Entreprises sous gestion ouvrière : le succès et ses dangersRésultat d’une crise aussi étendue que profonde et d’un extraordinaire processus d’auto-organisation sociale, notre pays est depuis quelques années un formidable laboratoire d’expériences sociales. Une des principales composantes de ces expériences est le mouvement d’occupation et de gestion ouvrière. Actuellement, plus de deux cents entreprises abandonnées par leurs patrons se trouvent gérées par leurs travailleurs et travailleuses. Cette réalité, produit de la crise du capital, a commencé au début des années 90 mais le phénomène s’est réellement développé avec la crise de 2001-2002 [1].
Ce début d’année 2006 est une bonne occasion de faire le bilan de la situation et de réaliser un rapide examen des forces et des faiblesses de ce processus. Bilan également opportun car avec cette nouvelle année apparaissent des données qui indiquent la fin d’une période et montrent peut-être les prémisses de l’entrée dans une nouvelle étape qui naturellement renferme des potentialités mais aussi des risques dont l’origine se trouverait précisément dans le succès de la gestion ouvrière de la période précédente.
Le noyau dur de ces expériences - celles qui ont surgi au moment de la crise de 2001-2002 et de l’agitation sociale de l’époque - existe déjà depuis 4 ans, au cours desquels, non sans vicissitudes et contretemps, les travailleurs ont démontré une grande capacité à préserver les unités productives et les services ainsi qu’à maintenir leurs sources de travail. Néanmoins il est nécessaire de rappeler que ce processus sous-jacent est beaucoup plus profond.
Contenu et tensions de la gestion ouvrière
Sous le régime de production capitaliste, les travailleurs, en tant que producteurs collectifs, se trouvent privés de la connaissance intégrale de la chaîne productive et de toute autorité sur le processus de production, sur le produit de leur travail et sur le résultat de la vente de ce produit. Le monopole de cette connaissance et de cette autorité, sous contrôle du capital, n’est pas à leur portée.
De fait, et au-delà de la conscience que les protagonistes eux-mêmes ont de leurs actes, leur action autonome d’occuper, résister, produire, vendre, percevoir l’argent, se payer eux-mêmes, remet en cause le monopole de ce savoir et de cette autorité qu’exerce le patron et que transmet le contremaître.
De plus, avec la loi du capital, le travail devient abstrait, le produit de ce travail apparaît au travailleur comme éloigné. C’est la base de l’aliénation du travail au capital.
A l’inverse, le fait que les travailleurs prennent en charge les entreprises abandonnées par les patrons met en lumière une des grandes mystifications qui permet au système de fonctionner : ce n’est pas le fruit de la nature si le patron dirige, et si les machines appartiennent à quelqu’un d’autre plutôt qu’à ceux qui les entretiennent et les font fonctionner tous les jours.
Dans ces expériences ces deux questions sont en tension permanente, car quand les travailleurs, poussés par la peur et le désespoir occupent les entreprises et se mettent à produire, ils portent atteinte au sacro-saint principe de la propriété privée. De manière embryonnaire ils construisent de nouveaux rapports de production en prenant en charge l’administration intégrale de l’entreprise dans une logique autogestionnaire.
D’un seul coup ils se réapproprient leurs savoirs de production, quotidiennement expropriés, et en parallèle ils s’approprient de nouvelles connaissances auxquelles l’accès leur était auparavant refusé.
En s’attaquant au secteur de l’administration, en découvrant le coà »t des matières premières et des principaux facteurs de production, en prenant conscience des prix de vente réels et des manipulations financières, de la façon dont pèse leur salaire sur le coà »t total d’un produit fini, en sachant quel est le temps nécessaire pour la production et combien d’heures ils travaillent pour y parvenir, ils découvrent peu à peu l’origine du profit de l’entreprise et le caractère de l’exploitation capitaliste.
Mais il y a également une deuxième ligne de tension, bien plus immédiate, quotidienne et perceptible. Car ces expériences ont un double profil. D’un côté, elles sont profondément subversives car elles impliquent implicitement le déplacement du capital par l’organisation ouvrière, qui cherche à prendre en main le contrôle des entreprises. De l’autre, elles ont un côté conservateur ou si l’on veut défensif, tout à fait légitime, dà » à l’instinct de survie pour défendre la source de travail afin de nourrir son foyer.
