Entretien avec le vice-président de la Bolivie
Alvaro Garcia Linera : ¬« Nous ne pensons pas au socialisme mais √ une r√©volution d√©mocratique d√©colonisatrice profonde ¬ »
par Pablo Stefanoni , Franklin Ramirez
Article publiť le 12 juin 2006

Math√©maticien, voyageur, sociologue autodidacte, √ 44 ans, Alvaro Garcia Linera, le nouveau vice-pr√©sident bolivien, a √ son actif cinq ans de prison, plusieurs livres publi√©s et une vie de recherche intellectuelle. Dans cette voie, il a explor√© de mani√®re ¬« obsessionnelle ¬ » l’id√©e de Marx sur les peuples ¬« sans histoire ¬ » et ses conclusions l’ont rapproch√© d’Evo Morales. Interview.

Comment s’est d√©roul√©e votre trajectoire intellectuelle ?

Je suis une personne qui a v√©cu son adolescence dans une p√©riode de grande instabilit√© politique : √©lections, coups d’√‰tat, √©lections, autres coups d’√‰tat, dans un contexte fort de mobilisations, de projets, de d√©bats, d’utopies. Je parle de la fin des ann√©es 70 et je crois que cela a eu une influence sur mon rapprochement personnel avec la politique et les sciences sociales. En 1979, √ 17 ans, j’ai connu le premier grand blocus indig√®ne de l’histoire moderne de la Bolivie. Il √©tait difficile de comprendre ce qui √©tait en train de se passer et dans ce contexte j’ai cherch√© l’aide des sciences sociales, de la sociologie, de l’√©conomie, mais plus comme autodidacte. Toutefois, je me sentais loin des organisations partisanes, j’avais une approche un peu intellectualis√©e de la politique. J’avais commenc√© √ √©tudier les math√©matiques parce que je croyais que je pouvais apprendre les sciences sociales seul, et j’ai d√©cid√© de continuer mes √©tudes au Mexique. Le contexte centram√©ricain a influenc√© beaucoup ma perception de la politique, sp√©cialement la gu√©rilla salvadorienne, et j’ai politis√© mes lectures. Je suis pass√© d’une orientation plus philosophique et abstraite du capital, de la dialectique de Hegel, de Kant, √ une vision plus pratique. Commencent alors mes lectures plus l√©ninistes, disons-le ainsi, pour comprendre mieux la gestion du politique. Cela, c’est d√©j√ dans les ann√©es 80 et, en terminant mes √©tudes, je suis rentr√© en Bolivie avec une position plus engag√©e au niveau politique.

En quoi la connaissance des mouvements insurg√©s centram√©ricains influen√ßa votre √©volution intellectuelle ?

Il y avait deux √©l√©ments importants : la lutte arm√©e comme mode de r√©solution ou de conqu√™te du pouvoir et, en particulier, le th√®me ethnique. Au Guatemala, j’ai entendu parler pour la premi√®re fois, lors d’un d√©bat politique, du th√®me de la multiculturalit√©. M√™me s’il s’agissait d√©j√ d’un moment de reflux, la gu√©rilla guat√©malt√®que a r√©ussi √ int√©grer cet √©l√©ment dans le d√©bat √ partir de la pr√©sence des indig√®nes mayas. C’√©tait pour moi extr√™mement nouveau. Et avec ces bagages, je suis rentr√© en Bolivie, et ici nous avons essay√© (avec Raquel Guti√©rrez, sa compagne d’alors) de construire une structure politique principalement ouvri√®re parce que les mineurs √©taient au centre de la contestation en Bolivie. Nous avons entam√© un large d√©bat, qui subsiste dans une certaine mesure encore aujourd’hui, contre le trotskisme et le stalinisme, repr√©sent√© par le Parti ouvrier r√©volutionnaire et le Parti communiste. Nous avons connu ensuite un groupe de leaders indig√®nes, jeunes encore, qui venaient des courants kataristes [1] et indianistes des ann√©es 70 qui d√©non√ßaient le ¬« colonialisme interne ¬ ».

