©e. Le produit int√©rieur brut par habitant est aujourd’hui moindre qu’il ne l’√©tait il y a 27 ans. Le revenu moyen par habitant y est de 2.800 dollars pour une moyenne de 8.200 en Am√©rique latine. Environ 63% de la population bolivienne vit en dessous du seuil de pauvret√©.

Depuis l’entr√©e du pays dans l’√®re du tout au march√©, les institutions de Washington ont donc ¬« accompagn√©¬ » les contre-r√©formes n√©olib√©rales fortement remises en cause aujourd’hui. Exemples :

— Le pr√©sident du CADTM Belgique, Eric Toussaint, a d√©j√ d√©taill√© dans la revue ¬« Les autres voix de la plan√®te ¬ » [3] l’implication de la Banque mondiale dans la privatisation de l’entreprise municipale publique Samapa de El Alto - la ville ‚€˜avant-garde’ de la guerre du gaz d’octobre 2003, √ c√īt√© de La Paz. Cette privatisation qui a b√©n√©fici√© √ Aguas del Illimani (Suez) a √©t√© mise en Ň“uvre dans le cadre d’une ren√©gociation de la dette bolivienne en 1996. Les mauvais services et les tarifs de cette entreprise ont pouss√© la population alte√Īa √ descendre dans la rue au d√©but de l’ann√©e 2005 pour exiger son expulsion. L’affaire n’est pas encore r√©solue.

— Le FMI a aussi fait pression en faveur de la ¬« capitalisation¬ » du secteur des hydrocarbures au cours du premier mandat pr√©sidentiel de Gonzalo Sanchez de Lozada (1993-1997). Cette privatisation √ la bolivienne et le bradage g√©n√©ralis√© des entreprises de l’Etat ont eu des cons√©quences pour le Tr√©sor public. Selon des estimations du minist√®re du D√©veloppement √©conomique, l’Etat bolivien a perdu 3,152 milliards de dollars entre 1996 et 2006, ce qui signifie que pour chaque dollar que recevait l’Etat, il en perdait deux [4] Entre 1980 et 1986, avant la violente imposition du n√©olib√©ralisme, l’ensemble des revenus de l’Etat pour la vente de biens et services repr√©sentait en moyenne 77% des rentr√©es publiques annuelles. Entre 1997 et 2004, apr√®s la ¬« seconde g√©n√©ration¬ » d’ajustements structurels, les revenus de l’Etat pour ce m√™me secteur de biens et services n’atteignaient plus que 19% par an. Ce processus a fragilis√© l’Etat bolivien qui a accru sa d√©pendance envers les cr√©dits et dons de l’√©tranger et la collecte d’imp√īts. Actuellement, les investissements publics repr√©sentent 7% du PIB et seul 50% sont financ√©s avec des ressources internes [5].

L’√©chec de l’initiative PPTE

La dette publique totale de la Bolivie s’√©l√®ve aujourd’hui √ 6,7 milliards de dollars. Plus de 70% de cette dette, √ savoir 4,7 milliards, est ext√©rieure, donc ¬« due¬ » √ des cr√©anciers √©trangers. De ce montant, 4,2 milliards ¬« reviennent¬ » √ des institutions financi√®res internationales. Cette dette est donc √ plus de 90% multilat√©rale.

Parce qu’elle fut une √©l√®ve disciplin√©e gav√©e √ l’am√®re bouillie du Consensus de Washington [6]
, la Bolivie b√©n√©ficia de plusieurs annulations, all√®gements et r√©√©chelonnements de dettes entre 1986 et 1995 qui se sont √©lev√©s, selon la Banque mondiale, √ 1,74 milliard de dollars.

A l’instar de quarante-trois autres pays, dont trois latino-am√©ricains (Nicaragua, Honduras, Guyane), la Bolivie est consid√©r√©e comme un ¬« pays pauvre tr√®s endett√©¬ » (PPTE) et a particip√© √ ce titre √ l’initiative d’all√®gement de dette du m√™me nom lanc√©e par le G7 en 1996 √ son sommet de Lyon. Le vice-pr√©sident de l’√©poque et candidat de la droite aux √©lections de d√©cembre 2005, Jorge Quiroga, s’√©tait r√©joui de l’initiative : ¬« Gr√Ęce √ cela, nous pourrons apporter des am√©liorations majeures dans les domaines de la sant√©, de l’√©ducation et du niveau de vie de ceux qui vivent en dessous du seuil de pauvret√©. ¬ » On le sait maintenant, ce fut un √©chec.