Cette double ligne de confrontation est finalement celle qui détermine, selon la manière dont elle est réglée, l’orientation générale du processus. C’est en ce sens que cette nouvelle année dans laquelle entre la gestion ouvrière peut être décisive.
Changement dans les relations sociales
Même avec les limitations qui surgissent de cette double ligne de confrontation et avec les conditionnements imposés par la situation générale, il y a des progrès.
Le suivi que nous avons effectué de quelques-unes de ces entreprises et les informations qui nous arrivent de certaines autres nous permettent de confirmer qu’il y a d’irréfutables changements dans les relations sociales pour un grand nombre de ces unités productives et de service [2] :
— Récupération des valeurs démocratiques : on discute de la manière dont on décide, qui décide et ce qui se décide.
— Des signes d’une capacité collective innovatrice : modifications dans le processus de production et dans les lay-out de l’entreprise.
— Eradication du despotisme patronal : élimination de la figure du contremaître et affaiblissement des contrôles de l’entreprise.
— Humanisation des relations de production : adéquation des rythmes de travail, allongement des pauses, autorisations supplémentaires justifiées, etc.
Voici les plus importants changements que nous avons enregistrés. Pris dans leur ensemble ils montrent que dans la gestion ouvrière il y a de manière embryonnaire, une solution de classe à la crise nationale. Bien sà »r, il s’agit d’expérimentations à petite échelle, où le degré de complexité technique et de gestion est en général minimum.
Cependant, ces expériences sont suffisantes pour montrer que la solution n’est pas d’augmenter le degré d’exploitation ni de se soumettre aux prétentions du capital comme à quelque chose d’établi de manière définitive.
De plus, beaucoup de ces entreprises ont exploré des chemins inédits en intégrant leur activité productive à une activité culturelle plus ample. De vrais complexes à la fois productifs et culturels se profilent donc.
Des centres culturels ont été créés, des espaces ont été cédés à des écoles techniques et des centres de formation professionnelle, on a organisé des bibliothèques et des cantines populaires, des campagnes de solidarité à des fins spécifiques ont été déployées ainsi qu’une quantité innombrable d’initiatives.
Cependant, il faut tenir compte du fait que beaucoup d’entreprises travaillent à flux tendus [3] comme par exemple dans la branche textile où la pratique est courante ; mais dans la majorité des entreprises sous gestion ouvrière, cette modalité devient une nécessité en raison de l’absence de capital de roulement, c’est-à -dire la nécessaire capacité financière pour soutenir le cycle d’approvisionnement en matières premières et matériaux, la production, les ventes, les recouvrements et ainsi de suite.
Le résultat en est qu’il y a une sorte de patron occulte, qui fournit la matière première et récupère le produit fini, fixe le prix de la main d’Å“uvre et les dépenses générales, qui impose également les rythmes de production, et contrôle toute la chaîne de distribution. Dans certains cas cela peut impliquer la perte de la marque [4]
Bien évidemment dans la mesure où la gestion ouvrière a réussi à soutenir la production dans le temps, les ouvriers se constituent peu à peu un capital pour financer leur production et il existe maintenant beaucoup de cas où l’on combine, dans diverses proportions, le travail à flux tendus et la production propre.
Nouvelle étape : les risques
A part quelques exceptions telles que la céramique Zanón [5], l’hôtel Bauen [6], l’entreprise d’électroménager RENACER qui, entre autres, n’ont pas encore obtenu l’approbation d’une législation qui favoriserait la possession par les travailleurs, la majorité des entreprises sous gestion ouvrière ont stabilisé leur situation.
Stabilisation tant au niveau juridique en obtenant une forme d’expropriation qui leur permet de planifier leur existence, qu’au niveau économique parce qu’elles ont atteint une certaine continuité dans leur production, réarmé leurs chaînes d’approvisionnement et de distribution et atteint un niveau de ventes satisfaisant.
A l’abri de l’actuel cycle d’expansion soutenue de l’économie argentine, ces entreprises ont augmenté leurs niveaux de production, ouvert de nouvelles lignes en étendant leur gamme de produits et en incorporant de nouveaux travailleurs et travailleuses.
