| Rťseau d'information et de solidaritť avec l'Amťrique latine |
http://www.risal.info/spip.php?article2469

Elections présidentielles le 15 mars 2009
La nouvelle gauche du Salvador

Autrefois mouvement gu√©rillero, le FMLN a troqu√© sa rh√©torique r√©volutionnaire pour des options politiques ¬« pragmatiques ¬ ».

par Jacob Wheeler
14 mars 2009

Banderoles rouges, treillis vert olive et musique de marche de style soviétique emplissent le Parc Cuscatlán le 12 octobre, alors que des centaines de fidèles membres du parti Front Farabundo Marti pour la libération nationale (FMLN) du Salvador font la fête dans la capitale de la nation.

Ils c√©l√®brent ce qui aurait √©t√© le 78e anniversaire de Jorge Schafik Handal, l’un des p√®res fondateurs du mouvement et candidat √ la pr√©sidentielle en 2004, d√©c√©d√© il y a deux ans.

Les orateurs font √©clater les applaudissements en mentionnant les noms du pr√©sident v√©n√©zu√©lien Hugo Chavez, du pr√©sident bolivien Evo Morales et du d√©funt r√©volutionnaire Che Guevara. Des adolescents, enfants d’anciens rebelles, pr√©sentent une pi√®ce de th√©√Ętre sur le danger que repr√©sente l’oubli des massacres que les militaires salvadoriens ont perp√©tr√©s durant la sanglante guerre civile de douze ans, laquelle a pris fin en 1992. Un discours de la femme de Schafik Handal, Tanya, d√©clenche des larmes de nostalgie chez beaucoup dans la foule. Elle conclut en pla√ßant une rose rouge √ la base du Mur de la m√©moire et de la v√©rit√© du parc, sur lequel sont inscrits les noms de pr√®s de 35 000 civils tu√©s durant la guerre.

Le clou du spectacle est peut-√™tre Alberto Lima, de 14 ans, qui monte sur sc√®ne et, avec une voix aig√ľe d’adolescent, annonce la mort des capitalistes partout dans le monde. Puis il ramasse un b√Ęton par terre et le prend dans ses bras comme s’il s’agissait d’une arme.

A la vue de telles sc√®nes, on n’en voudrait √ personne de penser que les conflits de l’√®re de la Guerre froide en Am√©rique latine sont sur le point de ressurgir √ nouveau. Mais un curieux vent de changement souffle au sein du parti FMLN, √©poussetant la vieille garde ou, peut √™tre, la poussant vers les oubliettes de l’Histoire.

Une approche pragmatique

Le Salvador verra [a vu] des √©lections parlementaires se tenir en janvier et des √©lections pr√©sidentielles en mars, et el frente (ou ¬« le front ¬ »)- tel que le parti du FMLN est r√©guli√®rement appel√© ici – est pressenti pour gagner la pr√©sidence pour la premi√®re fois depuis que cinq groupes rebelles ont fond√© le parti en 1980.

Le candidat pr√©sidentiel du FMLN, Mauricio Funes, 49 ans, n’a rejoint que r√©cemment le parti. Il est bien connu au Salvador comme journaliste politique et animateur t√©l√©. La longue √©mission du matin de Funes a √©t√© un des seuls programmes nationaux qu’a constamment critiqu√©s le gouvernement de droite du parti de l’Alliance r√©publicaine nationaliste (ARENA), au pouvoir au Salvador depuis 1988.

L’ARENA a √©t√© form√© par des acteurs militaires-cl√©s durant la guerre civile. Ils √©taient men√©s par le major Roberto D’Aubuisson, un chef d’escadron de la mort accus√© d’avoir commandit√© l’assassinat de l’archev√™que Oscar Romero en 1980. (…)

A la diff√©rence de la vieille garde et de Schafik Handal, qui perdit l’√©lection de 2004 [1] √ la faveur d’une victoire √©crasante de l’actuel pr√©sident, Antonio Saca, Funes ne pr√™che pas la rh√©torique de la r√©volution communiste.

Lors des √©v√®nements officiels dans la capitale, Funes porte costume et cravate. Sur les routes de campagne, il arbore toujours une chemise guayabera blanche – au lieu d’un v√™tement agr√©ment√© de la banni√®re rouge et de l’√©toile blanche qui orne le drapeau du FMLN, tel que les anciens candidats du parti le faisaient.

