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Les cinq mythes de la transition vers les agrocarburants
par Eric Holtz-Giménez
2 août 2007

Biocarburants... Le mot √©voque l’image flatteuse d’une √©nergie renouvelable propre et in√©puisable, une confiance dans la technologie et la puissance d’un progr√®s compatible avec la protection durable de l’environnement. Il permet √ l’industrie, aux hommes et femmes politiques, √ la Banque mondiale, aux Nations unies et m√™me au Groupe d’experts intergouvernemental sur l’√©volution du climat (GIEC) de pr√©senter les carburants fabriqu√©s √ partir du ma√Įs, de la canne √ sucre, du soja et d’autres cultures comme la prochaine √©tape d’une transition douce, du pic de la production p√©troli√®re √ une √©conomie √©nerg√©tique issue de ressources renouvelables, qui reste encore √ d√©finir.

Les programmes sont d’ores et d√©j√ ambitieux. En Europe, il est pr√©vu que ces combustibles issus de la biomasse couvrent 5,75 % des besoins en carburants routiers en 2010 et 20 % en 2020. Les Etats-Unis visent trente-cinq milliards de gallons [1] par an. Ces objectifs d√©passent de loin les capacit√©s de production de l’agriculture des pays industrialis√©s de l’h√©misph√®re Nord. L’Europe serait tenue de mobiliser 70 % de ses terres arables pour tenir son pari ; la totalit√© des r√©coltes de ma√Įs et de soja des Etats-Unis devrait √™tre transform√©e en √©thanol et en biodiesel. Une telle conversion mettrait sens dessus dessous le syst√®me alimentaire des nations du Nord. Aussi les pays de l’Organisation de coop√©ration et de d√©veloppement √©conomiques (OCDE) s’int√©ressent-ils √ l’h√©misph√®re Sud pour couvrir leurs besoins.

L’Indon√©sie et la Malaisie accroissent rapidement leurs plantations de palmiers √ huile pour √™tre capables d’approvisionner le march√© europ√©en du biodiesel √ hauteur de 20 %. Au Br√©sil - o√Ļ la superficie de terres arables consacr√©es aux cultures pour les carburants occupe d√©j√ une portion de territoire de la taille du Royaume-Uni, des Pays-Bas, de la Belgique, et du Luxembourg r√©unis -, le gouvernement pr√©voit de multiplier par cinq la superficie consacr√©e √ la canne √ sucre. Son objectif est de remplacer 10 % de la consommation mondiale d’essence d’ici √ 2025.

La rapidit√© √ laquelle s’op√®rent la mobilisation des capitaux et la concentration de pouvoir au sein de l’industrie des agrocarburants est stup√©fiante. Sur les trois derni√®res ann√©es, les investissements de capital-risque y ont √©t√© multipli√©s par huit. Les financements priv√©s inondent les institutions publiques de recherche, comme l’atteste le demi-milliard de dollars de subventions accord√© par BP (ex-British Petroleum) √ l’universit√© de Californie. Les grands groupes p√©troliers, c√©r√©aliers, automobiles et d’ing√©nierie g√©n√©tique passent de puissants accords de partenariat : Archer Daniels Midland Company (ADM) et Monsanto, Chevron et Volkswagen, BP, DuPont et Toyota. Ces multinationales cherchent √ concentrer leurs activit√©s de recherche, de production, de transformation et de distribution relatives √ nos syst√®mes alimentaires et d’approvisionnement en carburants.

Raison de plus pour que, avant de prendre le train en marche, les mythes sous-jacents √ la transition vers les agrocarburants soient mis en pleine lumi√®re.

1. Les agrocarburants sont propres et prot√®gent l’environnement

Parce que la photosynth√®se mise √ contribution pour ces cultures soustrait des gaz √ effet de serre de l’atmosph√®re et que les agrocarburants peuvent r√©duire la consommation d’√©nergie fossile, on pr√©tend qu’ils prot√®gent l’environnement. Lorsqu’on analyse leur impact ¬« du berceau √ la tombe ¬ » - du d√©frichage jusqu’√ leur utilisation dans les transports routiers -, les r√©ductions limit√©es d’√©missions de gaz √ effet de serre sont annul√©es par celles beaucoup plus importantes dues √ la d√©forestation, aux incendies, au drainage des zones humides, aux pratiques culturales et aux perte de carbone du sol. Chaque tonne d’huile de palme √©met autant, sinon plus, de gaz carbonique que le p√©trole [2]. L’√©thanol produit √ partir de canne √ sucre cultiv√©e sur des for√™ts tropicales d√©frich√©es √©met moiti√© plus de gaz √ effet de serre que la production et l’utilisation de la quantit√© √©quivalente d’essence [3]. Lorsqu’il commente l’√©quilibre plan√©taire du carbone, Doug Parr, responsable scientifique en chef de Greenpeace, d√©clare cat√©goriquement : ¬« Si l’on produisait seulement 5 % de biocarburants en an√©antissant des for√™ts primaires encore existantes, on perdrait la totalit√© du gain sur le carbone. ¬ »