Grâce à la gestion ouvrière, les travailleurs et travailleuses ont également stabilisé leurs recettes et flexibilisé (dans le bon sens) leur régime de travail. Dans beaucoup de ces expériences, si ce n’est dans toutes, la gestion ouvrière a posé certaines limites à l’auto exploitation. Les ouvriers régulent leurs rythmes de travail et de production et ils se sont fixé des redistributions sous certaines conditions qui permettent dans certaines conditions de couvrir les nécessités élémentaires des travailleurs et travailleuses et de leurs familles.
En moyenne, leur revenu mensuel est supérieur au seuil de pauvreté établi par l’INDEC [Institut national de statistiques argentin], bien qu’au dessous du niveau du montant du panier de la ménagère historique.
Cette stabilisation juridique, productive et économique (qui coïncide avec la fin de l’apogée des occupations des entreprises) clôt la première phase de ce processus. Cette première étape est ce que j’appelle « la période héroïque  » qui débute avec l’occupation, continue avec la résistance et se consume avec la production et la vente du produit.
La coopération non forcée, la solidarité interne et externe ; l’assemblée comme organe de décision ; la relation avec d’autres mouvements sociaux ; l’établissement de liens avec la communauté, sont les traits les plus distinctifs de cette période et c’est ce qui marque des niveaux différenciés de politisation.
Même la constitution d’organismes supra-entreprises qui jouent clairement le rôle d’orientation politique, font partie de cette étape, dans laquelle d’une certaine façon le profil subversif tend à prévaloir.
La fin de cette période, grâce à la stabilisation, ouvre le pas à une seconde étape que, faute d’une meilleure dénomination j’appellerai « période du marché et de la concurrence  ». Si ce qui caractérisait la phase précédente était la volonté collective, l’effort, l’audace, ce qui tend à prédominer aujourd’hui est la rationalité d’entreprise, l’introduction de méthodes et de critères de gestion, le calcul des coà »ts et de la rentabilité, les améliorations de productivité et de qualité pour répondre aux défis du marché. C’est un processus objectif qui vient de l’impossibilité de s’isoler des lois du marché et de la concurrence.
Et c’est ici qu’apparaissent ce que j’appelle « les risques du succès  ». Car ces entreprises, il n’y a plus de doute, ont réussi ; leur seule permanence en est la preuve. Mais au cours de cette deuxième étape, avec le succès, les liens de solidarité et les niveaux de politisation tendent à s’affaiblir. Et encore plus dans le contexte politique actuel.
Notons qu’à quelques exceptions, ni le gouvernement national, ni les gouvernements locaux se sont opposés à ces expériences, au contraire, ils ont approuvé une série de programmes d’assistance technique, de qualification en gestion d’entreprise, de planification stratégique, d’aide financière à des fins spécifiques, d’administration du personnel, et tentent de les consolider.
Cependant si l’on étudie de plus près ces aides publiques, on se rend compte que l’orientation explicite de cette politique, qui coïncide avec celles de certaines institutions financières et coopératives, est de pousser ces entreprises à se transformer en coopératives traditionnelles [7].
Beaucoup de ces programmes ou qualifications sont certes nécessaires, mais par ce procédé on cherche à limer le profil subversif de ces expériences en affirmant un côté conservateur et en les transformant en simples PME. On fait en sorte que ces entreprises ne remettent pas en cause le système, mais au contraire, qu’elles s’intègrent dans l’ordre des choses institué par le capital [8].
Dans les moments d’expansion du cycle d’occupation des entreprises, qui coïncide généralement avec une augmentation des luttes sociales, le profil subversif prédomine. A l’inverse, si la situation politique ne s’échauffe pas, c’est l’aspect conservateur qui prime.
Ainsi, il est presque logique qu’une fois passée la « période héroïque  » les travailleurs se renferment dans les problèmes de production et de gestion. Ce sont les forces du marché et la concurrence qui les poussent à abandonner toute action de solidarité, de participation à des mobilisations et toute tentative de se mettre en relation avec d’autres collectifs. Ils perdent ainsi une bonne partie de l’élan politique d’origine et ils tendent à s’isoler [9].
