Le sommet des Amériques ou la collision entre deux mondes
par Carlos Abel Su√°rez
Article publiť le 23 novembre 2005

¬« Dans 200 ans, quand l’Am√©rique aura obtenu du protectionnisme tout ce qu’il peut offrir, elle adoptera aussi le libre-√©change ¬ »
Gral. Ulysses Grant, chef de l’arm√©e du Nord et pr√©sident des √‰tats-Unis (1868-1876).

En ao√ »t 1961, Che Guevara exposait, depuis les salons du Casino San Rafael √ Punta del Este [station baln√©aire uruguayenne], les arguments du gouvernement de la naissante Cuba r√©volutionnaire pour rejeter l’id√©e-force de John Kennedy : l’Alliance pour le progr√®s [1].

Comme si l’histoire ne cessait de se r√©p√©ter √©ternellement, avec d’autres acteurs et dans d’autres d√©cors, un d√©bat similaire a eu lieu ces jours derniers dans une autre station baln√©aire de l’Atlantique Sud : Mar del Plata [2].

A quarante-quatre ann√©es de distance, quelles sont les ressemblances et quelles sont les diff√©rences entre ces deux √©v√©nements ?

Comme l’a subtilement rappel√© le pr√©sident du Venezuela, Hugo Ch√°vez, lors de son discours dans le stade de football de Mar del Plata devant une foule venue des quatre coins de la plan√®te, Kennedy avait formul√© son plan h√©misph√©rique comme une alternative au programme de la r√©volution cubaine. Et s’il contenait bien une strat√©gie contre-r√©volutionnaire objective, son application signifiait des r√©formes pour les √©conomies latino-am√©ricaines ¬« en retard ¬ ».
Bien s√ »r, son offre de r√©formes, peut-√™tre la plus progressiste con√ßue par une administration nord-am√©ricaine pour ses voisins du Sud, √©tait accompagn√©e du poids de l’h√©g√©monie nord-am√©ricaine et de l’isolement de Cuba.

C’√©tait l’√©poque d’une formidable mont√©e des mouvements anti-imp√©rialistes en Am√©rique latine, o√Ļ √©taient n√©es ou avaient commenc√© √ na√ģtre les principales forces qui acquerraient un r√īle d√©cisif au cours des ann√©es 60 et de la d√©cennie suivante. La guerre froide √©tait alors le fond et la forme de la diplomatie internationale, avec une grande partie du Tiers Monde sur le pied de guerre.

¬« Le premier pas important est d’isoler Castro dans cet h√©misph√®re ¬ », disait le secr√©taire d’√‰tat, Dean Rusk, en proposant d’expulser Cuba de l’Organisation des Etats am√©ricains (OEA).

Citant Mart√≠, le Che rappelait aux d√©l√©gations pr√©sentes √ Punta del Este [3] : ¬« Il faut √©quilibrer le commerce pour garantir la libert√© ¬ ».

Il ajouta devant le malheureux secr√©taire du Tr√©sor nord-am√©ricain, Douglas Dillon, alors que celui-ci organisait un retrait pr√©cipit√© de l’enceinte, que ¬« Cuba interpr√®te [cette conf√©rence] comme une conf√©rence politique, que Cuba n’admet pas que l’on s√©pare l’√©conomie de la politique et qu’elle pense que ces derni√®res vont toujours de pair. C’est pourquoi il ne peut y avoir de techniciens qui parlent de techniques, quand c’est le destin des peuples qui est en jeu. ¬ »

La ZLEA est-elle morte ?

On a dans√© sur une musique semblable au sommet des chefs d’√‰tats d’Am√©rique et des Cara√Įbes √ Mar del Plata.

La proposition de la Zone de libre-√©change des Am√©riques, la ZLEA [4], est n√©e au milieu des ann√©es 90 avec l’objectif clair de blinder les r√©formes √©conomiques conservatrices et n√©olib√©rales qui ont ravag√© la r√©gion et le monde ; consolidant ainsi l’h√©g√©monie des √‰tats-Unis, de l’Alaska √ la Terre de Feu.