Comme l’a r√©p√©t√© √ maintes reprises le CADTM, cette initiative ne visait pas √ lib√©rer les pays en question du fardeau de la dette mais √ rendre celle-ci ¬« soutenable¬ ». ¬« La diff√©rence est de taille : on va annuler juste ce qu’il faut pour [les] faire payer au maximum de leurs possibilit√©s. (...) L’initiative PPTE est avant tout destin√©e √ garantir la p√©rennit√© des remboursements et √ dissimuler le renforcement de l’ajustement structurel sous une apparence de g√©n√©rosit√© ¬ », avait √©crit Damien Millet [7].

Au final, le pays andin est arriv√© au ¬« point d’ach√®vement¬ » du processus et a b√©n√©fici√© de deux all√®gements de dette (Initiative PPTE et Initiative PPTE renforc√©e) s’√©levant en tout et pour tout √ environ 1,2 milliards de dollars, un somme bien inf√©rieure aux nouveaux cr√©dits contract√©s - 3,49 milliards de dollars - et au service de la dette [8] qu’elle a pay√© - 1,953 milliard de dollars - durant la m√™me p√©riode.

Cependant, et malgr√© cette fausse g√©n√©rosit√© des institutions financi√®res qui enrobe la violence de la r√©gression sociale dans la douceur de termes comme la ¬« lutte contre la pauvret√©¬ », ¬«  la situation fiscale s’est d√©t√©rior√©e brusquement, nous dit le FMI, avec un d√©ficit atteignant 7% en 2001, 9% en 2002 et 8 % en 2003, financ√©s en partie par l’augmentation rapide de la dette interne [9]
et en partie par de nouveaux prêts multilatéraux.
¬ » Tant le service que le stock [10] de la dette ext√©rieure ont repris leur hausse. Ce dernier a m√™me atteint un niveau historique autour des 5 milliards de dollars. Les all√®gements n’ont pas pu garantir la ¬« soutenabilit√©¬ » de la dette bolivienne. Pour le FMI, la cause principale est le haut d√©ficit public financ√© principalement avec de nouvelles dettes non-concessionnelles - √ des taux d’int√©r√™t gu√®re favorables. C’est pourtant ce m√™me FMI qui a ¬« convi√©¬ » les autorit√©s boliviennes √ se d√©faire de leur principale source de revenus - les hydrocarbures - ou √ s’engager sur la co√ »teuse voie de la privatisation de la s√©curit√© sociale en 1998 [11].

A partir de l’an 2000, l’ajustement structurel a perdu de sa vigueur alors que le mouvement social en gagnait. On rappellera √ cet √©gard la tentative du gouvernement bolivien d’imposer un nouvel imp√īt en f√©vrier 2003 afin de r√©duire son d√©ficit public pour recevoir la b√©n√©diction du FMI [12]. Cette mesure provoqua la r√©bellion d’une partie de la police et de la population - un √©pisode sanglant connu sous le nom d’Impuestazo ou Febrero Negro - qui obligea le gouvernement √ faire marche arri√®re. Fragilis√©, ce dernier continua n√©anmoins √ ob√©ir aux injonctions du Fonds en signant un accord stand-by [13] avec celui-ci, en mars 2003, d√©terminant un cadre pour la stabilisation macro-√©conomique et la poursuite des contre-r√©formes et pour b√©n√©ficier d’appuis internationaux.

D√©j√ r√©tive √ voir l’Etat ponctionner ses maigres revenus pour plaire au FMI, la population mobilis√©e renverra quelques mois plus tard Gonzalo Sanchez de Lozada aux Etats-Unis, au cours d’√©v√©nements connus sous le nom de la guerre du gaz. A partir de ce moment, les mouvements sociaux vont lever l’√©tendard de la nationalisation des ressources naturelles, qui fait partie de l’imaginaire syndical et populaire ; une revendication qui va progressivement s’√©tendre et devenir un facteur de conflit et d’accumulation de forces pour la ¬« nouvelle gauche indig√®ne ¬ » incarn√©e entre autres par Evo Morales.

