Les Etats-Unis et l’Europe en Colombie
par Héctor Arenas
Article publi le 5 mars 2007

Les Etats-Unis et l’Europe maintenant la Colombie dans un étau, telle est la situation depuis 2002, quand les intérêts des grandes entreprises européennes se sont imposés dans la politique internationale de leurs pays. Quatre ans plus tard, le panorama est contraire  celui qui avait été annoncé : plus de guerre au lieu de la paix, plus de cocaïne au lieu de son éradication. Les jeunes du « vieux  » continent paient eux aussi les conséquences de cette folie.

Un discours de politique extérieure bien cousu sur le respect des droits humains, sur l’engagement en faveur de la paix et de la coopération au développement camoufle officiellement, depuis juillet 2003, le véritable agenda de pacification manu militari mis au point pour la Colombie entre les néo-conservateurs nord-américains et le petit ensemble de puissants groupes financiers et patronaux européens qui ont un poids décisif dans la Commission et le Conseil européens.

Depuis fin 2002, le gouvernement des Etats-Unis, avec l’appui des gouvernements de Blair, d’Aznar et de Berlusconi et, plus tard, des gouvernements hollandais, allemand et suédois, ont réussi  imposer dans les institutions communautaires [européennes] l’idée qu’en Colombie, la meilleure réponse face  la menace imminente d’une perte totale de contrôle de son territoire consistait en une opération de reconstruction sociale fondée sur un usage drastique de la force, combinée  une campagne permanente de dissimulation et de désinformation médiatique et  des mesures économiques complémentaires de pacification et de contrôle social. Le territoire colombien ne constitue pas seulement une des sources de pétrole pour les Etats-Unis et une région clé pour la stabilité régionale, il est aussi considéré comme un lieu géostratégique pour les intérêts mondiaux de la domination occidentale.

Contrôle territorial, contrôle militaire

L’élection d’un gouvernement autonome au Venezuela le 6 décembre 1998 [celui d’Hugo Chavez, ndrl], couplée  la croissante instabilité politique en Equateur et au risque devenu imminent de perte de contrôle sur la Colombie a semé la panique chez les stratèges de Washington. Cette perte de contrôle est due  plusieurs facteurs : la croissance militaire de la guérilla, la situation sociale catastrophique due  une corruption débridée, l’application pendant une décennie des recettes néo-libérales, le déplacement de plus de trois millions de paysans et le processus de paix engagé entre le gouvernement colombien et les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC) en janvier 1999 qui avait mis  l’ordre du jour les réformes sociales exigées par les mouvements rebelles [1].

A toute vitesse, en 1999, a été élaboré un plan d’intervention militaire indirecte [ledit Plan Colombie, ndlr] qui privilégiait l’entraînement massif de troupes colombiennes, la multiplication par dix du soutien  l’armée, l’augmentation des livraisons d’armes, l’appui de la technologie satellite en matière de renseignements et l’augmentation du nombre d’« assesseurs  » militaires et civils sur le territoire. Tout cela a été mis au point pour éviter une participation directe des troupes états-uniennes aux combats.

La manière de présenter l’intervention, sans précédent si l’on considère son ampleur et ses objectifs [2],  l’opinion publique et au Congrès états-unien a consisté  expliquer qu’il s’agissait d’une initiative indispensable dans la « guerre contre le trafic de drogues  » et que, d’ici six ans, les cultures de coca, qui en 1999 recouvraient 122 500 hectares, devraient être réduites de moitié [3].

En réalité, le Plan était destiné  contrecarrer les forces armées rebelles avec comme objectifs principaux la réduction de ce qu’ils considéraient comme leur source principale de revenus et la sécurisation militaire des principaux gisements énergétiques et des oléoducs en appuyant le processus de destruction de toutes les formes d€˜organisation populaire démocratiques [4]. Graduellement, sur tout le long de la frontière entre la Colombie et le Venezuela, le Plan a structuré un dispositif militaire [5].

Selon la chercheuse Lesley Gill, de l’American University de Washington : « Le centre du trafic de cocaïne ne se trouvait ni dans le Putumayo, ni dans les départements voisins du sud de la Colombie. Les principales routes de contrebande et les paramilitaires qui les contrôlaient étaient surtout dans le nord. Mais les stratèges états-uniens et leurs homologues colombiens paraissaient moins intéressés par les trafiquants de cocaïne et par les paramilitaires qui les contrôlaient que par limiter le croissant pouvoir financier et militaire des groupes subversifs de gauche  » [6].

