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Entretien avec José-Vicente Rangel, vice-président du Venezuela
La Révolution bolivarienne et sa diplomatie populaire

Entretien avec José-Vicente Rangel, le vice-président du Venezuela, sur la politique internationale de la révolution bolivarienne.

par Héctor J. Arenas A.
29 novembre 2006

Comment sont les relations avec les Etats-Unis ?

Elles ne peuvent pas se tendre davantage. Si c’est le cas, elles éclatent. Il y a un secteur politique nord-américain - la mafia qui gouverne les Etats-Unis - qui a le Venezuela dans sa ligne de mire, pour des raisons pétrolières, pour des raisons de stratégie politique, à cause de la géopolitique et de l’insolence caractéristique du pouvoir impérial. Et comme ils ne peuvent pas bombarder, alors ils ont recours à la déstabilisation et à toutes sortes de provocations. Tant qu’ils ne nous respectent pas, nous allons leur répondre sur tous les terrains. Le Président l’a déjà dit, s’ils nous attaquent, s’ils nous agressent, c’en sera fini pour eux du pétrole vénézuélien. Nous, nous avons le marché pour le million et demi de barils que nous leur fournissons. Nous sommes prêts à tout. Sur le terrain idéologique, sur le terrain politique, sur le terrain de la dialectique, sur le terrain économique, sur le terrain culturel.

Comment avance le système d’alliances du Venezuela, avec l’Iran par exemple ?

Avec l’Iran il n’y a pas d’alliance, il y a une relation importante, comme avec d’autres pays, comme avec la Chine par exemple, ou avec l’Inde, avec la Malaisie, avec l’Indonésie. Nous sommes en train de découvrir la politique internationale avec le gouvernement de Chavez. Avant, les seules références en matière de politique internationale du Venezuela étaient les Etats-Unis et la Colombie. Nous, nous ne sommes pas en train de créer une alliance satanique contre les Etats-Unis. Moi, je crois que ce qui s’est produit [à la mi-septembre, ndlr] à La Havane - à la réunion des pays non alignés - est un bon exemple, 108 pays qui appuient une politique contre l’Empire. Si aux Etats-Unis il y avait des gens intelligents et pas cette camelote idéologique, ces signaux-là devraient être des signaux importants. Qu’est ce qui se passe dans le monde ?! Ce n’est pas Chavez ! Ce sont des processus de changement qui ont lieu par exemple en Amérique latine. Comment la Chine, qui est si loin, se rend-elle compte de l’importance de l’Amérique latine ? En revanche, les Etats-Unis ne s’en rendent pas compte.

Par rapport au veto états-unien à la vente espagnole de frégates et d’avions espagnols au Venezuela ?

Le gouvernement des Etats-Unis croit que parce qu’ils ne vendent pas à quelqu’un, ce quelqu’un ne peut acheter nulle part. Mais c’est le contraire, l’offre mondiale est fabuleuse. Partout, on construit des avions, des bateaux, des réfrigérateurs, des ordinateurs... Les Etats-Unis ne se rendent pas compte que le monde a complètement changé. Ils restent accrochés à une vision impériale selon laquelle tout doit passer par l’Empire. Ce n’est pas une critique, mais, selon moi, il me semble insolite qu’un chef d’Etat, de l’Etat espagnol, et je le dis pour n’importe quel autre pays, le Brésil par exemple, voie sa souveraineté limitée de cette manière par un ordre impérial. On ne leur permet pas de vendre certains équipements, alors qu’on peut tout acheter ailleurs.

Que va-t-il se passer avec les propriétés d’Espagnols qui ont été expropriées au Venezuela ?

Terre inexploitée, terre expropriée. C’est ce que dit la loi. Le processus de réforme agraire, de la loi des terres, ne repose pas sur la superficie - si vous avez 20 000 ou 50 000 hectares productifs, vous n’avez pas de problème - mais si vous avez 4 000 ou 5 000 hectares improductifs, on les exproprie. Que vous soyez espagnol, que vous soyez turc, que vous soyez martien, ou n’importe quoi. Avec le paiement d’une indemnisation, évidemment.