Les cultures industrielles destin√©es aux carburants n√©cessitent des √©pandages massifs d’engrais produits √ partir du p√©trole, dont la consommation mondiale - actuellement de 45 millions de tonnes par an - a fait plus que doubler le niveau d’azote biologiquement disponible sur la plan√®te, contribuant ainsi fortement aux √©missions d’oxyde nitreux, un gaz √ effet de serre dont le potentiel de r√©chauffement global est trois cents fois plus √©lev√© que celui du CO2 [dioxyde de carbone]. Dans les r√©gions tropicales - d’o√Ļ la plus grande part des agrocarburants seront bient√īt issus -, les engrais chimiques ont dix √ cent fois plus d’effet sur le r√©chauffement plan√©taire que dans les r√©gions temp√©r√©es [4].

Obtenir un litre d’√©thanol requiert trois √ cinq litres d’eau d’irrigation et produit jusqu’√ treize litres d’eau us√©e. Il faut l’√©quivalent √©nerg√©tique de cent treize litres de gaz naturel pour traiter ces eaux us√©es, ce qui augmente la probabilit√© qu’elles soient tout simplement rel√Ęch√©es dans l’environnement en polluant les rivi√®res, les fleuves et les nappes phr√©atiques [5]. L’intensification des cultures √©nerg√©tiques pour les carburants a aussi pour cons√©quences d’aggraver le rythme de l’√©rosion des sols, en particulier dans le cas de la production du soja - 6,5 tonnes par hectare et par an aux Etats Unis ; jusqu’√ 12 tonnes au Br√©sil et en Argentine.

2. Les agrocarburants n’entra√ģnent pas de d√©forestation

Les promoteurs des agrocarburants soutiennent que les cultures effectu√©es sur des terres √©cologiquement d√©grad√©es am√©lioreront l’environnement. Peut-√™tre le gouvernement br√©silien avait-il cela en t√™te quand il a requalifi√© quelque 200 millions d’hectares de for√™ts tropicales s√®ches, prairies et marais, en ¬« terres d√©grad√©es ¬ » et aptes √ la culture [6]. En r√©alit√©, il s’agissait d’√©cosyst√®mes d’une grande biodiversit√© dans les r√©gions du Mata Atl√°ntica, du Cerrado et du Pantanal, occup√©es par des populations indig√®nes, des paysans pauvres et de grandes exploitations d’√©levage extensif de bovins.

L’introduction de cultures destin√©es aux agrocarburants aura tout simplement pour r√©sultat de repousser ces communaut√©s vers la ¬« fronti√®re agricole ¬ » de l’Amazonie, l√ o√Ļ les modes d√©vastateurs de d√©frichement sont trop bien connus. Le soja fournit d√©j√ 40 % des agrocarburants du Br√©sil. Selon la National Aeronautics and Space Administration (NASA), plus les prix du soja grimpent, plus s’acc√©l√®re la destruction de la for√™t humide de l’Amazonie - 325 000 hectares par an, au rythme actuel.

En Indon√©sie, les plantations de palmiers √ huile destin√©s √ la production de biodiesel - appel√© ¬« diesel de la d√©forestation ¬ » - sont la principale cause du recul de la for√™t. Vers 2020, ces surfaces y auront tripl√©, pour atteindre 16,5 millions d’hectares - l’Angleterre et le Pays de Galle r√©unis -, avec comme r√©sultat une perte de 98 % du couvert forestier [7]. La Malaisie voisine, premier producteur mondial d’huile de palme, a d√©j√ perdu 87 % de ses for√™ts tropicales et continue √ les d√©fricher √ un rythme de 7 % par an.

3. Les agrocarburants permettront le développement rural

Sous les tropiques, 100 hectares d√©di√©s √ l’agriculture familiale cr√©ent trente-cinq emplois ; les palmiers √ huile et la canne √ sucre dix, les eucalyptus deux, le soja √ peine un demi. Jusqu’√ r√©cemment, les agrocarburants desservaient principalement des march√©s locaux et sous-r√©gionaux. M√™me aux Etats-Unis, la plupart des usines de production d’√©thanol, de taille relativement modeste, appartenaient aux agriculteurs. Avec le boom actuel, la grande industrie entre dans le jeu, cr√©ant des √©conomies d’√©chelles gigantesques et centralisant l’exploitation.