Ce projet, tel qu’il avait √©t√© con√ßu, a √©t√© enterr√© √ Mar del Plata, comme l’a bien pr√©cis√© Ch√°vez.

L’impossibilit√© de trouver une formule dans la d√©claration finale du Sommet - de celles en usage dans le jargon diplomatique pour dissimuler les diff√©rends - a montr√© jusqu’√ quel point l’initiative nord-am√©ricaine y a √©t√© enterr√©e.

Cette fois, le tueur en s√©rie du Texas n’a pas pu se faire photographier tout sourire avec la dinde en plastique comme il l’avait fait en Irak. Il s’est retir√© avant la proclamation de la d√©faite, laissant quelques-uns de ses pusillanimes alli√©s essayer de trouver la phrase salvatrice ad√©quate √ pr√©senter dans leurs pays respectifs.

Durant son s√©jour √ Mar del Plata, Bush, qui a √©t√© entour√© par 2 000 agents de s√©curit√© personnels lors de ses rares mouvements dans la partie cl√ītur√©e de la ville, n’a consenti √ √™tre interview√© par aucun journaliste argentin. Il a seulement tenu une conf√©rence de presse r√©serv√©e aux m√©dias accr√©dit√©s de son pays. A des ¬« coll√®gues ¬ » ind√©pendants tels que le repr√©sentant du Wall Street Journal, qui a qualifi√© le gouvernement argentin d’autoritaire. Evidemment, ils n’ont rien dit sur l’abus de pouvoir que repr√©sente l’utilisation dans un pays h√īte d’une technologie de guerre comme celle employ√©e pour supprimer toutes les communications √©lectroniques (t√©l√©phones cellulaires, etc.) √ deux kilom√®tres √ la ronde chaque fois que monsieur Bush se d√©pla√ßait d’un lieu √ un autre.

Le Mercosur [5] a mis de c√īt√© sa crise interne pour faire face √ la proposition de d√©claration formul√©e par les √‰tats-Unis et leurs principaux alli√©s dans ce sommet, groupe largement majoritaire avec 29 pays. La conscience du danger que repr√©sente pour tout projet de d√©veloppement la possibilit√© de conditionner fortement leurs √©conomies aux int√©r√™ts des entreprises transnationales d’origine yankee, les avantages suppos√©s du libre-√©change, c’est-√ -dire l’ouverture sans restriction, la libre circulation des capitaux, la protection des brevets et des droits que prescrirait la ZLEA, sont autant de pilules que les pays de la r√©gion ont d√©j√ essay√© d’avaler. L’Argentine et le Br√©sil, tout particuli√®rement, en ont connu dans leur chair les effets √©conomiques.

De m√™me, au niveau politique, √ l’instar du pari de Kennedy des ann√©es 60, la ZLEA renforcerait le blocus de Cuba et contribuerait √ isoler des projets comme celui de Ch√°vez.

De toute mani√®re, le d√©bat sur la lib√©ralisation du commerce n’est pas clos. Le mois prochain, √ Hong Kong, une table ronde plus large que le Sommet de chefs d’√‰tat de Mar del Plata, la conf√©rence minist√©rielle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) [6], remettra √ nouveau le d√©bat sur la table. Et les arguments √©conomiques et politiques seront les m√™mes, sauf qu’ils seront disput√©s par un nombre de joueurs bien plus important.

Personne ne doute de la capacit√© de r√©action du D√©partement d’√‰tat [√©tats-unien] et de ses alli√©s du G-7.

L’√©lection du 23 octobre

Le pr√©sident N√©stor Kirchner s’est rendu √ Mar del Plata apr√®s avoir largement l√©gitim√© son mandat le 23 octobre dernier lors des √©lections parlementaires de mi-mandat.

