Bolivie
Les m√©dias boliviens et la campagne ¬« anti-Evo ¬ »
par César Fuentes
Article publiť le 20 novembre 2006

¬« En tant que gouvernement du mouvement indig√®ne paysan, notre premier opposant et ennemi est la grande majorit√© des m√©dias. Chaque jour ils nous combattent, nous d√©nigrent, nous offensent avec des mensonges. Ils veulent nous d√©truire politiquement, ils veulent d√©truire le gouvernement et l’Assembl√©e constituante ¬ » [1], proteste le pr√©sident.

La campagne ¬« anti-Evo ¬ » d√©velopp√©e par une partie des m√©dias priv√©s nationaux s’est durcie apr√®s l’annonce de deux mesures essentielles du programme gouvernemental : la nationalisation des hydrocarbures et la redistribution de la terre.

Pour le moment, la campagne soutenue sur les radios, les t√©l√©visions, dans la presse, par des graffitis, des pancartes et jusqu’aux refrains des supporters de foot, se fait sur deux axes : d√©pr√©cier l’ennemi Evo Morales en le pr√©sentant comme un incapable, et ensuite organiser un climat d’instabilit√© politique et sociale dans le pays.

La presse exag√®re les probl√®mes de gestion du gouvernement novice ainsi que les fr√©quents blocages et mobilisations de l’ouest du pays. Certaines cha√ģnes de radios et t√©l√©visions notamment amplifient les annonces de guerre civile lanc√©es par la presse internationale [2].

Jusqu’ici les m√©dias dans leur ensemble avaient gard√© un certain respect pour la fonction pr√©sidentielle, mais aujourd’hui certaines d√©clarations filtrent, comme celle d’un d√©put√© de Poder democr√°tico y social (Podemos) qui a demand√© de faire vacciner Evo contre la rage. Ils frappent durement Morales, le ¬« colla [3] aigri ¬ » qui ¬« dit des stupidit√©s ¬ »... On a vu √ la t√©l√©vision des petits jeunes insultant la m√®re du pr√©sident. Le terme ¬« pr√©sident ¬ » dispara√ģt peu √ peu des titres.

Qui sont les plus hostiles ?

Les entreprises m√©diatiques les plus hostiles sont aux mains des grands propri√©taires terriens touch√©s par la politique agraire du gouvernement. ¬« J’ai v√©rifi√© que les propri√©taires de certaines cha√ģnes de t√©l√©vision qui nous attaquent jour et nuit avaient √©t√© des grands latifundiaires ¬ », a d√©clar√© le chef de l’Etat bolivien. L’analyste politique R√≥ger Cortez a d√©clar√© sur radio Fides que ¬« la v√©ritable direction de l’opposition ¬ » √©tait exerc√©e par ¬« un chef de r√©daction d’une cha√ģne de t√©l√©vision ¬ ».

Le propri√©taire de Unitel, Osvaldo ¬« Pato [4] ¬ » Monasterios, est l’un des principaux actionnaires de Banco Ganadero (la ¬« banque des √©leveurs ¬ »). Eleveur de b√©tail de race, il d√©tient plus de dix mille hectares de terre et est par ailleurs ex-s√©nateur du Mouvement Nationaliste R√©volutionnaire (MNR). Ivo Mateo Kuljis, propri√©taire d’une autre cha√ģne de t√©l√©vision moins critique, la Red Uno, s’est port√© trois fois candidat pour des partis de droite ; il est l’un des plus gros actionnaires de Banco Economico et √©leveur lui aussi.

Morales n’a jamais √©t√© en odeur de saintet√© sur les cha√ģnes de Santa Cruz. Lors des derni√®res √©lections, elles l’ont attaqu√© sans rel√Ęche. Une enqu√™te r√©alis√©e entre le 12 et le 18 d√©cembre 2005 a conclu que la Red de T√©l√©vision Unitel a √©t√© la plus repr√©sentative du d√©s√©quilibre de l’information les jours pr√©c√©dant les √©lections. 144 heures de journaux t√©l√©vis√©s des cha√ģnes Canal 7, ATB, Red UNO, Bolivisi√≥n, Unitel, PAT et Cadena A ont √©t√© visionn√©es. La ligne √©ditoriale de presque tous ces journaux a √©t√© d√©lib√©r√©ment oppos√©e √ la candidature de Morales, y compris au moyen de jugements de d√©valorisation intellectuelle, politique et ethnique. Unitel a interview√© en direct durant 17 minutes le candidat de Podemos √ la pr√©fecture de La Paz, contre une minute accord√©e au candidat du Mouvement vers le socialisme (MAS).

