Bolivie
« Ballotage catastrophique » à l’Assemblée constituante
par Pablo Stefanoni
Article publié le 14 décembre 2007

Ca y est, l’Assemblée constituante bolivienne a conclu ses travaux, en ce dimanche 9 décembre, au terme d’un long processus marqué par de nombreux conflits. A cette occasion, nous mettons en ligne la traduction d’un article publié dans l’édition argentine du mois d’octobre du Monde diplomatique. Certes, ce texte devrait être actualisé au vu des nombreux événements des dernières semaines, mais il donne toutefois des clés de lecture de l’actuelle conjoncture bolivienne.

Au bouclage de l’édition argentine du mois d’octobre du Monde diplomatique, le Mouvement vers le Socialisme (MAS) – le parti du président Evo Morales – annonçait le risque de dissolution de l’Assemblée constituante en raison du désaccord sur les prétentions de la ville de Sucre à récupérer son statut de « capitale exclusive ». La possibilité d’un échec de la « refondation de la Bolivie » donne la mesure des difficultés posées par la mise en place de nouvelles institutions, un processus contrecarré par la résistance des conservateurs retranchés derrière des revendications régionales.

Trois mois avant de franchir le cap des deux ans passés [décembre 2007] au Palacio Quemado, le palais présidentiel, Evo Morales conserve un capital politique important : selon les sondages, environ 60% des Boliviens approuvent sa gestion. Le soutien apporté au président est indépendant des difficultés quotidiennes que rencontre le gouvernement – et elles sont nombreuses. Le peuple met davantage en cause les « mauvais » ministres qui l’entourent. Personne n’ignore les raisons de la popularité du leader cocalero, et de son projet de nationalisme populaire aux touches développementalistes et redistributionnistes, une idéologie que partage la majorité du gouvernement. D’une part, il y a la nationalisation du gaz, qui, une année après sa mise en œuvre, continue à nourrir le rêve populaire d’en finir avec le retard économique et d’ « être comme la Suisse » [1]. D’autre part, la majeure partie des Boliviens pauvres (principalement des paysans) s’identifient fortement au « premier président indigène de l’histoire » nationale. Ces deux éléments s’inscrivent en outre dans un contexte macroéconomique favorable : le prix des matières premières a explosé, les exportations ayant atteint la somme record de plus de 4 milliards de dollars, soit deux fois plus qu’en 2004, dont 75% proviennent des hydrocarbures et des minerais [2]. S’y ajoutent les investissements dans l’infrastructure issus des royalties sur le gaz perçues par l’État suite aux nationalisations, ainsi que la coopération vénézuélienne, qui se traduit notamment par le financement de projets de développement consacrés aux municipalités [3].

Des limites de plus en plus visibles

Pourtant, si 2006 a été l’année des grandes déclarations et des grandes utopies, 2007 [a montré] clairement les limites qui se posent à l’heure d’avancer sur la voie d’un « réformisme de réformes », de poser les premières pierres de nouvelles institutions et de tenter de sauver l’Assemblée constituante du naufrage. Si celle-ci se trouv[ait] sérieusement menacée, c’est parce que l’aile dure de la droite, qui n’en a jamais voulu, n’a cessé de lui mettre des bâtons dans les roues. Toutefois, l’institution [a pâti] également de la difficulté qu’a [eu] le MAS à préciser sa proposition de changement. La gestion gouvernementale a jusqu’ici reposé sur des mesures à fort impact médiatique, mais qui ne s’inscrivent pas dans une continuité ni ne répondent à des critères stratégiques d’articulation permettant d’établir un programme de gestion solide et durable.

Aussi, le « ballottage catastrophique » [4] que vit le pays depuis 2003 persiste en grande partie. Aucun secteur politique [n’est parvenu] à imposer sa vision du pays qu’il entend construire ni à obtenir un consensus suffisant pour rechercher une solution négociée. Même s’ils n’ont plus le prestige d’autrefois, en Bolivie, les secteurs conservateurs conservent une influence bien plus forte qu’au Venezuela, en Argentine ou en Equateur, car ils ont un ancrage solide au niveau régional.