En r√©alit√©, le scrutin faisait la synth√®se de deux √©lections : le renouvellement du Congr√®s national, des parlements provinciaux et communaux, ainsi que le second tour √©lectoral qui n’avait pas eu lieu √ cause de la fuite de Carlos Menem [7] dans les poubelles de l’histoire. La l√©gitimit√© controvers√©e de Kirchner pour avoir acc√©d√© au gouvernement avec 22% des votes ne l’est donc plus.

A √©galement √©t√© balay√©e la conviction de ceux qui soutenaient que l’autorit√© de Kirchner avait √©t√© d’une certaine fa√ßon d√©l√©gu√©e par l’ex-pr√©sident Eduardo Duhalde [8], chef pendant de nombreuses ann√©es de la province de Buenos Aires, principal district √©lectoral et bastion du justicialisme [p√©ronisme] [9].

L’arriv√©e de Cristina Fern√°ndez de Kirchner [l’√©pouse du pr√©sident Kirchner] dans la province de Buenos Aires a d√©truit la r√©sistance des duhaldistes men√©s par Chiche Duhalde, l’ex-premi√®re dame [10], m√™me si Chiche et l’appareil duhaldiste avaient d√©j√ go√ »t√© √ la d√©faite face √ la candidate de la (si vite avort√©e) Alianza [11], Graciela Fern√°ndez Meijide, √ l’√©poque du d√©clin du m√©n√©misme.

De toute mani√®re, cette fois, la puissante structure client√©liste du Parti justicialiste et de ses intendants a √©t√© bless√©e √ mort. Une question, non des moindres pour le futur de la politique argentine, est de savoir si cet appareil dispara√ģt ou s’il aura seulement chang√© de mains.

Pour l’heure, il est difficile de donner une r√©ponse pr√©cise √ cette interrogation. L’√©lection a montr√© que les appareils √©lectoraux sont importants, mais non inexpugnables.

Un exemple : le plus l√©gendaire des dirigeants de la conurbation de Buenos Aires, l’intendant Manuel Quindimil, un homme politique de poids depuis les d√©buts du p√©ronisme, est rest√© fermement du c√īt√© de Duhalde. Il a continu√©, comme toujours, √ utiliser tout l’appareil client√©liste, et il a √©t√© largement battu. L’ex-membre de l’Alianza, Mart√≠n Sabbatella, qui r√©ussit √ √™tre en 1999, √ seulement 29 ans, maire de Mor√≥n, a obtenu une double victoire. Gr√Ęce √ une inhabituelle r√©partition de bulletins dans une √©lection aussi polaris√©e, les votes en sa faveur ont d√©pass√© ceux port√©s sur l’appareil duhaldiste de m√™me que ceux en faveur de Cristina de Kirchner.

Dans un autre district traditionnellement p√©roniste comme la province de Santa Fe, le socialiste Hermes Binner a largement triomph√©, tandis que dans la capitale, face √ la dispersion et √ l’atomisation de la gauche et du ¬« progressisme ¬ », s’est impos√© le chef d’entreprise Mauricio Macri [12], un apprenti Berlusconi du R√≠o de la Plata √ la mode de chez nous.

Bien que Macri n’ait pas obtenu plus de votes que la fois pr√©c√©dente, quand il luttait pour la t√™te du gouvernement de la ville de Buenos Aires, son triomphe le place en bonne position pour le marketing de la droite. Il a d√©pass√© l’√©conomiste et ex-ministre du gouvernement de Fernando de la R√ļa [1999-2001], Ricardo L√≥pez Murphy [13] qui n’est m√™me pas arriv√© en quatri√®me position dans la province de Buenos Aires, apr√®s avoir repr√©sent√© lors des pr√©sidentielles de 2003 le choix le plus rationnel de la droite, juste derri√®re Kirchner.