En Colombie, le Plan a pu compter sur l’appui inconditionnel des élites économiques et politiques ainsi que sur celui du haut commandement des forces armées. La divergence la plus significative entre les différents secteurs de la classe dirigeante par rapport au Plan résidait dans leur implication directe, leur rejet clair ou leur tolérance par rapport aux armées irrégulières - financées de manière croissante par le narcotrafic coopté temporairement par le projet stratégique impérial - recrutées dans les secteurs pauvres de la population et utilisées comme main d’“uvre criminelle jetable, pour réussir, grâce  des méthodes musclées,  déplacer ou éliminer la population civile soupçonnée d’être favorable aux forces rebelles ou coupable d’habiter sur des territoires ayant une énorme valeur pour les mégaprojets imaginés dans les centres économiques mondiaux de décision [7].

Si l’organisation d’escadrons paramilitaires figurait dans les manuels de lutte contre les guérillas dans les années 60, c’est seulement dans les années 80 que s’est consolidé le processus qui a rendu déterminants les revenus provenant du narcotrafic, ce qui a abouti  leur croissance stupéfiante, leur vaste domination territoriale et leur extraordinaire symbiose avec différents niveaux de pouvoir d’Etat décisifs, tant au niveau régional que central.

Ainsi, le Plan s’est perfectionné avec le temps pour aboutir  ce que l’on peut considérer comme la meilleure feuille de route dans ce domaine : un scénario de guerre non déclarée qui permet de démonter les droits et les garanties citoyennes de l’Etat de droit, restreindre le champ d’action des organismes de contrôle de l’Etat, impliquer des parts importantes de l’appareil d’investigation dans la guerre et garantir la réduction et la soumission de la population rebelle  la mondialisation afin de consolider un processus de paix conçu dans les centres de pensée [8] chargés de produire les concepts et les outils servant les desseins stratégiques du réseau de transnationales qui ont des intérêts sur le territoire [9].

La composante sociale cache la composante militaire

La coopération internationale, exprimée par le soutien politique et financier  cet ambitieux processus de reconstruction sociale, a été considérée comme décisive [10]. L’Union européenne a dès lors été invitée  appuyer certains aspects sociaux du Plan. Cependant, parce que les principales expressions politiques européennes n’avaient pas été consultées préalablement  l’heure de la mise au point du projet et grâce  la vaste mobilisation des organisations non gouvernementales pacifistes et de défense des droits humains en Europe et en Colombie, le projet de participer au volet social du Plan a été rejeté par l’UE en 2001 [11].

Le refus européen, en dépit des efforts du gouvernement du Parti Populaire (PP) espagnol, a conduit les centres de décision de Washington  formuler une nouvelle stratégie pour obtenir le soutien politique et financier européen en vue du « renforcement institutionnel et du développement social  », indispensables pour garantir le contrôle militaire du territoire, en particulier dans les zones où il était prévu d’effectuer des repeuplements, qu’avaient rendu nécessaires l’extermination ou le déplacement, ainsi que le confinement de la population civile.

Les attentats du 11 septembre 2001 et la déclaration de « guerre mondiale contre la terreur  » ont créé une situation internationale propice  une union entre les Etats-Unis et les institutions européennes. En mars 2003, la Colombie est devenue une monnaie d’échange pour ne pas approfondir la fissure transatlantique après l’occupation militaire de l’Irak.

Les 9 et 10 juillet 2003,  Londres, les gouvernements états-unien et anglais ont réussi  obtenir le soutien de la communauté internationale (G24)  la politique de guerre de haute intensité, avec un bas profil médiatique des administrations Bush-Uribe, et au « processus de paix  » avec les paramilitaires. Cet appui a été obtenu grâce au Centre de Pensée Stratégique International (CEPEI), une entité non gouvernementale financée par l’Agence Etats-unienne de Développement International (USAID, United States Agency for International Development), qui a pour mission de restructurer toute la coopération internationale en faveur de la Colombie, grâce au gouvernement colombien et  la prise au dépourvu notoire des organisations non gouvernementales colombiennes qui étaient chargées de convoquer la société civile.

