Guerre de propagande contre Cuba : le sommet de Prague
par Salim Lamrani
Article publiť le 30 septembre 2004

Conform√©ment √ la strat√©gie √©dict√©e par le rapport de M. Colin L. Powell, intitul√© ¬« Commission for Assistance to a Free Cuba ¬ » (Commission de soutien √ une Cuba libre), qui a pour but de conduire le processus r√©volutionnaire cubain √ son annihilation compl√®te, la campagne de d√©sinformation contre l’Archipel des Cara√Įbes lanc√©e par l’administration Bush et l’extr√™me droite cubaine de Floride s’est largement √©tendue √ l’Europe. [1] En effet, du 17 au 19 septembre 2004, s’est tenu √ Prague, en R√©publique Tch√®que, le ¬« Sommet international pour la d√©mocratie √ Cuba ¬ », sous l’√©gide du Comit√© international pour la d√©mocratie √ Cuba (CIDC), fond√© par M. Vaclav Havel, ancien pr√©sident de la R√©publique Tch√®que. [2] Cette r√©union, dont la port√©e propagandiste ne fait aucun doute, constitue un pas en avant dans la guerre m√©diatique √©tasunienne contre Cuba, avec la complicit√© de l’Union europ√©enne. [3]

T√©l√©guid√©e par Washington, ce rassemblement a r√©uni plusieurs personnalit√©s politiques de droite et d’extr√™me droite appartenant au Comit√© international pour la d√©mocratie √ Cuba telles que M. Vaclav Havel, M. Jos√© Mar√≠a Aznar, ancien Premier ministre espagnol, et Mme Madeleine Albright, ancienne secr√©taire d’Etat sous le gouvernement Clinton. Elles sont, pour la plupart, √©troitement li√©es √ la Maison blanche et √ la composante fasciste de l’exil cubain gravement impliqu√©e dans le terrorisme international. [4]

Le gouvernement tch√®que, qui a fait montre, √ maintes reprises, de son all√©geance envers les Etats-Unis, a parrain√© le meeting. Une unit√© pour la ¬« promotion de la transition ¬ » √ Cuba a m√™me √©t√© r√©cemment cr√©√©e au sein du minist√®re des Affaires √©trang√®res, dirig√©e par Mme Gabriela Dlouha. [5] D√©j√ , en 1999, √ la demande de Mme Madeleine Albright, elle-m√™me d’origine tch√©coslovaque, les autorit√©s tch√®ques avaient pr√©sent√© une r√©solution contre Cuba durant la r√©union de la Commission des droits de l’homme de Gen√®ve. M. Martin Palous, ambassadeur tch√®que aux Etats-Unis, s’est r√©joui du ¬« r√īle jou√© ¬ » par son gouvernement concernant ¬« la question cubaine ¬ ». Quant √ M. Frank Calz√≥n, d’origine cubaine, ancien agent de la CIA et directeur du Center for a Free Cuba (entit√© contr√īl√©e par la droite radicale cubaine), il s’est f√©licit√© de l’attitude interventionniste de la R√©publique Tch√®que. [6]

Lors de ce meeting centr√© sur la question de la ¬« dissidence cubaine ¬ », M. Vaclav Havel a condamn√© de mani√®re virulente les arrestations des 75 personnes, effectu√©es par les autorit√©s cubaines en mars 2003. [7] En se retranchant derri√®re la rh√©torique habituelle sur les droits de l’homme, qui, confront√©e √ l’assise factuelle, s’effrite promptement, M. Havel a soigneusement √©lud√© les d√©tails de cette affaire. Il s’est born√© √ appeler √ la lib√©ration de M. Ra√ļl Rivero, condamn√© pour conspiration, activit√©s subversives et collaboration avec la mise en place du blocus impos√© par Washington. En effet, stipendi√© par le gouvernement √©tasunien - une puissance √©trang√®re ennemie qui harc√®le Cuba depuis 1959 - M. Rivero participait √ la mise en place des conditions n√©cessaires √ la d√©stabilisation de Cuba, en flagrante violation avec la l√©gislation de son pays. [8]