A cette √©poque un tournant vers l’ethnico-national est en train de se produire.

Nous avons entam√© une relecture, ou nous avons plut√īt √©largi notre perspective, de la th√©matique ouvri√®re √ la th√©matique du national et du paysan- indig√®ne, plus centr√© sur ce qui est appel√© ¬« identit√©s diffuses ¬ ». L√ commence une √©tape -vers 1986 - qui continue jusqu’√ aujourd’hui, sur la pr√©occupation autour du th√®me indig√®ne et de la construction de la nation. J’ai consacr√© mon temps √ √©crire plusieurs livres, plusieurs pol√©miques, en d√©bat contre la gauche traditionnelle pr√©dominante, et d’autres qui anticipaient des travaux avec une plus grande abstraction. L√ commence alors une obsession, qui a dur√© pendant dix ans, de mener une recherche sur ce que Marx avait dit sur le sujet et nous avons commenc√© √ examiner en d√©tails ses cahiers, ses textes concernant les ¬« peuples sans histoire ¬ » de 48, les Grundrisse, les textes sur l’Inde et la Chine, et ses lettres √ Vera Zasulich, y compris ses manuscrits ethnologiques et d’autres, in√©dits sur l’Am√©rique latine, qui sont √ Amsterdam. Nous avons voyag√© jusque l√ -bas pour les consulter. Certains camarades m’en voulaient pour cela : ils ne comprenaient pas comment en ces moments intenses de la lutte politique, je puisse √™tre en train de consulter des archives. Commence une obsession, avec diff√©rentes variantes, afin de trouver le fil conducteur sur cette th√©matique indig√®ne depuis le marxisme, et en croyant qu’il √©tait possible que le marxisme puisse rendre compte de la force de la dimension, du contenu et du potentiel de la revendication ethnique nationale des peuples indig√®nes. Cela impliquait de nombreuses disputes, dans des textes moins acad√©miques et plus pol√©miques, avec la gauche bolivienne pour laquelle il n’y avait pas d’indiens mais des paysans. Il s’agissait d’une dispute marginale parce que nous √©tions un groupe de personnes qui n’avions d’influence nulle part, nous passions notre temps √ distribuer nos pamphlets, nos petits textes, nos polycopies de 50 pages dans les marches, dans les mines. Mais c’est l√ qu’a commenc√© une pol√©mique.

Vient ensuite la tentative de former l’Arm√©e gu√©rillera T√ļpac Katari [EGTK] et la prison.

Durant les ann√©es 85 et 86 vont converger des intellectuels, des jeunes, des tr√®s jeunes, des ouvriers des mines, en voie de radicalisation, et un conglom√©rat de leaders paysans et indig√®nes provenant des rangs indianistes kataristes. Dans cette premi√®re √©tape, toute l’activit√© se centre sur le travail politique dans les mines, dans les assembl√©es, √ produire des pamphlets, critiques par rapport aux positions de la gauche traditionnelle avec une consigne claire : ¬« Il y aura une √©preuve de force, et cette √©preuve va d√©terminer la nouvelle √©poque ¬ ». Cette √©preuve de force a eu lieu en 1986, lors de la Marche pour la vie des mineurs contre le d√©mant√®lement de la Corporation mini√®re de Bolivie. Les travailleurs sont vaincus politiquement, il n’y a m√™me pas besoin de faire appel aux militaires, le mouvement s’√©croule et la d√©bandade commence. [2]

Et cette d√©faite ouvre le chemin √ une orientation vers les communaut√©s indig√®nes ?

