Après le coup d’Etat
Le projet de Chavez va-t-il survivre ?
par Gregory Wilpert
Article publié le mai 2002
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Même s’il reste encore beaucoup de mystères concernant la tentative de coup d’Etat contre le président Hugo Chavez du Venezuela, des détails de mieux en mieux documentés. L’inconnue la plus importante est peut-être celle-ci : qui sont ceux qui ont tiré les premiers lors des manifestations du 11 avril, qui ont fait 17 morts ? Qui sont donc ceux qui ont fourni la justification pour le coup d’Etat ?

A qui profite le crime ?

Il semble qu’il y ait eu cinq ou six snipers(tireurs embusqués) qui ont tiré depuis plusieurs bâtiments. Certains ont peut-être été arrêtés, mais ont été ensuite relâchés par le bref pouvoir de Carmona [dirigeant du patronat mis en place par les militaires golpistes], sans que leur identification soit donnée. Les anciens rapports faisant état de la présence parmi les snipersde deux membres de Bandera Roja[Drapeau rouge], « l’opposition de gauche radicale » et violente, deviennent des sources de plus en plus douteuses. Les partisans de Chavez, président réinstallé le 14 avril, sont cependant assez sûrs que les seuls qui pouvaient gagner quelque chose de ces coups de feu contre les manifestants étaient ceux qui ont organisé le coup. Par contre, les opposants à Chavez ont l’air de dire que Chavez est tellement instable du point de vue psychique qu’il serait capable de faire tirer sur ses propres partisans, contre toute logique et contre ses intérêts !

Evidemment, l’autre mystère à éclaircir, qui hante l’esprit de tout le monde au Venezuela, est le degré d’implication du gouvernement américain dans le coup. On sait maintenant que le gouvernement américain a accordé un soutien financier et des conseils à l’opposition vénézuélienne. De récents articles publiés dans le New York Timeset le Washington Postrapportent que la Fondation nationale pour la démocratie (National Endowment for Democracy) - une institution financée par le gouvernement des Etats-Unis et connue pour son soutien à des forces conservatrices dans tout le monde -, a fourni presque un million de dollars, en 2001, à l’opposition. Elle se préparait à fournir un million supplémentaire en 2002.

En outre, comme le rapporte Wayne Madsen, un ancien officier de renseignements de la National Security Agency, la marine américaine avait positionné des navires au large de la côte du Venezuela afin de surveiller les mouvements de troupes et de les rapporter aux officiers engagés dans la tentative de coup.

Si l’on admet que le coup a été soigneusement planifié jusque dans les détails, et n’est pas le résultat d’une simple coïncidence - comme le prétendent les acteurs du coup et ceux qui le soutenaient -, il faut également admettre que devait exister une supervision centrale coordinatrice derrière ce mouvement d’opposition, qui apparaît non coordonné et fragmenté. Nous ne saurons probablement pas, pour l’heure, quel a été exactement le rôle coordinateur joué par Washington, ni la façon dont le pouvoir américain s’est précisément engagé. On le saura, d’ici quelques décennies, lorsque les documents pertinents, archivés, seront déclassés.

Après la tentative de coup

Mais ce qui est peut-être plus important que les détails concernant l’organisation du coup, c’est sa signification pour l’avenir de la politique de Chavez et pour son maintien au pouvoir. Le coup a entraîné au moins cinq changements dans la situation politique au Venezuela.

1° Il a aidé Chavez à distinguer entre, d’une part, ses opposants secrets et les opportunistes et, d’autre part, ceux qui lui sont réellement fidèles. Le coup a duré juste assez pour démasquer les opportunistes dans son gouvernement, c’est-à-dire ceux qui ont salué ou admis le coup.

2° Dans la mesure où le coup a échoué, il a montré plus clairement qui est avec Chavez et qui ne l’est pas. Beaucoup de partisans les plus décidés de Chavez ont repris du courage pour mettre en œuvre son programme politique.

3° Le coup a montré la force de l’opposition, et jusqu’où elle est prête à aller pour faire tomber Chavez. On a vu ainsi que l’opposition peut mobiliser plus d’un quart de million de personnes, et qu’elle est prête à piétiner la Constitution démocratiquement choisie du Venezuela [en décembre 1999].