La rh√©torique et les politiques de Funes sont beaucoup plus sociale-d√©mocrates que socialistes. Il met souvent en avant son amiti√© avec les chefs d’Etat de centre gauche, comme le Br√©silien Luiz Ini√°cio Lula da Silva, l’Argentine Cristina Kirchner et l’Espagnol Jos√© Luis Rodriguez Zapatero. Il a effectu√© plusieurs voyages aux Etats-Unis pour rencontrer le secr√©taire d√©l√©gu√© aux Affaires de l’h√©misph√®re occidental Thomas Shannon, le d√©put√© d√©mocrate James McGovern et d’autres.

Plus important encore pour son image de pragmatique, Funes n’a jamais combattu pendant la guerre civile.

Catastrophe néolibérale

Si el frente gagne la pr√©sidence en mars, il h√©ritera d’un pays d√©sesp√©r√©.

Durant les 20 ans o√Ļ l’ARENA a gouvern√©, le Salvador a p√Ęti de r√©formes √©conomiques n√©olib√©rales qui ont conduit √ la privatisation de services sociaux et d√©truit des emplois, essentiellement dans le secteur de l’agriculture. Paul D. Almeida, un professeur de l’universit√© de Georgetown, a √©crit dans son livre publi√© en 2006, Les vagues de la protestation : la lutte populaire au Salvador, 1925-2005, que la g√©n√©ration des opposants d’apr√®s-guerre s’est battue non pas pour des terres ou pour renverser le gouvernement, mais pour s’opposer √ la privatisation des besoins humains vitaux tels que la m√©decine, l’√©ducation et l’acc√®s √ l’eau. En retour des centaines de millions de dollars que les Etats-Unis ont envoy√©s au gouvernement pendant la guerre, Washington a insist√© pour semer les graines de la lib√©ralisation de l’√©conomie d’apr√®s guerre.

De plus, la r√©pression a continu√©. En juillet 2007, la police salvadorienne a arr√™t√© 14 activistes dans la ville de Suchitoto, alors qu’ils protestaient contre la privatisation de l’eau. Ils ont √©t√© jug√©s sous le coup de la ¬« Loi sp√©ciale contre les actes de terrorisme ¬ » du gouvernement, qui a √©t√© model√©e sur le Patriot Act √©tats-unien.

Julia Evelyn Martinez, une √©conomiste progressiste de l’Universit√© d’Am√©rique centrale, affirme que la privatisation des services sociaux, l’adoption par le Salvador du dollar en 2001 et les accords de libre-√©change – comme l’Accord de libre-√©change entre les Etats-Unis et l’Am√©rique centrale (CAFTA) – ont plac√© le pays √ la merci de multinationales √©trang√®res et l’ont rendu trop d√©pendant des importations.

Les envois de devises des Salvadoriens vivant aux Etats-Unis – qui, cela peut surprendre, repr√©sentent 20% du produit int√©rieur brut (PIB) du pays – maintiennent l’√©conomie hors de l’eau, alors que pr√®s d’un tiers du total des Salvadoriens vit √ l’√©tranger.

Pendant ce temps, la nourriture et les prix du carburant ont explos√© au Salvador. Une bo√ģte de haricots qui co√ »tait 30 centimes il y deux ans se vend maintenant √ plus d’un dollar. Les prix de l’essence ont atteint les 5 dollars le gallon (3,78 litres) √ la mi-octobre. Ces produits de base co√ »tent plus cher au Salvador que n’importe o√Ļ aux Etats-Unis. Environ 100 000 Salvadoriens – √ peu pr√®s un sur soixante – sont pass√©s sous le seuil de pauvret√© entre septembre 2007 et juin 2008, selon le Programme alimentaire mondial.