A partir de ce moment-l√ , nous nous d√©pla√ßons avec tout ce bloc d’intellectuels et de mineurs pour renforcer le travail en zone rurale avec les indianistes. On voit se construire un cadre plus puissant d’autod√©termination des nationalit√©s indig√®nes, sp√©cialement la nationalit√© aymara. Il y a une forte emphase donn√©e √ la possibilit√© d’un soul√®vement indig√®ne, dans l’id√©e que l’√©mancipation indig√®ne passe obligatoirement par un soul√®vement des communaut√©s. Quispe [3] th√©orise ici sur la guerre des ayllus [4], il a l’image d’une prise du pouvoir par un soul√®vement des ayllus et des communaut√©s, c’est-√ -dire que ce n’est pas un imaginaire de gu√©rilla qui se structure mais un cadre d’√©mancipation des masses. On entame un processus qui va ensuite √ la fondation de l’EGTK [Ej√©rcito Guerrillero T√ļpac Katari] et √ des exercices de formation militaire dans les communaut√©s ; premi√®rement dans l’Altiplano [5], avec des militants du vieil indianisme des ann√©es 70, ensuite √ Potosi, dans le Chapare, et √ Sucre. C’√©tait une dynamique forte.

Vient ensuite la d√©sarticulation du groupe et la prison. Comment s’est d√©velopp√©e votre activit√© intellectuelle post√©rieure en prison ?

En sachant que je ne pouvais pas disposer de beaucoup de livres, que je n’aurais pas ma biblioth√®que sous la main, j’ai d√©cid√© de me consacrer seulement √ quelques livres, de les travailler d’une mani√®re beaucoup plus approfondie. J’ai poursuivi une partie de mes travaux th√©oriques et j’ai √©crit Forma Valor, Forma Comunidad, qui est une lecture compl√®tement consacr√©e au ¬« Capital ¬ » [de Marx] avec l’obsession de travailler le th√®me de la valeur d’usage, la valeur d’√©change et des logiques organisationnelles de la modernit√© pour faire un contrepoint avec les logiques organisationnelles du monde andin. Ce furent cinq ans d’emprisonnement. Je crois que c’est mon livre le plus r√©ussi en raison du temps que j’ai pu y consacrer, et de la patience que nous avons eue √ faire les transcriptions. Ce fut un cours acc√©l√©r√© d’anthropologie andine, d’ethnohistoire andine et d’√©conomie agraire. En sortant de prison, je suis imm√©diatement entr√© √ l’universit√©, j’ai m√™me repris le th√®me du monde ouvrier, mais dans une perspective plus sociologique. De l√ sortiront Reproletarizaci√≥n (Re-prol√©tarisation), sur le monde ouvrier en Bolivie et ses changements organisationnels et technologiques, et La condici√≥n obrera (La condition ouvri√®re), sur la nouvelle industrie mini√®re. Les conclusions g√©n√©rales sont que les ouvriers n’ont pas disparu, mais qu’il y a eu une modification substantielle de la structure mat√©rielle de la condition ouvri√®re, de l’identit√© ouvri√®re et de la composition politique et culturelle de la classe ouvri√®re. Cela explique en partie pourquoi la Centrale ouvri√®re bolivienne s’est √©teinte comme mouvement social unificateur du pays. Durant les derni√®res ann√©es, j’ai men√© plusieurs √©tudes sur les mouvements sociaux, en incorporant des th√©ories plus modernes comme celles de Charles Tilly, Pierre Bourdieu et Norbert Elias.

Vous √™tes pass√© de l’action insurg√©e √ l’universit√©, et de l√ vous avez oscill√© entre les m√©dias et la politique. Comment voyez-vous le r√īle de l’intellectuel dans le domaine universitaire en Am√©rique latine, peu institutionnalis√© et en pleine nouvelle vague de politisation sociale ?

