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Répercussions sociales et politiques du tremblement de terre de 1985
Mexico : quand les citoyens prirent la ville en main
par Jesus Ramirez Cuevas
28 octobre 2005

La destruction provoquée par le tremblement de terre de 1985 a changé la physionomie et la vie de la ville de Mexico. La résignation de ses habitants a été enterrée sous les décombres de l’incompétence gouvernementale à répondre à la situation d’urgence. La catastrophe naturelle a rasé des immeubles, éteint des milliers de vies et précipité la chute du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) dans la capitale. La solidarité de millions de personnes dans le sauvetage de victimes et dans le soutien aux familles touchées s’est transformée en un réveil des consciences, en un mouvement qui a réussi à reconstruire la ville par en bas. Après le tremblement de terre, rien ne sera plus comme avant. L’effritement de la soumission et l’effort communautaire ont été l’acte de naissance de la société civile.

Le matin du 19 septembre, « la terre a bougé, tout craquait ; un grand bruit, devant nos yeux, le bâtiment Nuevo Leon s’est effondré, un énorme nuage de poussière a tout obscurci. Après, il n’est resté que le silence », se souvient Cuauhtemoc Abarca, habitant de Tlatelolco [1] et postérieurement leader des sinistrés.

Les gens n’étaient pas encore revenus de leur stupéfaction quand ils entendirent les premiers cris des survivants. «  A ce moment-là, avec les premiers voisins qui s’approchaient, nous avons commencé à organiser le travail de sauvetage. Ce fut une situation dans laquelle tout se faisait avec une grande volonté d’aider, sans beaucoup d’expérience... Nous faisions tout à la main », raconte le médecin et dirigeant social.

« Il y avait des centaines d’habitants qui aidaient. Des chaînes humaines se sont formées, une chose magnifique, ceux qui étaient à l’intérieur des décombres remplissaient des seaux pour ouvrir un chemin vers les voix que l’on entendait et ils les passaient de main en main. C’est incroyable, mais une demi-heure après le séisme il y avait déjà une organisation », continue Abarca.

Les volontaires sortent de nombreuses personnes des ruines. Cet après-midi-là, des soldats et des policiers encerclent la zone pour éviter les pillages mais n’interviennent pas pour aider. Par contre, des personnes arrivent de toute la ville pour offrir leur aide. « Une solidarité magnifique qui s’est maintenue pendant toute la crise  », raconte-t-il.

Des scènes comme celle-là se répètent dans toutes les zones touchées par le séisme. Dès les premières minutes, des milliers de personnes s’improvisent travailleurs de brigades et risquent leur vie pour des inconnus. Venant de toutes les classes sociales, les volontés et les efforts s’unissent pour sauver les survivants prisonniers des décombres, elles aménagent des centaines de refuges, distribuent des vivres et des vêtements aux 150 000 personnes qui se retrouvent à la rue à cause du tremblement de terre. D’autres collectent l’aide, distribuent de l’eau, des vivres, des ustensiles, aident à la démolition, préviennent les épidémies, vaccinent, préservent les cadavres, apportent une aide psychologique aux victimes.

De la solidarité à la prise de la ville

Les secousses des 19 et 20 septembre 1985 détruisirent la zone centrale du District fédéral (Mexico). Si le gouvernement de Miguel de la Madrid [2] resta paralysé devant la tragédie, la réponse massive [de la population] pour aider les sinistrés fut quasi immédiate.

Face à l’incompétence du gouvernement, sans avoir rien planifié, les gens s’organisent et se chargent de répondre à l’urgence. Pendant plusieurs jours les citoyens prennent le contrôle de la ville, dans ce qui fut l’un des chapitres les plus beaux et les plus exceptionnels de notre histoire.

« Pendant trois ou quatre jours, il y a eu un vide de pouvoir. Les gens ont pris en charge l’organisation de la ville », se souvient Alejandro Varas, de l’Union des habitants et sinistrés 19 septembre.

« C’était des jours particuliers. La ville était différente. Où que ce soit il y avait des gens qui apportaient de l’aide. Au début, les médias aidèrent beaucoup pour mettre en contact les familles, donnant des informations sur les dégâts ; ensuite ils ont mis en marche la campagne officielle comme quoi ici il ne se passait rien. Le gouvernement a voulu minimiser le problème et disait « restez chez vous, ne sortez pas », mais les gens n’ont rien voulu savoir  », se remémore Leslie Serna, fondatrice de l’Union populaire Nueva Tenochtitlan Sud.