Les groupes p√©troliers, c√©r√©aliers, et les producteurs de cultures transg√©niques renforcent leur pr√©sence sur toute la cha√ģne de valeur ajout√©e des agrocarburants. Cargill et ADM contr√īlent 65 % du march√© mondial des c√©r√©ales ; Monsanto et Sygenta dominent le march√© des produits g√©n√©tiquement modifi√©s. Pour leurs semences, leurs intrants, les services, les transformations et la vente de leurs produits, les paysans cultivant pour les agrocarburants seront de plus en plus d√©pendants d’une alliance de soci√©t√©s fortement organis√©es. Il est peu probable qu’ils en tirent des b√©n√©fices [8]. Plus vraisemblablement, les petits exploitants agricoles seront expuls√©s du march√© et de leurs terres. Des centaines de milliers ont d√©j√ √©t√© d√©plac√©s dans la ¬« r√©publique du soja ¬ », une r√©gion de plus de 50 millions d’hectares couvrant le sud du Br√©sil, le nord de l’Argentine, le Paraguay et l’est de la Bolivie [9].

4. Les agrocarburants ne causeront pas la faim

Selon la Food and Agricultural Organization (FAO), il y a assez de nourriture dans le monde pour alimenter tous les habitants avec une ration journali√®re de 2 200 calories sous forme de fruits frais et secs, de l√©gumes, de produits laitiers et de viande. Pourtant, parce qu’elles sont pauvres, 824 millions de personnes continuent √ souffrir de la faim. Or, la transition qui s’annonce met en concurrence la production alimentaire et celle de carburants dans l’acc√®s √ la terre, √ l’eau et aux ressources. Un exemple concret en est actuellement donn√© au Mexique. Ses barri√®res douani√®res ayant √©t√© d√©mantel√©es dans le cadre de l’Accord de libre-√©change nord-am√©ricain (Alena) [10], le Mexique importe d√©sormais 30 % de son ma√Įs des Etats-Unis [11]. La croissante demande d’√©thanol dans ce pays a provoqu√© une √©norme pression sur le prix de cette c√©r√©ale, qui est mont√©, en f√©vrier 2007, √ son plus haut niveau en dix ans, provoquant une augmentation dramatique du prix de la tortilla - plat de base de la population mexicaine. Confront√© aux manifestations de m√©contentement d’une population pauvre frapp√©e √ l’estomac, le gouvernement de M. Felipe Calder√≥n, au terme d’une r√©union avec les transnationales de l’industrialisation et de la distribution, a d√ » limiter l’augmentation du prix de la tortilla √ 40 % jusqu’en ao√ »t prochain.

Profitant de la conjoncture, le Centre d’√©tudes √©conomiques du secteur priv√© (CEESP) a publi√© une s√©rie d’¬« √©tudes ¬ » affirmant que la sortie de crise, pour le Mexique, passe par la production de ma√Įs pour agrocombustibles et que celui-ci ¬« doit √™tre transg√©nique [12] ¬ ».

A l’√©chelle de la plan√®te, les personnes les plus pauvres d√©pensent d√©j√ 50 √ 80 % de leur revenu familial pour leur alimentation. Elles souffrent quand les prix √©lev√©s des cultures pour carburants font monter le prix des aliments. L’International Food Policy Research Institute (Ifpri, Institut international de recherche sur les politiques de l’alimentation) de Washington a estim√© que le prix des aliments de base s’accro√ģtra de 20 % √ 33 % en 2010 et de 26 % √ 135 % en 2020. Or, chaque fois que le co√ »t de la nourriture augmente de 1 %, 16 millions de personnes tombent dans l’ins√©curit√© alimentaire. Si la tendance actuelle continue, 1,2 milliard d’habitants pourraient souffrir chroniquement de la faim en 2025 [13]. Dans ce cas, l’aide alimentaire internationale ne sera probablement pas d’un grand secours, nos surplus agricoles allant... dans nos r√©servoirs d’essence.

5. Les agrocarburants de ¬« deuxi√®me g√©n√©ration ¬ » sont √ port√©e de main

Les promoteurs des agrocarburants aiment √ rassurer les sceptiques en affirmant que ces derniers, actuellement produits √ partir de cultures vivri√®res, seront bient√īt remplac√©s par d’autres plus compatibles avec l’environnement, comme des arbres √ pousse rapide et le panicum virgatum (gramin√©e dont la touffe de feuillage atteint 1,80 m√®tre de haut). Cela leur permet de rendre plus acceptables les agrocarburants de premi√®re g√©n√©ration.