L’organisation de cette r√©union est loin d’√™tre anodine. En r√©alit√©, elle a pour but de cr√©er les conditions n√©cessaires, au sein de l’opinion internationale, pour une intervention militaire √©tasunienne √ Cuba. Plusieurs personnalit√©s latino-am√©ricaines se sont jointes au mouvement telles que l’ex-pr√©sident uruguayen, M. Luis Alberto Lacalle, M. Patricio Aylwin Az√≥ca, ancien homme fort du Chili et M. Luis Alberto Monje, ancien pr√©sident du Costa Rica, qui n’ont pas h√©sit√© une seconde √ c√ītoyer, lors dudit √©v√®nement, des individus comme M. Carlos Alberto Montaner, pr√©sident de l’Union lib√©rale cubaine et √©galement ancien agent de la CIA, qui dispose de lourds ant√©c√©dents criminels li√©s du terrorisme international. [9]

Lors de ce sommet, M. Vaclav Havel a appel√© publiquement au renversement du gouvernement cubain. Selon lui, il fallait ¬« r√©fl√©chir au moyen de se d√©barrasser du dictateur ¬ », en faisant allusion √ M. Fidel Castro. [10] Il a √©galement ajout√© que les opposants ¬« devaient passer le plus de temps possible ¬ » √ la pr√©paration d’une Cuba postr√©volutionnaire, conform√©ment √ ce que pr√©conise le plan belliciste du pr√©sident Bush. [11]11 ¬« Je pense que la situation √ Cuba changera tr√®s bient√īt ¬ » a conclu M. Havel. [12]

M. Jos√© Mar√≠a Aznar qui, depuis son √©chec √©lectoral en mars 2003 - suite √ sa d√©sastreuse gestion des sanglants attentats terroristes de Madrid - s’affaire avec un z√®le remarquable √ promouvoir la politique √©tasunienne contre Cuba au niveau international, √©tait √©galement pr√©sent. Il a notamment annonc√©, en faisant allusion √ M. Ra√ļl Rivero, que ¬« personne ne devrait √™tre en prison sans un proc√®s √©quitable, personne ne devrait √™tre incarc√©r√© pour avoir √©crit un po√®me contre Fidel Castro ¬ ». Cette d√©claration, grotesque par son contenu et son m√©pris envers la r√©alit√© factuelle, illustre singuli√®rement les sommets atteints par la guerre de propagande anti-cubaine initi√©e par Washington. [13] En effet, les invectives de M. Oswaldo Pay√°, ¬« dissident ¬ » de circonstance et promoteur du surm√©diatis√© Projet Varela (dont le but est de r√©instaurer une structure √©conomique capitaliste √ Cuba et qui a √©t√© vivement critiqu√© par le candidat d√©mocrate √ la pr√©sidence M. John Kerry) [14], contre le gouvernement de La Havane ont une port√©e autrement plus importante qu’un suppos√© po√®me contre le pr√©sident cubain. [15] Cependant, M. Pay√° est libre de ses mouvements et voyage r√©guli√®rement √ l’√©tranger, car, contrairement √ ses comparses incarc√©r√©s, il a toujours refus√© le financement propos√© par Washington et, par cons√©quent, n’a pas viol√© la loi cubaine.

L’empressement de M. Aznar pourrait surprendre mais il l’est moins au vu de ses liens intimes avec M. Georges W. Bush. Il a √©t√© l’un des rares personnages politiques europ√©ens √ apporter son soutien √ l’agression militaire √©tasunienne contre l’Irak, en rejetant avec d√©dain les principes fondamentaux du droit international et l’opinion de la population espagnole qui s’est manifest√©e √ plus de 80% contre l’intervention et la participation des troupes ib√©riques. Une autre facette des fr√©quentations de M. Aznar est moins connue mais vitale pour comprendre sa position. En effet, l’ex-Premier ministre espagnol est li√© aux cercles extr√©mistes cubains de Floride, adeptes du terrorisme contre Cuba, depuis plus de dix ans. [16] Fervent adepte de l’ultralib√©ralisme, le succ√®s de la structure socialiste cubaine en terme de droits √©conomiques et sociaux, soulign√© √ maintes reprises par les organisations internationales, obs√®de M. Aznar. [17]

