L’Argentine, pays d’immigration
¬« Prendre la vie √ bras le corps ¬ », t√©moignages d’immigrants du quartier Coop√©rative Arpeboch
par Rosana Guerra
Article publiť le 19 juillet 2007

Dans le quartier Cooperativa Arpeboch, situ√© √ c√īt√© de Villa Libertador, au sud de la ville de C√≥rdoba, vivent actuellement pr√®s de 1 600 personnes. De la totalit√© des r√©sidents, 40% sont boliviens, 3% p√©ruviens, 1% chiliens et le reste argentins. ¬« Selon un d√©compte, nous √©tions 240 familles en 2004, mais actuellement nous devons √™tre 260 environ. L’une des principales activit√©s de la Cooperativa Arpeboch est li√©e au th√®me du logement. Il y a quatorze ans les gens ont pris possession des lots, maintenant nous mesurons et √©tablissons les divisions et sub-divisions entre les lots, pour que chaque membre puisse recevoir son titre de propri√©t√©. Nous travaillons sur le probl√®me de l’infrastructure. Il y a trois ans, nous avons obtenu d’avoir l’eau potable et apr√®s douze ans de lutte, nous avons pu avoir l’√©lectricit√©. ¬ » C’est ce que raconte fi√®rement S√≥crates Condori, bolivien et secr√©taire de la Coop√©rative. Certaines demandes sont toujours en attente, entre autres choses, les habitants du quartier r√©clament l’√©clairage public, que l’on goudronne les rues, une pr√©sence polici√®re plus importante et l’installation d’un poste de surveillance dans la zone de l’√©cole Vicente Forestieri.

S√≥crates Condori (46 ans) a trois enfants et vit depuis douze ans avec sa famille en Argentine. ¬« Nous sommes venus ici pour trouver des meilleures conditions de vie parce qu’en Bolivie il y a des secteurs o√Ļ la pauvret√© est grande et les gouvernements ne s’occupent pas des pauvres. Nous avons √©migr√© pour avoir des meilleures conditions de vie et assurer l’avenir de nos enfants. Je viens de Sud Yungas, une province du d√©partement de La Paz et je suis venu avec ma famille parce que nous avons travers√© une situation tr√®s difficile en Bolivie. Mon premier enfant est mort faute d’attention m√©dicale. Dans les h√īpitaux publics de Bolivie, il faut payer pour que l’on s’occupe de vous, mais les soins sont insuffisants ¬ », indique-t-il. Lidia Gonz√°lez (53 ans) son √©pouse, raconte : ¬« J’√©tais enceinte et j’avais pass√© tous les examens de contr√īle, mais lorsque le moment de la naissance du b√©b√© est arriv√©, il y avait beaucoup de femmes en train d’accoucher √ l’h√īpital, les m√©decins n’√©taient pas en nombre suffisant et ils n’ont pas pu s’occuper de moi √ temps. Mon b√©b√© s’est √©touff√© dans les eaux et le sang et il est mort ¬ ». Elle s’en souvient avec tristesse. ¬« Apr√®s cette exp√©rience, nous avons d√©cid√© que notre deuxi√®me enfant na√ģtrait en Argentine. Mais nous avons toujours eu dans l’id√©e de revenir dans notre pays ¬ », avoue-t-elle. Susana Alvarez (42 ans) expose elle aussi les raisons pour lesquelles elle est venue s’installer ici avec sa famille. ¬« En Bolivie nous vivions dans un centre minier que l’on appelle Siglo XX, mais les choses ont commenc√© √ mal tourner. Nous sommes venus parce qu’on disait qu’ici il y avait du travail et que l’on gagnait bien sa vie. Parce qu’il y a des pays o√Ļ les gens partent travailler et gagnent juste assez d’argent pour se remplir le ventre et d’autres encore o√Ļ les gens ne gagnent m√™me pas assez d’argent pour manger ¬ », affirme-t-elle. ¬« Mon mari est venu le premier, il est rest√© un an pour r√©unir un peu d’argent, ensuite mes deux enfants et moi nous sommes venus. Nous avions dans l’id√©e de travailler quelques ann√©es ici et puis de rentrer. Mais quand nous sommes arriv√©s, les choses n’√©taient pas comme elles nous avaient sembl√©, c’√©tait la crise, les CECOR [1], mon mari travaillait certains jours, mais pas tous. Et puis les enfants ont commenc√© √ aller √ l’√©cole et c’est devenu plus difficile de repartir ¬ », reconna√ģt-elle.