L’initiative d’une assemblée constituante a été proposée pour la première fois par les indigènes des terres basses (partie orientale du pays) en 1990, mais la revendication a pris une dimension nationale lors de la « guerre de l’eau » [5], en avril 2000, et s’est renforcée lors de la « guerre du gaz », en octobre 2003, à l’instar de la demande de nationalisation des hydrocarbures. Le Congrès a formellement convoqué l’Assemblée constituante en mars 2006, mais, dès la première année, elle a révélé un problème structurel de la Bolivie : la difficulté chronique à traduire les projets populaires (souvent exprimés en termes de « refondation ») en propositions institutionnelles réalistes et effectives de changement politique, économique et social. La faible capacité dont [a] fait preuve le MAS pour articuler les revendications des organisations sectorielles qui le composent, la conception de la nouvelle Constitution comme une liste de revendications syndicales, l’influence ambivalente des ONG face à l’absence de cadres au sein de la gauche indigène, ainsi que les profondes différences entre les constituants paysans et ceux issus des classes moyennes urbaines sont autant d’éléments qui ont joué contre le « pouvoir constituant », que certains pensent être un moyen de reléguer au passé la Bolivie néocoloniale et néolibérale.

Une revendication émanant d’un mouvement conduit par la maire de la ville de Sucre, Aydée Nava, a porté le coup de grâce à la convention. Ce mouvement souhaite que la ville redevienne le siège des pouvoirs exécutif et législatif, qui ont été transférés à La Paz après la Guerre fédérale de 1899, lorsque l’élite montante de l’étain a écarté l’oligarchie décadente de l’argent. Obligée de se réunir dans la « culta Chacras » [Sucre], l’Assemblée constituante a été en quelque sorte prise en otage par des groupes violents - emmenés par les étudiants universitaires - qui, sous le slogan « Sucre, capital plena » (Sucre capitale exclusive) et des insultes racistes plein la bouche (comme la formule « Celui qui ne saute pas est un lama » scandée pendant les manifestations), ont fait pression pour que ce thème soit inscrit à l’agenda.

En raison de la montée de la violence, les sessions de l’Assemblée ont été suspendues pour un mois [6]. Seule cette mesure a permis le retour au calme et l’instauration d’un fragile dialogue en vue de trouver un accord politique susceptible d’aboutir à une nouvelle Constitution dans les délais impartis, soit le 14 décembre prochain. « Cette assemblée doit servir à unir les Boliviens. Si ce but n’est pas atteint, Jorge ‘Tuto’ Quiroga s’envolera pour les Etats-Unis, Evo Morales partira en Libye, et le sang du peuple bolivien se remettra à couler  », a prévenu le constituant David Vargas, un policier qui sait de quoi il parle. En février 2003, sa troupe et lui se sont mutinés, une révolte qui a donné lieu à des affrontements avec les militaires. Bilan : plusieurs morts et de nombreux blessés.

Pour éviter le retour de la violence, les partisans du gouvernement ont sensiblement revu à la baisse les attentes qu’il place dans le processus constitutionnel. Désormais, il ne s’agit plus de « tout changer  », mais de «  constitutionnaliser ce qui a déjà été fait par Evo Morales », y compris reprendre la proposition d’introduire des « cadenas » pour empêcher la privatisation des ressources naturelles [7]. En outre, certaines propositions conflictuelles ont été édulcorées, par exemple celles d’instaurer un « quatrième pouvoir social » – réduit à une sorte de forum social en marge de la structure étatique – ou un « État plurinational », lequel consisterait en pratique à un approfondissement des autonomies municipales instaurées dans les années 90 [8]. Le MAS a rejeté les propositions de représentation ethnique à la future chambre législative, et prévoit d’éliminer le Sénat de cette instance, ce qui a provoqué une prise de distance de la part d’organisations ethnicistes comme le Conseil national des’ Ayllus et Markas del du Qullasuyo (Conamaq, Consejo Nacional de Ayllus y Markas del Qullasuyo) ou la Confédération des indigènes de l’Est bolivien (Cidob, Confederación de Indígenas del Oriente Boliviano). En revanche, la restitution à l’État, sans indemnisation, des latifundios improductifs et la reconnaissance des départements autonomes réclamés par la « media luna », la « demi-lune » [9], dirigée par Santa Cruz [10] ont été maintenues. Par ailleurs, malgré la pression de la droite, le MAS ne peut renoncer à introduire la réélection présidentielle indéfinie [sans limitation du nombre de mandats, ndlr] [11] – accompagnée d’une possibilité de référendum révocatoire –, seule manière d’envisager la continuité de l’actuel gouvernement. Il n’y a pas aucune personne de rechange En effet, selon la constitution actuelle, ni le président ni le vice-président ne peuvent réaliser un second mandat.