Et les relations actuelles avec l’Espagne ?

En ce moment, elles sont excellentes. Pas parce que Zapatero nous appuie, mais parce qu’il a une position décente et intelligente. Le fait d’envoyer un observateur à la Conférence des Non Alignés à La Havane est un geste extraordinaire, une reconnaissance de ce que signifient et de ce que représentent dans le monde 108 pays. Il y a une relation sans préjugés. Construire une relation transparente, comme celle que nous avons en ce moment, d’activité économique et commerciale intense, avec de gros investissements, je trouve cela magnifique. Je crois que cette relation traverse un moment extraordinaire.
Et nous pouvons établir des comparaisons entre la relation avec Aznar et celle avec Zapatero. Avec Aznar, c’était la mission du conquistador, de la colonie : il a participé au coup d’Etat au Venezuela. En revanche, Zapatero est un autre homme.
En ce qui concerne les entreprises espagnoles, nous n’avons aucun problème. Nous avons d’excellentes relations. Vous savez que l’Etat vénézuélien encaissait auparavant 1% de royalties pétrolières, en ce moment nous en encaissons 33,33%. Cela signifie que durant les deux dernières années 26 milliards de dollars sont entrés à ce titre au Venezuela.
Les entreprises espagnoles sont les bienvenues, pas seulement dans le gaz, le pétrole, le tourisme, nous voulons multiplier les relations économiques et culturelles.

La relation avec la Colombie ?

Certains pensent que nous idéologisons les relations mais il n’en est rien. Le président de la Colombie, Alvaro Uribe, est aux antipodes idéologiques de Chavez et la meilleure relation entre le Venezuela et la Colombie a eu lieu durant leurs présidences, sur le terrain commercial, économique et politique. Il y a eu des divergences et elles se sont résolues parce que c’est une relation civilisée, la question idéologique n’y interfère pas. Pourtant, la Colombie ne votera pas pour le Venezuela au Conseil de sécurité [1] et la Colombie est devenue la force d’appui des Etats-Unis dans la région. En plus, la frontière est militarisée et il y a beaucoup de territoires sous influence paramilitaire.

Pourquoi n’allez-vous pas plus loin dans la relation Venezuela-Colombie ?

La frontière colombo-vénézuélienne est longue de 2 216 kilomètres, c’est une frontière très sensible. Le Venezuela a le long de cette frontière 190 bases de protection et 20 000 hommes. Pour nous, la frontière compte et nous la défendons. Le Venezuela est conscient du problème de la frontière, il est conscient du fait que le narcotrafic, les délinquants de droit commun, les paramilitaires passent à travers cette frontière, mais nous n’allons pas l’amplifier parce que nous avons une relation de compréhension réciproque avec le président Uribe, qui est lui-même victime de ces problèmes. Nous avons donc créé des mécanismes pour les affronter. Les relations entre les deux forces armées sont exemplaires, il y a un échange permanent d’informations dans la lutte contre le narcotrafic.
Nous sommes en train d’aller au fond des problèmes, au lieu de les idéologiser et de les amplifier. Nous respectons la position politique et idéologique de monsieur le président Uribe, tant qu’il ne se montre pas hostile au Venezuela. C’est comme avec d’autres gouvernants en Amérique latine, nous n’avons aucun problème.
Le président Chavez est respectueux de la position difficile du président Uribe en Colombie. Parce que, quoi qu’on en dise, nous n’avons aucune relation avec la guérilla colombienne, ni avec la terreur. Nous luttons contre toutes les formes de violence parce que nous avons été victimes de la violence. Ici, le coup d’Etat du 11 avril 2002 a été une action violente provoquée par les Etats-Unis et d’autres pays. C’est eux qui ont provoqué les actes de terrorisme qui se sont produits ici pendant plusieurs mois. Le lock-out pétrolier [décembre 2002, janvier 2003, ndlr] a été une action violente pour renverser le gouvernement. C’est pourquoi nous sommes contre la violence et ceci nous rapproche du président Uribe quand il combat la violence.

