La nouvelle campagne des zapatistes
L’Autre campagne : une provocation √ l’imagination
Article publiť le 5 décembre 2005

¬« Parce que la musique ne se compose pas d’une seule note mais de plusieurs, parce que la danse n’est pas un seul pas r√©p√©t√© jusqu’√ l’ennui. De la m√™me fa√ßon, la paix ne sera pas, si ce n’est un concert de mots et de beaucoup de regards dans une autre g√©ographie... ¬ »
Une autre géographie, EZLN, mars 2003.

Marches, consultations, conventions et rencontres ont marqu√© la strat√©gie politique de l’Arm√©e zapatiste de lib√©ration nationale (EZLN, sigles en espagnol) tout au long de cette d√©cennie, avec un appel permanent √ la participation de la soci√©t√© civile nationale et internationale. La Sixi√®me d√©claration de la for√™t Lacandone [1] (juin 2005) s’inscrit dans cette lign√©e, affirmant plus que jamais que la guerre existant au Chiapas a les m√™mes racines que les autres guerres dans d’autres r√©gions du Mexique et du monde entier. De mani√®re parall√®le, elle revendique que la solution radicale aux demandes zapatistes et au conflit arm√© du Chiapas passe par la transformation du syst√®me √©conomique n√©olib√©ral.

Si cette affirmation n’est pas nouvelle de la part des zapatistes, la Sixi√®me d√©claration marque certaines diff√©rences par rapport aux initiatives ant√©rieures. Elle reconna√ģt les obstacles que les zapatistes rencontrent pour construire un processus de changement, tant qu’ils ne s’unissent pas avec les autres mouvements du Mexique et du monde qui construisent √©galement des alternatives au capitalisme n√©olib√©ral. Et afin de s’unir, les zapatistes consid√®rent qu’il est n√©cessaire de conna√ģtre ces personnes et collectifs qui proposent, depuis leur r√©alit√©, de nouveaux espaces d’organisation, de nouvelles relations et de nouvelles propositions.

¬« La Sixi√®me d√©claration invite √ l’union de ceux qui partagent cette d√©finition, avec un d√©fi : une autre fa√ßon de faire de la politique ; un objectif : construire un programme national de lutte de gauche et anticapitaliste ; et un destin : une nouvelle constitution, ce qui veut dire, un nouveau pacte pour une nouvelle soci√©t√©. La Sixi√®me d√©claration propose un moyen : √©couter et apprendre. Et une fa√ßon de r√©aliser cette √©coute et cet apprentissage : √ travers une "Autre campagne". ¬ » (EZLN, 27 ao√ »t 2005)

La Sixi√®me d√©claration appara√ģt comme un d√©fi pour l’imagination, en proposant de cr√©er ‚€˜autre chose’ qui permettrait d’unir tous les efforts r√©alis√©s depuis tant de r√©alit√©s diff√©rentes, pour cr√©er un autre monde dans lequel toutes les diff√©rences trouveraient leur place. L’Autre campagne est le chemin propos√© par l’EZLN pour mener √ bien cette entreprise.

La for√™t Lacandone, un laboratoire exp√©rimental pour l’Autre campagne

Au cours des mois d’ao√ »t et septembre, l’EZLN a convoqu√© tous les adh√©rents de la Sixi√®me d√©claration pour savoir ce qu’ils pensaient de cette proposition, pour se conna√ģtre mutuellement et pour d√©battre de ce que signifie √™tre de gauche, ce que la gauche devrait faire, quelle structure cr√©er, quelle attitude adopter face aux √©lections, quels concepts et quelles consignes d√©velopper, quand et o√Ļ agir.

La m√©thode ¬« √©couter et apprendre ¬ » a √©t√© mise en pratique, exemple d’exercice politique duquel nombre d’entre nous aurions √ apprendre, essentiellement en ce qui concerne le ¬« parler moins et √©couter davantage ¬ ». Continuant dans la logique du dialogue avec la soci√©t√© civile, l’EZLN s’est propos√©e de l’√©couter √ nouveau, non plus du haut d’une estrade, sinon au m√™me niveau et sans limites de temps. Des centaines de personnes ont voyag√© depuis diff√©rentes r√©gions du Mexique pour passer deux ou trois tours dans la for√™t Lacandone et qu’on les √©coute. En 2006, l’EZLN parcourra tout le pays pour √©couter ceux qui n’ont pas pu se rendre √ la for√™t Lacandone, pour conna√ģtre leur opinion et pour continuer √ tisser le r√©seau.