Selon la m√™me √©tude, la presse √©crite fut plus √©quilibr√©e, sauf dans les pages d’opinion, qui ont distill√© haine et racisme contre Evo. 224 articles informatifs et 65 pages d’opinion ont √©t√© analys√©es dans La Prensa, La Raz√≥n, El Diario, Los Tiempos et El Mundo. Dans 100% des cas, ces m√©dias ont insist√© sur le danger post √©lectoral d’une pr√©tendue impossibilit√© de gouverner, et dans certains cas ont d√©crit des sc√©narios catastrophe ou angoissants. Il a √©t√© observ√© deux types d’arguments r√©it√©r√©s contre le candidat du MAS dans les pages √©ditoriales : son incapacit√© √ g√©rer les grandes affaires de l’Etat, et sa propension √ la fabrication de sc√©narios catastrophe [5].

Objectivement partiaux

La presse impartiale, ind√©pendante du pouvoir √©conomique et des int√©r√™ts financiers n’existe quasiment pas. En r√©alit√©, les m√©dias sont des instruments de pouvoir, une arme de d√©stabilisation et de combat aux mains des classes dominantes. Le r√īle de la presse au Venezuela et en Bolivie le d√©montre bien.

Il y a peu, le vice-pr√©sident Alvaro Garc√≠a Linera a appel√© √ Warisata √ la d√©fense de la nationalisation des hydrocarbures avec des frondes et des vieux fusils mauser, et les m√©dias ont pouss√© les hauts cris. Unitel a titr√© : ¬« Alvaro Garc√≠a Linera promet une balle √ ceux qui r√©sisteraient aux d√©sirs du MAS. Le pr√©sident en exercice parle en langage gu√©rillero ¬ ».

Bien avant cela, les milieux d’affaires de l’est ont organis√© des troupes irr√©guli√®res pour se d√©fendre du ¬« gouvernement communiste ¬ » et ont fait des collectes parmi leurs adh√©rents pour financer des groupes d’autod√©fense de la terre ; et le pouvoir m√©diatique, semble-t-il, ne l’a pas su.

La perception s√©lective des m√©dias et leurs curieux crit√®res pour mesurer les faits et la r√©alit√© sont g√©n√©ralement le fait des propri√©taires, mais aussi des employ√©s de premier rang : les conjoncturels ¬« faiseurs d’opinion ¬ ».

Quasiment tous les leaders d’opinion influents - hommes et femmes issus de la classe moyenne, intelligents, qui ont fait des √©tudes sup√©rieures et sont souvent renouvel√©s, dans le style de Andr√©s Oppenhaimer ou Carlos Alberto Montaner - sont eurocentristes √ outrance et ¬« lib√©raux ¬ » de souche ; ils d√©finissent le d√©veloppement d’une soci√©t√© en fonction de sa proximit√© avec la culture ¬« occidentale ¬ ». Pour eux, le ¬« moderne ¬ » est le libre march√© capitaliste, tandis que les mouvements contestataires qui s’opposent au capitalisme, √ la grande propri√©t√© priv√©e et au consum√©risme sont ¬« primitifs, sauvages, anormaux et malsains ¬ ». Dans leur logique cart√©sienne, la ¬« civilisation occidentale ¬ » s’oppose √ la ¬« barbarie indienne ¬ ».

On distingue sur la sc√®ne nationale des personnalit√©s diverses, dont certaines plus bouffonnes que d’autres : Cayetano Llobet (Cadena A), Roberto Barbery (PAT), Manfredo Kempf (La Raz√≥n) Carlos Valverde (PAT), √©ventuellement Mario Espinoza, directeur de la cha√ģne de t√©l√© PAT, et Eduardo P√©rez, directeur de Fides. Tous critiquent les ¬« tendances totalitaires ¬ » des gouvernements populaires qui s’affrontent √ l’Empire [6].

