Journalisme √ la carte
par Carlos Fazio
Article publiť le 19 décembre 2006

Finalement, le maillon s’est rompu l√ o√Ļ il √©tait le plus faible. Jes√ļs D√≠az, pr√©sident et r√©dacteur en chef du Miami Herald et du Nuevo Herald, deux journaux influents du sud de la Floride appartenant √ la cha√ģne californienne The McClatchy Co., a d√ » d√©missionner, non sans avoir auparavant ¬« amnisti√© ¬ » trois journalistes qui avaient √©t√© licenci√©s pour avoir figur√© sur le ¬« registre ¬ » du Bureau des transmissions cubaines (U.S. Office of Cuba Broadcasting), branche du D√©partement d’Etat √©tats-unien, et dont l’objectif est de diffuser des messages de propagande et de subversion contre l’√ģle.

La machination a impliqu√© sept autres journalistes connus, d’origine cubaine, qui travaillent dans des m√©dias √©crits et √©lectroniques de Miami (Canal 41, Diario Las Americas, Radio Mambi, la cha√ģne Univision et Telemundo, en plus des deux Herald), et qui simultan√©ment collaboraient et recevaient de l’argent de Radio et TV Marti, des cha√ģnes du Bureau des transmissions cubaines, financ√©s par les fonds f√©d√©raux aliment√©s par les contribuables des Etats-Unis et dont la transmission √ Cuba est interdite par les lois d’anti-propagande officielle.

Les r√©mun√©rations sp√©ciales de ces journalistes ont √©t√© d√©couvertes √ la suite d’une enqu√™te de reporters du Miami Herald, qui ont obtenu les informations par l’interm√©diaire d’une requ√™te r√©alis√©e dans le cadre de la Loi sur la libert√© de l’information, qui facilite l’acc√®s √ des documents gouvernementaux. Jes√ļs D√≠az Jr, pr√©sident de l’entreprise Miami Herald Media Co. et r√©dacteur en chef des deux quotidiens (l’un en anglais et l’autre en espagnol), a d√©clar√© que les trois personnes impliqu√©es - Pablo Alfonso, Olga Connor et Wilfredo Cancio - avaient viol√© des ¬« concepts √©thiques ¬ » du journalisme et cr√©√© des ¬« conflits d’int√©r√™ts ¬ » entre la presse √©crite locale et les entreprises Radio et TV Marti.

R√©mun√©rer des journalistes afin qu’ils r√©alisent des actions de ¬« propagande clandestine ¬ » dans les m√©dias de masse est une vieille pratique du gouvernement des Etats-Unis. Le ph√©nom√®ne consiste √ promouvoir la propagande officielle par l’interm√©diaire de journalistes pr√©sum√©s ind√©pendants ou par des ¬« produits d’information ¬ » gouvernementaux maquill√©s en information objective et autonome ; ce qui dans le jargon juridique est connu comme ¬« semer ¬ » l’information. Dans ce cas pr√©cis, les trois journalistes du Herald en espagnol - qui √ l’instar de la version anglaise vient d’√™tre achet√© par The McClatchy Co., entreprise si√©geant √ Sacramento -, et sept autres professionnels, parmi lesquels se trouve Carlos Alberto Montaner, collaborateur du journal conservateur espagnol ABC et pr√©sident de la d√©nomm√©e Uni√≥n Liberal Cubana, ont accept√© de l’argent du gouvernement des Etats-Unis pour appuyer sa politique anticastriste √ Cuba et dans le sud de la Floride.

Apr√®s la r√©v√©lation de la liste de reporters et de chroniqueurs qui √©margeaient au registre du D√©partement d’Etat, onze correspondants de Miami ont adress√© une lettre au quotidien mexicain La Jornada qu’ils accusent de s’√™tre fait ¬« l’√©cho d’un reportage injuste et manquant de rigueur journalistique ¬ », ainsi que de les ¬« criminaliser ¬ » et de les montrer du doigt comme des ¬« journalistes corrompus ¬ ». Selon eux, leurs ¬« collaborations ¬ » avec Radio et TV Marti √©taient de ¬« notori√©t√© publique ¬ » et ¬« ne comportaient rien d’occulte ni d’ill√©gal ¬ ». A son tour, Montaner - d√©sign√© comme ¬« un vieil agent de la Central Intelligence Agency ¬ » (CIA) par les journalistes cubains Arleen Rodriguez et L√°zaro Barredo (voir El Camaj√°n, Editora Politica, La Havane, 2003) - a donn√© comme argument que les stations Radio et TV Marti sont similaires √ Radio Free Europe, comme si cette derni√®re √©tait dot√©e d’une quelconque honorabilit√© ou de crit√®re √©thique.