En Espagne, la consommation de cocaïne parmi les jeunes de 14 à 18 ans a augmenté de 400% au cours des cinq dernières années. En Grande Bretagne aussi, elle a augmenté. 75% des quantités énormes que totalise ce négoce restent aux Etats-Unis et dans l’Union européenne. Le président Chavez a parlé il y a quelques jours à Guiria de l’infiltration de la Central Intelligence Agency (CIA) et de la Drug Enforcement Administration (DEA) par le narcotrafic. Comment percevez-vous ce phénomène ?

Je suis convaincu que le facteur déterminant du narcotrafic est le secteur financier des Etats-Unis. C’est le principal bénéficiaire du narcotrafic. Pas seulement parce qu’il y a 30 millions de consommateurs aux Etats-Unis, mais à cause des réseaux de distribution créés là-bas. Cela va beaucoup mieux pour nous sans la DEA qu’avec elle. Il y a des rapports de services de renseignement très complets sur la façon dont ils ont transformé la DEA en une agence d’espionnage ici au Venezuela, ils se préoccupaient davantage de la politique que de leurs intérêts en tant qu’agence. Je suis convaincu que la lutte contre la drogue aux Etats-Unis est aussi hypocrite que la lutte contre le terrorisme. L’Etat terroriste par excellence, dans le monde, ce sont les Etats-Unis. C’est un Etat qui se permet le double discours de la terreur : les bons terroristes et les mauvais terroristes. Monsieur Posada Carriles est un bon terroriste [2]. Et bien qu’il soit réclamé par la justice vénézuélienne parce qu’il s’est échappé d’une prison ici, il est protégé par les autorités nord-américaines. Et avec la drogue, c’est la même chose. Les parrains de la drogue tombent, mais le flux de la drogue augmente chaque jour. Nous, nous en sommes victimes parce que nous ne produisons pas de drogue. Nous sommes un pays de transit pour la drogue. Malheureusement, nous avons cette malédiction sur nous. Ici, la consommation de la drogue est relativement basse, il n’y a pas de laboratoires. Aux Etats-Unis, qui est soi-disant le pays le plus sûr, qui a les mécanismes de détection les plus sophistiqués pour tout ce qui a à voir avec la sécurité de leurs territoires, la drogue coule à flots. Mais, bien sûr, c’est une question tellement manipulée dans les médias, qui ont un discours tout fait et qui se révèle très difficile à démonter. On a la conviction que l’Etat drogué par excellence, ce sont les Etats-Unis ; l’Etat terroriste par excellence, ce sont les Etats-Unis. Des rapports très intéressants sont apparus aux Etats-Unis sur la façon dont l’invasion militaire états-unienne a contribué à l’essor du terrorisme en Irak et au Moyen-Orient. Ces rapports peuvent provoquer en Irak des changements très importants dans la politique nord-américaine. Le jour où on découvrira tout ce qui concerne le narcotrafic, et on le découvrira, cela va apparaître, on saura qui sont les véritables chefs de la drogue. Ils sont dans le système financier nord-américain. Mais, bien sûr, tant qu’il y a des parrains colombiens et mexicains sur qui repose toute la faute, il n’y a pas de problème.

Comment voyez-vous l’unité de l’Amérique latine ?

Quand on a commencé à parler de l’Union européenne, on a commencé par le charbon et personne ne misait sur le futur de l’intégration. Pourtant, aujourd’hui, l’Union européenne existe, et, malgré le sang, les guerres, les divergences religieuses, la variété linguistique, l’unité existe. Je crois que dans le futur il sera plus facile de construire l’unité en Amérique latine et nous avons commencé à le faire.