Savoir quelles cultures seront transform√©es en carburant n’est pas pertinent. Les plantes sauvages n’auront pas une moindre ¬« empreinte environnementale ¬ » car leur commercialisation transformera leur √©cologie. Cultiv√©es de fa√ßon intensive, elles migreront rapidement des haies et des terrains bois√©s vers les terres arables - avec les cons√©quences environnementales associ√©es.

L’industrie vise √ produire des plantes cellulosiques, g√©n√©tiquement modifi√©es - en particulier des arbres √ croissance rapide -, qui se d√©composeraient facilement pour lib√©rer des sucres. Compte tenu de l’aptitude √ la diss√©mination d√©j√ d√©montr√©e des cultures g√©n√©tiquement modifi√©es, on peut s’attendre √ des contaminations massives.

Toute technologie dont le potentiel permet d’√©viter les pires impacts du changement climatique doit √™tre commercialis√©e √ grande √©chelle dans les cinq √ huit ans qui viennent. Perspective tr√®s peu probable dans le cas de l’√©thanol issu de la cellulose, produit qui, jusqu’√ pr√©sent, n’a d√©montr√© aucune r√©duction d’√©mission de carbone [14]. L’industrie des agrocarburants est en train de parier sur des miracles.

L’Agence internationale de l’√©nergie estime que, dans les vingt-trois ans √ venir, le monde pourrait fabriquer jusqu’√ 147 millions de tonnes d’agrocarburants [15]. Un tel volume produira beaucoup de carbone, d’oxyde nitreux, d’√©rosion, et plus de 2 milliards de tonnes d’eaux us√©es. Aussi √©tonnant que cela puisse para√ģtre, il ne compensera que l’accroissement annuel de la demande mondiale de p√©trole, actuellement √©valu√©e √ 136 millions de tonnes par an. Le jeu en vaut-il la chandelle ?

Pour les grandes soci√©t√©s c√©r√©ali√®res, certainement. Qu’elles s’appellent ADM, Cargill ou Bunge, elles sont les piliers de l’agroalimentaire. elles sont entour√©es d’une cohorte tout aussi puissante de transformateurs de mati√®res premi√®res et de distributeurs, eux-m√™mes associ√©s √ des cha√ģnes de supermarch√©s d’un c√īt√© et, de l’autre, aux soci√©t√©s de l’agrochimie, des semences et du machinisme agricole. Sur 5 dollars consomm√©s pour la nourriture, 4 dollars correspondent √ l’activit√© de l’ensemble de ces soci√©t√©s. Or, depuis un certain temps, la partie production a souffert d’une ¬« involution ¬ » : des quantit√©s croissantes d’investissements (intrants chimiques, ing√©nierie g√©n√©tique et machinisme) n’ayant pas augment√© les taux de productivit√© de l’agriculture, le complexe agroalimentaire doit d√©penser plus pour r√©colter moins.

Les agrocarburants sont la r√©ponse parfaite √ cette involution. Subventionn√©s et en phase de croissance alors que le p√©trole recule, ils facilitent la concentration entre les mains des acteurs les plus puissants des industries de l’alimentation et de l’√©nergie.

Malheureusement, la transition vers les agrocarburants souffre d’une tare cong√©nitale. Ceux-ci entrent en comp√©tition avec la nourriture pour les terres, pour l’eau et pour les ressources. D√©velopp√©s √ leur extr√™me, ils seront utilis√©s pour produire... des agrocarburants. Une proposition path√©tique au point de vue thermodynamique. Ils nous obligent √ vivre au-dessus de nos moyens. ¬« Renouvelable ¬ » ne veut en effet pas dire ¬« sans limites ¬ ». M√™me si les cultures peuvent √™tre replant√©es, la terre, l’eau et les nutriments demeurent limit√©s.