Raul Bautista, qui a donné vie à Superbarrio Gomez [3], personnage emblématique de la lutte urbaine, assure que « face à la dimension de la tragédie, les gens ont dû sortir pour prendre la ville. Les gens ont désobéi au gouvernement parce qu’il fallait sauver les personnes ensevelies et aider. »

« A l’Université nationale autonome de Mexico (UNAM), des brigades ont été formées et ont travaillé pendant des mois. A plusieurs occasions, nous nous sommes affrontés à l’armée ; c’est même allé à une occasion jusqu’au lancer de pierres, parce que des soldats s’occupaient de sortir des biens matériels sans se préoccuper des gens ensevelis », raconte Imanol Ordorika, qui participa à la Brigade « Sciences » composée de quelques 150 étudiants et enseignants, à l’image de ce qui se passa dans d’autres centres scolaires et universitaires.

De la tragédie a surgi une réponse civile qui gagna le droit à la ville pour les citoyens et obtint la reconstruction de 80 000 logements. Des agents sociaux organisés aidèrent de manière spontanée à retourner la situation. « Ce fut un mouvement qui a changé la vie sociale et politique de la capitale », remarque Serna.

La lutte des sinistrés et la reconstruction

Dès les premiers jours, les familles touchées s’organisent pour défendre leurs logements et tiennent pendant des mois des assemblées dans les rues.

Cuauhtemoc Abarca raconte : « Le gouvernement était plongé dans la confusion, il n’avait pas su réagir face à l’urgence et il n’avait pas de plan de reconstruction. Dès le début, nous lui avons proposé d’aider les sinistrés et d’aider à la reconstruction avec la participation des organisations qui se sont créées face au désastre ».

Des dizaines d’unions surgissent et celles qui existaient déjà croissent de façon vertigineuse.

Le 27 septembre, à peine une semaine après le tremblement de terre, a lieu la première mobilisation des sinistrés vers Los Pinos [palais présidentiel]. Plus de 30 000 personnes défilent en silence avec des masques sur la bouche et des casques, symboles des sauveteurs. Ils demandent l’expropriation d’immeubles, des crédits à bas taux d’intérêt, un programme de reconstruction populaire et la remise en service de l’eau et de l’électricité.

Les protestations se succèdent tous les jours. Le gouvernement publie un décret d’expropriation le 11 octobre qui touche plus de cinq mille propriétés et immeubles. La mesure oublie de nombreuses zones sinistrées et les mobilisations continuent.

Le jour suivant, après une autre manifestation, le président De la Madrid reçoit les sinistrés à Los Pinos. Là, il reconnaît le rôle joué par la société civile dans la crise. Mais au lieu de recevoir des remerciements de la part des sinistrés comme il l’attendait, les gens lui rappellent qu’il y a beaucoup d’immeubles à exproprier.

Le 21 octobre, un décret est publié qui rectifie les expropriations et les réduit à 4 263.

Avec la campagne « México est toujours debout », le gouvernement essaie de normaliser les services publics et le fonctionnement des écoles, des hôpitaux et bâtiments du gouvernement. Il essaie ainsi de récupérer le contrôle et la solidarité citoyenne. Il organise une cérémonie sur le Campo de Marte pour récompenser des milliers de « héros nationaux » pour leur travail pendant le tremblement de terre. Nombre de ces personnes félicitées le huent et le répudient.

La première étape de la crise surmontée, le 24 octobre, près de 40 organisations de quartiers créent la Coordination unie des sinistrés (CUD).

«  La reconstruction a été gagnée par le mouvement et on a empêché l’expulsion des quartiers du centre comme le voulait le gouvernement », explique Raul Bautista.

Le secrétaire au Développement urbain et à l’Ecologie, Guillermo Carrillo Arenas, qui a construit nombre des bâtiments qui se sont effondrés, démissionne. Manuel Camacho Solis est nommé à sa place.

Le nouveau fonctionnaire négocie avec la CUD et l’éclaire sur la position du gouvernement : il reconnaît le rôle des organisations mais aucun fonctionnaire ne sera considéré comme responsable [pour le drame]. En mai 1986, Camacho signe avec la CUD l’Accord de concertation démocratique pour la reconstruction.

«  Cet accord fut une conquête du mouvement. C’était la première fois que les citoyens organisés étaient reconnus comme interlocuteurs. C’était une avancée importante pour la reconstruction et la lutte politique dans un système qui n’acceptait pas des acteurs indépendants. Mais le gouvernement a été exempté de toute responsabilité dans la tragédie », raconte Leslie Serna.

Avec la participation des organisations, 45 000 logements furent construits dans le centre à des conditions accessibles pour les familles touchées. La reconstruction de Tlatelolco, un des emblèmes de la tragédie, est aussi officiellement décidée.

Les sinistrés écartés de l’accord font pression et obligent le gouvernement à signer pour la reconstruction de 15 000 logements supplémentaires.

Comme le problème des sinistrés continuaient, les organisations de la CUD reçoivent une aide nationale et internationale directe pour construire plus de 20 000 logements.