Selon des lecteurs d’Indymedia, dans une enqu√™te d’opinion sur le pr√©sentateur du journal le plus ¬« fasciste, raciste, n√©olib√©ral et absurde ¬ » de la t√©l√©vision bolivienne, c’est certainement Barbery Anaya, ex-fonctionnaire du gouvernement de Gonzalo S√°nchez de Lozada et de Carlos Mesa, qui a re√ßu l’oscar du meilleur artiste du ¬« gonisme [7] ¬ ». Le 15 d√©cembre 2005, le journal t√©l√©vis√© nocturne de PAT a diffus√© en direct et sans interruption un meeting √©lectoral de Evo Morales pendant 17 minutes. A la fin de la diffusion, Barbery a conclu : ¬« On ne gouverne pas avec des lieux communs ¬ », sans aucun autre commentaire [8].

Il existe d’autres faiseurs d’opinion de second rang comme Juan Cariaga, coauteur du d√©cret 21060 [9] et qui continue √ donner des le√ßons d’¬« √©conomie facile ¬ ». Cariaga a gagn√© 350 000 dollars en cherchant des ¬« capitalisateurs ¬ » [10] pour la Lloyd Aereo Boliviano SA (LAB) en Asie, aux Etats-Unis et en Europe, et en cr√©ant un imp√īt additionnel pour les compagnies p√©troli√®res (le ¬« surtax ¬ ») qui n’a jamais fonctionn√©.

Attiser le feu

Un m√©dia priv√© pluraliste est une fiction ; presque toutes les cha√ģnes de t√©l√©vision, les √©missions de radio et les journaux confortent quotidiennement le syst√®me capitaliste et travaillent √ le perp√©tuer. Leur grande r√©ussite est d’avoir construit une ¬« opinion publique ¬ » artificielle entretenue par des enqu√™tes √ la fiabilit√© douteuse, capable d’avaler les analyses sociales les plus d√©lirantes. La revue Datos de Carlos Rodr√≠guez San Mart√≠n a r√©ussi √ implanter dans les esprits que l’insurrection d’octobre 2003 [11] a √©t√© partiellement financ√©e par le m√©ga sp√©culateur Georges Soros.

Carlos Alberto Montaner, le m√™me qui re√ßoit de l’argent de Washington pour attaquer Cuba, se prom√®ne en pr√©sageant une guerre latino-am√©ricaine sanglante pour les prochaines ann√©es, pour des raisons id√©ologiques et √ cause de l’irresponsabilit√© du pr√©sident Hugo Ch√°vez, ¬« un caudillo illumin√© qui s’obstine √ reconstruire le continent selon ses fantaisies r√©volutionnaires ¬ ». Selon Montaner, le Venezuela a remplac√© Cuba en tant que quartier g√©n√©ral de la ¬« gauche violente ¬ ». Le Venezuela prot√®ge des gu√©rilleros des Force Arm√©es R√©volutionnaires de Colombie (FARC), il a des disciples comme Antauro Humala, qui a entrepris sans succ√®s de lancer une r√©volution nationale au P√©rou et aurait ¬« apparemment ¬ » financ√© la r√©volte contre S√°nchez de Lozada en Bolivie... Montaner affirme que le Venezuela s’arme pour ¬« liquider ¬ » le gouvernement de √ lvaro Uribe et envahir le Chili. ¬« La gauche enrag√©e ne lui pardonne pas sa d√©fense du march√©, de la d√©mocratie et du libre-√©change international (...) Sa strat√©gie consiste √ rouvrir les vieilles blessures de la guerre du Pacifique (1879-1883) pour cr√©er une alliance qui restaure la vieille cartographie du 19e si√®cle de la zone ¬ ».

Sur cette ligne ¬« anticommuniste ¬ », il y a quelques jours, le journaliste John Arandia a interview√© pendant une demi-heure sur Red Uno Alejandro Pe√Īa Eclusa, un homme politique v√©n√©zuelien connu, li√© √ la CIA et √ l’extr√™me droite nord-am√©ricaine, qui proph√©tise une guerre civile au Venezuela depuis 1998. Pe√Īa appartient au Bloc D√©mocratique (BD), l’une des trois groupes d’opposition √ Ch√°vez, et est venu au pays pour ¬« recommander ¬ » aux Boliviens d’emp√™cher la Constituante d’adopter le caract√®re d’ ¬« originaire ¬ » [12], parce que ce terme aurait permis √ Ch√°vez de dissoudre les pouvoirs publics et de les mettre au service de l’ex√©cutif ¬« afin de se maintenir au pouvoir ¬ ».
¬« Evo Morales compte sur les conseils des r√©gimes de Cuba et du Venezuela pour suivre la m√™me voie. Si vous le laissez faire, vous perdrez la d√©mocratie et la libert√©. La Bolivie cessera d’√™tre un pays souverain et sera soumise aux int√©r√™ts cubains, comme cela s’est pass√© pour le Venezuela ¬ », a d√©clar√© Pe√Īa dans l’√©mission de Arandia.