Dans ce contexte, les assemblées deviennent plus sporadiques ; les décisions sont déléguées à ceux qui se démarquent le plus (de futurs gérants potentiels) ; les différences de salaires tendent à réapparaître et la logique du capital, comme l’eau qui déborde, profite des moindres failles.
Ce sont les dangers à affronter. L’orientation politique jouera un rôle plus que décisif dans cette nouvelle période. Dans cette perspective, l’actuelle fragmentation du mouvement est un symptôme de faiblesse qu’il faudra surmonter [10].
Nouvelle étape : nouvelles potentialités
Le mouvement des entreprises sous gestion ouvrière se trouve, en ce début 2006 à l’aube d’une nouvelle étape. Etape chargée de dangers mais aussi de valeurs, d’enseignements et d’attitudes déjà intégrées. Tout dépendra de la compréhension des travailleurs eux-mêmes et des initiatives politiques qui tenteront de définir le sens de leur orientation.
Une donnée additionnelle incorporée ces derniers mois pourrait doter le mouvement d’un nouvel élan. Cette donnée n’est autre que l’initiative du gouvernement bolivarien du Venezuela de convoquer la première Rencontre latino-américaine des entreprises récupérées, à Caracas.
Au-delà des « vices  » dans la manière dont furent sélectionnés les représentants de l’Argentine et avant de savoir si les objectifs proposés furent atteints ou non, on sait d’ores et déjà que l’initiative a permis de mettre en contact des délégués de plus de deux cents entreprises sans patron qui ont échangé des informations, fait part de leurs expériences d’appropriation et d’administration. Ils ont également signé une quantité d’accords commerciaux et de collaboration [11].
Mais surtout, ils ont pris connaissance de la dimension et de l’impact de leur expérience, qui dépasse le cadre étroit des frontières nationales et qui existe dans plusieurs pays latino-américains.
Ils ont observé de près les diverses expériences de cogestion impulsées par les travailleurs et le gouvernement bolivarien. Quand la propriété est partagée, elle peut l’être entre travailleurs, propriétaires et Etat, mais elle peut aussi être directement partagée entre les ouvriers et l’Etat.
C’est précisément ce type de propositions de cogestion entre ouvriers et Etat, avec les adaptations nécessaires, qui aurait peut être évité la voie sans issue dans laquelle furent amenées certaines entreprises qui ont fini par ouvrir la porte à des positions purement patronales, affaiblissant ainsi les luttes emblématiques et plus qu’exemplaires sur de nombreux aspects.
Des propositions de ce type pourraient peut être constituer une solution pour les entreprises auxquelles on refuse la solution juridique.
Si l’initiative vénézuelienne prospère, la nouvelle étape aura un contenu international fort et positif qui élèvera le degré de politisation de ces expériences, ouvrant ainsi de nouvelles possibilités à ce formidable processus d’autogestion ouvrière.
[1] [NDLR] Consultez le dossier « Argentinazo  » sur RISAL.
[2] Cette systématisation est le produit d’un suivi détaillé que nous sommes en train de réaliser, de six entreprises, complété par des rapports partiels d’autres entreprises. Il se peut donc qu’il soit incomplet et il faut relativiser la généralisation.
[3] [NDLR] Méthode de production visant à réduire les coà »ts de façon constante.
[4] C’est le cas notamment de la fabrique de gâteaux Grissinopoli de Buenos Aires. On leur achète pratiquement toute leur production qui est vendue sous le nom de "TÃa Maruca". Ainsi, ils perdent la marque "Grissinopoli" connue sur le marché depuis 40 ans.
[5] [NDLR] Lire Raul Zibechi, Un autre monde est possible : les céramiques Zanon, RISAL, 3 février 2005.
[6] [NDLR] Lire Cécile Raimbeau,En Argentine, occuper, résister, produire, RISAL, 27 décembre 2005.
[7] Toutes les entreprises ont adopté le régime de Coopératives, entre autres raisons parce qu’il n’existe pas d’autre forme juridique en vigueur qu’elles pourraient assumer. Cependant, dans beaucoup de ces entreprises les travailleurs nous ont dit : « nous nous constituons comme des coopératives mais nous ne sommes pas des coopératives  ».