« L’objectif est de former des alliances avec le centre-droit - l’Unité Nationale (UN) de Samuel Doria Medina et le Mouvement Nationaliste Révolutionnaire (MNR), qui se libère peu à peu de la tutelle de l’ex-président Gonzalo Sánchez de Lozada, en fuite aux Etats-Unis -, et d’isoler la droite récalcitrante  », a résumé au Monde diplomatique un conseiller du groupe parlementaire du MAS [12]. Avec le soutien de ces partis, les partisans du gouvernement pourrait obtenir les deux tiers des votes nécessaires [requis à l’Assemblée constituante, ndlr] pour empêcher que les thèmes controversés soient soumis au référendum populaire avant que le texte final de la nouvelle constitution ne soit approuvé par le peuple. Mais les Boliviens qui [croyaient] en cette possibilité se [faisaient] de plus en plus rares.

On pourrait toutefois interpréter cette évolution comme le progrès de la voie « pactiste », négociée, préconisée par le vice-président Álvaro García Linera, mais décriée pendant des mois par les secteurs paysans représentés à l’Assemblée. Reste à définir s’il s’agirait d’une approche gradualiste – et impliquant une plus forte densité institutionnelle – en vue de consolider le processus de changement, ou d’un ralentissement des réformes et d’un pari, à court terme, sur la gouvernabilité (et la réélection) dans le cadre des élections anticipées avec la nouvelle Constitution, qui devraient se tenir en 2008, selon ce qu’a annoncé Morales il y quelques mois.

Violence et accusations de complot

Les grèves civiques organisées dans les régions de l’Est le 28 août dernier [13] en « défense de la démocratie » et l’affaiblissement du mouvement à Sucre [14] ont mis au jour la fragilité de l’opposition. La violence exercée par des groupes de choc comme l’Unión Juvenil Cruceñista (UJC, Union juvénile de Santa Cruz) pour imposer les actions par la force a suscité de vives critiques, y compris dans des journaux comme La Razón, qui a qualifié les activistes de « fascistes ». Aux images de jeunes autonomistes piétinant un commerçant dans leur fuite après le saccage d’un marché s’ajoute la carte postale diffusée par Internet, qui montre deux membres de l’UJC patrouillant dans Santa Cruz sur le toit d’une camionnette rouge dont les portières sont bardées de croix gammées. De son côté, Radio Erbol, qui est liée à l’Église catholique, a révélé que les employés de l’entreprise oléicole Rico - propriété de Branko Marinkovic, le président du comité civique de Santa Cruz et instigateur de la grève - ont été enfermés dans l’entreprise et contraints de travailler, alors qu’ils étaient officiellement en grève ! Le taux de participation à la grève dans les quartiers urbains populaires et dans les zones rurales s’est avéré extrêmement faible. Les zones rurales de Santa Cruz, Tarija ou Chuquisaca reste un bastion pro-Morales et, sur l’échiquier politique, elle contrebalance les élites locales, liées à la structure latifundiste qui a survécu à la réforme agraire de 1953, et s’est même renforcée depuis. Dans ce contexte bipolaire, des personnalités de Santa Cruz ont publié un manifeste intitulé « Santa Cruz somos todos » (« Nous sommes tous Santa Cruz »), dans lequel elles dénoncent le fait que « quiconque ne répète pas à la lettre le seul discours officiel prétendument cruceñista, n’applaudit pas sa violence et n’accepte pas ses dogmes se voit condamné à la mort civile ». Elles ont ainsi pris leurs distances vis-à-vis de la Junta Nacional Democrática, une organisation soutenue par les comités civico-entrepreneuriaux de Santa Cruz, Beni, Pando, Tarija, Chuquisaca et Cochabamba. Ceux-ci s’articulent autour du parti de droite Pouvoir démocratique et social (Podemos, Poder Democrático y Social), dirigé par l’ex-président de la Bolivie, Jorge Quiroga, qui accuse le gouvernement d’avoir « troqué l’ingérence états-unienne contre la soumission au Venezuela de Chavez ».

