Cuba et le Venezuela
Les ¬« agents ¬ » de Chavez √ La Havane
par Elson Concepcion Pérez
Article publiť le 24 janvier 2003

L’opposition a lanc√© des actions de toutes sortes contre le programme bolivarien dirig√© par le pr√©sident Hugo Chavez, du coup d’√‰tat aux attentats, gr√®ves, sabotages √©conomiques jusqu’√ la fermeture des √©coles, la fermeture des banques et les appels √ l’insubordination.

Et dans cette campagne de nature fascisto√Įde, les putschistes et leur presse ont li√© le nom de Cuba √ des diatribes et des mensonges et ont dit que le gouvernement v√©n√©zu√©lien a envoy√© ses agents se pr√©parer √ La Havane.

Cette calomnie m’a servi d’inspiration pour faire une recherche sur la v√©ritable nature de ces ¬« agents¬ ».

Martha Bolivar, coordonnatrice de l’Entente de sant√© Cuba-Venezuela √ la pr√©sidence de la R√©publique Bolivarienne, explique pour Granma international qui sont les pr√©tendus agents de son pays qui se trouvent √ La Havane ou qui sont rentr√©s dans leur patrie apr√®s avoir re√ßu un traitement m√©dical dans l’√ģle.

La jeune sociologue de 31 ans raconte le plan :

¬« √€ partir du 30 novembre 2000, nous avons effectu√© le premier vol avec des patients v√©n√©zu√©liens devant √™tre soign√©s √ Cuba. √€ cette occasion, nous avons amen√© 48 malades. Ce fut une exp√©rience tr√®s belle puisque c’√©tait le premier contact de ce genre avec les personnes les plus n√©cessiteuses de mon pays, qui avaient parcouru tout le syst√®me de sant√© v√©n√©zu√©lien sans recevoir de r√©ponses positives¬ ».

¬« C’est pour cela que le pr√©sident Chavez a consid√©r√© cette entente comme une banni√®re pour donner une r√©ponse √ cette population dans le besoin¬ ».

Comment savez-vous qui est le plus dans le besoin ?

¬« En principe, parce que nous avons le contact direct avec eux. Nous rencontrons ceux qui font une demande dans toutes les r√©gions du pays.

Actuellement, dans la base de donn√©es, nous avons quelque 10 700 demandes √ venir √ Cuba recevoir des soins m√©dicaux. Avec le dernier vol, le 51e, 51, 3 120 patients ont d√©j√ voyag√©, en plus de 2 699 accompagnateurs, c’est-√ -dire un total de 5 819 V√©n√©zu√©liens. De ceux-ci, 1 202 ont √©t√© soumis √ Cuba aux interventions chirurgicales les plus vari√©es, y compris des greffes de moelle et des op√©rations du cŇ“ur, entre autres.¬ »

Comment fait-on la s√©lection de ceux qui ont la priorit√© ?

¬« La grande majorit√© des b√©n√©ficiaires jusqu’√ maintenant sont des personnes √ tr√®s faible revenu, sans vouloir √©carter les autres qui poss√®dent quelques ressources, nous nous guidons selon des normes m√©dicales et humaines car il y a beaucoup de cas qui, m√™me en ayant les ressources, ne pourraient recevoir l’attention et les services m√©dicaux que Cuba leur apporte gratuitement.

La sant√© est un droit de tout √™tre humain. Mais les personnes sans moyens √©conomiques ont la priorit√©. Par exemple, une op√©ration de cardiopathie cong√©nitale pour un enfant dans les cliniques priv√©es v√©n√©zu√©liennes ne co√ »te pas moins de dix millions de bolivars, soit quelques 5 500 dollars.¬ »

Que pensez-vous de ceux qui dans votre pays disent que Cuba pr√©pare des agents de Chavez ?

¬« Ce sont l√ des crit√®res de mercenaires. Ce que veulent ces oligarches, c’est de retrouver l’espace qu’ils ont perdu.