Il est temps de s’armer... de m√©dias

Morales fait confiance √ la maturit√© du peuple pour reconna√ģtre les manipulations m√©diatiques : ¬« Nous allons leur apprendre comment on gouverne sans ressentiment. Nous continuons √ √™tre agress√©s et provoqu√©s, mais nous n’avons pas peur (...) quoi qu’ils disent, quoi qu’ils fassent, ce mouvement politique est imparable, avec ou sans Evo Morales, la Bolivie sera lib√©r√©e ¬ ».

Evo ne craint pas le patronat m√©diatique, mais il reconna√ģt son pouvoir. Monasterios (Unitel) et Kuljis (Red Uno) ont √©t√© capables de former le gouvernement municipal de Santa Cruz pour tenir t√™te au patronat colla repr√©sent√© par les Fern√°ndez. Kuljis a assur√© la promotion d’Oscar Vargas du Mouvement d’unit√© et de progr√®s (MUP, Movimiento de Unidad y Progreso) et Monasterios le maire actuel, Percy Fern√°ndez. Le journaliste Carlos Mesa a √©t√© pi√©tin√© par ce m√™me m√©dia qui avait fait sa gloire, la t√©l√©vision, et principalement celle de Santa Cruz.

C’est pour cela que le pr√©sident ¬« s’arme ¬ » de radios et de cha√ģnes de t√©l√©vision pour d√©fendre ses ¬« changements ¬ » et contrecarrer la d√©sinformation et la manipulation des grands m√©dias. ¬« Petit √ petit nous allons nous armer. Cette ann√©e nous installerons 30 radios communautaires dans toute la Bolivie et ensuite nous passerons √ la t√©l√©vision (...). Les chefs d’entreprise ne sont pas les seuls √ avoir le droit d’installer une radio ou une cha√ģne de t√©l√©vision, les peuples indig√®nes et les secteurs les plus pauvres aussi, pour dire notre v√©rit√©, pour nous √©duquer, pour nous informer. ¬ »

La grande question est de savoir si la campagne officielle et le pool m√©diatique en construction (qui renforcera l’appareil gouvernemental d’information form√© de l’agence de presse ABI, le r√©seau de radio Patria Nueva et Canal 7) pourront effectivement temp√©rer les espi√®gleries de l’ ¬« autoritaire Valverde, du gros M√©ndez le cafteur, des ridicules tinellis [13] matinaux, du chat rus√© Rueda, du racoleur Cayetano, des ¬« collas come collas ¬ » comme Yoyo Pando ou Mend√≠vil et des plus bas que terre : les ¬« chomparojas ¬ », c’est-√ -dire ceux qui autrefois √©taient ¬« de gauche ¬ » et qui aujourd’hui sont les plus furieux d√©tracteurs du changement en Bolivie, comme l’explique le journaliste Marcelo Patzi [14].

Pour le moment, la Direction nationale de la Communication (Dinacom) a lanc√© une campagne pour stimuler le d√©bat sur le r√īle des m√©dias en d√©mocratie. La r√©cente production de Sergio Calero, ¬« El Clan ¬ », est un premier pas dans ce sens.
Simultan√©ment, au sein de l’ex√©cutif se profile une politique de communication qui utilise elle aussi la peur comme axe central. Le ministre des Relations ext√©rieures, David Choquehuanca, rappelle aux blancs install√©s dans la zone sud de La Paz que ce sont les aymaras qui construisent leurs jolies maisons et travaillent pour eux comme domestiques. Il les pr√©vient que ces indiens qui leur provoquent tant de d√©go√ »t pourraient les empoisonner.
Il ne reste qu’√ √©teindre la t√©l√© et allumer le cerveau.

Notes :

[1[NDLR] Consultez le dossier Assemblée constituante en Bolivie sur le RISAL.

