Mouvement de libération nationale Tupamaros

Le Mouvement de libération nationale MLN Tupamaros a été fondé en 1962 dans un quartier populaire de Montevideo, la Teja. Le terme tupamaro est une déformation de « Tupac Amaru », nom adopté par un descendant de l’inca Tupac Amaru Ier - assassiné par les Espagnols en 1572 ; son descendant du nom de José Gabriel Condorcanqui a aussi combattu les colonisateurs espagnols et a été exécuté à Cuzco en 1781. Ce mouvement s’est rapidement engagé dans une orientation de lutte armée. Dès 1963, il envahit le « Tiro Suizo » (stand de tir suisse de Colonia, petite cité au bord du bras de mer séparant l’Uruguay de Buenos Aires). Ce fut la première opération visant à s’emparer d’armes. De 1963 à 1970, le mouvement est clandestin. En octobre 1970, son principal dirigeant Raul Sendic est arrêté. Plus de 110 prisonniers s’enfuiront de la prison de Punta Carretas, en plein Montevideo, aujourd’hui transformée en un supermarché. En septembre 1972, Sendic sera arrêté à nouveau et sera prisonnier, en isolation complète, jusqu’en 1985. L’essentiel de son emprisonnement se fera au sein de casernes de l’armée. La dernière année, il sera transféré dans une prison se trouvant dans une zone déserte appelée, de façon plus qu’ironique, la prison de la liberté. Il sortit de prison fort malade. Il mourra le 28 avril 1989 à Paris. La trajectoire de Sendic indique le profil des Tupamaros. Il fit des études dans la zone rurale. A l’école secondaire, il organisa un mouvement étudiant et publia un journal intitulé Rebeldia, avec son frère Alberto. Il fit des études de droit. Puis il milita dans la jeunesse du Parti socialiste qui, en Uruguay, comme au Chili, se trouvait à gauche du PC. Au cours des années 1950, il s’intégra au mouvement paysan, participa à des occupations de grandes propriétés, fut arrêté. Il organisa, entre autres, des travailleurs du sucre. Il fut toujours l’objet d’une répression de la part des classes dominantes uruguayennes et de leur appareil militaire. Le Mouvement de libération nationale posait de façon plus ou moins articulée la question de l’indépendance face à l’impérialisme (d’où l’utilisation symbolique du terme tupamaro), à partir d’une forte connotation analytique dépendantiste, et celle des luttes sociales. Le MLN a influencé toute une génération qui se démarquait de la stratégie du PC uruguayen des années 1960, un PC dont le principal dirigeant, Arismendi, présentait une orientation réformiste avec des accents apparemment sophistiqués empruntés, entre autres, à une sous-version de Gramsci et Togliatti, créateurs et dirigeants du PC italien ; le premier n’est pas à confondre avec le second !

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