Elizabeth Tolai (37 ans), elle aussi bolivienne est en Argentine depuis 1993. ¬« Avant je vivais √ Tarija, mais nous avons d√ » fermer notre commerce et ma m√®re, une de mes sŇ“urs et moi, avons d√©cid√© de partir pour voir ce qui se passait ici. Cela a √©t√© tr√®s dur au d√©but, je ne trouvais pas de travail comme employ√©e de maison, mais ensuite, comme ma maman est bonne cuisini√®re, on a commenc√© √ pr√©parer des plats traditionnels de Bolivie pour les vendre. Plus tard, j’ai connu l’homme qui est actuellement mon mari et nous avons d√©cid√© de prendre la vie comme elle vient et de lutter ¬ », raconte-t-elle. Elena Silva est p√©ruvienne et cela fait dix ans qu’elle est en Argentine. ¬« Mon id√©e au d√©part c’√©tait de partir en Espagne mais l’occasion ne s’est pas pr√©sent√©e, c’est pourquoi ma sŇ“ur et moi sommes venues en Argentine, avec un grand d√©sir de travailler. Des amies m’avaient dit qu’ici on √©tait tr√®s bien pay√©, mais quand j’ai commenc√© √ travailler comme employ√©e de maison, je me suis rendu compte que ce n’√©tait pas tout √ fait vrai. Je crois qu’il y a davantage de travail que lorsque je suis arriv√©e, mais les salaires des immigrants sont en dessous de la norme ¬ », remarque-t-elle.

L’utopie du retour

Revenir au pays est le r√™ve de beaucoup d’immigrants, que ce soit pour s’y r√©implanter ou rendre visite √ la famille. Mais, de leur c√īt√©, les enfants des immigrants cr√©ent des racines dans le pays d’accueil et avec le temps, le retour ressemble de plus en plus √ une utopie. ¬« Lorsque nous sommes arriv√©s, c’√©tait au moment du remplacement du gouvernement Menem et nous n’avions pas d’argent pour voyager. Apr√®s, les enfants sont arriv√©s et il a fallu choisir un endroit pour s’installer. Mais nous avions toujours en t√™te de rentrer au pays et je crois que c’est le cas pour tous les immigrants. Mais les enfants commencent √ aller √ l’√©cole, se font des amis, s’enracinent. Nous avons construit notre maison et nous sommes rest√©s ¬ », dit S√≥crates.

Dans n’importe quel pays, √™tre √©tranger est en soi difficile et le probl√®me de la discrimination est toujours pr√©sent. Susana raconte √ ce sujet : ¬« Les Argentins nous discriminent et nous reprochent de venir leur enlever leur travail. ¬ » Et S√≥crates ajoute : ¬« Avec l’arriv√©e de la crise √©conomique, on a √©t√© bien enquiquin√© en Argentine, le gouvernement lui-m√™me s’est montr√© discriminatoire en affirmant que ceux qui enlevaient le travail aux Argentins, c’√©taient les Boliviens et les Paraguayens. Bien s√ »r si le peuple argentin entend √ßa, c’est √©vident qu’il va y avoir de la discrimination. Au d√©but on a eu plusieurs accrochages violents avec les Argentins. Comme on avait besoin d’un logement, on s’est toujours montr√© tr√®s responsables et on payait les versements pour acheter notre maison, mais il y avait des Argentins qui nous sonnaient les cloches parce que, eux, ils ne voulaient pas payer ¬ », nous informe-t-il. Elizabeth cependant note quelques diff√©rences entre la Bolivie et l’Argentine. ¬« Ici, il n’y a pas un sens aussi marqu√© des classes sociales parce que l√ -bas, si tu travailles comme employ√© de maison ou si tu es ma√ßon, tu es en bas de l’√©chelle et tu n’es pas respect√©. Pour √ßa, je suis contente d’√™tre partie de mon pays parce qu’il y a une grande diff√©rence sur ce point. Et puis, il faut le dire aussi, je crois que Radio Sud de Villa Libertador est un pont important entre les immigrants et les autres. Dans la zone sud, les gens ont pris conscience de l’immigration, mais pas dans le centre-ville parce que sur d’autres radios on nous insulte, on nous offense et √ßa nous fait mal qu’ils disent ‚€˜va-t-en jouer sur tes hauts plateaux’ ou bien ‚€˜quelles billes ces types’. Je crois que les autres m√©dias devraient s’inspirer de Radio Sud qui ne fait pas de discrimination √ notre √©gard. Il me semble que nous devons ouvrir nos cŇ“urs et voir comment toucher les gens. Parce que c’est vrai que parfois les Argentins sont choquants et empoisonnants, mais il y a des gens qui commencent √ nous conna√ģtre, commencent √ se lier d’amiti√© avec nous, ils aiment la cuisine bolivienne et ils apprennent m√™me quelques mots boliviens un peu sal√©s... ¬ », raconte Elizabeth.