Tel est le tableau politique √©lectoral de l’Argentine en vue des √©lections de 2007. Kirchner, au centre de la sc√®ne, pourrait annoncer tr√®s vite sa candidature √ la r√©√©lection. Toutefois, d’apr√®s ce qu’on a pu observer le 23 octobre dernier, ses propres forces ne suffiront pas. A droite, la constitution d’un front √©lectoral ne r√©servera pas de grandes surprises. Pour la gauche, c’est la grande inconnue.

Le Sommet des Peuples

Quelques jours avant la r√©union de Mar del Plata, le minist√®re des Relations ext√©rieures argentin ou une op√©ration des services de renseignement a fait pass√© un document √ la presse dans lequel on montrait les avantages suppos√©s pour l’√©conomie de se joindre √ la ZLEA. On y disait que des 34 milliards de dollars d’exportations annuelles que l’on atteindrait cette ann√©e, on pourrait passer √ quelques 80 milliards. Quelque chose qui tient du miracle pour ceux qui ont √©tudi√© techniquement la question.

Il y a quelque temps, deux entreprises leaders sur le march√© -dont Arcor, entreprise agroalimentaire tr√®s li√©e √ l’ex-ministre Domingo Cavallo [14] - ont confi√© une √©tude √ un cabinet de conseil priv√© sur l’effet qu’aurait sur leurs march√©s ext√©rieurs une annexion du Mercosur √ la ZLEA, ou √ d√©faut, un accord entre le bloc r√©gional et l’Union europ√©enne. Dans les deux cas, il ressortait de l’√©tude empirique de simulation que ces entreprises, aujourd’hui tr√®s prosp√®res (Arcor √©tait d√©j√ leader dans son domaine au temps de la Convertibilit√©, c’est-√ -dire avec le taux de change un dollar pour un peso, inutile donc de parler de sa situation apr√®s la d√©valuation), perdaient leurs march√©s du fait d’une d√©viation du commerce, que ce soit par rapport √ leurs concurrents nord-am√©ricains ou par rapport aux europ√©ens.

Par cons√©quent, il √©tait tr√®s difficile d’envisager une adh√©sion du gouvernement argentin au projet de la ZLEA, du moins dans les termes propos√©s par les √‰tats-Unis et ses alli√©s lors de ce sommet.

Contre ceux qui pronostiquaient que Kirchner, en √©change d’un appui de Bush dans la n√©gociation avec le Fonds mon√©taire international (FMI), abandonnerait sa position pro-Mercosur, l’Argentine est rest√©e align√©e sur ses associ√©s r√©gionaux et le Venezuela.

Tout comme √ Seattle, G√™nes et Canc√ļn, il y eut en r√©alit√© d’autres invit√©s √ la r√©union outre les pr√©sidents et les d√©l√©gations de fonctionnaires.

Dès que la rencontre de Mar del Plata a été programmée, les organisations sociales du monde entier ont convoqué un Sommet des Peuples.

Comme au Forum social mondial, des repr√©sentants de pr√®s de 500 organisations syndicales, sociales et de droits de l’homme, aux c√īt√©s de milliers de militants de base, ont particip√© √ des ateliers et √ des conf√©rences pour discuter de politiques alternatives √ celles impuls√©es par les grandes puissances.

Cette force sociale et politique, qui s’est exprim√©e dans les rues de Mar del Plata comme dans les manifestations anti-Bush qui ont eu lieu dans bon nombre de villes argentines et plusieurs de l’Uruguay, n’a pu √™tre ignor√©e lors de la r√©union √ huis clos o√Ļ se discutait le futur de la ZLEA.

Les accompagnateurs de Bush ont soulign√© que le discours de Kirchner les avait d√©sagr√©ablement surpris, qu’en inaugurant le sommet en sa qualit√© de pays h√īte il avait parl√© en r√©alit√© ¬« pour la tribune ¬ ». C’est-√ -dire qu’il a r√©it√©r√© les critiques envers le FMI et ses recettes qui ont conduit √ la plus grande d√©pression √©conomique de l’histoire argentine.

