Sous l’angle des droits humains
Le flux de l’huile de palme Colombie-Europe
par Fidel Mingorance
Article publié le 13 septembre 2007

En Colombie, les promoteurs gouvernementaux du modèle agroindustriel
des grandes plantations et les départements marketing et publicité des grandes entreprises commercialisant l’huile de palme affirment que la palme à huile est profitable à tous : aux finances de l’Etat, aux entrepreneurs et à l’ensemble de la société, car, expliquent-ils, cette culture, outre qu’elle entraîne de grands bénéfices sociaux ainsi que la paix et le développement national, est bénéfique pour la santé des consommateurs et pour le climat de la planète.

Bien que des études spécifiques sur les impacts de cette monoculture
dans le département du Chocó et des informations recueillies dans d’autres régions indiquent le contraire, les organismes promouvant
cette agroindustrie ne reconnaissent pas les problèmes liés à la monoculture de la palme. Les seules plaintes émanant de ce secteur ont trait aux problèmes rencontrés pour pouvoir planter plus de palme en raison des limitations imposées sur certains territoires par les lois constitutionnelles de protection ethnique et environnementale.

Au vu des grandes expectatives générées par le biodiesel de palme,
le gouvernement et les entreprises productrices d’huile de palme se
sont lancés à la recherche d’investisseurs internationaux, y compris
européens, pour poursuivre l’extension des plantations de palme à
travers des mégaprojets.

Face à cette avalanche de publicité en faveur de la palme, il est indispensable que les éventuels investisseurs, les instances européennes en matière de droits humains et d’aide au développement
et surtout le consommateur belge/européen de produits fabriqués ou
dérivés de cette huile puissent disposer du maximum d’informations
possible sur la signification de la culture de la palme dans sa dimension
globale et ne se limitent pas à la vision partiale découlant des
données agroéconomiques fournies par les entreprises cultivant la
palme et par le gouvernement colombien.

A l’exception du cas des plantations de palme dans le Chocó, pour lequel
une documentation spécifique existe, les informations disponibles
sur les violations de différents droits associées aux plantations
d’huile de palme colombiennes sont très dispersées.

La présente étude vise à donner une information structurée, spécialement conçue pour les lecteurs belges et européens, afin de dégager une image globale utile aux personnes intéressées n’ayant pas de connaissance approfondie en la matière. Un autre objectif est également que ce texte puisse servir de base à d’autres travaux plus
approfondis en la matière, tant en Europe qu’en Colombie.

L’étude commence par une description générale de la chaîne de
l’huile de palme colombienne du point de vue agroéconomique et de
son flux commercial ultérieur vers la Belgique/Europe. Comprendre
les caractéristiques et le fonctionnement des maillons de cette
chaîne agroindustrielle est essentiel et fondamental afin de pouvoir
analyser le flux de l’huile sous l’angle des droits humains.

Il est ensuite procédé à une cartographie générale des violations de
la législation colombienne et de la législation internationale ratifiée
par la Colombie qui ont lieu dans les zones de culture de la palme,
telles que dénoncées par les communautés affectées, les organisations
sociales, les défenseurs des droits humains et, dans certains
cas, par les organismes de contrôle de l’Etat colombien eux-mêmes.

Ces violations mériteraient en tant que telles une investigation
complète et monographique. Cet objectif outrepasse la finalité et les
possibilités de la présente étude. La description générale tentera
toutefois de donner un aperçu le plus complet possible de ces violations
à l’échelle nationale.

Une localisation, description ou cartographie générale serait incomplète
sans une analyse ultérieure du ‘modèle palmier’ mis en oeuvre
en Colombie, dans lequel le paramilitarisme est l’une des principales
structures coupables de violations.

Compte tenu des caractéristiques de ce modèle d’exploitation ainsi
que de la forte intégration verticale de la chaîne de l’huile de palme,
les responsabilités dans les violations commises doivent être recherchées dans tous les maillons de la chaîne, des plantations colombiennes aux consommateurs finaux.

La caractérisation du ‘modèle palmier’ colombien et l’examen ultérieur
des responsabilités dans le flux d’huile de palme Colombie
– Belgique/Europe parachèveront l’image globale que nous souhaitons
donner.

“Le flux de l’huile de palme Colombie-Belgique/Europe
Approche sous l’angle des droits humains”

Etude réalisée par Human Rights Everywhere (HREV) pour la Coordination Belge pour la Colombie.

Préface de Jean Ziegler

Document(s) à télécharger :

Source : Human Rights Everywhere (HREV - http://www.hrev.org) et Coordinationation Belge pour la Colombie (CBC - http://www.cbc.collectifs.net), 2006-2007.

Ce rapport est disponible en anglais et en espagnol sur le site de la CBC.

Les opinions exprimées et les arguments avancés dans cet article demeurent l'entière responsabilité de l'auteur-e et ne reflètent pas nécessairement ceux du Réseau d'Information et de Solidarité avec l'Amérique Latine (RISAL).
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