L’initiative multilat√©rale d’all√®gement de dette

Le 11 juin 2005, cinq jours apr√®s la chute du gouvernement de Carlos Mesa (2003-2005), les ministres des Finances du G8 annon√ßaient une d√©cision ¬« historique¬ » d’annulation de la dette multilat√©rale d’une s√©rie de ¬« pays pauvres tr√®s endett√©s ¬ » bien disciplin√©s, dont la Bolivie. Cette mesure, confirm√©e au sommet du G8 un mois plus tard, √ Gleneagles (Ecosse), a permis √ l’Etat bolivien de voir sa dette multilat√©rale avec le FMI - pr√®s 233 millions de dollars, 4,7% de sa dette publique ext√©rieure - annul√©e au mois de janvier dernier. Il en sera de m√™me de sa dette - environ 1,5 milliard de dollars - aupr√®s de la Banque mondiale d√®s le 1er juillet prochain. En tout et pour tout, la r√©duction de dette de ces deux organismes devrait s’√©lever √ environ 1,7 milliards de dollars, c’est-√ -dire 34% du total du stock de la dette existante √ la fin de l’ann√©e 2005.

Quant au service de la dette, qui a encore augment√© en 2005, ¬« la Bolivie devrait seulement cesser de payer en moyenne entre 2006 et 2015 un peu plus de 60 millions de dollars ¬ », souligne la Fundaci√≥n Jubileo dans son dernier bulletin [14]. Cela s’explique parce que la plus grande partie des cr√©dits qui seront annul√©s sont concessionnels, c’est √ dire contract√©s √ des conditions tr√®s favorables alors que les pr√™ts moins avantageux de la Banque interam√©ricaine de d√©veloppement (BID) - on peut cependant penser que celle-ci va peut-√™tre aussi annuler une partie de ses cr√©ances [15] - et de la Corporation andine de d√©veloppement (CAF, sigles en espagnol) ne font pas partie de l’initiative. Le service de la dette continuera √ accaparer un montant important de ressources publiques - pr√®s de 370 millions de dollars en 2005 [16] - ¬« parce que la plus grande partie des paiements est destin√©e √ la CAF - 47% du total pay√© en 2005 -, qui n’annulera pas sa cr√©ance ¬ » [17].

Une réponse politique

On peut certes se r√©jouir du fait que le nouveau gouvernement bolivien b√©n√©ficie d’une r√©duction de dette d√©s son entr√©e en fonction, surtout s’il se passe des conseils peu concluants en termes sociaux du FMI [18]. Mais, au-del√ des calculs d’apothicaires sur la r√©duction de dette r√©elle dont a b√©n√©fici√© le bouillonnant pays andin, l’h√©morragie financi√®re que repr√©sente la dette n’est pas stopp√©e.

L’enjeu n’est pas tant de savoir si cette dette est ¬« soutenable¬ », si la Bolivie aura la capacit√© de la rembourser et d’assumer ses engagements financiers. Le probl√®me fondamental est de savoir si la Bolivie doit poursuivre le remboursement de dettes, qui, √ l’instar d’autres pays voisins, ont d√©j√ √©t√© rembours√©es, qui sont au moins en partie odieuses et ill√©gitimes et qui organisent le transfert de ressources vers banques, pays et institutions du Nord.

Plut√īt que de nous cantonner √ analyser la dette comme un question √©conomique, il serait judicieux de la prendre pour ce qu’elle est : un instrument de domination politique. On peut certes se satisfaire du foisonnement de discours anti-imp√©rialistes, de la r√©cup√©ration par le secteur public du contr√īle de ressources naturelles au Venezuela et en Bolivie au nom de la souverainet√© et de la dignit√©, de la d√©nonciation des projets libre-√©changistes, mais de tels propos manquent de coh√©rence si, parall√®lement, l’un des instruments principaux d’imposition du n√©olib√©ralisme sur le sous-continent n’est pas d√©mantel√©. Or, aujourd’hui, malgr√© la conjoncture qui semble favorable - prix des mati√®res premi√®res et r√©serves de devises √ la hausse, gouvernements de gauche et de centre gauche √ la t√™te de pays ¬« de poids¬ », etc. -, aucune strat√©gie commune entre pays sur le non paiement, la ren√©gociation de dettes et la r√©alisation d’audits ne semblent se dessiner. L’histoire latino-am√©ricaine a d√©j√ montr√© le succ√®s de strat√©gies communes d’affrontement des cr√©anciers [19].