Socrates explique par ailleurs que la plupart des immigrants boliviens viennent des zones rurales de Bolivie. ¬« En Argentine, la majorit√© des Boliviens travaillent dans la construction, les r√©coltes ou les briqueteries. Au d√©but, quand j’ai commenc√© √ travailler, mes compagnons me traitaient de bille, je me sentais humili√© et j’avais parfois envie de rentrer au pays. Mais ensuite on s’habitue au mode de vie, on se met √ la hauteur et on avance. En ce sens, je pense que c’est tr√®s important que les Boliviens qui sont d√©j√ dans le pays depuis un certain temps et ceux qui viennent d’arriver soient en contact √ travers le Centre des r√©sidents boliviens. Parce que parfois, il y a aussi des Boliviens qui exploitent les compatriotes, ils les font travailler pendant un grand nombre d’heures, ils ne les payent pas et nos compatriotes ne savent pas o√Ļ faire des r√©clamations ¬ », pr√©cise-t-il.

Une légère, très légère amélioration

Elizabeth nous fait part de ses r√©flexions : ¬« Comme beaucoup d’Argentins ont √©migr√©, maintenant le pays manque de main-d’Ň“uvre. Avant nous √©tions mal pay√©s, mais maintenant comme on a besoin de nous, nous avons davantage de travail et nous sommes un peu mieux pay√©s. Avant j’allais chercher du travail et on ne m’engageait pas, peut-√™tre √ cause de mon ob√©sit√© ou parce que j’ai la peau noire ou que je suis bolivienne. Pour √ßa, tu gaspilles du temps, de l’argent, tu utilises le t√©l√©phone et √ßa n’est pas juste. Parce que l’important, c’est que j’ai √©t√© toute ma vie ma√ģtresse de maison et je sais tout faire dans une maison. Nous sommes des √™tres humains, pas des animaux et j’ai un cŇ“ur comme tout le monde ¬ ».

Pour Susana en revanche, la main d’Ň“uvre bolivienne est tr√®s recherch√©e par les architectes eux-m√™mes. ¬« Ils viennent dans le quartier nous chercher parce qu’ils savent que nous sommes travailleurs ¬ ». √€ son tour, Nancy Flores (31 ans), une Argentine qui habite le quartier, donne son avis : ¬« Les architectes viennent les chercher pour travailler parce qu’ils leur co√ »tent moins cher que les Argentins. Un ouvrier argentin prend sept pesos de l’heure quand un √©tranger en prend quatre ¬ ». Lidia ajoute cependant : ¬« Il faut se mettre √ notre place. Que ferait un Argentin en tant qu’immigrant dans un autre pays, dans la m√™me situation que nous ? ¬ ». D’accord avec sa voisine, Susana fait remarquer : ¬« Ce qui se passe, c’est que beaucoup de Boliviens ont un loyer √ payer et des enfants √ nourrir. Ils ont besoin de travailler m√™me pour peu d’argent. Alors il vaut mieux aller travailler, on n’a pas le choix. Plut√īt que d’√™tre dans le besoin, de crever de faim, je pr√©f√®re aller travailler au lieu d’attendre qu’on me fasse l’aum√īne. ¬ »

Cristina G√≥mez (69 ans), une autre habitante argentine du quartier, fait remarquer : ¬« Ca fait douze ans que je connais mes voisins boliviens et je me suis toujours bien entendue avec eux. Mais j’ai bien vu que d’autres Argentins les discriminent et disent qu’ils viennent leur enlever leur travail. Mais derni√®rement, les choses ont un peu chang√©, maintenant les Argentins et les Boliviens se regroupent et se c√ītoient davantage. Je crois que nous les Argentins, nous devons aider les Boliviens parce que ce sont comme nous, des √™tres humains ¬ ».