Si, √ une √©poque r√©cente, il y avait des doutes sur la feuille de route de Kirchner, le bras de fer de Mar del Plata en a √©clairci certains.

Ch√°vez, le Che, Evita, Rosa Luxembourg et Chomsky

Le pr√©sident Hugo Ch√°vez a captiv√© l’assistance au Sommet des peuples et une grande partie des Argentins qui ont appr√©ci√© sa rh√©torique durant presque deux heures et demie sur les √©crans de t√©l√©vision.

Il a affirm√© qu’il allait livrer lors du sommet une bataille frontale contre la ZLEA, ajoutant au passage que Fidel l’avait appel√© avant qu’il n’entre dans le stade.

Dans son long discours, nombreux sont les concepts de Ch√°vez qui m√©ritent d’√™tre relev√©s [15].

Il a signal√© que la ZLEA √©tait juste une bataille. Selon lui, nous sommes devant une longue guerre contre le n√©olib√©ralisme, contre le capitalisme et pour le socialisme. Il a rappel√© la formule de Rosa Luxembourg ¬« socialisme ou barbarie ¬ », alors que le capitalisme conduit dans son ardeur consum√©riste √ la destruction de l’√©cosyst√®me et √ la disparition de la vie sur la plan√®te.

Dans son √©vocation des ¬« lib√©rateurs ¬ » Miranda, Bol√≠var, San Mart√≠n, Sucre, O’Higgings, il n’a pas oubli√© le pass√© r√©cent, mentionnant le Che, Fidel Castro, Per√≥n et Evita. A son appel ont d√©fil√© √ la tribune Diego Maradona, Evo Morales et Lazarito, le plus jeune de la d√©l√©gation cubaine.

Il a pr√©venu que la guerre de cent ans commencerait si le D√©partement d’√‰tat d√©cidait d’envahir le Venezuela, en m√™me temps qu’il a adress√© un message aux Forces arm√©es du continent et racont√© une anecdote √ la Brecht sur le fusil et le soldat.

Dans un remarquable exercice de synth√®se, il a r√©solu d’un trait de plume le lourd d√©bat √ propos de l’URSS et du mal nomm√© socialisme r√©el. ¬« Le socialisme est all√© faire la noce ¬ », a dit Ch√°vez.

Citant Noam Chomsky, dont il a chaudement recommand√© la lecture, il a pr√©cis√© qu’actuellement deux grandes puissances existaient dans le monde : l’imp√©rialisme nord-am√©ricain et l’opinion publique mondiale.

Il importe de s’interroger sur les implications de tout ce programme anti-capitaliste formul√© par Ch√°vez, et si, au-del√ de la rh√©torique, il croit v√©ritablement √ cette histoire de ¬« tigre de papier ¬ ».

Bien s√ »r, des questions nombreuses et diverses sont rest√©es en suspens √ Mar del Plata. C’est sur cela que se sont focalis√©s les ateliers du IIIe Sommet des peuples et la rencontre syndicale mondiale. A savoir : si en plus de l’opinion publique mondiale, il faut compter sur des politiques alternatives concr√®tes pour obtenir le respect des droits des peuples et surmonter le probl√®me de la faim et de la pauvret√©.

C’est justement cela que devait aborder le Sommet des chefs d’√‰tat : comment donner une r√©ponse au drame de la faim et de la pauvret√©. De l√ , rien n’est sorti. Comme il y a 44 ans.

Notes :

[1[NDLR] Sous l’administration du pr√©sident John F. Kennedy, et pour contrer l’expansion des mouvements r√©volutionnaires inspir√©s par l’exemple de Cuba, une politique de r√©formes sociales et de d√©veloppement √©conomique a √©t√© entreprise, politique demeur√©e dans l’Histoire sous le nom d’¬« Alliance pour le progr√®s ¬ ». Au-del√ de la rh√©torique, d√©veloppement √©quitable et justice sociale ne suivront pas.

