La r√©volution cubaine √ la crois√©e des chemins
par J. Konrad
Article publiť le 16 mai 2007

Depuis 1989 une tr√®s large partie de la presse mondiale et pas seulement les journaux li√©s √ l’√©migration ¬« anti-castriste ¬ » de Miami annonce r√©guli√®rement la fin du r√©gime castriste. L’hospitalisation en √©t√© 2006 de Fidel Castro a encore aliment√© ce que l’on doit qualifier de d√©sinformation. Car quinze ans apr√®s l’implosion de l’URSS et le renforcement du blocus commercial √©tats-unien qui l’a imm√©diatement accompagn√©, malgr√© l’arr√™t instantan√© de 85 % du commerce ext√©rieur que Cuba r√©alisait avec lesdits pays du ¬« socialisme r√©ellement existant ¬ », la soci√©t√© et le r√©gime issus de la r√©volution de 1959 tiennent toujours. Et ce, malgr√© la pression politique et √©conomique de l’imp√©rialisme et du march√© mondial. Et aussi malgr√© une bureaucratisation importante et les signes inqui√©tants que certains secteurs bureaucratiques aspireraient √ la restauration capitaliste, malgr√© les p√©nuries et la diff√©renciation sociale.

Les enjeux

Mais si les reportages publi√©s r√©guli√®rement par la presse mondiale insistent surtout sur les innombrables erreurs et √©checs du r√©gime cubain, ce n’est pas seulement parce que la grande majorit√© des reporters tente de comprendre une soci√©t√© diff√©rente avec une grille de lecture de la soci√©t√© capitaliste, c’est aussi parce que cette presse, comme le capital qui domine la plan√®te, aspire √ la fin de l’exp√©rience cubaine car les enjeux sont de taille. Alors que les rapports de production capitalistes ont √©t√© r√©tablis sur la quasi totalit√© de la plan√®te et que les derni√®res barri√®res continuent √ √™tre lev√©es devant la p√©n√©tration des marchandise, rendant plus ais√©e la r√©alisation de la plus value (cette partie de la valeur du travail que le capital s’approprie, mais dont la r√©alisation n’est possible qu’√ la condition de ne pouvoir vendre l’ensemble de la production), Cuba r√©siste encore. Et cette r√©sistance incite √ la r√©flexion sur ce que pourrait √™tre un autre monde. Car m√™me si le syst√®me cubain plie devant la pression du march√© mondial, il n’a pas encore c√©d√© devant la domination absolue de la marchandise.

La dur√©e de l’exp√©rience cubaine n’est pas sans influence sur les luttes en Am√©rique latine. Si dans le monde entier l’offensive du capital contre le travail provoque des r√©sistances populaires et si l’id√©ologie n√©olib√©rale continue √ perdre sa l√©gitimit√©, c’est seulement en Am√©rique latine, au Venezuela, en Bolivie, en √‰quateur derni√®rement que des gouvernements issus du rejet du mod√®le n√©olib√©ral parlent non seulement de transformations sociales mais encore du ¬« socialisme du XXIe si√®cle ¬ ». Car malgr√© ses innombrables d√©fauts, Cuba reste un mod√®le de r√©f√©rence dans ce continent o√Ļ la pauvret√© continue √ s’aggraver. Qui plus est, l’√©mergence de gouvernements en rupture avec l’imp√©rialisme dans les trois pays mentionn√©s desserre le garrot que l’imp√©rialisme a impos√© √ Cuba. Les r√©cents √©checs de l’imp√©rialisme √©tats-unien en Am√©rique latine et en particulier de son projet de la Zone du Libre-Echange des Am√©riques (ZLEA), en t√©moignent. Comme en t√©moigne la r√©habilitation par les gouvernements v√©n√©zu√©lien et bolivien de l’id√©e m√™me de la nationalisation, apr√®s vingt ann√©es de domination mondiale absolue du mod√®le visant √ tout privatiser.

Il n’en reste pas moins que la survie du syst√®me issu de la r√©volution cubaine rel√®ve du miracle. D’abord parce que la r√©sistance cubaine face √ l’imp√©rialisme rel√®ve du combat mythique de David contre Goliath. Mais aussi parce que la soci√©t√© cubaine a connu un processus de bureaucratisation que les graves erreurs d’orientation de la direction castriste ont encore aggrav√©.