La m√©thodologie, loin des planifications strat√©giques, des tableaux ou des technologies modernes, va directement √ l’essentiel : aux mots et √ l’oreille attentive. Parce que si l’on r√©cup√®re la sagesse maya, ¬« le monde commence √ na√ģtre quand ce mot et cet autre mot se rencontrent et ils ne se disputent pas mais simplement ils se rencontrent et ils passent un accord, parce qu’ils se respectent mutuellement et qu’ils se parlent et qu’ils s’√©coutent. Alors il y a un accord, parce que le premier mot ne na√ģt pas seul : il a une oreille, et avec cette oreille, en √©coutant, ainsi commencent √ grandir les premiers mots, parce qu’ils passent un accord, et les premiers mots qui se rencontr√®rent pass√®rent un accord et ils pens√®rent d’abord le monde et ensuite ils le firent. ¬ » (EZLN, 13 ao√ »t 2005)

L’Autre campagne pendant la p√©riode √©lectorale

La rupture claire et d√©finitive de l’EZLN avec les partis politiques, et en particulier avec le Parti de la r√©volution d√©mocratique (PRD) a conduit certaines personnes, auparavant alli√©es de l’EZLN, √ prendre leurs distances vis-√ -vis de l’Autre campagne. L’EZLN savait depuis le d√©part qu’√ travers cette proposition, elle risquerait de perdre une partie des alliances qu’elle avait construites, qu’une partie de la soci√©t√© civile nationale et internationale ne comprendrait pas ou ne partagerait pas cette nouvelle initiative. On peut relire en ce sens la lettre d’"adieu" envoy√©e √ la soci√©t√© civile [2] peu apr√®s avoir lanc√© l’Alerte rouge, le 21 juin 2005 [3]. La Sixi√®me d√©claration pr√©tend marquer le d√©but d’un nouveau cycle entre l’EZLN et la soci√©t√© civile, la porte ouverte √ une relation plus r√©ciproque et horizontale. Cette caract√©ristique a pu √™tre observ√©e lors des r√©unions pr√©paratoires. On peut reconna√ģtre l’autorit√© morale de l’EZLN dans sa capacit√© √ convoquer de mani√®re aussi ample et plurielle.

Malgr√© un respect manifeste pour le commandement zapatiste, les organisations pr√©sentes n’ont pas tu leurs critiques, telle l’absence de soutien de l’EZLN quand la r√©pression se faisait plus dure, pour le Syndicat national r√©volutionnaire des travailleurs de Euzkadi ou le Conseil indig√®ne populaire Ricardo Flores Mag√≥n de Oaxaca. Les organisations f√©ministes de San Crist√≥bal de Las Casas ont exig√© une explication face aux difficult√©s rencontr√©es √ l’heure de travailler avec les femmes zapatistes. De nombreux participants ont clarifi√© qu’ils n’√©taient pas dispos√©s √ recevoir des ordres, ni √ suivre un leader. L’EZLN a reconnu ses erreurs et maladresses au long du chemin, remerciant la sinc√©rit√© des participants, et r√©affirmant son engagement et sa loyaut√© √ ceux qui d√©cideraient de faire partie de cette campagne, o√Ļ l’EZLN ne veut √™tre ni le centre ni le chef d’orchestre.

L’ambiance des r√©unions pr√©paratoires diff√©rait selon les organisations convoqu√©es. Lors de la premi√®re r√©union, qui convoquait les organisations politiques de gauche, l’EZLN a soulign√© la traditionnelle mauvaise relation entre le commandement zapatiste et ces derni√®res, et a reconnu sa maladresse. L’EZLN a f√©licit√© ces organisations pour leur travail sur le long terme. Le cŇ“ur des d√©bats a tourn√© autour de la question du positionnement face √ la candidature de L√≥pez Obrador [4] (candidat du Parti de la r√©volution d√©mocratique [5]). Le Parti populaire socialiste du Mexique, le Parti r√©volutionnaire des travailleurs, le Parti ouvrier socialiste et le Parti communiste ont affirm√© l’importance de travailler depuis le peuple. Un des partis a manifest√© son accord sur le fait que la voie √©lectorale n’√©tait plus une option. La deuxi√®me r√©union pr√©paratoire convoquait les organisations et mouvements sociaux. Elle a √©galement compt√© avec une partie de la gauche ‚€˜traditionnelle’, et avec la participation des principaux syndicats du pays revendiquant l’autonomie syndicale.