Une des conséquences du séisme fut la perte du contrôle traditionnel du PRI [4]. « Les priistes [partisans du PRI] n’avaient aucun respect, ils faisaient du clientélisme avec le malheur des gens. Il y avait une indignation authentique contre le PRI parce qu’il conditionnait l’aide et se faisait de l’argent avec », se rappelle Leslie Serna.

Francisco Saucedo raconte que « dans les zones touchées, le PRI disparut. Les gens ne se laissaient plus manipuler. Leur colère contre le gouvernement était très grande. Et il ne s’en est plus remis ».

La génération du séisme et les séquelles culturelles

Outre les formes traditionnelles de protestation, le mouvement des sinistrés en utilisa d’autres plus imaginatives.

Dès le début, des ciné-clubs, des fêtes, des kermesses et des offrandes ont été organisés, avec la participation de nombreux artistes, dans les quartiers. En trois ans, la CUD a organisé plus de quinze festivals culturels, dont un consacré à John Lennon, en plus de rencontres artistiques, de danse, de théâtre et de musique organisées dans la rue ; ainsi que deux courses de quartiers, précise Fernando Betancourt, de la commission culturelle de l’Union des habitants et sinistrés 19 septembre.

Dans ces activités en faveur des sinistrés, des artistes, des écrivains, des danseurs, des comédiens, des musiciens classiques et de rock se sont impliqués.

L’un d’entre eux est Roco, chanteur de Maldita Vecindad, qui débutait à cette époque. « Nous, les membres de ce groupe, nous sommes les enfants du tremblement de terre », dit-il.

« La mobilisation sociale a été très forte, la société n’a pas attendu que le gouvernement résolve ses problèmes. Une fraternité entre des gens différents, de toutes les générations, est née. La fête aussi était une forme de lutte et les gens préféraient se mettre à chanter pour ne pas pleurer », se souvient-il.

« Nous avions joué deux fois avant le séisme, raconte-t-il ; nous nous sommes rapprochés des sinistrés pour aider et nous avons commencé à jouer dans leurs mobilisations et campements. Il y avait d’autres groupes comme Trolebus, les Guapachosos, Recuerdos Del Son, Banco de Ruido ».

Selon le rocker, « ce fut une prise communautaire de la rue pour faire de la culture, il y avait beaucoup de théâtre, de danse, de musique, de concerts. Cette autogestion culturelle a été un exemple dans les années suivantes ».

« Nous avons grandi en jouant sur le tremblement de terre, la rue était notre espace pour faire de la culture et comme beaucoup de collectifs, nous ne l’avons plus lâchée. Notre travail a été marqué par l’expérience du tremblement de terre et nous avons appris à voir la culture aussi comme un acte communautaire, social et politique », révèle Roco.

L’impact du séisme recouvre de nombreux aspects. Imanol Ordorika souligne que « l’expérience partagée du séisme par de nombreux universitaires a été cruciale dans l’apparition du mouvement étudiant à l’UNAM en 1986-87. Ces expériences et la capacité à s’organiser amènent les universitaires à se rallier ensuite au cardenisme [5] ».

1988 : Le séisme politique

« La CUD a produit un mouvement pluriel et tolérant qui a transformé la solidarité initiale en organisation sociale. Elle a obtenu le plus grand programme de rénovation et de construction de logements de l’histoire. En 1987, elle était à son apogée, mais un nouveau mouvement des "sinistrés de la vie" a surgi. C’est là que naît l’Assemblée des quartiers. La CUD se dilue avec la dispersion des organisations », explique Leslie Serna.

« Au lieu de consolider leur travail et d’approfondir l’autogestion obtenue, quelques organisations ont recherché de nouveaux demandeurs de logements », ajoute-t-elle.

Cette année-là, Cuauhtemoc Cardenas [6] se porte candidat [à la présidence]. La rupture au sein du PRI a un impact sur la gauche et les organisations sociales et civiles. La majorité d’entre elles rejoignent le cardenisme et ensuite le Parti de la révolution démocratique (PRD). Beaucoup de dirigeants du mouvement des sinistrés apparaissent sur les listes électorales.

Selon Raul Bautista, « le séisme a fait exploser la participation citoyenne et a rompu les mécanismes de contrôle officiels. En 1988, la participation électorale massive contre le PRI a été un séisme politique qui enterra définitivement le PRI dans la ville ».

Pour Leslie Serna, « une des erreurs de la gauche a été de forcer les mouvements sociaux à se transformer en des espaces de force politique ».

« De nombreux dirigeants sociaux, devenus des leaders politiques, explique Raul Bautista, amènent leur force à l’intérieur du PRD pour figurer sur des listes électorales. Depuis l’arrivée de Manuel Camacho  [7] au gouvernement, la culture des quotas fut rétablie ainsi que la logique corporative qui est devenue dominante au sein du PRD de la ville ».