Susana travaille maintenant comme employ√©e de maison, mais avant elle partait avec son mari sur les chemins et marchait plusieurs kilom√®tres pour aller travailler au ramassage des pommes de terre. ¬« Quand je suis arriv√©e en 1995, je travaillais comme employ√©e dans une maison familiale, de 8 heures du matin √ 5 heures de l’apr√®s-midi et je gagnais 280 pesos. Maintenant en revanche, je suis dans une autre maison, du lundi au vendredi, de 2 heures et demi √ 7 heures du soir, j’ai un jour de libre, et je gagne 450 pesos. Je travaille aussi dans une autre maison, trois fois par semaine quatre heures et je gagne 250 pesos ¬ ». S√≥crates ajoute : ¬« Avant, en 1995, on payait l’heure de travail sur les chantiers deux pesos. Mais maintenant la situation s’est am√©lior√©e, je travaille dans une entreprise de construction et en travaillant neuf heures par jour, on me paye 500 pesos environ ¬ ». Elizabeth consid√®re que la situation est en train de changer. ¬« Maintenant, le Bolivien fait valoir son travail, ce n’est pas comme avant. Et puis le gouvernement a chang√© les r√®gles du jeu, il sait qu’il n’y a pas assez de main-d’Ň“uvre et il facilite toutes les d√©marches pour obtenir les papiers. Avant, ils te prenaient 800 pesos, une folie, parce qu’il fallait payer le loyer, vivre, et il ne te restait pas d’argent pour √ßa ¬ ». Susana ajoute : ¬« Ca a √©t√© compliqu√© pour les papiers quand nous sommes arriv√©s. Tu mets des ann√©es pour les obtenir. Nous payons tout √ la Banque mais les formalit√©s pour le renouvellement des papiers viennent de Buenos Aires et n’arrivent pas jusqu’ici. Et maintenant, c’est compliqu√© pour obtenir le renouvellement parce qu’on te r√©clame un contrat de travail mais le patron ne veut pas te le donner ¬ ». . Elizabeth affirme : ¬« Sur ce sujet aussi, on voit qu’il y a de la discrimination parce que les papiers devraient te parvenir plus rapidement. Je crois que les choses vont changer avec le Mercosur parce qu’il y aura davantage de transactions commerciales et plus d’int√©gration entre ces pays. Plut√īt qu’argentins ou boliviens, nous nous appelerons ‚€˜mercosudiens’ ¬ ». Lizeth Alvarez (20) est la fille de Susana et elle fait des √©tudes de Droit √ l’Universit√© nationale de C√≥rdoba. ¬« Je crois que les travaux que font nos fr√®res boliviens dans la construction et dans les champs sont tr√®s d√©valoris√©s. Si tu acceptes de travailler au noir, tu acceptes que l’on viole tes droits. Un autre probl√®me est que les entrepreneurs de la construction n’investissent pas dans des mesures de s√©curit√© pour prot√©ger les ouvriers, c’est pour √ßa que dans ce milieu on voit fr√©quemment des ouvriers victimes d’accidents de travail. Nous l’avons v√©cu avec mon p√®re qui en a subi un. J’ai choisi de faire du Droit parce que je veux d√©fendre nos droits en tant que Boliviens, parce que non seulement les chefs d’entreprises mais aussi parfois l’Etat portent atteinte √ nos droits. Nous voulons avoir acc√®s aux m√™mes avantages qu’un Argentin et pouvoir b√©n√©ficier par exemple des plans sociaux ou des bourses universitaires. J’ai souffert de la discrimination en primaire et dans le secondaire. Je crois que ce sont les ignorants qui pratiquent la discrimination. Mais quand l’on me traite de Bolivienne, moi je ne le ressens pas comme une insulte, parce que c’est ma nationalit√© ¬ », affirme-t-elle. Elena que l’on consulte √ ce sujet, donne son avis : ¬« Je crois que de la discrimination il y en a partout, m√™me si, gr√Ęce √ Dieu, moi-m√™me je n’ai jamais eu affaire √ des Argentins qui la pratiquent, j’ai rencontr√© des braves gens. Mais en tout cas, j’ai souvent vu souvent que l’on discrimine les Boliviens ¬ ».