Le « processus de paix  » avec les paramilitaires a été qualifié de simulacre - puisqu’il vise  la légalisation des structures paramilitaires - par les organisations internationales de défense des droits humains qui suivent son déroulement ainsi que par des organismes nationaux qui soulignent l’absence de la mention de la responsabilité de l’Etat et d’autres entités qui ont eu un rôle important dans la formation de la stratégie paramilitaire [12]. Le soutien international  ce processus s’est élargi avec les conclusions du Conseil européen de 2004 [13] qui parlent d’un « engagement politique et financier évolutif et conditionné  » [14]. Ce soutien avait déj été élargi avant cela, lors de la réunion du G24 en février 2005  Cartagena et, ensuite, avec l’appui politique et financier de la Commission et du Conseil européens  la Loi de Justice et Paix [15] en octobre 2005, appui qui allait  contre-courant du discours sur les principes de respect des droits humains et sur la protection de leurs défenseurs qui caractérisent et guident la politique étrangère européenne [16].

Cependant, une partie des pays européens - en particulier, le gouvernement français - n’ont pas appuyé entièrement la loi en raison de la « violation du cessez-le-feu, l’impunité de fait, l’absence de traitement des implications avec le narcotrafic et le manque de volonté pour démonter le paramilitarisme et ses relations avec l’armée  » [17]. La Commission de Réconciliation et de Réparation, créée par la Loi de Justice et Paix, n’est pas indépendante et ne vise pas  une véritable réparation intégrale comprenant la reconstruction des projets de vie détruits. Son fonctionnement a néanmoins obtenu le soutien de l’actuel gouvernement socialiste espagnol [18] qui privilégie pour sa politique extérieure dans la région les analyses du discret mais déterminant Observatoire pour les entreprises en Amérique latine (Observatorio para Empresas de Latinoamérica), centre d’analyse des principales transnationales espagnoles.

Résultats inverses

Entre-temps, la croissance de la consommation de cocaïne chez les jeunes entre 14 et 18 ans s’est multipliée par 4 en Espagne au cours des cinq dernières années, passant de 1,5  6%. En Angleterre, cette consommation chez les jeunes ayant entre 11 et 14 ans a augmenté de 100% entre 2004 et 2005, touchant 65 000 jeunes consommateurs. En Espagne, 170 000 adolescents ont admis avoir consommé de la cocaïne en 2005. De même, les bénéfices du secteur financier, dont les sièges se trouvent dans des paradis fiscaux et qui ont des intérêts dans la région andine, ont notablement augmentés. Le même phénomène a été observé pour les bénéfices des entreprises productrices de fertilisants utilisés dans la culture industrielle de la coca, de produits chimiques utilisés dans la production de cocaïne et ceux de l’entreprise Monsanto qui fabrique le poison utilisé pour les fumigations. Les profits de l’ensemble des entreprises états-uniennes et européennes qui vendent de l’armement et des services « de sécurité  » sur ce marché florissant se sont également multipliés, ainsi que les profits du réseau des grandes entreprises qui peuvent tirer un bénéfice des diverses affaires juteuses dans cet « ordre  » faible maintenu par la répression et le mensonge [19].

Dans le même temps, la majorité de la population européenne reste absolument étrangère aux bénéfices réels qui découleront de relations économiques, scientifiques et culturelles transparentes et égalitaires nouées avec la Colombie. La plus grande partie de leurs impôts destinés  la « coopération  » avec la Colombie sont canalisés vers le soutien  ce processus chaotique de pacification, de contrôle social et territorial précaire étayé sur une instable impunité sélective. Dans cette dynamique, leurs impôts finissent par soutenir une prolongation du conflit, un affaiblissement des droits élémentaires de la population civile et le flux de narcotiques produits dans certaines des régions « pacifiées  ». Il s’agit d’un gaspillage démesuré de l’intelligence sociale et de ressources financières qui pourraient aussi bien servir  panser les blessures des dernières décennies et  soutenir une démocratisation de la vie sociale authentique et souveraine marquée aujourd’hui par l’intimidation et la négation quotidienne des droits les plus élémentaires des communautés. (...)