De l’Op√©ration Pluto √ la Guerre des Missiles

Depuis le triomphe de la r√©volution cubaine en 1959, les gouvernements successifs des Etats-Unis ont utilis√© les transmissions radios √ des fins politiques de diversion. De cette fa√ßon, en faisant concevoir, financer et ex√©cuter publiquement ou clandestinement par le gouvernement diverses campagnes de propagande et de guerre psychologique - par la r√©p√©tition soutenue et la manipulation √©motionnelle, en tentant particuli√®rement d’exploiter la peur et la haine et en faisant appel √ la rumeur et aux th√©ories conspiratives -, les Etats-Unis ont cherch√© √ mobiliser la population cubaine contre ses dirigeants.

La pol√©mique sur ces transmissions est historique et comprend des √©l√©ments politiques, techniques et l√©gaux dont les ant√©c√©dents remontent √ 1917, quand le Pr√©sident Woodrow Wilson cr√©a le Comit√© d’information publique - √©galement connu comme le Comit√© Creel -, dont l’objectif √©tait d’obtenir le consensus dans la population √©tats-unienne en fabriquant une hyst√©rie anti-allemande afin de rallier √ la guerre un pays qui jusqu’alors √©tait isolationniste. Peu de temps apr√®s, le 25 mai 1924, sous la couverture de l’Union panam√©ricaine, commenc√®rent les transmissions √©tats-uniennes vers l’Am√©rique latine. En f√©vrier 1942 fut cr√©√© Voice of America (VOA), puis commenc√®rent √ √©mettre Radio Free Europe et en 1953 Radio-Freedom, des stations qui transmettaient des programmes √ des fins de propagande en guise de compl√©ment √ la politique ext√©rieure expansionniste des Etats-Unis.

Dans le cas de Cuba, √ partir de l’√©t√© 1959, quelques mois apr√®s le triomphe de la r√©volution, la Commission f√©d√©rale de communications des Etats-Unis autorisa des transmissions en ondes courtes en direction de l’√ģle. En utilisant les puissantes stations de radio de New York, de Miami, des Bahamas et d’Am√©rique centrale, la CIA inaugura ce qu’on a appel√© la ¬« guerre de l’√©ther ¬ » contre Cuba. Elle eut √©galement recours √ des stations de radio install√©es sur des navires sp√©ciaux qui transmettaient des programmes subversifs √ proximit√© des c√ītes cubaines.

Dans le cadre de ladite Operaci√≥n 40, la CIA avait charg√© David Attle Phillips, officier sp√©cialis√© dans la guerre psychologique, de lancer une station de radio, qui fut construite sur l’une des √ģles Swan, au large des c√ītes du Honduras, sur la mer Cara√Įbe. Radio Swan √©tait g√©r√©e par la compagnie Gibraltar Steamship Corp., l’une des firmes √©cran de l’Agence, enregistr√©e dans la ville de Miami. Le directeur de la compagnie √©tait le banquier Thomas Cabor, un agent exp√©riment√© des renseignements des Etats-Unis, qui avait dirig√© la United Fruit Co. et qui participa activement au renversement de Jacobo Arbenz au Guatemala, en 1954.