Le Venezuela siégera-t-il au Conseil de Sécurité des Nations Unies ? [3]

Nous croyons détenir la majorité en ce moment. Nous avons des appuis très solides et importants, ouverts et francs comme ceux de la Chine, de la Russie, de l’Inde, de l’Indonésie, du Mercosur, de l’Union africaine, de la Ligue arabe, ce sont des appuis publics, et nous comptons sur d’autres soutiens discrets.

Le processus électoral au Venezuela sera-t-il transparent ?

De notre côté, c’est-à-dire celui du gouvernement, la transparence du processus est garantie. Mais je ne la garantis pas de la part de l’opposition parce qu’il y a l’expérience des quatre dernières élections. Le Conseil National Electoral (CNE) lui avait accordé toutes les garanties qu’elle réclamait pour y participer, mais elle n’y a pas participé parce que l’Empire lui a dit que pour délégitimer le processus, il était plus productif de ne pas y participer. Ils se sont donc retrouvés sans députés. Ils auraient pu avoir 30% de députés. Nous sommes dans une élection atypique, parce que nous travaillons avec une opposition qui ne sait pas ce qu’elle va faire en définitive. Si elle va jusqu’au bout ou si elle se retire. Ils ne le savent même pas eux-mêmes. Parce que quand il s’agit d’oppositions consulaires, pour ne pas utiliser le terme de mercenaires qui ne leur plaît pas, alors on ne sait pas à quoi s’attendre. Moi, en ce moment, je ne sais pas ce qui va se passer, s’ils participeront ou ne participeront pas.

Et qu’en est-il de l’abstention ?

Les chavistes ne vont pas s’abstenir. Il y a un secteur important de l’opposition qui préconise l’abstention à des fins de déstabilisation. C’est leur problème, et celui de savoir si l’opposition qui participe parvient ou non à convaincre les abstentionnistes pour qu’ils participent.

Le chavisme contrôle l’Assemblée nationale. Y a-t-il des garanties que la démocratie n’est pas en train de s’affaiblir ?

Si le chavisme contrôle l’Assemblée nationale de manière absolue, ce n’est pas la faute du chavisme, mais celle de l’opposition. Ce n’est pas la faute de celui qui se présente mais de celui qui se retire [des élections, ndlr]. Nous, nous ne voulions pas de ce pouvoir exagéré. Cela ne me plaît pas. Moi, j’aime la polémique, mais c’est leur faute.
La garantie la plus claire que je puisse te donner et que te donnera Chavez et que te donneront tous ceux que vous interrogerez, c’est qu’ici tout se résoudra par la voie électorale. Parce que c’est un processus révolutionnaire qui est né d’une élection et qui s’est poursuivi par des élections successives, neuf processus électoraux. Et tout ce que fera Chavez, absolument tout, réélection ou quoi que ce soit, sera de s’en remettre à la seule source de pouvoir que nous reconnaissions. Ce ne sont pas les forces armées mais le peuple votant, dans le système électoral le plus transparent qu’aient connu les Vénézuéliens.
J’ai été trois fois candidat à la présidence dans ce pays : 1973, 1978 et 1983. Et je connais les pièges que tendaient les partis Action Démocratique et Copei, comment ils dérobaient les votes, comment ils manipulaient l’opinion publique.
Rosales dit qu’il ne se sent pas en sécurité quand il visite les quartiers pauvres mais si seulement j’avais eu le cinquième de la sécurité dont dispose Rosales ! Il y a deux jours, j’ai appelé un gouverneur d’Etat pour savoir comment s’était passée la réunion publique du candidat de l’opposition et il m’a dit : « peu de monde, mais beaucoup de police », presque 400 policiers pour veiller sur lui.

Quel est le type d’opposition qui se précise au Venezuela ?