Durant les ann√©es 90, s’est install√©e la croyance selon laquelle il fallait s√©parer la politique du travail acad√©mique ou l’id√©e d’un domaine acad√©mique autonome, mais cela √©tait une illusion. La promesse d’un acad√©misme beaucoup plus solide, coh√©rent, fond√© sur des bases propres, a fini dans un acad√©misme qui servait de justificateur id√©ologique du projet politique et √©conomique n√©o-lib√©ral. Quand tu passes en revue de mani√®re impartiale la production des ann√©es 90, tu te rends compte de la pauvret√© de la recherche, conceptuelle, de l’abondance rh√©torique et du sens commun d’une grande partie de cette production. Je crois qu’un nouveau d√©fi pour la production intellectuelle se pr√©sente maintenant : la capacit√© de construire de mani√®re critique des cat√©gories, des arguments et raisons, et pas simplement des pamphlets politiques mais, en m√™me temps, une production qui sache reprendre ces signaux et la richesse de la soci√©t√©, pas seulement des mouvements sociaux. L√ se trouve le grand d√©fi de continuer cette longue trajectoire de l’intellectuel latino-am√©ricain et bolivien qui rompt avec cette fausse asepsie id√©ologique √ la Vargas Llosa. Toutefois, on ne requiert pas que, face √ l’intellectuel n√©olib√©ral coopt√© par le discours √©tatique, apparaisse un intellectuel des mouvements sociaux qui fasse l’apologie de l’action collective, mais bien un intellectuel critique envers le pouvoir existant et envers les forces √©mergentes. Une partie de cela peut √™tre, sans doute, utilis√©e par les mouvements sociaux et une partie non ; cela va leur co√ »ter de r√©fl√©chir sur leurs limites, et l√ se trouve le morceau d’autonomie de la r√©flexion intellectuelle, √ savoir de ne pas faire taire ou forcer ses r√©flexions en faveur de tel ou tel autre.

Est-ce un probl√®me d’√™tre √ la fois sociologue critique et vice-pr√©sident ?

Non, au contraire, c’est une combinaison excellente, parce qu’elle permet d’analyser avec une froideur sib√©rienne ce qui est en train d’arriver et tes actions. Et comme vice-pr√©sident, tu vois certaines choses que tu ne verrais jamais depuis ton cabinet de sociologue.

Plusieurs m√©dias parlent d’ ¬« evismo ¬ » pour se r√©f√©rer √ ce gouvernement.

L’ ¬« evismo ¬ » pose une rupture par rapport aux pr√©c√©dentes strat√©gies de lutte pour le pouvoir, c’est un projet d’auto-repr√©sentation des mouvements sociaux, de la soci√©t√© pl√©b√©ienne. C’est un nouvel horizon qui ne na√ģt pas de la th√©orie mais qui est mis en oeuvre dans la pratique et peut apporter une int√©ressante veine d’analyse aux courants n√©o-marxistes. Un second √©l√©ment qui pourrait d√©finir l’ ¬« evismo ¬ » est un indianisme flexible, capable de convoquer les secteurs non indig√®nes, m√©tis, des secteurs semi-urbains. En termes didactiques, nous pourrions dire que la R√©volution nationale de 1952 √©veille l’indien √ la citoyennet√©, mais elle essaye de le noyer dans le m√©tissage et lui bloque les possibilit√©s de d√©veloppement politique. Cinquante ans plus tard, l’indien se positionne comme un sujet politique autonome qui propose un nationalisme expansif, une nation avec une ¬« unit√© dans la diversit√© ¬ » comme l’a r√©p√©t√© tant de fois Evo Morales. L’exp√©rience que nous sommes en train de vivre en Bolivie, remet en question tout le d√©bat sur la lutte pour le pouvoir, y compris les propositions d’Antonio Negri. Qu’est-ce qu’un gouvernement de mouvements sociaux ? Est-ce possible ? Comment s’op√©rera la relation entre le secteur politique et le secteur social ?

Vous avez parlé de capitalisme andin.

Avec cette expression, plut√īt th√©orique, j’ai fait r√©f√©rence au fait que les structures mat√©rielles des r√©bellions sociales depuis 2000, sont les petites √©conomies familiales, tant en zone rurale qu’urbaine. Ce sont les petits producteurs qui se sont rebell√©s : des paysans, des cocaleros (producteurs de coca), des artisans, des dirigeants de micro-entreprises, des coop√©rativistes de mines. Et il n’y aura pas de r√©volution socialiste dans une nation de petits producteurs. L’ ¬« evismo ¬ » visualise ces multiples modernit√©s, le petit paysan de l’Altiplano ne va pas √™tre un farmer, mais peut avoir des tracteurs ou Internet. Le moderne a toujours remplac√© le traditionnel, maintenant nous pensons √ une articulation diff√©rente et non subordonn√©e entre ces deux structures qui vont persister pour les 50 ou 100 ans √ venir. Nous ne pensons pas au socialisme dans un futur proche mais √ une r√©volution d√©mocratique d√©colonisatrice profonde.