La manifestation s’est termin√©e par la publication de la ¬« d√©claration de Prague ¬ » qui recommande un accroissement des sanctions contre Cuba, le maintien de la Position commune actuelle de l’Union europ√©enne et une aide accrue aux mouvements susceptibles de favoriser la subversion au sein de la soci√©t√© cubaine. M. James Cason, responsable de la section diplomatique √©tasunienne √ La Havane, qui a jou√© un r√īle fondamental dans la d√©stabilisation de la soci√©t√© cubaine, ainsi que l’ex-ambassadeur du gouvernement Reagan, Mme Jeane Kirkpatrick, ont supervis√© le bon d√©roulement de la r√©union. L’objectif d√©clar√© par cette position commune de Prague est le renversement du gouvernement cubain. Radio Mart√≠, un organe officiel de communication du gouvernement des Etats-Unis, destin√© √ fomenter le d√©sordre √ Cuba par ses programmes, a ¬« accord√© un important espace √ cet √©v√®nement ¬ » et pr√©pare ¬« une programmation sp√©ciale pour √™tre diffus√©e sur l’Ile √ travers de TV Mart√≠ ¬ » selon M. Pedro Roig, directeur du Bureau des transmissions √ Cuba. [18]

La r√©union de Prague a √©t√© ressentie comme une ing√©rence agressive non seulement par les autorit√©s cubaines mais aussi par plusieurs groupes qualifi√©s d’opposants. Ainsi, M. Eloy Guti√©rrez Menoyo, leader du mouvement Cambio Cubano, une organisation contre-r√©volutionnaire, a publi√© une d√©claration intitul√©e ¬« les dollars n’ach√®tent pas des printemps ¬ », dans laquelle il fustigeait l’organisation de la manifestation qui ne sert, selon lui, qu’√ mettre en Ň“uvre des ¬« plans peu scrupuleux de d√©stabilisation contre Cuba ¬ ». [19]

M. Guti√©rrez Menoyo est une l√©gende vivante aupr√®s de l’extr√™me droite cubaine de Floride. Il a pass√© 22 ans dans les prisons cubaines pour activit√©s terroristes. Condamn√© en 1964, il a √©t√© lib√©r√© en 1986 suite √ l’intervention diplomatique de l’ancien Premier ministre espagnol, M. Felipe Gonz√°lez, et a √©migr√© √ Miami. Suite √ la mise en place d’une politique d’ouverture par le gouvernement cubain, M. Guti√©rrez Menoyo est retourn√© vivre √ Cuba. Concernant les ¬« dissidents ¬ », il a d√©clar√© qu’il ne les fr√©quentait pas car ¬« c’est un terrain min√©. Beaucoup d’entre eux sont [soit] financ√©s par les Etats-Unis ou des espions pour les services secrets cubains ¬ ». [20]

La Chambre des repr√©sentants √©tasunienne a clairement stigmatis√© et d√©fi√© le plan agressif de M. Bush rendu public en mai 2004, en votant par 225 voix contre 174 en faveur d’un assouplissement des sanctions, consid√©r√©es inhumaines par le repr√©sentant d√©mocrate de Floride, M. Jim Davis, qui limitent les voyages de la communaut√© cubano-am√©ricaine √ un s√©jour de 14 jours tous les trois ans. Le projet qui doit maintenant √™tre approuv√© par le S√©nat sera de toute fa√ßon rejet√© par M. Bush qui imposera son veto, selon le porte-parole de la Maison blanche. [21]

La violence des nouvelles sanctions √©conomiques a isol√© le gouvernement Bush au sein de la communaut√© cubaine des Etats-Unis et d’une partie des exil√©s d’extr√™me droite. M. Joe Garc√≠a, ancien directeur ex√©cutif de la Fondation nationale cubano-am√©ricaine (FNCA) - une organisation extr√©miste impliqu√©e dans le terrorisme contre Cuba - qui a rejoint le parti d√©mocrate, a qualifi√© le clan Bush de ¬« probablement la pire administration que nous ayons jamais eu concernant la politique cubaine ¬ ». [22]