Dans le cadre de la guerre secr√®te du pr√©sident Dwigt Eisenhower contre Cuba, Radio Swan transmettait des directives aux agents de la CIA √ Miami et aux camps de contre-r√©volutionnaires cubains dans les pays d’Am√©rique centrale. En mars 1960, Washington ajouta √ son effort de subversion contre l’√ģle Voice of America et d’autres radios commerciales de Floride. A l’aube du 17 avril 1961, avec le pr√©sident John F. Kennedy d√©j√ install√© dans le bureau ovale de la Maison blanche, Radio Swan transmit le signal convenu pour le d√©barquement de la brigade 2506 √ Playa Gir√≥n (Baie des Cochons). Aux d√©buts de l’Op√©ration Pluto - nom de code de cette action clandestine autoris√©e par Kennedy, dirig√©e et financ√©e par la CIA et ex√©cut√©e par des mercenaires cubains en exil - Radio Swan rapporta : ¬« Les envahisseurs avancent de fa√ßon continue sur tous les fronts (...) partout dans Cuba les gens s’unissent aux envahisseurs, aux c√īt√©s des rebelles clandestins ¬ » (...) les forces de Castro se rendent en masse ¬ ». Mais ce qui avait √©t√© annonc√© comme une promenade de sant√© se termina 72 heures plus tard par une d√©route retentissante : ¬« l’Arm√©e de Lib√©ration ¬ » arm√©e et financ√©e par la CIA fut an√©antie par les forces de d√©fense cubaines.

La guerre de d√©stabilisation √ court et long terme contre Cuba continua avec l’Op√©ration Mangouste, qui comprenait une s√©rie d’activit√©s d’espionnage, d’actions de propagande, d’attentats et de sabotages qui auraient d√ » converger dans un ¬« soul√®vement populaire ¬ » le 22 octobre 1962. Dans le cadre de l’infrastructure logistique de l’op√©ration clandestine, la CIA s’assura les services de plus de 50 firmes et institutions, et Radio Swan, d√©j√ identifi√©e alors comme la radio de propagande de l’agence de renseignement, fut rebaptis√©e Radio Americas. Comme dans l’Op√©ration Pluto, la presse commerciale de Floride joua un r√īle important dans le d√©roulement des √©v√®nements ; en particulier le Miami Herald, qui d√©tacha deux reporters dans la section Cuba, qui disposaient d’un acc√®s √ la station de la CIA connue sous le nom de code JM/WAVE.

L’Op√©ration Mangouste co√Įncida avec la crise des missiles entre les Etats-Unis et l’Union sovi√©tique, avec Cuba comme √©picentre, en octobre 1962. Des transmissions de Cayo Marathon et de Sugar Loaf furent aliment√©es par de la propagande du gouvernement √©tats-unien et, avec d’autres radios commerciales de Floride, elles retransmirent une programmation con√ßue pour d√©mobiliser le peuple cubain. Des enregistrements en russe y furent m√™me inclus, destin√©s aux techniciens coop√©rants sovi√©tiques dans l’√ģle. Des auteurs √©tats-uniens nomm√®rent cette op√©ration Propagande Eclair, la plus c√©l√®bre dans l’histoire de l’h√©misph√®re occidental. Mais Washington et la CIA √©chou√®rent √ nouveau.

Apr√®s une p√©riode de calme relatif entre 1974 et 1979, une seconde √©tape de transmissions virulentes de radio en direction de Cuba d√©buta, avec l’augmentation des √©missions en ondes courtes depuis le territoire des Etats-Unis. La nouvelle escalade contre l’√ģle co√Įncida avec les d√©buts du gouvernement de Ronald Reagan. En 1980, le programme Santa Fe I - d’apr√®s le nom du premier d’une s√©rie de documents √©labor√©s par un groupe d’experts au service du Parti r√©publicain - recommanda la cr√©ation d’une nouvelle radio, dans le contexte qui se dessinait d√©j√ comme √©tant un conflit de basse intensit√© destin√© √ en finir une fois pour toutes avec le ¬« probl√®me cubain ¬ ».

Le document Santa Fe I disait textuellement : ¬«  La Havane doit √™tre jug√©e responsable de sa politique d’agression envers les pays fr√®res d’Am√©rique. Entre autres mesures sera cr√©√©e la Radio Cuba Libre, sous la responsabilit√© directe du gouvernement des Etats-Unis. Elle fournira une information objective au peuple cubain et, entre autres choses, (elle d√©taillera) les co√ »ts de l’alliance sacril√®ge de La Havane avec Moscou. Si la propagande √©choue, une guerre de lib√©ration devra √™tre lanc√©e contre Castro ¬ »,