Martinez dit que la premi√®re chose √ laquelle le nouveau gouvernement doit s’atteler est de d√©faire toutes les politiques n√©olib√©rales qui ont √©t√© mises en place au Salvador depuis 1989. Elle sugg√®re que le nouveau pr√©sident et le parlement mettent l’accent sur le d√©veloppement des march√©s internes : ¬« Cela inciterait les entreprises √ produire pour le march√© interne, et pas uniquement pour certains groupes de population ¬ », d√©clare Martinez. ¬« A l’inverse, toutes les opportunit√©s de d√©veloppement sont tourn√©es vers l’ext√©rieur du pays, sous la forme d’envois de devises, de ‘maquiladoras[qui exportent des v√™tements bon march√©] ou de besoin d’investissements √©trangers. ¬ »

Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) a rapporté récemment que 62,4% de la jeunesse salvadorienne est sous-employée Рmanquant de travail suffisant pour mener une vie digne Рalors que cela touche la moitié de la population totale.

Le manque de march√©s soutenables √ l’int√©rieur du Salvador laisse nombre de jeunes avec deux options : s’arranger pour trouver 9 000 dollars – tarif en vigueur d’un ¬« coyote ¬ » pour faire passer quelqu’un aux Etats-Unis – ou rejoindre un gang.

Le capitalisme moderne ou la voie vers le socialisme ?

Le parti au pouvoir, l’ARENA, a envahi les ondes, les quotidiens et les oreilles dispos√©es √ √©couter au sein de l’administration Bush [en fonction jusqu’en janvier dernier ] avec une rh√©torique selon laquelle une victoire pr√©sidentielle du FMLN reviendrait √ la prise du Salvador par un communiste – voire pire.

Le 18 septembre, √ l’American Enterprise Institute – un think tank conservateur √ Washington –, la ministre salvadorienne des Affaires √©trang√®res, Marisol Argueta, en a appel√© au gouvernement √©tats-unien afin qu’il ne laisse pas de ¬« dangereux populistes ¬ » gagner la prochaine √©lection.

Deux quotidiens nationaux du Salvador, El Diario de Hoy et La Prensa Grafica, ont publi√© des reportages quasi quotidiens tentant de lier le FMLN √ l’argent du p√©trole v√©n√©zu√©lien de Chavez, aux activit√©s de trafic de drogue et d’armes des rebelles colombiens, les FARC, √ la vision mondiale du dictateur cubain Fidel Castro, ou √ la suppression de la d√©mocratie par le pr√©sident nicaraguayen Daniel Ortega.

Tony Saca de l’ARENA n’a eu de cesse de traiter Funes de marionnette du FMLN, racontant √ la cha√ģne ‘CNN en espagnol’ en f√©vrier : ¬« Si √ßa vole comme un canard, nage comme un canard et mange comme un canard, c’est un canard… Le FMLN est un parti communiste. Ses id√©es n’ont pas chang√©. ¬ »

Une travailleuse d’une organisation non gouvernementale a racont√© √ In These Times qu’une vieille paysanne effray√©e lui avait r√©cemment demand√© s’il √©tait vrai que si el frente gagnait, les personnes √Ęg√©es seraient ¬« chang√©es en savon ¬ ».

Mais le FMLN d’aujourd’hui est-il vraiment une survivance de l’√®re de la Guerre froide ? Renversera-t-il le capitalisme, chassera t-il les compagnies √©trang√®res, annulera-t-il les accords de libre-√©change et expropriera-t-il les terres ?

C’est peu probable, d√©clare l’√©conomiste Martinez.

¬« Si vous lisez leur plan de gouvernement, vous verrez que c’est un plan pour moderniser le capitalisme au Salvador ¬ », dit-elle. ¬« C’est un plan √©conomique avec de meilleures opportunit√©s pour distribuer la richesse et les services au sein de la population, et [il] insiste sur le combat contre la pauvret√© et la garantie de la s√©curit√© alimentaire pour les secteurs qui ont traditionnellement √©t√© exclus du processus politique… Ce √ quoi nous assistons est un retour au pragmatisme ¬ ».

Le plan en 96 pages du FMLN pr√©sente en couverture une jeune femme dans une robe blanche. Elle s’appr√™te √ donner le sein √ son enfant bien-portant. Derri√®re elle se trouve le drapeau salvadorien bleu et blanc. Le texte en rouge sur la couverture, au dessus du logo du parti affirme : ¬« Nace la Esperanza, Viene el Cambio ¬ » (¬« L’espoir rena√ģt, le changement arrive ¬ »)

Dans ce plan, el frente propose de stimuler l’√©conomie au niveau local, en offrant par exemple des micro-cr√©dits et micro-pr√™ts et investissements pour de petites – et moyennes – entreprises, mais il n’explique gu√®re quelles seront les entreprises ou les membres de l’√©lite propri√©taire de terres qui paiera davantage d’imp√īts pour honorer la facture.