Face √ la recrudescence de l’hostilit√© √©tasunienne envers Cuba, la Chambre des communes britannique a vot√© √ 79% une d√©claration commune condamnant l’actuelle politique de M. Bush contre le gouvernement de La Havane et mettant en garde contre une √©ventuelle agression militaire contre la population cubaine. M. Peter Hain, le pr√©sident de la Chambre des communes a tenu les propos suivants : ¬« Je suis absolument oppos√© √ une action militaire contre Cuba et je suis √©galement oppos√© √ l’incessant blocus maintenu par les Etats-Unis. J’ai visit√© Cuba il y a deux ans et j’ai √©t√© extr√™mement impressionn√© par les avanc√©es sociales atteintes malgr√© la pression √©tasunienne ¬ ». [23]

L’impressionnant niveau de d√©veloppement humain atteint par Cuba est compl√®tement censur√© par les monopoles de l’information. Le 17 septembre 2004, le Fond de la population des Nations unies a √©rig√© le mod√®le sanitaire cubain en exemple et a salu√© la politique sociale du gouvernement cubain. Le rapport dudit organisme souligne que Cuba est le seul pays du Tiers Monde qui a atteint un taux de mortalit√© infantile comparable √ celui des nations industrialis√©es, √ savoir 6 d√©c√®s pour mille naissances. [24]

La r√©gion carib√©enne est actuellement ravag√©e par les cyclones qui ont caus√© de dramatiques d√©g√Ęts humains, en Ha√Įti notamment. Les Nations Unies ont encens√© le mod√®le organisationnel cubain dans la pr√©vention des cyclones. L’ouragan Charley a co√ »t√© la vie √ quatre personnes √ Cuba alors que trente personnes ont perdu la vie en Floride lors de son passage. De m√™me, en 1998, l’ouragan George avait provoqu√© la mort de quatre personnes √ Cuba, alors que plus de 600 personnes moururent dans les autres pays des Cara√Įbes. ¬« Plusieurs facteurs peuvent expliquer le faible taux de mortalit√© caus√© par les ouragans √ Cuba en comparaison avec ses voisins, comme l’√©ducation, la pr√©vention et la capacit√© de r√©ponse ¬ » a soulign√© M. Salvano Briceno, directeur de l’Institut pour la r√©duction des d√©sastres des Nations unies. Quant √ Mme Brigitte Leoni, porte-parole de la Conf√©rence mondiale pour la r√©duction des d√©sastres, qui se d√©roulera au Japon en janvier 2005, elle a remarqu√© que tous les pays disposaient des possibilit√©s pour limiter les cons√©quences de ces catastrophes mais il manquait parfois des ¬« programmes concrets d’action et la volont√© politique pour les mettre en place ¬ ». [25]

Contrairement aux transnationales de l’information, les Nations Unies gardent une certaine objectivit√© concernant Cuba et se basent sur les donn√©es et les faits, en mettant de c√īt√© les pr√©jug√©s id√©ologiques. M. Bruno Moro, repr√©sentant du Programme des Nations Unies pour le d√©veloppement (PNUD), a affirm√© que Cuba disposait d’un niveau de progr√®s local avanc√© avec la r√©duction des in√©galit√©s et de la pauvret√©, et que le pays √©tait une r√©f√©rence dans ce secteur. Il a notamment soulign√© la qualit√© de la couverture sociale, des programmes pour combattre le sida (contrairement √ ce que raconte la presse internationale √ ce sujet) et le d√©veloppement √©conomique local. [26]

La r√©alit√© cubaine est sempiternellement victime de distorsions manufactur√©es par les thurif√©raires de la pens√©e unique. Washington et les extr√©mistes de la communaut√© cubaine de Floride, ainsi que tous leurs alli√©s, tels que MM. Havel et Aznar, ne l√©sinent pas sur les moyens pour an√©antir le projet r√©volutionnaire cubain. Le cin√©aste √©tasunien, M. Oliver Stone en a fait l’am√®re exp√©rience. Lors d’une conf√©rence de presse au Festival de San Sebasti√°n en Espagne, il est revenu sur les raisons de la censure - ¬« qui a atteint des limites insoutenables aux Etats-Unis ¬ » selon lui - de son documentaire intitul√© Comandante portant sur M. Fidel Castro et sur sa vision de la soci√©t√© cubaine, face √ des journalistes m√©dus√©s :

Les manifestations dans les rues en faveur de Fidel Castro ne sont pas feintes, et si elles l’√©taient, on devrait octroyer un Oscar pour jeu de r√īle √ ces personnes, car j’ai vu leurs visages heureux quand elles s’approchaient du dirigeant [M. Fidel Castro].