Cette cripation semble corroborer les affirmations du gouvernement selon lesquelles des manœuvres pour renverser Evo Morales sont en préparation. L’une d’elle ferait l’objet d’un document intitulé « Plan pour déboulonner l’Indien de merde » (« Plan para tumbar al indio de mierda »), que des services secrets de renseignements ont remis au président bolivien et qu’Hugo Chávez a présenté dans son programme télé et radio « Aló presidente ». D’après le gouvernement, le plan, attribué au groupe séparatiste Nación Camba, prévoirait quatre étapes. Premièrement : soutenir l’UJC pour faire échouer la Constituante en réclamant le transfert de la capitale. Deuxièmement : provoquer un nouveau conflit en exigeant le transfert de l’entreprise publique minière Comibol de Oruro à Potosi. Troisièmement : radicaliser la lutte pour les autonomies jusqu’à ce qu’il y ait des morts. Quatrièmement : forcer la convocation d’élections générales et utiliser René Joaquino, le maire de Potosi d’origine indigène, en le présentant comme candidat à la présidence.

Selon le ministre de la Présidence Juan Ramón Quintana, d’autres plans recevraient le soutien de l’USAID (United States Agency for International Development), l’agence de coopération états-unienne, que le gouvernement a instamment invitée à « se conformer aux politiques de l’État bolivien, faute de quoi elle devra quitter le pays ». Toutefois, l’absence de preuves tangibles a réduit la crédibilité de ce type de dénonciations – qualifiée de rideau de fumée par l’opposition –, qui semblent n’avoir qu’une durée de vie limitée et qui, sur le terrain, ne se traduisent pas par des résultats obtenus par les services secrets nationaux qui les ont fomentées.

Quoi qu’il en soit, il est certain que les conservateurs considèrent Joaquino comme un indigène modéré, qui pourrait rivaliser avec l’« indigène violent » (Morales). Filemón Escobar, un ancien sénateur du MAS (expulsé en 2004), a employé la formule « un indien pour battre l’indien ». Même l’ancien caudillo aymara Felipe Quispe a fait, en mai dernier, son mea culpa pour s’être éloigné des classes moyennes et a reconnu la possibilité de joindre ses forces à celles du maire de Potosi.

Changement d’élites

Malgré les obstacles, il ne fait pas l’ombre d’un doute qu’un changement d’élites est en train de se produire en Bolivie, un phénomène que certains secteurs aisés associent à une recherche de « revanche ethnique » de la part des indigènes. Si ces groupes « blancoides » se souviennent soudain de leur origine et clament maintenant qu’ « en Bolivie nous sommes tous métis », certains de leurs membres ne parviennent pas à contenir leurs pulsions racistes. Se référant à la composition de l’Assemblée constituante, Manfredo Kempff, ex vice-ministre des Affaires étrangères et porte-parole d’Hugo Banzer, s’était demandé : « Qu’est-ce qu’un ramassis de bergers, de producteurs de coca et de grévistes suspendus aux mamelles des ONG pouvaient offrir au pays ?… L’Assemblée constituante a été très démocratique, il faut en convenir. Tellement démocratique qu’elle est tombée dans l’irresponsabilité en confiant le soin de légiférer à des analphabètes » [15]. Pourtant, il suffit de jeter un coup d’œil sociologique au cabinet d’Evo Morales pour se rendre compte qu’il est loin de l’ethnofondamentalisme indien. En effet, seul le ministre des Affaires Étrangères, David Choquehuanca, s’identifie comme un indianiste, à qui l’on pourrait ajouter la ministre de la Justice, Celima Torrico, qui provient du monde paysan des cultivateurs de coca. Cette faible proportion d’indiens fait d’ailleurs dire à certains intellectuels indianistes radicaux qu’un entourage « blancoide » serait en train d’éloigner Evo Morales de sa base sociale « sous le couvert d’un masque indigène  ».

« Deux élites politiques agissent en arrière-plan de ces frictions. L’une avance sous la bannière de l’égalité et souhaite distribuer la richesse et le pouvoir, ce qui requiert des moyens institutionnels importants. L’autre résiste en brandissant l’étendard de la liberté et de la défense de des institutions. La Bolivie connaît la énième version du conflit qui la paralyse depuis toujours : la lutte pour une quantité insuffisante de ressources » explique le politologue Fernando Molina. García Linera a lui-même affirmé que tout processus de transformation s’accompagne de tensions. Il espère que « la droite contre-révolutionnaire n’accaparera pas l’espace conservateur où existe une droite démocratique ». Le défi consiste à trouver comment mener de manière pacifique le processus visant à construire une République plus égalitaire que celle qui prédomine depuis la fondation du pays en 1825, mais sans freiner les élans populaires favorables au changement.