[8] Les propositions de l’EDI [Economistes de gauche, Economistas de Izquierda] vont dans un sens différent. Pedro Resels a proposé une Société ouvrière des entreprises récupérées (SOER) qui tente de donner un cadre juridique qui éviterait de tomber dans les déformations dans lesquelles tombent en général les coopératives traditionnelles. Personnellement j’ai proposé des projets de loi pour la formation d’un Fonds rotatoire de capital opérationnel pour la réorientation d’une partie des dépenses de l’Etat vers ces entreprises, en essayant ainsi d’éviter de tomber dans le marché bancaire ou d’avoir à travailler à flux tendus et de garantir un certain niveau de demande. Cela leur éviterait de rester conditionnées par le marché et la concurrence. A ce sujet, voir « Propuestas para la reconstrucción popular de la economÃa  » troisième document de EDI, Buenos Aires. Mars 2003, et la revue EDI n°1 Buenos Aires, avril 2005.
[9] Le cas de l’entreprise Grissinopoli, aujourd’hui coopérative La nueva esperanza est plus qu’emblématique. C’est une des entreprises qui se démarquait le plus avec ses mobilisations, ses actions solidaires, qui était entourée de nombreuses organisations sociales et politiques, qui avait créé le centres des Arts et Métiers « Grissiculture  » qui a développé pendant deux ans une intense activité culturelle, totalement autonome par rapport à l’Etat national et local. Cependant une fois que l’expropriation a été obtenue, le recul a commencé, le repli sur l’activité productive (ils ont incorporé 50% de travailleurs et habilité une seconde ligne de production) pour culminer en fermant le centre culturel et en s’isolant de toute relation qui ne soit pas purement commerciale.
Les cas de l’entreprise graphique Chilavert dans la capitale, le supermarché El Tigre à Rosario, de l’entreprise ISACO à San Martin, la clinique Junin à Cordoue sont, entre autres, des expériences totalement inverses. Elles ont affirmé leur capacité de production et / ou leurs services, et en même temps elles ont élargi leurs activités culturelles et leurs relations avec d’autres collectifs sociaux et politiques, sans abandonner leurs actions solidaires.
Bien évidemment, les cas de l’entreprise de céramique Zanón et de l’hôtel BAUEN sont à l’avant-garde, tant au niveau des processus de production et des services qu’au niveau des activités culturelles, solidaires et des relations avec la communauté et autres. Mais à la différence des précédentes, ils n’ont toujours pas réussi à résoudre le problème de leur situation juridique.
[10] Le Mouvement national des usines récupérées (Movimiento Nacional de Fábricas Recuperadas : MNFR) et la Fédération des Coopératives, qui dans leur ensemble regroupent 22% de ces entreprises, ont clairement une orientation patronale, le MNFR par exemple intervient directement dans l’orientation interne de chaque entreprise. Le Mouvement National d’Entreprises Récupérées (MNER), qui constitue 32% du total, a une orientation plus politique avec des propositions concrètes ; il défend l’autogestion et le respect des décisions des collectifs ouvriers, mais les divisions internes ont affaibli sa présence ces derniers temps. Cependant il a joué un rôle important dans l’organisation du récent sommet de Caracas. Les entreprises autonomes, qui ne sont référencées dans aucun des groupements précédents, même si elles ne forment pas de regroupement propre, constituent 46% du total et comptent parmi elles quelques expériences plus avancées.
[11] Selon le Rapport des résultats et des tables rondes, rapport officiel de l’événement, 209 entreprises de 7 pays y ont participé ; 74 accords furent passés et 197 rendez-vous ont été pris au cours des Tables Rondes. 74 entreprises ont présenté des exposés au sujet de leurs activités. Les accords passés concernent, parmi les plus importants : la fourniture d’équipement de production, les transferts technologiques, les qualifications et formations, le financement, le développement de programmes et de projets.
Source : Correspondencia de Prensa - Bulletin d’information. Réseau solidaire de la Gauche radicale. Année III. N° 9228- 11 janvier 2006. Rédaction : germain@chasque.net.
Traduction : Elise Vallade, pour RISAL (http://www.risal.collectifs.net/).