Dans ce m√™me manuel, on peut trouver une lettre de deux pages de Funes et une lettre d’une page du candidat √ la vice-pr√©sidence du Salvador, S√°nchez Cer√©n, un membre de la vieille garde du parti. C’est l√ que plane le doute sur la v√©ritable ¬« modernisation ¬ » du parti en fin de comptes.

Cer√©n, 65 ans, √©tait connu comme le Comandante Leonel Gonz√°lez pendant la guerre, et a pris les r√™nes du parti apr√®s la mort de Handal. Il √©tait un des p√®res fondateurs du Front de lib√©ration populaire, l’un des cinq groupes qui ont fusionn√© pour former le FMLN en 1980.(…)

¬« Le FMLN... donne √ Funes le titre de candidat pr√©sidentiel, mais c’est tout ¬ », affirme Hernandez. ¬« Tous les candidats [au parlement] proviennent de la ligne dure, la linea dura. Le candidat avance souvent une chose, mais le parti en affirme une autre. Ce ne sont pas des erreurs, mais des mani√®res de dire √ Funes qui commande r√©ellement ¬ ».

Changement, poco a poco

Les photos omnipr√©sentes de Guevara, et de Schafik Handal flirtant avec les trois maestros du socialisme latino-am√©ricain – Castro, Ch√°vez et Morales – ornent toujours le hall du quartier g√©n√©ral sans pr√©tention du FMLN √ San Salvador. Le ventilateur de plafond grince plus qu’il ne vrombit, et le caf√© √ l’int√©rieur du distributeur est froid depuis longtemps. Le peu d’argent dont dispose el frente pour la campagne n’est certainement pas d√©pens√© en fournitures de bureau.

Lorsque Sigfrido Reyes entre dans la pi√®ce habill√© d’une chemise √ carreau partiellement d√©boutonn√©e, il n’appara√ģt pas tout de suite √©vident qu’il est le charg√© de communication du parti et l’un de ses membres les plus influents.

Appel√© Joaquin durant la guerre, Reyes, 48 ans, a depuis obtenu un master en politique √©conomique √ l’Universit√© de Columbia √ New York. Il a assist√© √ la Convention nationale d√©mocrate √ Denver en ao√ »t et s’est entretenu avec les conseillers pour la politique √©trang√®re d’Obama afin d’aider √ forger une relation entre le FMLN et les D√©mocrates.

¬« Tous les mouvements politiques, tous les corps sociaux, changent ¬ », affirme Reyes. ¬« Pour nous, le changement n’est pas une mauvaise chose. C’est un stade naturel d’adaptation. Nous ne croyons pas que le FMLN soit un parti qui repr√©sente juste la gauche de la soci√©t√©, mais qu’il est oblig√© de repr√©senter d’autres secteurs. Nous ne repr√©sentons pas seulement les travailleurs, mais aussi les entreprises nationales qui prennent le risque d’investir dans notre pays ¬ ».

Le FMLN, dit-il, n’est pas ¬« un corps monolithique ¬ ».

Le CAFTA est un exemple de sujet que certains des officiels du FMLN ont condamn√© de mani√®re cat√©gorique durant la campagne. Pour l’heure, Funes a d√©clar√© qu’il ne se retirerait pas de l’accord de libre-√©change en tant que pr√©sident.

Reyes conc√®de cela, ¬« On a dit au Salvador que le CAFTA cr√©erait des centaines d’emplois, qu’il inonderait le pays d’investissements √©trangers, de transferts de technologie, et que les institutions de justice et du travail travailleraient mieux ¬ », dit-il. ¬«  La r√©alit√© est que cela n’est pas arriv√© ¬ ».

Hato Hasbun, l’un des plus proches conseillers personnels de Funes et autrefois son professeur de sociologie, refuse de sugg√©rer que le parti du FMLN pourrait proc√©der √ des changements radicaux apr√®s la prise de pouvoir.

