Pour un audit intégral de la dette
L’Équateur à la croisée des chemins
Article publié le 7 janvier 2008

Pour l’ensemble des pays en développement, la situation actuelle de l’endettement présente une particularité qu’il est essentiel de placer au coeur du débat public : elle est le fruit d’une stratégie continue de spoliation et de subordination de ces pays par les pays les plus industrialisés, les grandes firmes transnationales et les institutions financières internationales, avec la complicité servile des élites du Sud.

A l’instar des autres pays endettés du tiers-monde, l’Equateur est victime d’un surendettement criminel : alors que les richesses naturelles de l’Equateur en font l’un des pays les mieux fournis d’Amérique latine, les ressources du pays, principalement le pétrole et la production de bananes, ont été systématiquement spoliées par les grandes multinationales, les créanciers et les grands propriétaires. L’endettement massif et frauduleux a été le principal mécanisme de pillage des ressources.

De ce fait, l’Equateur est le pays d’Amérique du Sud qui doit consacrer la part la plus élevée de son budget au remboursement de la dette, rendant marginales les dépenses publiques, notamment la santé et l’éducation. En 1980, 40% du budget était destiné à la santé et l’éducation et 15% au service de la dette. En 2005, la situation est inversée : le gouvernement dédie 40% du budget au service de la dette pendant que les dépenses de santé et d’éducation ne totalisent que 15% du budget ! Ces chiffres indiquent clairement quelles sont les priorités des gouvernements qui se
sont succédé jusqu’alors au moment de distribuer les ressources : on satisfait en premier lieu les créanciers au détriment des besoins les plus fondamentaux de la population. Devant cet état de fait inacceptable, il est important d’agir.(...)

Ce travail collectif a été réalisé par le CADTM en juillet 2007, à la demande de AFRODAD (www.afrodad.org). Les auteurs sont Benoît Bouchat, Virginie de Romanet, Stéphanie Jacquemont, Cécile Lamarque et Éric Toussaint.

Comité de lecture : Myriam Bourgy, Damien Millet y Renaud Vivien.

Traduction en espagnol par Claudio Guthmann, Víctor Isidro, Juan Antonio Julián, Griselda Piñero, Raúl Quiroz y Lucie Viteri.

Traduction en anglais par Elizabeth Anne, Vicki Briault, Judith Harris y Christine Pagnoulle.

Document(s) à télécharger :

Source : Comité pour l’annulation de la dette du Tiers Monde (CADTM - http://www.cadtm.org), juillet 2007.

Les opinions exprimées et les arguments avancés dans cet article demeurent l'entière responsabilité de l'auteur-e et ne reflètent pas nécessairement ceux du Réseau d'Information et de Solidarité avec l'Amérique Latine (RISAL).
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