Quand les patients soign√©s √ Cuba rentrent au Venezuela et descendent √ l’a√©roport de Maiquetta, c’est une formidable exp√©rience, gratifiante pour tous ceux qui comme moi travaillent dans le cadre de cet accord et pour leurs familles.

Une des choses qui les impressionne le plus, c’est la qualit√© humaine avec laquelle ils sont trait√©s √ Cuba par les m√©decins, les infirmi√®res, les travailleurs de La Pradera et des autres institutions.¬ »


¬« Agent¬ » Tito

Tito est s√ »rement un des agents les plus connus de tous ceux envoy√©s √ Cuba par Hugo Chavez pour ¬« se pr√©parer¬ ». Son nom est Jos√© Angel Castillo, il vit √ Maracay et il est venu pour se soigner de la vue.

L’enfant raconte : ¬« Un kyste m’est apparu aux yeux et on m’a op√©r√© au Venezuela mais j’√©tais aveugle. Ma m√®re a entendu parler de ce projet et a parl√© pour que l’on m’envoie √ Cuba afin de voir si je recouvrirais la vue. Je suis venu, on m’a appliqu√© un traitement d’ozonoth√©rapie pour am√©liorer ma vue ne serait-ce qu’un peu. Je vois un peu mieux. Je suis ici depuis deux ans. Ils m’ont donn√© la possibilit√© d’√©tudier √ l’√©cole sp√©ciale Abel Santamaria, √ Ciudad Libertad. J’ai termin√© l√ le CM2 et j’ai beaucoup appris¬ ».

Ton avenir ?

¬« Quand je serai grand, je veux enseigner le syst√®me Braille et √™tre chanteur¬ľ de salsa et de merengue.¬ »

Un message pour les enfants v√©n√©zu√©liens ?

¬« Qu’ils √©tudient beaucoup. Qu’ils luttent pour que s’ouvrent les √©coles et qu’ils puissent √©tudier pour que, lorsqu’ils seront grands, ils puissent devenir m√©decins et aider le peuple.¬ »

¬« Agent¬ » Juan de la Cruz Rosas

36 ans. De Caracas. ¬« Je suis venu le 16 ao√ »t, l’an dernier, pour une affection urologique. On m’a d√©j√ fait deux op√©rations et il m’en manque encore une. Je me suis remis √ 100%. Au Venezuela, je ne pouvais pas esp√©rer de telles op√©rations parce que mes revenus ne me le permettaient pas de payer ce que co√ »tent ces traitements. Je crois que ce qu’on m’a fait √ Cuba vaut plus de 60 millions de bolivars (33 000 dollars). L’attention a √©t√© excellente.¬ »

¬« Agent¬ » Wilmer Manzanares

46 ans. Souffre d’une l√©sion m√©dullaire. ¬« Au Venezuela, apr√®s mon accident, on m’a dit que je devais payer 100 millions de bolivars pour me poser deux vert√®bres, sans me donner l’assurance que je remarcherais. Ce prix, c’est pour la seule op√©ration, sans la r√©√©ducation.

Alors gr√Ęce √ mon commandant Chavez et √ Fidel, il y a eu ce merveilleux accord au profit des pauvres du Venezuela. Je vis √ Barquisimeto, √ Sabana Grande. Je suis un travailleur et je devrais vendre tout ce que j’ai, m√™me ma maison, pour pouvoir √™tre op√©r√©. Je devrais mettre √ la rue mes trois fils et vendre la maison pour une op√©ration qui ne m’offre pas l’assurance de marcher de nouveau.

En trois semaines pass√©es ici, je sens d√©j√ mes jambes, on m’a fait tous les examens et, le plus important, c’est l’affection avec laquelle on nous traite. En r√©alit√©, je n’ai besoin d’aucune vert√®bre comme on me l’en avait assur√© au Venezuela. Ce n’est pas un probl√®me de vert√®bre mais bien de r√©√©ducation et c’est ce que je fais.¬ »