4° Par contraste avec le point précédent, le coup a également éclairé la force des partisans de Chavez, et jusqu’où ils sont déterminés à aller pour défendre la « révolution bolivarienne ». En l’espace de quelques heures, et malgré le silence total observé par les médias, uniquement par le bouche à oreille, les partisans de Chavez ont réussi à mobiliser autant de manifestants que l’opposition. On a également constaté que nombre de partisans de Chavez sont prêts à défendre la « révolution bolivarienne », si nécessaire au prix de leur vie.

5° Le coup et le contre-coup qui l’a suivi ont créé un climat d’incertitude politique, inconnu jusque-là. Tout le monde se pose des questions. Y aura-t-il une nouvelle tentative de coup ? Y aura-t-il des tentatives d’assassiner Chavez ? Chavez peut-il encore être autre chose qu’une marionnette des militaires ? Le pays se dirige-t-il vers une situation d’impasse interminable entre le gouvernement et l’opposition ? Il semblerait que Chavez ait décidé que seuls la réconciliation et le dialogue permettront de sortir de la situation politique créée par le coup. Dans plusieurs déclarations publiques, Chavez a promis de « rengainer son épée »et d’amorcer un dialogue avec l’opposition. Et cela bien qu’une grande partie de l’opposition manifeste sa réticence. Toutefois, certains secteurs, comme la hiérarchie de l’Eglise et divers patrons, ainsi que des dirigeants syndicaux, membres de la bureaucratie de la CTV (Centrale des travailleurs vénézuéliens), ont décidé de prendre Chavez au mot. Un des éléments expliquant cette approche plus conciliante réside dans la promesse faite par Chavez de créer une Commission Vérité chargée d’opérer une enquête indépendante sur les événements qui se sont déroulés du 11 au 14 avril. Cette commission doit être constituée sur le modèle des « Commissions Vérité » du Guatemala, du Salvador et de l’Argentine [par référence à la commission qui doit enquêter les personnes assassinées lors des manifestations des 19-20 décembre 2001, qui ont abouti au renversement de De la Rua].

Peut-être encore plus que précédemment, Chavez doit affronter le problème des divisions au sein de son camp. D’une part, il y a l’aile radicale de ceux qui sont qualifiés par la presse de « talibans » [fondamentalistes]. Ces derniers affirment que Chavez devrait plus que jamais mettre en œuvre son programme. D’autre part il y a les Miquilenistas, du nom de Luis Miquilena, le précédent ministre de l’Intérieur et de la Justice, un vétéran de la politique vénézuélienne. Miquilena a quitté le cabinet de Chavez en automne dernier, suite aux controverses autour des 49 lois (leyes habilitantes,lois introduisant des réformes dans de nombreux domaines : logement, agriculture, etc.). Ces lois ont provoqué la colère des groupes économiques et sont à l’origine de la « grève » du 10 décembre 2001 [appuyée par l’Eglise, le patronat et la bureaucratie de la CTV].

Cette division est d’autant plus dangereuse pour le programme politique de Chavez que les membres de sa coalition dans l’Assemblée législative sont graduellement en train de quitter la coalition. Alors que Chavez disposait autrefois d’une majorité solide, celle-ci est passée de 99-66 à 85-80. Cinq des défections les plus récentes sont le fait de membres de son propre parti [Mouvement pour la Ve République - MVR, fondé en 1997, qui prenait la relève du Mouvement révolutionnaire bolivarien créé en 1983], appartenant à la faction Miquileniste. Il reste environ 15 personnes dans cette faction, et si trois membres supplémentaires devaient encore se retirer, Chavez aura perdu sa majorité dans l’Assemblée nationale. Cela rendrait très difficile l’application de son programme. Autrement dit, ce n’est pas seulement à cause de l’opposition, économiquement et médiatiquement puissante, que Chavez doit avancer avec prudence, mais aussi parce que sa propre base parlementaire au sein de l’Assemblée risque de faire défection s’il ne modère pas sa politique ; or, pour les secteurs paupérisés qui l’ont massivement soutenu, leurs attentes n’obéissent pas aux mêmes impératifs.