Les milieux économiques européens célèbrent la politique de « sécurité démocratique  » [20] en Colombie et les indicateurs macro-économiques qui traduisent de gros bénéfices mais ils restent totalement indifférents face  l’enfer humain et aux horreurs inexprimables de la misère qui frappe jour après jour pratiquement 70% de la population ; une misère étroitement liée  la guerre civile prolongée soutenue et aggravée par d’importants appuis extérieurs. Combien de temps encore, cette inversion des logiques, des buts et des actions durera-t-elle ?

Notes :

[1[NDLR] Ce processus de paix entre la guérilla et el gouvernement d’Andrés Pastrana (1998-2002) a définitivement échoué en 2002.

[2Déj en 1925, l’armée des Etats-Unis était intervenue trois fois en Colombie mais c’est seulement après 1959, avec le triomphe de la Révolution cubaine, qu’elle y sera présente militairement de façon permanente. Depuis 1962, c’est le Plan LASO (Latinoamerican Security Operation) qui a initié l’intervention massive et systématique du gouvernement des Etats-Unis qui interprète tout conflit social comme une menace communiste, qui criminalise toute protestation sociale et qui lui répond militairement.

[3Voir El Plan Colombia y la internacionalización del conflicto. Instituto de Estudios Políticos y Relaciones Internacionales-IEPRI, 2001.

[4Voir La otra historia de los Estados Unidos, de Howard Zinn, Editorial Hirú, 2003.

[5Depuis La Guajira, sur la côte nord de la Colombie, en passant par la région du Catatumbo, dans le centre du pays, jusqu’ Vichada, dans le sud, on a pu observer des déplacements de population et un contrôle militaire et social. En 2005-2006, le gouvernement de Washington a destiné 4 milliards de pesos  l’extension de la culture de la palme dans le Catatumbo. En février 2005, les « Menaces  la sécurité nationale de la Colombie  » se sont ajoutées  la « Guerre contre le trafic de drogues  » et  la « Guerre contre le terrorisme  » pour déterminer l’ « aide  » militaire états-unienne en Colombie. Le 1er mai 2006, Fidel Castro révélait dans son discours officiel que « en novembre 1999, on a su en Californie que René Cruz et Eusebio Peñalver (étroitement liés aux deux Posada Carriles), conjointement avec trois autres terroristes Roberto Martín Pérez, ngel D’Fana et Ernesto Díaz, actuel chef de Alpha 66, étaient impliqués dans un plan visant  attenter  la vie du président Hugo Chávez, avec l’appui d’un groupe de riches vénézuéliens ... Ce plan devait être exécuté au cours du mois de décembre par un commando formés par des cubains et des vénézuéliens qui seraient arrivés au Venezuela via un pays tiers  ». En 2006, une croissante offensive médiatique internationale a été entamée dans le but de lier les chargements de cocaïne et les narcotrafiquants avec le Venezuela.

[6Escuela de las Américas, Lesley Gill. Editorial Lom, janvier 2005.

[7Si l’on superpose les cartes des résultats électoraux depuis la seconde moitié des années 80 avec les cartes des massacres et des déplacements de la population civile, les coïncidences entre la géographie de l’extermination et celle du déplacement et les régions où la gauche a triomphé ou était significativement présente au sein des gouvernements locaux sont impressionnantes.

[8Dans le livre Repensar los Estados Unidos. Para una sociología del hiperpoder, de Loïc Wacquant (Dir.), Editions Anthropos, 2005, on trouve les nouvelles formes de l’internationalisme états-unien basées sur la création de doctrines de domination impériale dans les centres de pensées, qui s’appuient sur une série d’instruments dont la présence discrète et efficace dans les médias, les universités et dans les organisations non gouvernementales financées par l’Agence Etats-unienne de Développement International (USAID, United States Agency for International Development) et la Fondation Nationale pour la Démocratie (NED, National Endowment for Democracy) qui font également partie des outils d’intervention civile de la Central Intelligence Agency (CIA), comme le souligne l’enquête menée dans le livre intitulé El código Chávez, de la journaliste vénézuélienne Eva Golinger.

[9Sur le page Web du Inter-American Dialogue, on peut identifier une grande partie des 250 entreprises des Etats-Unis qui ont des intérêts en Colombie. Sur la page www.solidaridad.net, il est possible de consulter un article sur la European Round Table, qui contient la liste des multinationales dont les intérêts économiques déterminent la politique étrangère menée en Colombie : Dans le livre El negocio de la Guerra de Diego Azzellini, publié aux éditions Txalaparta, 15 des principales industries d’armement, de sécurité et d’entraînement sont nommées parce qu’elles bénéficient de la guerre entre colombiens. Cette information apparaît également sur le site du Réseau Voltaire.

