Ajustements structurels et tensions sociales
Equateur : le FMI comme chez lui
par Marcelo Larrea
Article publié le 21 mai 2003

Une mission du FMI qui supervise en Equateur le fonctionnement de l’économie du pays se trouve comme chez elle. Le Ministre de l’Economie Mauricio Pozo et le Président de la Banque Centrale Mauricio Yépez, qui agissent comme des employés au service du FMI et non comme les représentants d’un pays souverain, servent ses exigences et s’apprêtent à exécuter ses dispositions.

Dans la ligne de l’accord "stand by" souscrit par le gouvernement de Gutiérrez, le FMI fait pression pour que soient atteints les objectifs d’austérité du Budget fiscal, pour que celui-ci n’excède pas les 6.700 millions de dollars. Dans sa perspective, cela implique fondamentalement de sévères restrictions aux dotations au secteur productif, qui baissent de 9,8 à 6,6%, à l’investissement social dans l’éducation, la santé et le logement et la diminution du marché de l’emploi dans le secteur public et le gel de ses rémunérations.

Le Fond exerce des pressions à la fois pour l’exécution des versements pour le paiement de la dette, fixés à 2.400 millions de dollars et pour le renforcement des budgets des forces armées et de la police qui atteignent 1.048 millions de dollars, additions qui dépassent 50% des dépenses totales.

Les moyens fiscaux se concentrent évidemment sur deux points cruciaux : La satisfaction des exigences des créditeurs d’une dette dont la légitimité est douteuse et le renforcement des appareils répressifs, en accord avec la stratégie de Washington d’impliquer l’Equateur dans sa guerre du Plan Colombie et d’empêcher les explosions sociales qui proviennent du crac financier de 99, des déséquilibres critiques de la dollarisation et des contradictions mêmes du modèle néo-libéral qui asphyxient les perspectives de croissance et étendent la tâche de la pauvreté sur 80% de la population.

Bien que l’endettement de l’Equateur oscille autour de 60% du produit intérieur brut, le programme du fond est que le budget se finance avec 1.727 millions de nouvel endettement et des mesures d’ajustement contre une population aux revenus insuffisants. En l’occurrence, la mission du FMI a consisté à exercer des pressions par l’élimination de l’allocation au gaz, l’introduction d’une réforme du travail visant à geler la masse salariale et à réduire les employés du secteur public
et une réforme des taxes pour augmenter les recettes au moyen d’impôts frappant les véhicules et en éliminant les boucliers fiscaux qui protégeaient l’appareil productif local.

L’ensemble des exigences du FMI met le gouvernement de Gutiérrez dans une position de guerre ouverte avec la classe ouvrière et l’ensemble du peuple, qui peut provoquer la fracture de la coalition politique qui l’a élu et déchaîner une crise majeure. De fait, même dans les milieux patronaux, on fait observer le danger d’une explosion sociale du fait de la détérioration de l’appareil productif dérivé de la dollarisation qui a permis l’invasion du marché intérieur par des denrées étrangères et a restreint et fait monter le prix du crédit, à cause de l’insuffisance de dollars, engendrée par le déficit commercial et la décision des banquiers de transférer les dépôts de ses clients à l’extérieur.

Source : ADITAL (Agência de Informação Frei Tito para a América Latina - www.adital.org.br) 2003.

Traduction : Yves Moy, Le Grain de Sable/ Attac.

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