Notes :

[1[NDLR] Le katarisme, en r√©f√©rence au leader indig√®ne Tupac Katari qui dirigea un soul√®vement autour de La Paz √ la fin du XVIIIe si√®cle, est un courant qui contribua √ r√©nover un syndicalisme paysan, jusque-l√ alli√© aux r√©gimes militaires. Ses leaders cherch√®rent √ lutter contre la cooptation des dirigeants syndicaux et √ √©laborer une id√©ologie indianiste sur laquelle s’appuyer dans les luttes. Le katarisme a ¬« reconstruit ¬ » une identit√© indig√®ne, l√ o√Ļ les militaires comme les gouvernements du MNR ne voulaient voir que des ¬« paysans ¬ ». De l√ d√©coule une id√©ologie th√©orisant la double oppression du paysan, par sa condition √©conomique, mais aussi par sa condition d’indig√®ne victime de discriminations au sein d’un √‰tat colonial. Ses principaux dirigeants, comme Genaro Flores, jou√®rent par la suite un r√īle-cl√© dans la lutte pour le r√©tablissement de la d√©mocratie. Les liens avec les militaires furent d√©finitivement rompus avec la fondation de la Centrale syndicale unifi√©e des travailleurs paysans (CSUTCB) en 1979, et son adh√©sion √ la Centrale ouvri√®re bolivienne (COB) l’ann√©e suivante, premi√®re √©tape de la construction d’un syndicalisme paysan de lutte en Bolivie.

[2[NDLR] En 1986, la mise en place de r√©formes n√©olib√©rales par le gouvernement de Paz Estenssoro (MNR) frappe de plein fouet le mouvement ouvrier, et plus particuli√®rement le mouvement minier. La promulgation du d√©cret 21060 a pour cons√©quence, entre autres, le d√©mant√®lement de la Corporation mini√®re de Bolivie (COMIBOL), qui d√©bouche sur la fermeture de nombreuses mines ainsi que le licenciement de plus de vingt mille mineurs. Ce qui d√©peuple du m√™me coup les syndicats de mineurs, r√©unis au sein de la puissante F√©d√©ration syndicale des travailleurs des mines de Bolivie (FSTMB), alors m√™me que celle-ci constitue ¬« l’avant-garde ¬ » de la Centrale ouvri√®re bolivienne (COB).
Les effets pour le moins brutaux des r√©formes √©conomiques √ l’encontre des mineurs entra√ģnent une vigoureuse r√©action de la part de la FSTMB, puis de la COB. Malgr√© un combat d√©termin√© des mineurs contre le d√©mant√®lement de la COMIBOL, culminant avec la ¬« Marcha por la Vida ¬ » de 1985, celle-ci est durement r√©prim√©e par le gouvernement, alors que les mineurs s’√©rigeaient en menace pour le pouvoir d’Etat √ mesure qu’ils s’approchaient de la capitale, La Paz. Cette historique d√©faite les ont conduit √ quitter les mines pour trouver ailleurs des revenus de subsistance alternatifs. Bon nombre d’entre eux s’installent soit dans les centres urbains en expansion tels El Alto, grossissant ainsi les rangs du ¬« secteur informel ¬ », soit dans les zones de culture de la coca que sont les Yungas (au nord de La Paz) et le Chapare (au nord-est de Cochabamba).

[3[NDLR] Felipe Quispe, dit "el Mallku", est le leader historique du Mouvement indigène pachakuti (MIP) et de la Centrale syndicale unifiée des travailleurs paysans (CSUTCB).

[4[NDLR] Collectivité agraire basée sur des liens de parenté, de voisinage, mais aussi sur un système de travail coopératif et de propriété collective.

[5[NDLR] Hauts plateaux de la cordillère des Andes.

Source : P√°gina 12 (www.pagina12web.com.ar), Argentine, 10 avril 2006.

Traduction : Diane Quittelier pour le RISAL (www.risal.collectifs.net).

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