Les conseillers de Reagan mirent en place un nouveau m√©canisme de lobby pour convaincre le Congr√®s. Les efforts allaient culminer en 1985. Le 17 mai de cette ann√©e-l√ , Reagan convoqua une r√©union de haut niveau √ la Maison Blanche. Etaient pr√©sents le vice-pr√©sident George Bush ; Caspar Weinberger, secr√©taire √ la D√©fense ; le secr√©taire d’Etat George Schultz ; Robert McFarlane, un conseiller ; le directeur de la CIA, William Casey ; Charles Wick, directeur de l’Agence d’Information des Etats-Unis (USIA), et d’autres membres du Conseil de s√©curit√© nationale, parmi lesquels Pat Buchanan et Constantine Menges. On y annon√ßa la naissance de Radio Marti, dont la paternit√© serait revendiqu√©e par Jorge Mas Canosa, dirigeant de la Fondation Nationale Cubano-Am√©ricaine (FNCA), dont le si√®ge est situ√© √ Miami.

¬« Pourquoi ne pas d√©fier le contr√īle de Castro sur l’information dans l’√ģle, avec des transmissions comme celles de Radio Europa Libre ? ¬ », demanda Mas Canosa euphorique, devenu le type le plus populaire de l’exil anti-castriste. Bien que l’id√©e ne v√ģnt pas de lui, Radio Marti est devenue un symbole de ce dont √©tait capable de r√©ussir le lobby de la FNCA. Dipl√īm√© d’un cours de propagande de la CIA √ Fort Bening, Mas Canosa reconna√ģtrait par la suite dans le Miami Herald que le projet de radio ¬« pouvait avoir des implications militaires s√©rieuses ¬ ».

Depuis lors, la station de radio a tent√© - sans succ√®s - de fomenter une opposition interne potentielle dans l’√ģle, susceptible de diviser la population et de l’√©loigner de ses dirigeants, en m√™me temps qu’on pr√©parait le terrain pour cr√©er une situation de d√©sordre et d’actions √©clatantes. En d’autres termes, la fonction de Radio Marti est de fomenter un front interne qui justifierait, depuis l’ext√©rieur, d’√©ventuelles actions militaires ou d’autre sorte, de la part des Etats-Unis, en d√©fense et en appui √ une pr√©sum√©e ¬« opposition d√©mocratique ¬ ».

Depuis ses d√©buts, Radio Marti, qui avait √©t√© cr√©√©e en tant que service pour Cuba de Voice of America - qui elle-m√™me d√©pendait de l’USIA, entit√© gouvernementale charg√©e de la propagande ext√©rieure - a port√© clairement la marque de l’action punitive depuis les ondes et a comport√© des d’√©l√©ments d’une ill√©galit√© flagrante dans le domaine de la radiodiffusion. Il est symbolique que Radio Marti - qui incarne une forme de subversion, de d√©stabilisation et de p√©n√©tration culturelle et id√©ologique des Etats-Unis envers Cuba - √©mette en utilisant dans le sud de la Floride les m√™mes antennes que celles qui avaient √©t√© utilis√©es par la CIA dans les ann√©es 60 pour communiquer avec les groupes des missions sp√©ciales et avec les agents infiltr√©s dans l’√ģle.

D√®s l’apparition de Radio Marti, des conseillers en guerre psychologique de Reagan commenc√®rent √ concevoir l’id√©e de mettre en pratique un projet de t√©l√©vision pour diffuser de la propagande sur l’√ģle. Dans les conclusions finales, ses promoteurs se prononc√®rent pour l’utilisation d’un a√©rostat captif situ√© sur la base militaire de Cayo Cudjoe, proche de Cayo Maraton. L’a√©rostat, situ√© entre trois et quatre mille m√®tres d’altitude, disposerait d’un transmetteur de haute puissance et d’une antenne directionnelle con√ßue de fa√ßon √ ce que, orient√©e vers l’est de la ville de La Havane, elle atteigne une portion importante de la r√©gion occidentale. Les √©tudes incluaient, en plus, la possibilit√© d’utiliser un ou deux avions pour √©largir la couverture du signal.