L’opposition à Chavez

Comme nous l’avons déjà mentionné, la tentative de coup et les événements qui y ont conduit ont rappelé à Chavez et à ses partisans combien l’opposition est puissante. Chavez et son parti et les autres composantes de sa coalition - Mouvement vers le socialisme (MAS), Patrie pour tous (PPT) et les partis indigènes - ont une prise sur toutes les structures du système politique, notamment suite aux importantes victoires électorales remportées durant en 1998 et en 2000. L’opposition à Chavez est néanmoins très puissante au niveau économique et médiatique.

Cette opposition est, tout comme le camp de Chavez, divisée entre ceux qui poussent à une confrontation et ceux qui penchent pour la réconciliation. Mais Chavez peut pratiquement négliger les partisans de la confrontation directe, puisqu’ils sont pour la plupart dans l’Assemblée, dispersés dans une dizaine de partis politiques.

Sa véritable opposition est composée par la direction de la principale fédération syndicale, par les dirigeants des entreprises, par la plupart des médias et par l’Eglise. Or, depuis le coup, cette opposition extraparlementaire a donné des signes qu’elle pourrait accepter d’entrer dans un processus de dialogue et de réconciliation avec Chavez. Dans quel but ?

L’opposition parlementaire à Chavez ne donne aucun signe d’avoir appris quelque chose du coup manqué. Elle continue à réclamer sa démission, ou l’ouverture d’une procédure contre lui, non pas parce qu’il aurait contrevenu à des lois, mais en invoquant son instabilité mentale. Elle s’efforce de lancer un référendum pour interrompre son mandat au nom de son « instabilité psychique ».

Sur ce dernier point, il faut noter que selon la Constitution la durée du mandat de Chavez est de six ans, et durerait donc jusqu’en 2006. Néanmoins elle prévoit qu’après quatre ans de mandat, une élection anticipée peut être réclamée. La Constitution prévoit également la possibilité d’organiser des référendums, et l’opposition utilise cette possibilité. Mais un tel référendum n’est que consultatif pour ce qui a trait au mandat de Chavez, à moins d’exiger aussi une modification de la Constitution.

Dans une tentative d’apaiser l’opposition extraparlementaire, et en particulier le secteur patronal, Chavez a récemment nommé à son cabinet une équipe plus favorable à une politique néolibérale. Un de ses membres a même un doctorat d’économie de l’Université de Chicago [référence au Chicago’s Boys du FMI].

Mais ce qui gêne sérieusement ces patrons, c’est surtout les lois adoptées récemment et notamment celles sur la réforme agraire, sur les banques, sur le revenu pétrolier et sur le microfinancement (petit crédit). La plus importante pour le projet politique de Chavez et pour ses partisans est probablement la réforme agraire, qui est censée redistribuer les terrains en friche à ceux qui n’ont pas de terres. Des législateurs de la coalition de Chavez ont dit qu’ils étaient prêts à réviser ces lois, pour tenir compte des avis de l’opposition.

Il semble néanmoins peu probable que ce soient ces questions, y compris le récent différend concernant la direction de la compagnie pétrolière étatisée, qui aient été à l’origine de la mobilisation de plus de 250’000 citoyens de Caracas qui sont descendus dans la rue contre Chavez le 11 avril 2002. Il semble plutôt que l’impopularité croissante de Chavez auprès des classes moyennes soit davantage liée à la détérioration de la situation économique, à la manière très partiale dont les médias ont parlé du gouvernement et au ressentiment de classe à l’égard d’un président qui est fier de son origine indigène, qui s’exprime comme un membre des classes populaires et qui affiche son mépris à l’égard des classes dominantes.

Quatre semaines après le coup manqué, les divisions de la société vénézuélienne sont plus importantes que jamais. Le coup a entraîné la radicalisation d’une grande partie des partisans de Chavez dans les barrios, quartiers pauvres de Caracas et d’autres villes [87% de la population est urbanisée et vit dans des conditions misérables].