[10Les « tables des donateurs  », méthodologie de canalisation des ressources de la coopération internationale en faveur de l’effort de guerre qui évitent leur échec en évitant de répondre aux demandes sociales de la population. Cette méthodologie a été appliquée, par exemple, en Afghanistan après 2001 lorsque on a crée le Groupe d’appui pour la reconstruction de l’Afghanistan.

[11La Présidence, au nom de l’UE, a déclaré en décembre 2001 qu’il « n’existe aucune alternative adéquate  une solution négociée du conflit interne  ». En revanche, le 19 mars de cette même année, le ministre des Relations extérieures espagnol, Joseph Piqué, déclarait qu’il « n’y a pas d’alternative au Plan Colombie [...]. Nous travaillons  notre participation accrue au travers de la présence d’observateurs tant civils que militaires dans tout le processus  ».

[12Voir le rapport de Amnesty International de 2005 : « Colombie : les paramilitaires  Medellin, démobilisation ou légalisation ?  » sur la démobilisation emblématique du Bloque Cacique Nutibara de Medellin, et le rapport de Human Rigth Watch « Les apparences sont trompeuses  ».

[13Chaque année, en novembre, le Colat, le groupe chargé au sein du Conseil européen de produire les documents politiques concernant l’Amérique latine, produit un Policy paper qui sert de base aux conclusions publiques du Conseil européen.

[14Les ressources de la coopération internationale non remboursables de l’Union européenne destinés  la Colombie sont passées de 18 millions de dollars en 2002  68 millions en 2006 selon la Direction de la coopération internationale d’action sociale du gouvernement colombien.

[15[NDLR] Le 21 juin 2005, la Chambre des députés colombienne approuvait, après un an de discussion, la très controversée Loi de justice et paix. Celle-ci fournit un cadre légal  la démobilisation des paramilitaires (extrême droite). Elle est considérée par ses détracteurs, dont la Commission colombienne de juristes, qui dispose d’un statut consultatif  l’ONU, comme une « loi d’impunité  ».

[16La loi signifiait une vulnérabilité accrue pour ceux qui défendent les espaces démocratiques et les droits fondamentaux de la population civile. De la même manière, les exportations d’armement vont  contre-courant des Codes de conduite de l’Union européenne qui interdisent que des armes soient fournies aux gouvernements fortement impliqués dans des violations des droits humains.

[17Voir l’essai intitulé : « Perspectivas para la paz en Colombia : la respuesta a la política de Uribe  ». Daniel García-Peña. CIP-FUHEM, Madrid, 2005, p. 12, et le rapport « Colombia : ¿reconciliación con impunidad ?  », de Nuria del Viso dans la revue Papeles de Cuestiones Internacionales Nº 89, printemps 2005, pp. 80-81.

[18Extraits de l’intervention de Eduardo Pizarro lors des Journées de la Taula Catalana sur la coopération en Colombie en avril 2006 : « Il existe un groupe d’appui  la Commission qui réunit le G24, la Banque mondiale et les 22 agences de l’ONU. Le gouvernement espagnol, au travers de la Vice-présidente des Relations extérieures et du Directeur de la Coopération internationale a offert sa coopération  la Commission par des voies juridiques pour accompagner les victimes, la constitution des base de données de biens et de deux banques de données pour les victimes : l’une anthropologique et l’autre génétique  ».

[19En particulier, les entreprises de pétrole, de charbon, de gaz, minières, de palmes visant  la production de biodiesel, de tourisme et d’eau. Articulées  elles, les principales banques européennes et une vaste gamme d’entreprises qui produisent différents composants et services  ces secteurs accumulent les succès.

[20[NDLR] Nom donné  la politique répressive et militariste du gouvernement Uribe.

Source : cet article a été publié dans l’édition colombienne du Monde Diplomatique (http://www.eldiplo.info/), n°46, juin 2006 ; et reproduit par le site de la revue Pueblos (www.revistapueblos.org).

Traduction : Anne Vereecken, pour le RISAL (http://risal.collectifs.net).

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