[2El Pa√≠s.es d’Espagne : ¬« Un rapport argentin alerte du risque de guerre civile en Bolivie ¬ ». El NuevoHerald.com : ¬« Un ex-comandant bolivien insiste sur le malaise des Forces arm√©es ¬ ». El Cronista Comercial d’Argentine : ¬« Le risque est tr√®s grand, de 56%. Nous avons d√©pass√© la limite du risque, quand la probabilit√© est de 42% c’est que le conflit se pr√©sentera t√īt ou tard. L’Argentine s’attend √ un exode de 600 000 √ un million de r√©fugi√©s.

[3[NDLR] Terme péjoratif qui désigne les gens (indigènes) vivant dans le nord-ouest du pays.

[4[NDLR] ¬« Canard ¬ ».

[5Les m√©dias radiophoniques s’en sont bien sortis dans l’√©valuation r√©alis√©e par les universitaires et dirigeants de coll√®ges de journalistes hispano-am√©ricains int√®gres de l’Association latino-am√©ricaine pour la communication sociale (COMUNICAN), qui a pris comme √©chantillonnage 39 unit√©s d’information et d’opinion (45 heures d’audition la semaine pr√©c√©dant les √©lections) de la Red Erbol, Panamericana, Fides et Radio Illimani.

[6Certains de ces analystes ont engraiss√© leurs comptes bancaires avec des contrats de consultation pour le ministre de Capitalisation lors des √©lections de 1997. Llovet a re√ßu 14 000 dollars pour un rapport avec lequel il tente de se faire passer pour un analyste ind√©pendant et objectif. L’ex-superintendant des hydrocarbures, Mario Miranda Pacheco, a touch√© 70 000 dollars pour apporter ses id√©es pour asphyxier l’entreprise publique d’hydrocarbures Yacimientos Petrol√≠feros Fiscales Bolivianos (YPFB). Parall√®lement, il a √©crit des articles dans la presse dans lesquels il faisait mine de d√©fendre l’int√©r√™t national.

[7[NDLR] Mot construit √ partir de ¬« Goni ¬ », surnom de l’ancien pr√©sident Gonzalo S√°nchez de Lozada.

[8Il a été critiqué pour ses commentaires frivoles, partiaux en faveur des oligarchies et toujours critiques envers les revendications des groupes sociaux qui réclament un changement.

[9[NDLR] Le d√©cret n¬° 21060, adopt√© en 1985, symbolise l’entr√©e e la Bolivie dans l’√®re n√©olib√©rale : lib√©ralisation des march√©s, √©conomie r√©gie par le dollar, licenciements massifs de mineurs, etc.

[10[NDLR] Pour parler de la privatisation des services publics en Bolivie, on utilise le terme de ¬« capitalisation ¬ ». De quoi s’agit-il ? Selon le FMI, ¬« la capitalisation √©tait un mod√®le de privatisation con√ßu pour garantir un niveau minimal d’investissement √©tranger plut√īt que pour maximiser des revenus de privatisation ¬ ». Ce processus consistait √ transformer l’entreprise publique en soci√©t√©s par actions, dont au moins la moiti√© √©taient acquises par le capital international et le reste √©tant attribu√©s aux ¬« citoyens boliviens ¬ », notamment √ travers des fonds de pension. Une fois capitalis√©es, les anciennes entreprises publiques √©tablissaient des joint ventures avec des transnationales qui devaient s’engager √ y investir l’√©quivalent de la valeur des actions. Donc, la capitalisation a consist√© non pas √ vendre mais √ donner le contr√īle d’entreprises publiques au capital international en √©change de rien, √ l’exception d’argent frais.

[11[NDLR] Le conflit social et politique’ connu comme la guerre du gaz, qui a vu le pr√©sident Sanchez de Lozada prendre la fuite vers les Etats-Unis.

[12[NDLR] Le caract√®re ¬« originaire ¬ » ou ¬« d√©riv√© ¬ » de l’assembl√©e constituante ; autrement dit, si celle-ci se situe juridiquement au-dessus de pouvoirs constitu√©s ou non.

[13D’apr√®s le nom de Tinelli, pr√©sentateur de talk-show argentin.

[14¬« El asalto a Evo”, Marcelo Patzi, Bolpress : http://www.bolpress.com/isaacbigio.....

Source : El Juguete Rabioso (http://eljugueterabioso.free.fr/) ; Bolpress (http://www.bolpress.com/), octobre 2006.

Traduction : El Juguete Rabioso / Le Jouet Enrag√© (http://lejouetenrage.free.fr/). Traduction revue par l’√©quipe du RISAL.

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