La r√©union avec les peuples indiens fut charg√©e d’√©motion et de col√®re. Les organisations indig√®nes unirent √ nouveau leurs histoires de r√©sistance. L’EZLN a r√©affirm√© son identit√© indig√®ne et son intention de d√©fendre cette voix au sein de l’Autre campagne. Les zapatistes ont demand√© √ √™tre log√©s en territoires indig√®nes durant leur parcours √ travers le pays. Les membres du Caracol [6] autonome de Zirahu√©n, Michoac√°n, ont expliqu√© leur lutte pour d√©fendre la nature contre le d√©veloppement du tourisme ; le Centre des droits indig√®nes de Bachaj√≥n, Chiapas, a partag√© son exp√©rience de formation de "juges tzeltales" afin de r√©soudre les probl√®mes communautaires selon leurs propres formes traditionnelles. Des indiens urbains ont pr√©sent√© le ¬« Collectif d’organisations indig√®nes de la Ville de Mexico pour la Sixi√®me d√©claration ¬ » compos√© de 17 organisations regroup√©es suite √ l’appel zapatiste.

Multipliant les diff√©rences, la r√©union avec les organisations non gouvernementales, collectifs et groupes a montr√© la diversit√© des nouvelles formes de lutte contre le syst√®me n√©olib√©ral. Ce fut par excellence la r√©union des jeunes ou, selon un article de presse, ¬« des enfants du zapatisme ¬ ». Les participants n’ont pas pass√© leur temps √ parler des √©lections ou du caract√®re strat√©gique de voter ou non pour L√≥pez Obrador. Ils ont pr√©f√©r√© parler de ce qu’ils faisaient au quotidien pour ne pas reproduire un syst√®me qu’ils rejettent. Radio Voladora, Radio Pacheco, Imagen MX et Indymedia-Chiapas, entre autres, ont d√©montr√© comment construire une autre fa√ßon d’informer, de mani√®re critique et libre, en √©chappant au contr√īle des moyens massifs de communication, et comment mettre les nouvelles technologies au service des mouvements politiques et sociaux. On a pu √©couter des sons "jarocho" (musique traditionnelle de Veracruz), de la musique "trova" en tseltal et des chants hip hop, rendant visible le pari de ces jeunes de redimensionner leur propre culture sans crainte d’explorer de nouvelles tendances. De nombreux collectifs ont revendiqu√© la diversit√© des options sexuelles, rompant ainsi les tabous qui existent encore fortement dans la soci√©t√© mexicaine.

Lors de la r√©union avec les individus (√ titre personnel, familial, de quartier ou voisins), nombre de participants ont pu parler de leurs blessures dans la lutte. Des tranches de vie, des voyages, des qu√™tes personnelles et surtout des t√©moignages expliquant comment l’EZLN, sa pens√©e et ses actions, ont interpell√© et g√©n√©r√© une prise de conscience aupr√®s de milliers de mexicains. Une derni√®re r√©union pr√©paratoire √©tait organis√©e pour les organisations, collectifs et individus qui n’avaient pas pu assister aux r√©unions pr√©c√©dentes.

L’Autre campagne a permis de voir ceux qui avaient particip√© dans le pass√© aux c√īt√©s des zapatistes et n’√©taient plus l√ , et ceux qui ne s’√©taient jamais approch√© de l’EZLN et prenaient part aujourd’hui √ l’Autre campagne, y trouvant leur place sans pour autant perdre leur autonomie ou une partie de leur identit√©.

La session pl√©ni√®re : le plan de l’Autre campagne

La premi√®re pession pl√©ni√®re r√©alis√©e les 16 et 17 septembre dans le Caracol de La Garrucha a pr√©sent√© l’√©preuve de feu de l’Autre campagne. Des organisations des plus diverses se sont retrouv√©es r√©unies. Les repr√©sentants avaient droit √ un temps de parole de 5 minutes maximum. Parmi les th√®mes trait√©s : les caract√©ristiques de l’Autre campagne, les personnes convoqu√©es, la structure organisatrice, un espace pour les diff√©rences, la position de l’Autre campagne face √ d’autres regroupements √ √©chelle nationale contre les politiques n√©olib√©rales, et en dernier lieu, les t√Ęches imm√©diates pour les participants. Tous ces points sont rest√©s ouverts pour permettre √ l’ensemble des adh√©rents de la Sixi√®me d√©claration, qui n’ont pas tous pu assister √ cette premi√®re session, de participer. Cette session pl√©ni√®re, en pr√©sence du Commandement zapatiste, a eu avant tout une port√©e symbolique : la Sixi√®me d√©claration et l’Autre campagne ont √©t√© officiellement remises et de mani√®re conjointe √ tous les adh√©rents. L’EZLN a r√©it√©r√© qu’elle offrait le respect et une relation d’√©gal √ √©gal comme garantie au processus. Elle a demand√© que l’Autre campagne se r√©alise sans compte bancaire, avec seulement le soutien du peuple. La Sixi√®me d√©claration et l’Autre campagne, √ partir de cet instant, cess√®rent d’√™tre seulement une initiative de l’EZLN, mais de toutes les organisations et personnes adh√©rantes, avec un m√™me niveau de responsabilit√©.