Dans la cadre de l’Alternative bolivarienne pour les Am√©riques (ALBA), un projet d’int√©gration bas√© sur le coop√©ration, la solidarit√© et la compl√©mentarit√© entre pays lanc√©e par le pr√©sident v√©n√©zu√©lien Hugo Chavez et auquel ont adh√©r√© Cuba et la Bolivie, ne serait-il pas judicieux d’au moins mettre le th√®me au centre du d√©bat ? Ne serait-il pas envisageable d’auditer ces dettes, comme l’a promis Chavez lors du dernier forum social mondial ? Le projet de cr√©er une Banque du Sud, impuls√© une fois de plus par le pr√©sident v√©n√©zu√©lien, est-il un tant soit peu r√©aliste si les pays concern√©s n’affrontent pas ensemble l’h√©morragie de devises ?

Notes :

[1Fonds mon√©taire international, Bolivia : Ex Post Assessment of Longer-Term Program Engagement-Staff Report and Public Information Notice on the Executive Board Discussion, avril 2005.

[2Mark Weisbrot, Luis Sandoval, Bolivia’s Challenges, Center for Economic and Policy Research, mars 2006 : http://www.cepr.net/publications/bolivia_challenges_2006_03.pdf.

[3Voir ¬« Les autres voix de la plan√®te ¬ », n¬°26, mars 2005 : http://www.cadtm.org/IMG/pdf/avp26_....

[4Cit√© dans “Repsol YPF en Bolivia : una isla de prosperidad en medio de la pobreza”, rapport de Interm√≥n Oxfam. Mai 2004 : http://www.intermonoxfam.org/unidad....

[6¬« L’expression ‚€˜consensus de Washington’ est due √ J. Williamson (1991). Ce dernier recense dix mesures, qui demeurent d’actualit√©, appliqu√©es aux PED (pays en d√©veloppement) et constituant le paradigme √ partir duquel les politiques de d√©veloppement sont pens√©es depuis une vingtaine d’ann√©es.
1. la discipline budg√©taire. Les d√©ficits budg√©taires engendrent inflation et fuite des capitaux ; 2. la r√©forme fiscale. Le syst√®me fiscal doit tendre √ avoir l’assiette la plus large et des taux marginaux de pr√©l√®vement mod√©r√©s ; 3. la politique mon√©taire doit conduire √ des taux d’int√©r√™t positifs et r√©mun√©rateurs en termes r√©els. Les taux doivent √™tre r√©glement√©s pour d√©courager la fuite des capitaux et stimuler l’√©pargne ; 4. le taux de change doit √™tre flexible, comp√©titif et favoriser l’accumulation d’exc√©dents commerciaux ; 5. la politique commerciale. Ouverture et lib√©ralisation des importations. Les restrictions quantitatives doivent √™tre √©limin√©es et les droits de douane mod√©r√©s ; 6. l’investissement direct √©tranger ne doit subir aucune entrave √ l’entr√©e (politique d’attractivit√©) ; 7. la privatisation ; 8. la d√©r√©gulation : lev√©e des diff√©rentes r√©glementation sur l’investissement, les prix, le cr√©dit... et suppression des rentes de situations ou institutionnelles ; 9. la suppression des subventions publiques aux activit√©s productives au profit des seules activit√©s sociales et √©ducatives ; 10. la promotion des droits de propri√©t√©.
¬ »
Extrait de Mehdi Abbas, La CNUCED XI : du consensus de Washington au consensus de Sao Paulo ?, Chronique n¬°21, Observatoire des Am√©riques, juillet 2004.

[7Extrait de Damien Millet, L’initiative PPTE : entre illusions et arnaques, http://www.cadtm.org/, d√©cembre 2003.

[8Somme des int√©r√™ts et de l’amortissement du capital emprunt√©.