J’ai trouv√© √ Cuba une atmosph√®re d’ouverture et de libert√© que je n’ai rencontr√© dans aucun autre pays de la r√©gion, ni dans les Cara√Įbes ni en Am√©rique centrale. J’ai c√ītoy√© de nombreux leaders mondiaux au Panama, au Salvador, au Nicaragua et je n’ai jamais observ√© une affection aussi spontan√©e dans la rue que celle que j’ai vue √ Cuba pour Fidel.

Ces bains de foule √©taient compl√®tement spontan√©s. Il y a eu des visites dans les h√īpitaux et peut-√™tre que l√ , on aurait pu avertir les gens de notre visite, mais en regardant le visage des personnes j’ai su qu’il n’y avait rien de feint. Je dirige des acteurs et je sais quand les gens font semblant et quand ils sont sinc√®res. Castro me demandait o√Ļ je voulais que nous allions. Les gens s’approchaient de lui de fa√ßon naturelle. Dans quel pays du monde verriez-vous cela ?

[Fidel Castro] est l’un des rares pr√©sidents du monde qui n’a pas un sou √ l’√©tranger et qui a amen√© son peuple √ un niveau d’√©ducation tr√®s √©lev√© [...].

[Le lobby anti-castriste de Floride] a √©t√© d√©cisif car il a permis la victoire de Bush sur Al Gore. La droite est la m√™me partout, que ce soit √ Cuba ou au Vietnam. Elle ressemble √ un poulpe qui atteint tout avec ses tentacules. Elle contr√īle Internet, la radio, la t√©l√©vision, les journaux. Et surtout, elle est parfaitement organis√©e. Elle domine l’art de la publicit√© n√©gative et l’art de d√©truire l’image de ceux qu’elle consid√®re comme ses ennemis. D√®s qu’elle voit quelque chose qui ne lui plait pas, elle vous discr√©dite par une campagne de courriers √©lectroniques, de commentaires et d’articles. Aux Etats-Unis, on pratique la censure [...]. [Les anti-castristes] ont d√©test√© mon documentaire sur Castro, Comandante. Ils l’ont assassin√© avant m√™me qu’il ne sorte. Ils ont simplement eu peur. [...]

[Concernant la dissidence] Quels droits ont les dissidents politiques au Guatemala ou au Salvador, o√Ļ on vous coupe la langue si vous protestez et o√Ļ les archev√™ques sont assassin√©s, ou dans d’autres pays o√Ļ les Etats-Unis ont torpill√© la d√©mocratie et impos√© des juntes militaires sensibles √ leurs int√©r√™ts. Regardons les choses du point de vue de Fidel Castro. Que se passerait-il s’il ouvrait les portes ? Le lendemain la CIA serait l√ en train de publier des journaux et en train de contr√īler la t√©l√©vision, achetant les gens avec ses dollars et essayant de se d√©barrasser de lui avec les m√™mes tactiques grossi√®res qu’elle utilise dans le reste du monde, que ce soit en Am√©rique centrale, en Afghanistan ou dans le Golfe persique. Fidel le dit lui-m√™me dans le documentaire : Washington accepte seulement la reddition inconditionnelle de ses ennemis. C’est terrible.