Avant le coup, une partie importante des classes populaires manifestaient des doutes envers Chavez, notamment parce qu’elles étaient influencées par la campagne médiatique permanente contre lui. Après le coup, une partie des sceptiques sont devenus ses partisans, et ceux qui le soutenaient déjà sont devenus encore plus fermes. Cela peut changer.

Par ailleurs, l’aile la plus jusqu’au-boutiste de l’opposition contre Chavez, qui essaie probablement d’organiser un nouveau coup, ne semble pas réaliser que toute défaite non constitutionnelle de Chavez risque d’entraîner une guerre civile. Les pillages qui ont suivi le coup, les 12 et 13 avril, ont montré la colère accumulée par les classes populaires au Venezuela contre ceux qui s’opposeraient à « leur » président.

L’enjeu économique

Il se peut que l’opposition se montre plutôt impatiente. Car là où le coup a échoué, la pression économique intérieure [patronat, banques] et internationale [Etats-Unis, FMI, système financier] pourrait encore réussir, de manière plus subtile et plus profonde.

Ainsi, la fuite massive des capitaux qui n’a pratiquement pas cessé depuis l’arrivée au pouvoir de Chavez a des conséquences économiques sérieuses. Elle s’est intensifiée au cours de ces derniers mois et particulièrement la suite au coup d’Etat. Cette fuite entraîne une dévaluation constante de la monnaie locale, le bolivar, face au dollar. Or, comme le Venezuela importe près de 80 % de ses produits, à payer en dollars, cela signifie que les biens importés deviennent de plus en plus chers. Autrement dit, l’inflation est devenue un problème sérieux. Jusqu’en janvier 2002, le gouvernement s’était efforcé de prévenir ce type d’inflation en utilisant ses réserves en dollars pour acheter des bolivars. Cependant, lorsque la fuite des capitaux s’est intensifiée suite à la première grève patronale du 10 décembre 2001, le gouvernement a dû abandonner cette stratégie, car les réserves de la banque centrale étaient en train de s’épuiser rapidement. L’inflation (hausse des prix) a tout de suite pris l’ascenseur, pour atteindre le seuil de 9 % entre janvier et avril 2002, alors qu’elle s’était située à hauteur de 12% pour toute l’année 2001.

Fuite des capitaux, inflation et incertitude économique généralisée ont évidemment aussi contribué à décourager les investissements et à augmenter légèrement le taux de chômage (de 14,2% en février 2001 à 15% en février 2002). Autre conséquence de la fuite des capitaux et de l’inflation : l’apparition relativement brusque d’un important déficit budgétaire, se situant à environ 8 milliards de dollars pour 2002. La chute du prix du pétrole à la fin de 2001 a également contribué aux difficultés gouvernementales. Enfin, le gouvernement Chavez a hérité du gouvernement précédent d’importantes dettes contractées dans le secteur public [de Rafael Caldera Rodrigues] et il semble actuellement être dans un état proche de la banqueroute.

Pour l’opposition, cette sombre situation économique est utilisée pour réclamer une intervention du FMI, censée couvrir à court terme le déficit. Cependant, comme la plupart des observateurs du FMI et le gouvernement de Chavez le savent, faire appel au FMI signifie : accepter les conditions néolibérales qu’il imposera en échange d’un prêt remboursable. Parmi ces mesures, il faut mentionner : la libéralisation du commerce (et notamment un arrêt du contingentement de l’OPEP - Organisation des pays exportateurs de pétrole, quotas qui, sous l’impulsion de la présidence vénézuélienne, ont tendu à stabiliser le prix du pétrole) ; une réduction les dépenses sociales dans les domaines de l’éducation, de la santé et des aides pour les plus défavorisés (mettre un terme aux micro-crédits) ; la privatisation (de l’industrie pétrolière) ; des garanties pour le respect de la propriété privée (pas de redistribution des terres, pas de titres de propriété pour les maisons dans les barrios).