¬« Agents¬ » Miriam Romibert et Miriam Villegas

Miriam Romibert est la premi√®re patiente v√©n√©zu√©lienne op√©r√©e √ cŇ“ur ouvert au Cardiocentro de Santiago de Cuba, nous raconte sa m√®re, Miriam Villegas, et elle ajoute : ¬« Ils l’ont op√©r√©e le 18 d√©cembre et maintenant, exactement un mois apr√®s, elle retourne au Venezuela, compl√®tement r√©tablie. Gr√Ęce √ Dieu, elle s’en est bien sortie. Ils ont effectu√© la r√©√©ducation l√ -bas, √ Santiago¬ ». (L’enfant sourit, l√®ve son T-shirt et me montre une grande cicatrice totalement saine). La m√®re continue : ¬« Nous sommes de Maracay. J’ai trois enfants.¬ »

Et pourquoi ne l’a-t-on pas op√©r√©e au Venezuela ?

¬« Ce serait quelque chose de tr√®s co√ »teux. Je suis all√©e dans quatre institutions. La sonde qu’on allait lui mettre me co√ »tait neuf millions de bolivars (5 000 dollars) et l’op√©ration plus de cinq ou six millions (autour de 3 000 dollars). Nous sommes pauvres. Le seul qui travaille, c’est mon mari, dans une pharmacie, √ l’entrep√īt.¬ »

Quelque chose de plus ?

¬« Oui, pour les m√©decins de Santiago de Cuba, pour les infirmi√®res, qu’ils continuent ainsi, qu’ils continuent √ aider le peuple v√©n√©zu√©lien. Je repars tr√®s contente. Le Dr Cueto, toutes les infirmi√®res, tous nous ont trait√©s merveilleusement. C’√©tait une famille.¬ »

¬« Agent¬ » Yumi√© Yakary P√©rez

Enfant de quatre ans. Atteint de paralysie c√©r√©brale infantile (PCI). Est √ Cuba depuis trois mois. Marbelys, sa tante, explique tandis que le sp√©cialiste en r√©√©ducation poursuit son travail pour que l’enfant puisse agir seule :

¬« L’am√©lioration se mesure du ciel √ la terre. Au Venezuela, les m√©decins m’ont dit de ne pas perdre mon temps ni mon argent, que l’enfant n’allait jamais marcher, alors qu’ici elle se l√®ve d√©j√ et peut bouger ses jambes. Voyez-la vous-m√™me.

¬ »Ce processus de r√©√©ducation qu’il re√ßoit ici m’aurait co√ »t√© l√ -bas quelque 25 000 bolivars (14 dollars) et ici, c’est toute la journ√©e avec m√©decins et sp√©cialistes, totalement gratuit.¬ »

Note sp√©ciale :

Le jour des entrevues de ces patients, j’ai su qu’√ La Pradera s’√©tait produit le premier accouchement d’une accompagnatrice d’un patient.

Une belle petite fille est n√©e, aux cheveux tr√®s noirs, qui portera le nom de Branllelys Coromoto Medina. Elle est la fille de Yeissi Medina, une jeune fille qui a pass√© trois mois comme accompagnatrice de son p√®re Rito Medina, qui souffre d’une parapl√©gie en raison d’une blessure par arme √ feu.

¬« Mon p√®re est venu sans marcher et il fait d√©j√ quelques pas avec des b√©quilles¬ ». Et la jeune femme est venue seule avec son p√®re et retourne maintenant en portant dans ses bras le b√©b√©, avec l’espoir de poursuivre ses √©tudes de baccalaur√©at dans sa patrie.

√€ La Pradera, o√Ļ reviennent √ la vie des centaines d’enfants, de femmes et d’hommes du Venezuela, il y a 36 sp√©cialistes en r√©√©ducation, 16 m√©decins et 32 infirmi√®res qui, avec amour, professionnalisme, d√©vouement et pers√©v√©rance, font leurs les mots solidarit√© humaine dans leur expression la plus compl√®te, aupr√®s des presque 300 travailleurs de l’institution qui contribuent chaque jour √ cette belle t√Ęche. De plus, 27 autres institutions cubaines de sant√© et trois h√ītels participent au succ√®s de l’accord avec le Venezuela.

Source : Granma International (http://www.granma.cu), janvier 2003.

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