En fait, l’attractivit√© de ces biocombustibles r√©side dans le fait qu’ils pourraient prolonger l’√©conomie fond√©e sur le p√©trole. Avec une estimation de quelque 1 000 milliards de barils de r√©serves mondiales restantes de p√©trole conventionnel, un baril de p√©trole √ 100 dollars n’est pas loin [16]. Et plus le prix du p√©trole sera √©lev√©, plus le prix de revient de l’√©thanol pourra s’accro√ģtre tout en restant comp√©titif. C’est d’ailleurs l√ que r√©side la contradiction pour les agrocarburants de deuxi√®me g√©n√©ration : au fur et √ mesure que le co√ »t des hydrocarbures augmente, les agrocarburants de premi√®re g√©n√©ration deviennent plus rentables, d√©courageant ainsi d’investir dans le d√©veloppement de ceux qui pourraient leur succ√©der. Si le p√©trole atteint 80 dollars par baril, les producteurs d’√©thanol peuvent se permettre de payer au-del√ de 5 dollars le boisseau (environ 127 kg) de ma√Įs, le rendant ainsi comp√©titif y compris vis-√ -vis de la canne √ sucre. La crise √©nerg√©tique mondiale est potentiellement un pactole de 80 000 milliards √ 100 000 milliards de dollars pour les groupes alimentaires et p√©troliers. Pas √©tonnant que nous ne soyons pas incit√©s √ d√©roger √ nos habitudes de ¬« surconsommation ¬ ».

La transition vers les agrocarburants n’a rien d’in√©vitable. Nombre de solutions de remplacement locales men√©es avec succ√®s sur le terrain, tout en √©tant efficaces au niveau √©nerg√©tique et en restant centr√©es sur les besoins des habitants, sont d√©j√ op√©rationnelles pour produire de la nourriture et de l’√©nergie sans menacer l’environnement, ou les moyens d’existence.

Aux Etats-Unis, des dizaines de petites coop√©ratives locales produisent du biodiesel - souvent √ partir d’huile v√©g√©tale recycl√©e. La majorit√© des coop√©ratives d’√©thanol du Middle West sont - pour le moment - entre les mains des agriculteurs locaux. De m√™me, ceux-ci poss√®dent pr√®s des trois quarts des raffineries d’√©thanol du Minnesota, et d’importantes subventions leur ont √©t√© attribu√©es.

Il serait inacceptable pour les pays du nord de déplacer le fardeau de leur surconsommation vers le sud de la planète tout simplement parce que les pays intertropicaux bénéficient de plus de soleil, de pluie et de terres arables.

Notes:

[11 gallon am√©ricain √©quivaut √ 3,785 litres.

[2George Monbiot, ¬« If we want to save the planet, we need a five-year freeze on biofuels ¬ », The Guardian, Londres, 27 mars 2007.

[3The Washington Post, 25 mars 2007.

[4Miguel Altieri et Elizabeth Bravo, ¬« The ecological and social tragedy of biofuels ¬ », 1er janvier 2007, Foodfirst.org.

[5The Ecologist, Londres, mai 2007.

[6¬« Plano Nacional de Agroenergia 2006-2011 ¬ », dans Camila Moreno, ¬« Agroenergia X soberania alimentar : a quest√£o agr√°ria do s√©culo XXI ¬ », Br√©sil, 2006.

[7The Ecologist, ibid.

[8Annie Dufey, ¬« International trade in biofuels : Good for development ? And good for environment ? ¬ », International Institute for Environment and Development, Londres, 2006.

[9Elizabeth Bravo, ¬« Biocombustibles, cutlivos energ√©ticos y soberan√≠a alimentaria en Am√©rica Latina : encendiendo el debate sobre biocomustibles ¬ », Acci√≥n Ec√≥logica, Quito (Equateur), 2006.

[10L’Alena regroupe le Canada, les Etats-Unis et le Mexique.

[11Depuis l’entr√©e en vigueur de l’Alena, l’agriculture mexicaine, qui employait un cinqui√®me de la population, a perdu 1,3 million d’emplois.

[12Silvia Ribeiro, ALAI-Amlatina, Quito, 17 mai 2007, http://alainet.org

[13C. Ford Runge et Benjamin Senauer, ¬« How biofuels could starve the poor ¬ », Foreign Affairs, Londres, mai-juin 2007.

[14En faire un produit vert et viable n’est pas simplement un probl√®me d’extrapolation de technologies existantes, mais de perc√©es fondamentales dans la physiologie des plantes qui permettraient d’aboutir de mani√®re √©conomique et efficace √ d√©composer la cellulose, l’h√©micellulose et la lignine.

[15http://www.iea.org/Textbase/subject...

[16Caroline Lucas (sous la dir. de), ¬« Fuelling a food crisis : The impact of peak oil on food security ¬ », groupe des Verts - Alliance libre europ√©enne, Parlement europ√©en, d√©cembre 2006.


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Source : TOUS DROITS R√‰SERV√‰S ¬© Le Monde diplomatique (http://www.monde-diplomatique.fr/), juin 2007.

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