Venezuela
Edgardo Lander : ¬« Le r√©f√©rendum r√©affirme l’autonomie populaire ¬ »
par Alex Rodrigues
Article publiť le 10 décembre 2007

Le rejet de la proposition du pr√©sident du Venezuela, Hugo Ch√°vez, de modifier la Constitution nationale, vient non seulement de d√©montrer que le Venezuela √©tait un pays d√©mocratique, mais il a √©galement prouv√© clairement que les V√©n√©zu√©liens avaient de l’autonomie, a affirm√© le sociologue Edgardo Lander.

¬« La population a dit qu’elle √©tait capable de penser et de d√©cider avec sa propre t√™te. On peut suivre un leader, √™tre d’accord avec lui, mais sans forc√©ment √™tre aveugle. L’adh√©sion populaire n’est pas inconditionnelle et celle-ci peut parfois discorder sur certains points ¬ ».

Pour E. Lander, qui est professeur √ l’Universit√© Centrale du Venezuela (UCV), le r√©sultat a √©galement donn√© une plus grande l√©gitimit√© au gouvernement et au projet de construction d’un pays socialiste, en cours depuis 1999, date de l’arriv√©e de Chavez au pouvoir.

¬« L’un des arguments utilis√©s par l’opposition √©tait que le gouvernement n’avait pas de l√©gitimit√©, parce que les √©lections n’√©taient pas transparentes. Il a aujourd’hui √©t√© cat√©goriquement d√©montr√© que cela ne se passait pas de cette mani√®re et que le syst√®me √©lectoral de notre pays √©tait fiable ¬ ».

E. Lander rel√®ve le fait que le projet de r√©forme constitutionnelle, enclench√© par Ch√°vez √ l’Assembl√©e nationale, n’√©tait pas effectivement admis et imp√©ratif. Pour ce sp√©cialiste en sciences politiques, la Constitution actuelle ne repr√©sente en aucun cas un obstacle √ des transformations dans la structure politico-sociale du pays.

¬« Le processus de changements n’a pas rencontr√© de barri√®re constitutionnelle qui le limite. Et si cela s’√©tait produit, une Assembl√©e nationale constituante aurait d√ » √™tre convoqu√©e, afin que puisse avoir lieu un d√©bat public, large et d√©mocratique ¬ ».

Lander n’√©carte pas la possibilit√© que la Constituante soit convoqu√©e d’ici √ cinq ans au maximum, moment o√Ļ le mandat de Ch√°vez prendra fin. Selon lui, beaucoup des changements pr√©sent√©s dans le projet de r√©forme vot√© hier figurent d√©j√ dans l’actuelle Carta Magna du pays, promulgu√©e en 1999.

Le sociologue a, par exemple, cit√© les articles qui traitent de l’extension vers la main-d’œuvre informelle de droits li√©s au travail et √ la s√©curit√© sociale ainsi que de la r√©duction de la journ√©e de travail. ¬« Si les lois n’ont pas encore √©t√© √©dict√©es pour r√©glementer ces sujets, c’est par incapacit√© de l’Assembl√©e nationale, et non par une impossibilit√© li√©e √ la Constitution ¬ ».

Toujours selon lui, √ voir la mani√®re dont le d√©bat sur la r√©forme a eu lieu en divisant le pays, il est clair que l’approbation de la modification aurait g√©n√©r√© des probl√®mes. ¬« Si le projet avait √©t√© accept√© par un √©cart disons de 2% des votes, alors ce serait un d√©sastre parce que sa l√©gitimit√© serait remise en question et le nouveau texte constitutionnel serait une source constante d’instabilit√© ¬ ».

Une fois le r√©f√©rendum pass√©, Lander a alert√© le gouvernement sur la n√©cessit√© d’accorder toute son attention sur des sujets tels que l’efficacit√© de la gestion publique et la s√©curit√©, sujets consid√©r√©s par beaucoup de V√©n√©zu√©liens comme faisant partie des plus grands probl√®mes du pays. ¬« Sinon, nous courons le risque que les gens perdent confiance. Les conditions de vie de la population se sont transform√©es au cours des derni√®res ann√©es, il y a eu dans la politique populaire des avanc√©es extraordinairement importantes en termes d’organisation et de changement culturels. Une population qui vivait auparavant totalement en marge du syst√®me politique, apathique et sans confiance √ l’√©gard de la politique des partis et de l’Etat, se sent aujourd’hui r√©investie de sa dignit√© de participante, mais il existe bien s√ »r des pressions. Et le moment o√Ļ toute cette confiance s’√©croulerait peut survenir ¬ ».

Source : Brasil de Fato (http://www.brasildefato.com.br/), 4 d√©cembre 2007.

Traduction : revue A l’Encontre (http://www.alencontre.org/).

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