Chavez ne voudra pas demander de l’aide au FMI ; il a toujours dénoncé le « néolibéralisme sauvage ». Il est donc peu probable qu’il cédera sur ce point. Pour le moment, il peut encore éviter cette mesure parce que le Venezuela dispose d’environ 15 milliards de dollars de réserves, qui pourraient servir à financer le déficit plutôt que de solliciter des fonds en provenance de l’extérieur.

Mais l’épuisement de ces réserves laisserait le Venezuela encore davantage à la merci des spéculations internationales sur les taux de change et de la fuite des capitaux, puisque la banque centrale ne disposerait pas de réserves en devises pour combattre ces politiques.

Actuellement, le principal espoir de Chavez repose sur le prix du pétrole qui se maintient à un niveau relativement élevé, de telle façon que le déficit budgétaire et commercial et le déclin des réserves en devises peuvent être amortis et même renversés.

Quel avenir ?

En tenant compte ce qui se passe actuellement au Venezuela et de ce qui s’est passé au Nicaragua, au Chili et à Cuba, on peut penser que tout mouvement politique qui tentera d’utiliser l’Etat pour redistribuer les richesses devra affronter des défis sur au moins trois fronts : celui de la politique internationale (et surtout celle des Etats-Unis) ; celui de l’économie intérieure ; et celui des rapports entre une économie dépendante et un marché mondial contrôlé par les pays du centre. Il faut souligner que les positions sur le front politique intérieur ont été conquises par un processus électoral pour ce qui est du Chili (de Allende) Venezuela, et par des moyens insurrectionnels dans le cas de Cuba (1959) et du Nicaragua (1979).

Les événements ont démontré que les « forces progressistes » peuvent gagner un pouvoir significatif au plan national. Mais elles doivent encore apprendre à gérer les autres trois fronts. Jusqu’à maintenant, Chavez l’a fait par un mixte d’accords et de confrontation. Les grèves patronales, le coup qui s’en est suivi et le déclin de la situation économique tendent à indiquer que cette stratégie n’est plus viable. Les forces politiques importantes qui soutiennent Chavez au niveau national vont-elles suffire pour combattre l’opposition internationale politique (celle des Etats-Unis) et économique.

Il apparaît clairement que Chavez doit rester focalisé sur ses objectifs et ne renoncer ni à ses principes ni à son programme. Il pourrait trouver une meilleure stratégie en s’inspirant d’expériences où l’on encourage une réelle culture de la participation et de la démocratie populaire.

Chavez a souvent manifesté son adhésion à une démocratie participative, et il a même ouvert des voies vers une telle participation dans la nouvelle Constitution vénézuélienne. Mais son gouvernement n’a pas impulsé une culture participative qui pourrait se développer dans les nouvelles structures institutionnelles qu’il a créées. Un des problèmes qui se pose est que la plupart des dirigeants populaires vénézuéliens sont actuellement pris dans l’exercice du pouvoir politique, ce qui crée un vide de leadership dans les structures de base. Chavez a bien cherché à redonner un souffle de vie à la base avec les « cercles bolivariens », mais cette tentative a échoué à cause de la façon dont les médias les ont stigmatisées comme des structures de contrainte et à cause de leur manque de leaders aptes à stimuler l’auto-organisation.

Des exemples montrent que là où il existe une réelle démocratie populaire, il est possible d’impulser le développement et des niveaux de vie décents pour les couches les plus pauvres, justement parce qu’ils comptent davantage sur eux-mêmes et sont donc moins dépendants des investissements et des flux financiers extérieurs. Cela ne veut pas dire que, si Chavez imitait cette approche à la base, il pourrait résoudre tous les problèmes. Mais cela signifie qu’une telle approche pourrait être plus adaptée pour affronter les forces de l’opposition qu’une approche de confrontation directe - ce qui ne semble pas être le cas actuellement. De plus, le mouvement populaire d’ensemble se trouverait dans une position plus favorable pour atteindre l’objectif que Chavez dit viser : « Redonner le pouvoir aux pauvres ».

Source : Znet (www.zmag.org), 7 mai 2002.

Traduction : C.-A. Udry et A. Spagnoli, pour la revue A l’Encontre.org (http://www.alencontre.org/).

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