[2[NDLR] Quatrième sommet des Amériques, Mar del Plata, Argentine, les 4 au 5 novembre 2005.
Consultez le dossier ¬« L’ALCA en panne¬ » sur RISAL.

[3[NDLR] Conf√©rence du Conseil interam√©ricain √©conomique et politique, le 8 ao√ »t 1961.

[4[NDLR] √ rea de Libre Comercio de las Am√©ricas - ALCA ; Free Trade Area of the Americas - FTAA.
[NDLR] Lire CETRI, Origine, objectifs et effets de l’ALCA (Zone de Libre-Echange des Am√©riques), RISAL, ao√ »t 2003.

[5[NDLR] Le Mercosur, cr√©√© en 1991, est une zone r√©gionale de coop√©ration √©conomique du c√īne Sud (march√© du c√īne Sud) qui rassemble le Br√©sil, l’Argentine, l’Uruguay et le Paraguay, ainsi que d’autres nations ayant le statut de pays ¬« associ√©s ¬ ».

[6[NDLR] Du 13 au 18 décembre 2005.

[7[NDLR] Carlos Menem, ¬« p√©roniste ¬ », a √©t√© pr√©sident de l’Argentine de 1989 √ 1999. Son gouvernement est associ√© √ la corruption et √ l’imposition de politiques n√©olib√©rales agressives. En 2003, il s’est repr√©sent√© √ la pr√©sidence. Il a remport√© le premier tour des √©lections pr√©sidentielles. Il s’est finalement retir√© de la course, devant des sondages qui donnaient une √©crasante victoire √ son adversaire, Nestor Kirchner.
Lire Carine Thibault, Argentine : un petit tour et puis s’en va, RISAL, 18 mai 2003.

[8[NDLR] Eduardo Duhalde est le pr√©d√©cesseur de Kirchner, membre de l’appareil du parti p√©roniste, le Parti justicialiste, et tr√®s influent dans la r√©gion de Buenos Aires. Il a √©t√© √©lu pr√©sident "de transition" par le Congr√®s en f√©vrier 2002, apr√®s le soul√®vement populaire de d√©cembre 2001. Son clan s’est affront√© √ celui de Kirchner √ l’occasion des √©lections d’octobre 2005.

[9[NDLR] Léa Terbach, Genèse du Péronisme, RISAL, 2002.

[10[NDLR] Juan Carlos Galindo, Des vamps de grande classe √ la poursuite de l’ombre d’Evita, RISAL, 3 novembre 2005.

[11[NDLR] L’ ¬« Alliance ¬ » gouverna l’Argentine de 1999 √ 2001, jusqu’au soul√®vement populaire de d√©cembre 2001, connu sous le nom d’Argentinazo. Il s’agit d’une alliance entre l’Uni√≥n C√≠vica Radical et le Frepaso, un parti de centre gauche.

[12[NDLR] M√©n√©miste, Maurico Macri est un puissant chef d’entreprise argentin.

[13[NDLR] Ricardo Lopez Murphy est également un ex-fonctionnaire de la dernière dictature. Il attire avant tout les suffrages de la droite néolibérale pure et dure.

[14[NDLR] Directeur de la Banque centrale durant la dictature et ministre de l’Economie sous les pr√©sidences de Menem et de De La Rua.

[15[NDLR] Lire la traduction int√©grale du discours de Ch√°vez : http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article=2876.

Source : Revista Sin Permiso (www.sinpermiso.info), 6 novembre 2005.

Traduction : Catherine Goudoun√®che, pour RISAL (www.risal.collectifs.net).

Les opinions exprimťes et les arguments avancťs dans cet article demeurent l'entiŤre responsabilitť de l'auteur-e et ne reflŤtent pas nťcessairement ceux du Rťseau d'Information et de Solidaritť avec l'Amťrique Latine (RISAL).
RISAL.info - 9, quai du Commerce 1000 Bruxelles, Belgique | E-mail : info(at)risal.info