Le pays a besoin d’un débat idéologique, d’une opposition avec laquelle nous puissions discuter de questions importantes, discuter par exemple de la question des Missions.
Mais la discussion ne peut pas se limiter au fait de sortir la carte « Mi Negra » [4]. Ils nous accusent de populisme, et ils se présentent avec la proposition la plus honteusement populiste d’une carte qui soi-disant permettrait à 26 millions de Vénézuéliens d’avoir un revenu de 600 000 à un million de bolivars [5]. Le budget n’y suffirait pas !

Que pouvez-vous nous dire de l’insécurité au Venezuela ?

En premier lieu, l’insécurité est un phénomène universel. Cela n’enlève rien à l’insécurité au Venezuela. Mais je n’accepte pas que l’insécurité devienne un thème de la droite pour combattre les gouvernements populaires.
Nous faisons tout notre possible pour affronter l’insécurité de façon rationnelle parce que jusqu’à maintenant, durant les gouvernements antérieurs, qui sont ceux qui nous critiquent maintenant, l’insécurité a proliféré.
Nous centrons notre action sur la prévention plus que sur la répression. En créant des mécanismes de participation dans les quartiers populaires. En réorganisant les forces de police, parce que nous avons hérité d’une police dans un état de dégradation extrême.
Il y a une manipulation du thème de l’insécurité. Nous admettons qu’il y a de l’insécurité au Venezuela et nous devons empêcher qu’elle augmente. Mais nous ne devons pas en faire un étendard politique parce que si c’est le cas nous pouvons mettre l’opposition en pièces et nous ne résoudrons rien, nous n’avancerons pas dans la diminution de l’insécurité.

Le gouvernement du Venezuela est-il populiste ?

Le terme de populiste est mis à toutes les sauces. Quand la droite fait du populisme, ce n’est pas du populisme, mais quand la gauche alloue des ressources aux secteurs populaires et quand nous créons les missions pour qu’il y ait un médecin qui s’occupe des gens dans chaque quartier, quand on est en mesure d’alphabétiser un million et demi de personnes en deux ans, ou quand la mission Mercal [6] offre des prix abordables à presque 50% de la population, c’est du populisme. Mais quand ils présentent la carte « Mi Negra », alors, ce n’est pas du populisme.

Pourquoi des secteurs considérables des classes moyennes demeurent-ils dans l’opposition au processus alors que les réussites sociales et économiques prodigieuses leur sont objectivement favorables ?

A cause du rôle des médias. Ici, les médias ont joué un rôle déterminant. Quand le président Chavez a mis en déroute le système du puntofijismo [l’ancien régime, la IVe République ndlr] et les vieux partis politiques, le leadership est passé dans les mains des médias. Ils ont été responsables du coup d’Etat d’avril 2002, ils ont été responsables du lock-out pétrolier et de la pagaille causée par les blocages des rues et la violence.
La classe moyenne est infectée par le virus médiatique. C’est une classe moyenne que nous avons reçue ruinée, parce que ceux qui ont ruiné la classe moyenne c’est la IVe république. Nous, nous avons reçu les dépouilles de la classe moyenne. Dans ce processus, il y a eu une récupération importante de la classe moyenne. Une grande partie des politiques économiques, à part pour le secteur pauvre, marginal du Venezuela, a bénéficié à la classe moyenne qui a pu acheter des logements et des véhicules. Les pauvres ne peuvent acheter ni véhicule ni maison.
Faire partie de la classe moyenne est un problème idéologique plus qu’économique. Beaucoup de gens ont encore dans l’idée qu’ils vont perdre leur maison, leur véhicule, leur femme et leurs enfants. C’est là que les médias jouent un rôle important. Plus même que les secteurs pauvres de la population, le secteur qui a le plus bénéficié du processus est celui qu’on appelle les classes moyennes.

Notes:

[1[NDLR] Entretien réalisé avant l’élection d’un nouveau représentant latino-américain au Conseil de sécurité de l’ONU..