Le Commandement zapatiste a pr√©sent√© son plan pour l’Autre campagne. La Commission de la Sixi√®me d√©claration de l’EZLN enverra le d√©l√©gu√© z√©ro, le Sous-commandant insurg√© Marcos, pour visiter tous les √©tats du pays de janvier √ juin 2006. Cette premi√®re √©tape se terminera le samedi 24 juin avec une session pl√©ni√®re dans la Ville de Mexico, afin de tirer un premier bilan. Cette premi√®re visite vise √ r√©aliser des r√©unions de l’Autre campagne dans chaque √©tat, organiser la logistique de la d√©l√©gation de la Commission de l’EZLN responsable de la Sixi√®me d√©claration, et tenir des r√©unions bilat√©rales. Apr√®s une suspension des activit√©s pendant la p√©riode √©lectorale, une deuxi√®me visite aura lieu, de septembre 2006 √ mars 2007. Une d√©l√©gation nationale de l’EZLN parcourra tout le pays et des d√©l√©gations par r√©gion ou par √©tat feront un travail local de promotion de l’Autre campagne. En avril 2007, ces d√©l√©gations seront remplac√©es par d’autres, ¬« et ainsi de suite, jusqu’√ la fin, si fin il y a ¬ » (EZLN, 16 septembre 2005).

L’annonce de la sortie du Sous-commandant Marcos au cours de cette premi√®re √©tape a g√©n√©r√© de l’enthousiasme pour certains, du scepticisme et de la confusion pour d’autres. En effet, certains craignent que l’attraction m√©diatique du ¬« Sup ¬ » puisse d√©naturer l’essence du projet. Le discours du lieutenant Mois√©s lors de la session pl√©ni√®re r√©v√®le le symbolisme strat√©gique de cette d√©cision pour les zapatistes. Comme ils l’ont annonc√© pendant l’Alerte rouge [7], le Commandement zapatiste et sa structure se maintiennent en position d√©fensive, suite √ la r√©novation de ses cadres. Marcos sortira d√©sarm√©, ce qui signifie que l’EZLN est pr√™te √ jouer le tout pour le tout. Le commandement zapatiste a d’ailleurs annonc√© qu’une rel√®ve √©tait pr√©vue pour que le projet continue quoiqu’il arrive. De la m√™me mani√®re, l’EZLN demande √ ceux qui vont prendre part √ l’Autre campagne de se pr√©parer au climat de r√©pression et √ l’offensive m√©diatique qui pourront √™tre exerc√©s contre eux au cours des prochains mois.

Mort(e)s, prisonniers/i√®res politiques et disparu(e)s dans l’Autre campagne

Les communaut√©s indig√®nes zapatistes o√Ļ les r√©unions pr√©paratoires ont √©t√© r√©alis√©es ont leur propre histoire de lutte. Chaque r√©union a commenc√© avec un rappel de l’histoire de la communaut√©. Il n’y a pas si longtemps, ces terres √©taient des exploitations agricoles appartenant √ de grands propri√©taires terriens. Les indig√®nes y √©taient trait√©s comme des animaux, ils ne pouvaient pas parcourir librement ces terres qu’ils travaillaient pour un salaire de mis√®re. Ces terres furent ¬« r√©cup√©r√©es ¬ » apr√®s le soul√®vement zapatiste.

Dans cet exercice de m√©moire, les morts zapatistes furent aussi ¬« pr√©sents ¬ », tels que Francisco G√≥mez (Monsieur Ik) dans la communaut√© de Juan Diego ou le Sous-commandant Insurg√© Pedro √ La Garrucha. L’EZLN fit aussi r√©f√©rence aux morts d’autres luttes soeurs. Parce que, comme elle l’a expliqu√©, pour s’unir dans la lutte, il ne faut pas seulement le faire dans l’espoir et la r√©bellion, mais √©galement dans la douleur. L’√©tudiant No√« l Pavel fut mentionn√©, au m√™me titre que l’avocate pour la d√©fense des droits humains Digna Ochoa, les femmes assassin√©es de Ciudad Ju√°rez [8], les victimes de la strat√©gie paramilitaire dans la zone Nord du Chiapas, et les morts et disparus de la ¬« guerre sale ¬ » des ann√©es 70 [9]. On a aussi salu√© Felipe Arreaga S√°nchez, paysan √©cologiste prisonnier politique au Guerrero √ cette date, lib√©r√© le 15 septembre dernier.