¬« Nous devons respecter les accords internationaux qui ont √©t√© sign√©s ¬ », d√©clare Hasburn, ¬« mais rien n’est grav√© dans le marbre, et nous n’allons pas id√©ologiser le d√©bat. Nous allons prendre des d√©cisions sur la base de la r√©alit√© actuelle. Nous voulons √™tre un gouvernement responsable, pas un gouvernement r√©actionnaire ¬ ».

A la diff√©rence du d√©funt Schafik Handal et d’autres partisans de la ligne dure √ l’int√©rieur d’el frente, Funes b√©n√©ficie d’un soutien au sein de la communaut√© d’affaires salvadorienne. Cet appui inclut une riche fraternit√© de supporters sans attaches avec le FMLN, dont beaucoup se disent ¬« amigos de Mauricio ¬ » [¬« amis de Maurice ¬ »].

¬« Une des choses int√©ressantes √ propos de Funes est qu’il existe des secteurs d’affaires r√©ellement dispos√©s √ œuvrer √ ses c√īt√©s ¬ », d√©clare Geoff Thale du Washington Office on Latin America, une coalition qui promeut les droits de l’homme, la d√©mocratie et la justice √©conomique et sociale dans la r√©gion. ¬« Bien qu’ils ne soient pas enthousiastes, ils restent m√©contents des 20 ans de gouvernement de l’ARENA ¬ ».

Thale d√©clare qu’il n’avait pas r√©alis√© combien les choses avaient chang√© depuis la guerre jusqu’√ ce qu’il rencontre r√©cemment un ancien commandant de la gu√©rilla, qu’il connaissait, dans un h√ītel √ San Salvador. Lorsqu’il lui a demand√© ce qu’il √©tait sur le point de faire, l’ancien commandant a r√©pondu qu’il partait pour un rendez-vous d’affaire √ la chambre de commerce.

Plaire √ la base

L√ o√Ļ les critiques voient des messages confus entre Funes et les partisans de la ligne dure du parti, Martinez n’y voit qu’une simple diff√©rence dans l’approche politique.

¬« El frente est un parti social-d√©mocrate maintenant, mais un parti qui veut aller vers une r√©volution socialiste. Ils font cela pour leur base… des gens vivant en zones rurales qui ont √©t√© combattants ou des familles d’anciens combattants. Si el frente venait √ renoncer √ son effort de construire une soci√©t√© socialiste, il perdrait une bonne partie de ce qu’il consid√®re comme son vote de solidarit√©, son voto duro ¬ ».

En ce dimanche matin de la mi-octobre, le voto duro n’√©tait pas dur √ identifier. Ces militants se prom√®nent souvent en mar√©e rouge, chantant des chansons et r√©citant des po√®mes en hommage √ leurs commandants disparus. De retour au Parc Cuscatl√°n, une chanson bien connue retentit dans l’agr√©able climat centre-am√©ricain. A l’autre bout du parc, une foule bien habill√©e est assise sous une tente blanche, √©coutant les hauts parleurs qui entonnaient la voix de Frank Sinatra, et son ode √ la ville du capitalisme, ¬« New York, New York ¬ »

Le Salvador reste un pays vivant entre le pass√© et le pr√©sent — divis√© id√©ologiquement entre la droite et la gauche et conservant beaucoup des m√™mes figures de la guerre civile, lesquelles s’√©vertuent √ crier en direction de tous ceux qui veulent bien les √©couter.

Mauricio Funes saura t-il combler ces divisions — ou leur succombera-t-il — ; ceci reste une question √ laquelle personne ne peut r√©pondre.

Notes:

[1[RISAL] Voir √ ce sujet les articles publi√©s sur RISAL.info √ l’√©poque : www.risal.info/spip.php ?mot253.


En cas de reproduction de cet article, veuillez indiquer les informations ci-dessous:

Ce reportage a √©t√© possible gr√Ęce √ un financement de Communitas.

Source : In These Times, d√©cembre 2008.

Les opinions exprimťes et les arguments avancťs dans cet article demeurent l'entiŤre responsabilitť de l'auteur-e et ne reflŤtent pas nťcessairement ceux du Rťseau d'Information et de Solidaritť avec l'Amťrique Latine (RISAL).