Si l’on avait impos√© un embargo √ Bush comme √ Cuba, il aurait imm√©diatement d√©cr√©t√© un √©tat de guerre. Il est ridicule de pr√©tendre qu’une petite √ģle des Cara√Įbes constitue une menace... pour les Etats-Unis. Le pr√©sident actuel est sans scrupules, et si pour gagner les √©lections en Floride il a besoin d’exploiter la menace cubaine, il n’h√©siterait pas une minute. Je ne serai pas surpris qu’il se passe quelque chose en octobre. [27]

La r√©union de Prague a comme unique objectif de pr√©parer psychologiquement l’opinion internationale √ une agression militaire √©tasunienne contre Cuba. Le fanatisme de l’administration Bush peut d√©boucher sur un sanglant d√©sastre sur l’Archipel des Cara√Įbes car le peuple cubain ne renoncera pas facilement √ sa r√©volution.

Notes :

[1Colin L. Powell, Commission for Assistance to a Free Cuba, (Washington : United States Department of State, mai 2004). www.state.gov/documents/organization/32334.pdf (site consult√© le 7 mai 2004).

[2Agn√®s Vadd√©, ¬« Sommet international pour la d√©mocratie √ Cuba : personnalit√©s politiques et intellectuels du monde entier se r√©unissent √ Prague ¬ », Radio Praha, 17 septembre 2004. www.radio.cz (site consult√© le 18 septembre 2004).

[3Agn√®s Vadd√©, ¬« Sommet international pour la d√©mocratie √ Cuba : personnalit√©s politiques et intellectuels du monde entier se r√©unissent √ Prague ¬ », Radio Praha, 17 septembre 2004. www.radio.cz (site consult√© le 18 septembre 2004).

[4Pablo Alfonso, ¬« Plan de apoyo a la libertad de Cuba ¬ », El Nuevo Herald, 19 septembre 2004. www.miami.com/elnuevo/news/world/cuba/9701733.htm (site consult√© le 20 septembre 2004).

[5Anne Lise Rodier, ¬« Prague au secours des dissidents cubains ¬ », Courrier International, 25 septembre 2004. www.courrierinternational.com/article.asp ?obj_id=27212&provenance=accueil&bloc=15 (site consult√© le 25 septembre 2004).

[6Dinah A. Spritzer, ¬« Cuba Libre ¬ », The Prague Post, 16 septembre 2004. www.praguepost.com/P03/2004/Art/0916/news1.php (site consult√© le 25 septembre 2004).

[7Radio France, ¬« Vaclav Havel lance un appel √ la solidarit√© avec l’√©crivain cubain Raul Rivero ¬ », 16 septembre 2004. www.radiofrance.fr/divers/thematiques/radiodulivre/actualite/index.php ?numero=100051232 (site consult√© le 25 septembre 2004).

[8Rosa Miriam Elizalde & Luis Baez, ¬« The Dissidents ¬ » (La Havane : Editora Pol√≠tica, 2003), pp. 153-74.

[9Pablo Alfonso, ¬« Cumbre en Praga honra al escritor Ra√ļl Rivero ¬ », El Nuevo Herald, 17 septembre 2004. www.miami.com/mld/elnuevo/news/world/cuba/9683912.htm (site consult√© le 17 septembre 2004).

[10Paulo A. Paranagua, ¬« A Prague, Vaclav Havel appelle √ aider l’opposition cubaine pour construire l’apr√®s-Castro ¬ », Le Monde, 21 septembre 2004.

[11Jean-Luc Testault, ¬« Havel inaugura conferencia en apoyo a la oposici√≥n cubana ¬ », El Nuevo Herald, 18 septembre 2004. www.miami.com/mld/elnuevo/news/world/cuba/9693402.htm (site consult√© le 20 septembre 2004).

[12Karel Janicek, ¬« Spain’s Ex-Leader Blasts Castro ¬ », The Miami Herald, 18 septembre 2004. www.miami.com/mld/miamiherald/news/world/cuba/9695158.htm ?1c (site consult√© le 20 septembre 2004).

[13Jean-Luc Testault, op. cit.

[14David Brooks, ¬« Kerry’s Cruel Realism ¬ », The New York Times, 19 juin 2004 :√©ditorial ; Mike Allen, ¬« A Worried Bush Revisits Florida ¬ », The Washington Post, 28 ao√ »t 2004 : A04.