Au 19e siècle, le président Manuel Isidoro Belzu donnait cet avertissement prophétique aux élites de l’époque : « Entreprenez vous-mêmes les réformes si vous ne voulez pas que le peuple fasse des révolutions à sa manière  » [16]. Aujourd’hui, pour la gauche indigène, la Bolivie vit une révolution « démocratique et culturelle » due à l’absence de réformes adéquates. Pour la droite, le pays est engagé sur une voie qui mène tout droit à une dictature inspirée du « modèle autoritaire chaviste ».

Notes :

[1] « Evo promete hacer de Bolivia una Suiza en 10 años », Los Tiempos, Cochabamba, 7 août 2007.

[2] Fernando Molina, « Bolivia : ¿redistribución radical en democracia ? », Archipiélago, La Paz , octobre à décembre 2007.

[3] Ces derniers mois, Morales a distribué aux maires des chèques d’un montant total de plusieurs millions de dollars provenant de fonds vénézuéliens. Voir « Morales busca la reconciliación con Santa Cruz », La Razón , La Paz , 19 septembre 2007.

[4] [NDLR] « Tant que l’antagonisme entre les deux blocs en lutte pour le pouvoir ne se résout pas, on est dans une étape de ‘ballottage catastrophique’ entre les deux forces en conflit qui, dans le fond, sont deux proto-hégémonies qui ne réussissent pas encore à anéantir ni à construire une hégémonie, un leadership politique et intellectuel de caractère national. C’est pourquoi, par moment, on assiste à des épreuves de force qui cherchent à briser cet équilibre instable. »
Extrait de Alvaro Garcia Linera, Bolivie : la seconde bataille pour la nationalisation du gaz, RISAL, 23 septembre 2005.

[5] [NDLR] En 2000, le problème de la privatisation de l’eau a explosé à Cochabamba lorsque des protestations de masse ont obligé le géant californien Bechtel à se retirer. Quelques semaines après avoir pris la direction de la société des eaux de la ville, Bechtel avait augmenté les tarifs, allant jusqu’à les doubler, ce qui dépassait de beaucoup les moyens des habitants les plus démunis.

[6] La crise s’est déclenchée le 15 août, lorsque le MAS et ses alliés ont décidé de ne pas traiter la revendication de Sucre, laquelle bénéficiait de l’appui enthousiaste des secteurs autonomistes de Santa Cruz.

[7] Dans un moment d’emportement, le chef de l’État bolivien a demandé d’introduire « la peine de mort à l’encontre des privatiseurs », une proposition retirée presque aussitôt en raison de sa candidature au prix Nobel de la paix.

[8] Dans les municipalités à majorité indigène, certains us et coutumes seront respectés, comme la justice communautaire. De plus, si des municipalités se joignent à d’autres communautés pour constituer des « mancomunidades », elles peuvent donner lieu à des « régions indigènes ».

[9] [NDLR] Nom donné à la coalition d’opposition formée par quatre des neuf régions boliviennes : Santa Cruz, Beni, Tarija et Pando.

[10] La Razón, La Paz, 19 septembre 2007.

[11] [NDLR] La réélection indéfinie, défendue jusqu’alors par le MAS, sera désormais réduite à une simple réélection – ce qui permettrait éventuellement à Morales de rester au pouvoir encore 10 ans.

[12] [NDLR] L’Unité Nationale (UN) a effectivement décidé d’approuver le texte constitutionnel.

[13] [NDLR] Il y a eu d’autres grèves civiques depuis la rédaction de cet article.

[14] Radio Erbol a démontré que le nombre de grévistes de la faim était trois fois inférieur à celui avancé par le comité pour le transfert complet de la capitale à Sucre.

[15] La Razón , La Paz , 23 juin 2007.

[16] Andrey Schelchkov, La utopía social conservadora en Bolivia : Manuel Isidoro Belzu 1848-1855, Académie des sciences de Russie, Moscou, 2007.

Source : El Dipló/ édition sud-américaine du Monde Diplomatique (http://www.monde-diplomatique.fr), octobre 2007.

Traduction : Chloé Meier Woungly-Massaga, pourle RISAL (http://risal.collectifs.net).

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