[2[NDLR] M. Luis Posada Carriles est un terroriste anti-castriste, responsable de nombreux attentats contre des civils. Arrêté pour être entré illégalement sur le territoire étasunien, le gouvernement Bush refuse jusqu’à présent de l’extrader vers le Venezuela qui le réclame, et exclut de le juger pour son passé terroriste. La raison est simple car M. Posada Carriles, qui a longtemps travaillé pour la CIA, a clairement menacé de révéler des secrets d’Etat au cas où il serait mis en examen.

[3[NDLR] L’Organisation des Nations Unies (ONU) a été le théâtre d’une âpre lutte d’influence depuis le 16 octobre dernier. L’élection par l’Assemblée générale de nouveaux membres non permanents - pour deux ans - au Conseil de sécurité de l’organisation internationale a reflété fidèlement la conjoncture actuelle que traverse une Amérique latine polarisée. En effet, deux pays de l’hémisphère concourraient pour le siège réservé aux Latino-américains : le Guatemala, « candidat » des Etats-Unis, et le Venezuela. Si le Guatemala a remporté à chaque reprise les scrutins, il n’a jamais obtenu les deux tiers requis pour obtenir le siège convoité. Après 48 scrutins, les deux pays sont finalement arrivés à un compromis pour se retirer de la course et désigner le Panama.

[4[NDLR] La Carte Mi Negra est une proposition du candidat à la présidence de l’opposition, Manuel Rosales, de créer un programme de versement des fonds directement aux familles les plus pauvres via un compte bancaire qui serait géré avec une carte baptisée « Mi Negra ».

[5[NDLR] Un euro équivaut à un peu plus de 2 800 bolivars.

[6[NDLR] Réseau de distribution de nourriture à travers tout le pays, et ce à des taux légèrement inférieurs au marché, dans des supermarchés soutenus par le gouvernement.


En cas de reproduction de cet article, veuillez indiquer les informations ci-dessous:

Source : Agencia de Pie (http://www.agenciaenpie.org), 5 octobre 2006.

Traduction : Marie-José Cloiseau, pour le RISAL (http://risal.collectifs.net).

Les opinions exprimées et les arguments avancés dans cet article demeurent l'entière responsabilité de l'auteur-e et ne reflètent pas nécessairement ceux du Réseau d'Information et de Solidarité avec l'Amérique Latine (RISAL).


GLOSSAIRE

Action Démocratique / Acción Democrática

Parti politique vénézuélien social-démocrate, membre de l’Internationale socialiste. Créé dans les années 1940, il a joué un rôle essentiel dans la stabilisation du système démocratique vénézuélien à partir de 1958.(...)

Central Intelligence Agency / C.I.A.

Description non disponible.

Comité d’organisation politique des électeurs indépendants / C.O.P.E.I.

Parti démocrate chrétien vénézuélien. A dominé le paysage politique du pays de 1958 aux années 90 avec le parti social-démocrate Action Démocratique (AD).

Drug Enforcement Administration / D.E.A.

La Drug Enforcement Administration est l’agence de lutte contre la drogue du département de la Justice du gouvernement des Etats-Unis. Elle est active au niveau national et international. Elle joue un rôle majeur dans ladite guerre contre la drogue des Etats-Uniens en Colombie, au Pérou ou encore en Bolivie.

Mercosur

Le Marché commun du Cône Sud, ou Mercosur, a été créé en 1991 par le Traité d’Asunción. Il rassemble à l’origine le Brésil, l’Argentine, l’Uruguay et le Paraguay. Le Venezuela a entamé son processus d’adhésion en décembre 2005. Plusieurs pays ont le statut de "pays associé" : la Bolivie et le Chili, depuis 1996 ; le Pérou, depuis 2003 ; la Colombie et l’Equateur, depuis 2004.

Misiones

Les « missions » sont les programmes sociaux d’alphabétisation, de santé et d’éducation notamment, lancés par le gouvernement vénézuélien à partir de 2003.