[9¬« La dette interne de la Bolivie a augment√© de mani√®re pr√©occupante, de telle mani√®re que le paiement des int√©r√™ts et des amortissements est arriv√© √ repr√©senter le doubl√© du montant pay√© aux cr√©anciers ext√©rieurs. En 2003 et 2004, le service de la dette interne a accapar√© pr√®s de 25% des revenus de l’Etat, des ressources qui manquent pour les d√©penses et les investissements publics. ¬ »
Extrait de El FMI y la recuperación de la soberanía económica de Bolivia, Fundación Jubileo, http://ifis.choike.org/esp/informes....

[10Montant total des dettes.

[11La privatisation du syst√®me des pensions a engendr√© de lourds co√ »ts de transition. Le gouvernement d√©pense actuellement 4,1% du produit int√©rieur brut par an pour les pensions, c’est √ dire davantage que tout le d√©ficit du secteur public. La privatisation de la s√©curit√© sociale est responsable d’une grosse partie du d√©ficit public et de l’accumulation de dettes.

[12¬« Tout a commenc√© le 9 f√©vrier quand le gouvernement a annonc√© un "impuestazo sur le salaire" pour r√©duire le d√©ficit fiscal sur ordre du FMI. C’est un imp√īt (impuestazo) sur le salaire ou sur le carburant (gasolinazo), disait le pr√©sident. Le d√©ficit fiscal avait cr√ » √ 8,5 % √ cause de la privatisation du service des pensions, et le FMI exigeait sa r√©duction √ 3,5 % pour octroyer de nouveaux cr√©dits. Le gouvernement pr√©senta la mesure comme une grande id√©e : ¬« Au lieu du gasolinazo qui affecte tout le monde, nous allons affecter seulement les salari√©s qui ne sont pas une majorit√©. (...) ¬ »
Extrait de Pabo Solon, Radiografía de un febrero, OSAL, n¡15, janvier-abril 2003.

[13L’Accord de confirmation, ou Stand-By Arrangement, est, selon le FMI, une facilit√© de pr√™t cr√©√©e en 1952 selon laquelle un pays membre peut utiliser les ressources du FMI jusqu’√ concurrence d’un montant sp√©cifi√© pour surmonter des difficult√©s de balance des paiements √ court terme ou de nature conjoncturelle. Les versements se font normalement par tranches √ intervalles trimestriels, sous r√©serve que le pays satisfasse √ des crit√®res de r√©alisation, par exemple qu’il atteigne les objectifs mon√©taires et budg√©taires fix√©s. Ces crit√®res permettent √ la fois au pays membre et au FMI d’√©valuer les progr√®s accomplis par le pays dans l’application des politiques et peuvent signaler la n√©cessit√© de recourir √ d’autres mesures correctives. Les accords de confirmation portent en g√©n√©ral sur une p√©riode de un √ deux ans (mais peuvent √™tre prorog√©s et durer jusqu’√ trois ans). Les remboursements se font sur une p√©riode de 3 ans et 3 mois √ cinq ans. La p√©riode de remboursement normale est ramen√©e √ 2 1/4 - 4 ans si la position ext√©rieure du pays lui permet un remboursement anticip√© de sa dette.

[15La Bolivie a une dette de 1, 6 milliards, soit 32% de sa dette publique externe, envers la BID.

[16La Bolivie a payé au titre de service de la dette 319,7 millions de dollars en 2000, 268,3 en 2001, 260,5 en 2002, 274,9 en 2003 et 277 en 2004.

[17Selon la Fundaci√≥n Jubileo, la Bolivie a rembours√© √ la Corporation andine de d√©veloppement 174 millions de dollars en 2005, c’est-√ -dire presque 70 millions de plus qu’en 2004.

[18Le gouvernement bolivien a fait savoir qu’il ne signera pas d’accord avec le FMI. L’accord stand by conclu en mars 2003 entre le gouvernement de Gonzalo Sanchez de Lozada et l’institution de Bretton Woods est arriv√© √ son terme le 30 mars dernier.

[19Voir √ ce sujet Eric Toussaint, Les crises de la dette ext√©rieure d’Am√©rique latine au XIXe & XXe si√®cle, www.cadtm.org, mai 2003.

Source : Les autres voix de la plan√®te, trimestriel du CADTM (www.cadtm.org), mai 2006.

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