Une économie en crise

Isol√©e par le blocus √©conomique imp√©rialiste, la r√©volution cubaine n’avait d’autre choix que de r√©orienter son √©conomie vers le bloc sovi√©tique. Mais cette r√©orientation a d√ » plier devant les exigences du Kremlin. D’abord, en imposant un mod√®le √©conomique qui excluait l’√©tablissement des rapports de production collectivistes, fond√©s sur l’autogestion ouvri√®re, la libre coop√©ration des producteurs et leur planification d√©mocratique. En lieu et place, c’est une √©conomie administr√©e centralement, ne laissant aucun espace √ l’initiative des producteurs, qui a vu le jour, une √©conomie gaspilleuse et enti√®rement d√©pendante.

Une telle administration centrale, hi√©rarchique, est le fondement m√™me de l’in√©galit√©, surtout lorsque s’accro√ģt la p√©nurie, comme c’est le cas depuis la r√©duction puis l’arr√™t des √©changes avec le camp sovi√©tique. Aujourd’hui, ce mod√®le-l√ qui continue √ tort d’√™tre identifi√© par la direction cubaine comme la planification socialiste est en train de s’effondrer. Un exemple suffit pour indiquer l’ampleur du ph√©nom√®ne : les statistiques cubaines les plus officielles indiquent qu’avec un salaire moyen il n’est pas possible de satisfaire 100 % des besoins essentiels de nourriture. Et les √©conomistes d√©battent toujours pour savoir si le pourcentage de satisfaction qu’un tel salaire permet est de 80%, 60 % ou moins encore... Mais si tout le monde a remarqu√© que la population cubaine ne vit pas dans l’opulence √ l’exception d’une minorit√© de nouveaux riches, on ne meurt pas de faim dans l’√ģle, alors que ce devrait √™tre le cas si depuis plus d’une d√©cennie les salaires ne permettent pas de satisfaire les besoins alimentaires.

Formul√© autrement, cela signifie qu’un pourcentage significatif de la vie √©conomique √©chappe au plan et qu’en cons√©quence d’autres rapports sociaux permettent √ la population cubaine de survivre. Lesquels ? Des rapports marchands fond√©s sur l’√©largissement du secteur de la petite production marchande, sur le tourisme et tout ce qu’il v√©hicule comme rapports de domination, dont la prostitution. Et bien s√ »r, toute l’√©conomie informelle, du march√© ¬« gris clair ¬ » au march√© noir.

Mais aussi toutes sortes de rapports non marchands √©chappant √ l’√©conomie administr√©e, des services que les citoyens se rendent mutuellement en violant ou contournant les r√®gles administratives. Ces derniers peuvent parfois conduire √ des contreparties mon√©taires mais, m√™me dans de tels cas, il ne s’agit pas de rapports marchands en l’absence d’un march√© unifi√© √©tablissant des prix.

De m√™me que le d√©veloppement d’un secteur de petite production marchande et du ¬« march√© en devises ¬ » (en peso convertible [1]) sont des indicateurs de l’incapacit√© de l’√©conomie cubaine √ rompre avec le march√© et de l’utopie que repr√©sente l’√©conomie administr√©e centralement, la g√©n√©ralisation des rapports d’√©change non marchands t√©moigne de l’incapacit√© de la bureaucratie √ planifier l’√©conomie et de l’aspiration de la soci√©t√© pour d’autres rapports sociaux qui se manifeste ainsi de fa√ßon ¬« d√©viante ¬ ». Et chaque citoyen cubain, comme tous ceux qui ont connu la vie dans les soci√©t√©s dites du ¬« socialisme r√©el ¬ », sait quelle d√©pense d’√©nergie incroyable et quelle inventivit√© il faut pour contourner √ la fois les rapports marchands et l’√©conomie administr√©e (et d√©fendue par la police) afin de satisfaire au moins partiellement ses besoins. √‰nergie et inventivit√© qui auraient pu √™tre mises au service de la libre coop√©ration des producteurs.