L’impulsion démocratique engendrée par le séisme a promu la création de l’Assemblée législative et du premier gouvernement de la ville élu par les citoyens.

« Le triomphe de Cardenas en 1997 a été un défi pour les organisations. Le gouvernement PRD ferma les portes aux mouvements par peur de la participation de la société. Si tu remettais en question les politiques de Cardenas ou de Lopez Obrador [8], ils disaient que nous faisions le jeu du PRI et du PAN  [9] », dit Bautista, membre du PRD.

« Un gouvernement démocratique de gauche, poursuit-il, doit se nourrir de la participation populaire. Le mouvement urbain a sa responsabilité, c’était la force sociale la plus importante de la ville mais il n’a pas eu de projet démocratique et beaucoup de leaders ont été corrompus ».

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Avec le tremblement de terre de 1985, la société est devenue plus critique. En 20 ans, la conviction démocratique de la nécessaire participation sociale aux affaires publiques s’est consolidée, alimentant de nouveaux mouvements sociaux et culturels de la diversité.

Aujourd’hui, cette myriade d’actions et de causes se multiplie à travers les organisations non gouvernementales, des groupes urbains, des féministes, des écologistes, des communautés indigènes, des groupes gays, des jeunes et des collectifs culturels. Il y a des avancées palpables et irréversibles.

Le séisme de 1985 marque le retour de la conscience civique. En agissant collectivement face aux problèmes de tous, des milliers de personnes ont abandonné pour un moment l’individualisme et ont fait de la solidarité et de l’autogestion communautaire, la carte de naturalisation de la société civile.

Le tremblement de terre en chiffres

A 7h19, le matin du 19 septembre 1985, un tremblement de terre de 8,1 sur l'échelle de Richter est enregistré. Il dura 90 secondes. Le jour suivant, à 19h20, un deuxième séisme de moindre intensité secoue de nouveau la ville.

Les victimes : on ne connaîtra jamais le nombre exact de victimes.

Morts : le gouvernement reconnaît que 6 à 7 mille personnes sont mortes. Cependant, la Commission économique pour l'Amérique latine (CEPAL) parle de 25 000 morts, tandis que les organisations de sinistrés estiment les morts à plus de 35 000.

Blessés : plus de 40 000.

Personnes sorties en vie des décombres : 4 100.

Logements complètement détruits : 30 000.

Logements partiellement détruits : 70 000.

Bâtiments détruits : 400.

Nombre d'usagers qui se retrouvèrent sans électricité : plus d'un million deux cent mille (trois jours après seulement, 38% avaient de nouveau l'électricité)

Emplois perdus à cause des séismes : entre 150 et 200 000.

Immeubles expropriés : près de 6 000.

Bâtiments démolis les premiers mois : 152.

Logements reconstruits avec la participation des sinistrés : 80 000.

 

Notes:

[1[NDLR] Quartier de la ville de Mexico (ndlr).

[2[NDLR] Président du Mexique de décembre 1982 à décembre 1988.

[3[NDLR] Fameux leader social mexicain masqué.

[4[NDLR] Parti révolutionnaire institutionnel, qui a gouverné le pays pendant plus de 70 ans, jusqu’en 2000, année de la victoire électorale de l’actuel président conservateur, Vicente Fox du Parti d’action nationale.

[5[NDLR] Partisans de Cardenas, figure historique du Parti de la révolution démocratique, centre gauche.

[6[NDLR] Sénateur de l’état de Michoacan de 1974 à 1980 et gouverneur de ce même état de 1980 à 1986, Cuauhtémoc Cárdenas faisait alors partie du "parti-état", le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI). En 1988, il se présente à l’élection présidentielle pour le Front démocratique national, une large alliance. Après sa défaite lors des élections marquées par la fraude, il quitte le PRI et fonde le Parti de la révolution démocratique (PRD), de centre gauche, en 1989. En 1997, il est élu chef de gouvernement du District fédéral de Mexico.

[7[NDLR] Manuel Camacho Solis, ancien régent de la ville de Mexico entre 1989 et 1993.

[8[NDLR] Ancien leader du PRI, actuel leader du PRD, il vient de démissionner de son poste de chef de gouvernement du District fédéral de Mexico pour promouvoir sa candidature à la présidence du pays en 2007.

[9[NDLR] Parti d’action nationale (droite), parti de l’actuel président Vicente Fox.


En cas de reproduction de cet article, veuillez indiquer les informations ci-dessous:

Source : La Jornada (www.jornada.unam.mx), supplément Masiosare, Mexique, 11 septembre 2005.

Traduction : Marie-José Cloiseau, pour RISAL (www.risal.collectifs.net).

Les opinions exprimées et les arguments avancés dans cet article demeurent l'entière responsabilité de l'auteur-e et ne reflètent pas nécessairement ceux du Réseau d'Information et de Solidarité avec l'Amérique Latine (RISAL).