A juste titre, la tentative d’imposer √ Cuba un signal t√©l√©visuel fut qualifi√©e d’Amendement Platt √©lectronique, en allusion √ l’appendice impos√© par les Etats-Unis √ la Constitution cubaine de 1902, qui rognait une partie de la souverainet√© de l’√ģle (Guantanamo). Le plan, finalement approuv√©, violait la Convention internationale des communications, qui r√©git les ondes mondiales, adopt√©e √ Nairobi en 1982. La convention fut souscrite par 130 pays, dont les Etats-Unis et Cuba. Les transmissions en Espagnol de Tv Marti commenc√®rent le 27 mars 1990, usurpant une cha√ģne de l’espace radio-√©lectrique cubain utilis√©e par Radio Rebelde. Mais elles rencontr√®rent un obstacle : un groupe de scientifiques et de techniciens cubains con√ßut et mit en pratique un syst√®me sophistiqu√©, qui se d√©clenche automatiquement d√®s que le signal est √©mis depuis l’a√©rostat √ Cayo Cudjoe, et qui emp√™che la p√©n√©tration du signal de t√©l√©vision sur le territoire cubain.

Selon diverses enqu√™tes du General Accounting Office (GAO) du Congr√®s des Etats-Unis, ¬« les programmes d’informations de Tv Marti manquent d’√©quilibre journalistique et ne respectent pas les conditions de qualit√© de Voice of America ¬ ». Pour le repr√©sentant d√©mocrate Bill Alexander, de l’Arkansas, Tv Marti est ¬« une relique de la guerre froide ¬ ». D’apr√®s lui, elle ne sert pas ¬« les int√©r√™ts des Etats-Unis ¬ » et ¬« entretenir une t√©l√©vision qu’on ne voit pas ¬ » n’a pas de sens.

Il n’y a aucun doute que, en marge des normes internationales sur la radiodiffusion, les Etats-Unis en sont venus √ utiliser les moyens de communication de masse comme des instruments de guerre subversive, pour tenter de d√©stabiliser et de saper l’ordre interne √ Cuba. Pour cela, ils ont utilis√© pendant des ann√©es des journalistes mercenaires comme Carlos Alberto Montaner qui, on le sait maintenant, recevaient de l’argent du D√©partement d’Etat pour mentir, faire de la propagande, des fausses d√©nonciations et diffamer la r√©volution cubaine, pas pour informer avec objectivit√©.

Par d’exemple : le 7 ao√ »t 1989, Montaner demanda dans son commentaire pour Radio Marti : ¬« Quand a r√©ellement commenc√© la complicit√© de Cuba avec le narcotrafic ? Bien que cela semble incroyable, il y a des preuves qui remontent √ 1961, (qui montrent que) Che Guevara, alors pr√©sident de la Banque nationale (de Cuba), le capitaine Mo√Įses Crespo, de la police politique cubaine, et rien moins que Salvador Allende (plus tard pr√©sident du Chili) ont discut√© la possibilit√© de cr√©er un r√©seau de contrebande de drogues entre l’Am√©rique latine et les Etats-Unis ¬ ». Il s’agissait d’un gros bobard.

Cela pr√™te donc √ rire, maintenant, que Montaner et un groupe de journalistes corrompus aient r√©clam√© √ La Jornada davantage de ¬« rigueur journalistique ¬ » et qu’ils l’accusent de s’√™tre jointe au ¬« peloton d’ex√©cution morale ¬ » contre eux. Au-del√ des conflits d’√©thique et d’int√©r√™ts - qu’ils disent ne pas avoir personnellement -, le v√©ritable probl√®me de Montaner et compagnie est qu’ils en sont venus √ travailler pour Radio et Tv Marti, deux m√©dias pour la subversion √ Cuba, et qu’ils ont re√ßu pour cela des milliers de dollars pendant des ann√©es de la part des administrations √©tats-uniennes successives. Leur respectabilit√© et leur cr√©dibilit√© ne valent donc pas un centime, bien qu’√ cause des pressions de la mafia terroriste de Miami - ¬« qui l’a mis √ genoux ¬ » selon Granma - le Nuevo Herald ait d√ » restituer leur poste √ Alfonso, Connor et Cancio.

Source : La Jornada (www.jornada.unam.mx), 20 et 23 octobre 2006.

Traduction : Marie-Jos√© Cloiseau, pour le RISAL (http://risal.collectifs.net).

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