Bureaucratisation

Impos√©e par le Kremlin contre les critiques que Che Guevara commen√ßait √ formuler [2], cette √©conomie administr√©e a produit une couche sociale parasitaire et inutile qui p√®se sur la soci√©t√© cubaine. Fernando Martinez Heredia, marxiste critique cubain r√©put√©, disait √ ce sujet : ¬« Si la bureaucratisation √©tatique ne se mesure pas au nombre de ses bureaucrates, les chiffres sont n√©anmoins √©loquents : selon les donn√©es de 1986, en 12 ans (entre 1973 et 1985), le nombre de fonctionnaires avait √©t√© multipli√© par 2,5. ¬ » Et il poursuivait : ¬« Les moyens de communication de masse ont perdu la fonction qu’ils √©taient cens√©s remplir. D’outils de lutte populaire favorable √ la transition socialiste, ils se sont mu√©s compl√®tement en un outil de propagande, ce qui n’est √©videmment pas du tout la m√™me chose. L’id√©ologie est-europ√©enne s’est impos√©e partout, au point que le discours officiel ne tarissait pas d’√©loges sur les suppos√©s succ√®s de l’Union sovi√©tique et de son syst√®me, allant m√™me jusqu’√ consid√©rer comme id√©ologiquement pr√©judiciable toute critique √ son √©gard. ¬ » [3]

La direction historique de la révolution cubaine, en particulier Fidel Castro, avait toujours gardé une distance envers cette couche bureaucratique, parfois traitée publiquement avec une certaine supériorité. Mais elle a en même temps pris appui sur cette couche bureaucratique pour diriger le pays.

La processus de rectification, entam√© lorsque l’Union sovi√©tique commen√ßa √ remettre en cause en 1985-86 ses rapports √©conomiques avec Cuba, puis le d√©bat ouvert en mars 1990 pour pr√©parer le IVe Congr√®s du Parti (octobre 1991), qui donna lieu √ plusieurs dizaines de milliers d’assembl√©es au cours desquelles un million de critiques fut recueilli, n’ont pas conduit vers une la gestion de l’√©conomie par les producteurs eux-m√™mes. Alors que le syst√®me √©conomique cubain reste prisonnier de la contradiction entre la propri√©t√© collective des moyens de production et leur gestion individuelle, contradiction qui peut √™tre r√©solue soit par la privatisation et donc la restauration capitaliste comme en ex-URSS, dans les pays de l’Europe de l’Est, en Chine et au Vietnam soit par la collectivisation de la gestion, la direction cubaine tente de maintenir le statu quo de gestion administrative peu efficace. Et, si devant l’effondrement du syst√®me sovi√©tique, on assiste √ des r√©formes √©conomiques -d√©p√©nalisation de la d√©tention des dollars en 1993, r√©ouverture des march√©s libres paysans en 1994, autorisation des investissements √©trangers en 1995 -, force est de constater qu’elles ne vont nullement vers une collectivisation de la gestion, au contraire. Notons enfin que les diverses mesures prises depuis en vue de limiter les possibilit√©s d’accumulation priv√©e sur la base de ces r√©formes reposent, une fois encore, non sur le d√©veloppement des m√©canismes de contr√īle social, mais sur le recours √ un contr√īle administratif et bureaucratique.

Transition et marché

Le principal effet des r√©formes √©conomiques des ann√©es 1990 a √©t√© une diff√©renciation sociale tr√®s nette. ¬« Sans doute, explique Fernando Martinez Heredia dans l’entretien cit√©, ne serait-elle que minime vue d’autres pays d’Am√©rique latine ou du monde. Mais pour Cuba, elle est extraordinairement significative dans la mesure o√Ļ la r√©partition per capita des revenus √©tait √ l’oppos√© de celle du reste de l’Am√©rique latine. Cela √©tant, on n’en est pas encore √ constater des diff√©rences de classes sociales. ¬ » [4] La diff√©renciation sociale a pourtant mis en cause un des principaux facteurs de la l√©gitimit√© du syst√®me alors que, parall√®lement, l’argent a gagn√© beaucoup d’estime... Et si malgr√© la p√©n√©tration tr√®s forte des rapports mercantiles et la pr√©sence contr√īl√©e surtout par l’appareil militaire d’investissements √©trangers - qui, comme il se doit, accumulent et exportent des capitaux -, on n’assiste pas encore √ la libert√© d’accumulation du capital par des Cubains nouveaux riches, on observe l’apparition des √©pargnes mon√©taires tr√®s importantes d√©tenues par une infime minorit√© sur des comptes bancaires. Il s’agit l√ de transformations qui pourraient demain constituer les fondements sociaux d’une restauration du capitalisme.