[15Oswaldo Pay√° Sardi√Īas, ¬« Mensaje de Oswaldo Pay√° Sardi√Īas a Vaclav Havel, presidente de la Rep√ļblica Checa en su visita a la ciudad de Miami ¬ », 23 septembre 2002. www.pdc-cuba.org/paya_havel.htm (site consult√© le 25 septembre 2004).

[16Pablo Alfonso, ¬« Aznar visita a disidente Sebasti√°n Arcos ¬ », El Nuevo Herald, 25 novembre 1995 : 1A ; Pablo Alfonso, ¬« Homenajea Aznar ¬ », El Nuevo Herald, 29 novembre 1995 : 3A ; Pablo Alfonso, ¬« Aznar se re√ļne con grupos del exilio ¬ », El Nuevo Herald, 30 novembre 1995 : 1A.

[17El Mundo, ¬« Aznar exige a Cuba la liberaci√≥n de todos los presos de conciencia ¬ », 15 septembre 2004. www.elmundo.es/elmundo/2004/09/15/espana/1095268466.html (site consult√© le 25 septembre 2004).

[18Pablo Alfonso, ¬« Plan de apoyo a la libertad de Cuba ¬ », El Nuevo Herald, 19 septembre 2004. www.miami.com/mld/elnuevo/news/world/cuba/9701733.htm (site consult√© le 20 septembre 2004).

[19Wilfredo Cancio Isla, ¬« Pay√° a favor de la Cumbre de Praga ¬ », El Nuevo Herald, 21 septembre 2004 : www.miami.com/mld/elnuevo/news/world/cuba/9716158.htm (site consult√© le 22 septembre 2004).

[20Jens Gl√ľsing, ¬« The Wall of Water ¬ », Der Spiegel, 20 septembre 2004. www.spiegel.de/spiegel/english/0,1518,318909,00.html (site consult√© le 25 septembre 2004).

[21El Mundo, ¬« La C√°mara Baja de EEUU desaf√≠a a Bush y aprueba reducir las restricciones de viajes a Cuba ¬ », 22 septembre 2004. www.elmundo.es/elmundo/2004/09/22/internacional/1095824286.html (site consult√© le 25 septembre 2004) ; Pablo Bachelet, ¬« House Defies Bush on New Cuba Travel Ban ¬ », The Miami Herald, 22 septembre 2004. www.miami.com/mld/miamiherald/news/world/cuba/9726054.htm (site consult√© le 25 septembre 2004).

[22Karl Ross, ¬« Exile : President Bush Has Failed to Bring Democracy to Cuba ¬ », The Miami Herald, 22 septembre 2004. www.miami.com/mld/miamiherald/news/world/cuba/9729520.htm (site consult√© le 25 septembre 2004).

[23Cuba Debate, ¬« House of Commons Says No to U.S. War on Cuba ¬ », 23 septembre 2004. www.cubadebate.cu/index.php ?tpl=noticias-show-full&noticiaid=3375&noticiafecha=2004-09-23 (site consult√© le 25 septembre 2004).

[24Granma, ¬« ONU cita a Cuba de ejemplo en materia de salud ¬ », 17 septembre 2004. www.granma.cu/espanol/2004/septiembre/vier17/39salud.html (site consult√© le 20 septembre 2004).

[25Granma, ¬« ONU : Cuba es un ejemplo de c√≥mo enfrentar ciclones ¬ », 15 septembre 2004. www.granma.cu/espanol/2004/septiembre/mier15/15onu.html ; Naomi Koppel, ¬« ONU : Hay que aprender de cuba en preparativos para huracanes ¬ », El Nuevo Herald, 14 septembre 2004. www.miami.com/mld/elnuevo/news/world/cuba/9661076.htm (site consult√© le 20 septembre 2004).

[26Granma, ¬« Reconoce la ONU avances de Cuba en Desarrollo Local ¬ », 23 septembre 2004. www.granma.cu/espanol/2004/septiembre/jue23/reconoce.html (site consult√© le 25 septembre 2004).

[27Rolando P√©rez Betancourt, ¬« Hablando con Oliver Stone ¬ », Granma, 21 septembre 2004. www.granma.cu/espanol/2004/septiembre/mar21/oliver.html (site consult√© le 25 septembre 2004).

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