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Projet Convivencia

Ivonne Baldo, Sandra Zotar et Pl√°cida Franco, vice-directrices des classes primaires de l’√©cole Vicente Forestieri expliquent comment elles travaillent √ l’int√©gration entre les communaut√©s boliviennes, p√©ruviennes et argentines. ¬« D√®s le premier niveau et dans les √©v√©nements de l’√©cole, nous int√©grons les dates comm√©moratives de la Bolivie et du P√©rou. Lorsqu’on organise des f√™tes culinaires, il y a aussi des plats typiques de Bolivie comme le saucisson aux pommes de terre. Nous, les enseignants, nous avons aussi appris leur langage car les petits Boliviens ont leurs particularit√©s linguistiques. Par exemple un √©l√®ve de premi√®re ann√©e me dit ‚€˜ma√ģtresse, tu m’aff√ »tes la pointe du crayon’ ou bien ‚€˜mets-moi ma vareuse’. On joue avec les mots, les leurs et les n√ītres et nous les int√©grons au syst√®me scolaire ¬ », raconte Sandra. ¬« Le projet Convivencia [vie en commun, ndlr] sert aussi pour apprendre le respect envers l’autre, travailler sur les valeurs. En 1997, certains enfants n’acceptaient pas les Boliviens et les P√©ruviens. C’est pour √ßa que nous avons d√©cid√© de promouvoir ce projet qui fait partie du projet institutionnel de l’√©cole. Nous avons un √©l√®ve p√©ruvien qui s’appelle Jean Pierre Llanos qui est le porte-drapeau des classes primaires, c’est un √©l√®ve tr√®s respectueux qui nous a beaucoup appris ¬ », affirme avec fiert√© Ivonne. √€ son tour, Pl√°cida se souvient aussi qu’il y a deux ans, un enfant bolivien a int√©gr√© le groupe des porte-drapeaux. ¬« Et pr√©cis√©ment dans le cadre de ce Projet Convivencia, nous avons montr√© aux autres √©l√®ves que cet enfant qui, comme n’importe quel autre, fait partie de l’√©cole, pouvait aussi avoir la responsabilit√© du drapeau ¬ », conclue-t-elle.

Notes :

[1[NDLR] Du fait de la profonde crise financi√®re qui a touch√© la r√©gion de Cordoba √ partir de 1995, a √©t√© adopt√©e en juillet de cette m√™me ann√©e la loi provinciale no 8472 √ l’effet de d√©clarer l’√©tat d’urgence √©conomique et financier dans le secteur public de la province, ce qui a provoqu√© un retard dans le paiement des sommes dues. Entre autres mesures prises dans ces circonstances, il a √©t√© possible de payer les salaires jusqu’√ concurrence de 400 dollars en esp√®ces et le reste en bons de l’administration locale, les CECOR (Certificats d’annulation des obligations de la province de Cordoba) qui √©taient accept√©s pour leur valeur nominale dans tous les magasins de la province et pouvaient √©galement √™tre utilis√©s pour payer des dettes (les imp√īts, par exemple) au gouvernement provincial. D’apr√®s le gouvernement, les CECOR √©taient des bons √ terme de vingt-quatre mois rapportant 12 pour cent d’int√©r√™t annuel.

Source : Desafios Urbanos (http://www.cecopal.org/desafios/des...), n¬°54.

Traduction : Ce texte a √©t√© traduit par Annie Damidot pour Diffusion d’information sur l’Am√©rique latine (DIAL - http://enligne.dial-infos.org/), et publi√© dans un premier temps √ cette adresse : http://www.alterinfos.org/spip.php?.... La traduction a √©t√© revue par l’√©quipe du RISAL.

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