Le r√©tablissement des rapports marchands et le recours √ l’√©talon mon√©taire constituait √ n’en pas douter une n√©cessit√©. L’administration centralis√©e d’une √©conomie de p√©nurie ne peut en aucun cas constituer une alternative au march√©. Le march√© est un rapport social que seul un rapport social sup√©rieur pourrait faire d√©p√©rir. ¬« Le plan, √©crivait Trotsky en 1932, alors qu’apparaissaient les premiers r√©sultats d√©sastreux de la soi-disante planification - en fait, une administration centrale non fond√©e sur une connaissance des besoins sociaux - se v√©rifiera et dans une grande mesure se r√©alisera par l’interm√©diaire du march√©. La r√©gularisation du march√© lui-m√™me doit se baser sur les tendances qui s’y font jour. Les [innombrables participants de l’√©conomie √©tatique, particuliers, collectifs et individuels] doivent d√©montrer leur compr√©hension √©conomique au moyen du calcul commercial. Le syst√®me de l’√©conomie transitoire ne peut √™tre envisag√© sans le contr√īle du rouble [monnaie]. Cela suppose en cons√©quence que le rouble soit √©gal √ sa valeur. Sans la fermet√© de l’unit√© mon√©taire, le calcul commercial ne peut qu’augmenter le chaos. ¬ » [5] Et, critiquant alors l’abandon du march√©, il poursuivait : ¬« Cela signifie qu’un √©tablissement √©conomique correct de la collectivisation √ l’√©tape pr√©sente devait conduire non pas √ la disparition de la NEP [6], mais √ une refonte continue de ses m√©thodes. La bureaucratie s’oriente en sens inverse (...). Se butant aux disproportions au cours de la NEP, elle a liquid√© la NEP. Elle a remplac√© les m√©thodes du march√© par un plus large usage de la m√©thode de coercition. ¬ » [7] Pour finalement conclure : ¬« Apr√®s l’offensive aventuriste, une retraite planifi√©e et tr√®s m√ »rement r√©fl√©chie est n√©cessaire. ¬ » [8]

Je rappelle ici les termes du d√©bat russe du d√©but des ann√©es 1930 car les sch√©mas √©conomiques emprunt√©s aux staliniens ont profond√©ment marqu√© la r√©flexion sur les soci√©t√©s de transition, la cubaine en premier lieu, et qu’une critique des m√©faits du march√© pourrait conduire √ la conclusion h√Ętive qu’il suffirait de l’abandonner. Or les rapports marchands, qui sont des rapports sociaux, correspondants √ un certain niveau de la production mat√©rielle, ne peuvent √™tre ¬« liquid√©s ¬ ». S’ils sont interdits, ils se manifesteront clandestinement, minant tous les autres m√©canismes √©conomiques. Mais comme il s’agit de rapports sociaux, c’est en construisant d’autres rapports sociaux qu’il est possible de se donner les moyens de les contr√īler. Le march√© ne peut √™tre contr√īl√© efficacement que par la coop√©ration consciente et collective des producteurs et des consommateurs. Non par les administrateurs bureaucrates ayant recours √ la coercition. Car ces derniers, comme l’ont d√©montr√© encore les exp√©riences sovi√©tique, est-europ√©enne, chinoise et vietnamienne, finissent, t√īt ou tard, par s’adapter et se mouler dans les rapports sociaux qu’ils √©taient suppos√©s contr√īler. Devenant ainsi une nouvelle classe dominante.

Défense des acquis

Alors que la g√©n√©ration qui a dirig√© la r√©volution cubaine, commence par la force des choses, √ quitter la sc√®ne politique, la soci√©t√© cubaine est √ la crois√©e des chemins. Elle a r√©ussi au cours des quinze derni√®res ann√©es √ maintenir son cours non-capitaliste, m√™me si cela a eu lieu au prix du d√©veloppement de ses contradictions internes. Il ne fait pas de doute que cela a √©t√© un choix conscient de ses dirigeants. De m√™me, la direction cubaine s’est av√©r√©e capable d’√©tablir des relations internationalistes avec les gouvernements issus de la lutte contre l’imp√©rialisme et sa mondialisation n√©olib√©rale, au Venezuela, en Bolivie et en ce moment en √‰quateur. L’aide cubaine a √©t√© d’une grande importance pour les avanc√©es de la ¬« r√©volution bolivarienne ¬ » au Venezuela.

En m√™me temps, en l’absence d’un cadre permettant l’auto-activit√© des masses √ Cuba, le r√©tablissement des rapports sociaux marchands, m√™me partiel et soumis √ une contr√īle administratif, renforce la passivit√© de la population, les attitudes cyniques et d√©sabus√©es au sein de la jeune g√©n√©ration [9] et affaiblit la l√©gitimit√© du syst√®me cubain aux yeux m√™mes de ceux qui sont en derni√®re analyse les seuls capables de le d√©fendre contre la restauration du capitalisme.