Pour l’EZLN, cet exercice de m√©moire historique est une fa√ßon de maintenir vivants tous ceux qui meurent, disparaissent ou sont fait prisonniers pour d√©fendre la libert√© et la justice pour tous. En ce sens, une des premi√®res actions de l’Autre campagne sera de r√©aliser une s√©rie d’activit√©s politiques et culturelles du 28 octobre au 2 novembre pour rendre hommage aux morts, disparus et prisonniers des diff√©rentes luttes qui font d√©sormais partie de l’Autre campagne. San Crist√≥bal de Las Casas (Chiapas) sera le centre de cette comm√©moration.

A quel endroit de la g√©ographie te trouves-tu ?

La Sixi√®me d√©claration se compose de six parties : ¬« 1. Ce que nous sommes ; 2. O√Ļ nous en sommes aujourd’hui ; 3. Comment nous voyons le monde ; 4. Comment nous voyons notre pays, le Mexique ; 5. Ce que nous voulons faire ; 6. Comment nous allons le faire ¬ ». Elle invite chacune et chacun √ se poser les m√™mes questions face √ sa propre r√©alit√© socio-politique.

S’il reste beaucoup √ faire √ l’√©chelle nationale, √ l’√©chelle internationale, la Sixi√®me d√©claration nous interpelle √©galement, nous obligeant √ nous demander o√Ļ nous nous trouvons et ce que nous voulons construire : ¬« Ceux qui sont au Nord n’habitent pas un nord g√©ographique mais dans un Nord social, ce sont ceux d’en haut. Ceux qui vivent au Sud sont ceux d’en bas. La g√©ographie s’est simplifi√©e, il y a un "en haut" et un "en bas". Le "en haut" est √©troit, peu de gens y trouvent leur place. Le "en bas" est tellement large qu’il couvre toute la plan√®te et qu’il offre un espace pour toute l’humanit√© ¬ » (EZLN. Une autre G√©ographie). La Sixi√®me d√©claration est une grande opportunit√© pour unir les r√©sistances, non seulement au Mexique mais aussi dans le monde entier. Selon le professeur Gonz√°lez Casanova, la Sixi√®me d√©claration repr√©sente peut-√™tre ¬« la derni√®re opportunit√© pour l’humanit√© ¬ ». Ce d√©fi est grand pour la soci√©t√© civile mexicaine.

Notes :

[1[NDLR] Lire sa traduction en fran√ßais sur le site du Comit√© de solidarit√© avec les peuples du Chiapas en lutte (CSPCL) : http://cspcl.ouvaton.org/article.php3?id_article=67.

[2[NDLR] Lire sa traduction en fran√ßais sur le site du Comit√© de solidarit√© avec les peuples du Chiapas en lutte (CSPCL) : http://cspcl.ouvaton.org/article.php3?id_article=89

[3[NDLR] Lire la traduction du communiqué du Comité clandestin révolutionnaire indigène -
Commandement g√©n√©ral de l’Arm√©e zapatiste de lib√©ration nationale (CCRI-CG) sur le site du Comit√© de solidarit√© avec les peuples du Chiapas en lutte (CSPCL) : http://cspcl.ouvaton.org/article.php3?id_article=88.

[4[NDLR] Ancien leader du Parti r√©volutionnaire institutionnel (PRI), actuel leader du PRD, il vient de d√©missionner de son poste de chef de gouvernement du District f√©d√©ral de Mexico pour promouvoir sa candidature √ la pr√©sidence du pays en 2007.

[5[NDLR] Parti de centre-gauche.

[6[NDLR] Nom donné aux communes autonomes zapatistes, gérées par des "conseil de bon gouvernement".
Consultez le dossier ¬« L’autonomie zapatiste¬ » sur RISAL.

[7[NDLR] Consultez le dossier ¬« Le tournant zapatiste¬ » sur RISAL.

[8[NDLR] Gianni Proiettis, Mexique : Femmes perdues dans l’arri√®re-cour de Satan, RISAL, 22 ao√ »t 2004 ; Sergio Gonz√°lez Rodr√≠guez, Mexique : tueurs de femmes √ Ciudad Ju√°rez, RISAL, 23 novembre 2003.

[9[NDLR] Lire Jesus Ramirez Cuevas, Mexique : une gr√®ve de la faim qui a marqu√© l’histoire, RISAL, 15 septembre 2005.

Source : Bulletin du Service international pour la paix (SIPAZ - www.sipaz.org), vol X n¬ļ 3, octobre 2005.

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