Manuel V√°zquez Montalb√°n proposait la jolie formule suivante : ¬« La r√©volution cubaine m√©rite de sauvegarder le meilleur d’elle-m√™me, et de l’offrir aux peuples globalis√©s comme paradigme alternatif √ la globalisation actuelle. Mais elle doit pour cela rompre avec le pire d’elle-m√™me, qui nuit aux m√©canisme de participation, de critique et de modification de l’architecture du pouvoir. ¬ » [10] La question en suspens est de savoir si la r√©volution cubaine dispose encore de la vitalit√© lui permettant de rompre ¬« avec le pire d’elle-m√™me ¬ », c’est-√ -dire si les travailleurs de Cuba n’ont pas subi une atomisation si forte et si longue qu’ils ne disposent plus de ressorts pour s’opposer collectivement √ la restauration du capitalisme et pour prendre en main leur propre avenir.

Notes :

[1[NDLR] ¬« Trois monnaies √©taient en circulation √ Cuba : le dollar, le peso convertible utilis√© dans les magasins sp√©ciaux vendant en dollars au taux de un pour un, et le peso traditionnel utilis√© pour le paiement des salaires et le march√© interne. D√©sormais il ne reste que deux monnaies en circulation. (...) Depuis l’automne 2004, les transactions en dollars n’ont plus cours. Le billet vert a √©t√© remplac√© depuis par le peso convertible (CUC) pour l’ensemble des transactions en esp√®ces sur l’√ģle. Mais ce CUC - qui est paritaire avec le dollar sur l’√ģle -n’est pas convertible √ l’ext√©rieur. L’autre peso, le peso usuel, s’√©change au taux de 26 pesos pour un dollar et reste encore la monnaie courante pour les salaires. Quant aux entreprises d’√‰tat qui d√©tiennent des comptes en pesos convertibles, elles ne peuvent plus les alimenter en cash par des dollars. Il en est de m√™me pour les soci√©t√©s commerciales √ capitaux 100 % cubains. ¬ »
Extrait de Janette Habel, Le castrisme apr√®s Fidel Castro : une r√©p√©tition g√©n√©rale, RISAL, 29 d√©cembre 2006.

[2En particulier sa critique du manuel sovi√©tique de l’√©conomie, cf. les articles de Celia Hart et Michael L√∂wy reproduits dans le dossier d’Inprecor : www.inprecor.org.

[3Entretien d’√‰ric Toussaint avec Fernando Martinez Heredia, r√©alis√© en juillet 1998 √ La Havane et reproduit dans Yannick Bovy et √‰ric Toussaint (coordinateurs), Le Pas suspendu de la R√©volution, Approche critique de la r√©alit√© cubaine, √‰ditions du Cerisier, Mons 2001, p. 80. On ne peut que recommander la lecture de cet ouvrage collectif, reproduisant de nombreuses contributions de marxistes critiques, cubains ou non, qui, s’il pose plus de question qu’il ne fournit de r√©ponses, n’a pas vieilli depuis sa parution et aide √ saisir les enjeux et la complexit√© des processus sociaux et politiques en cours √ Cuba (400 pages au prix de 19,71 euros).

[4Op. cit. p. 85.

[5L√©on Trotsky, L’√©conomie sovi√©tique en danger au seuil du deuxi√®me plan quinquennal, in : L. Trotsky, √‰crits 1928-1940, Tome 1, Librairie Marcel Rivi√®re et Cie, Paris 1955, p. 126.

[6La Nouvelle Politique √‰conomique (NEP) a √©t√© introduite en 1921, pour retisser les rapports marchands dans une √©conomie d√©vast√©e par la guerre civile et sur laquelle les m√©thodes coercitives de gestion du ¬« communisme de guerre ¬ » n’avaient plus prise.

[7Op. cit. pp. 127-128.

[8Op. cit. p. 131.

[9La coexistence des enclaves capitalistes (tourisme) et d’autres centralement administr√©e (et identifi√©s officiellement √ la planification socialiste) donne des blagues du genre : ¬« Le socialisme c’est la p√©nurie et le capitalisme c’est l’abondance. ¬ »

[10Introduction au Pas suspendu de la Révolution, op. cit. p. 16.

Source : Inprecor (www.inprecor.org), d√©cembre 2006 / janvier 2007.

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