Colombie : démantèlement de l’‰tat social de droit et autoritarisme
par Alfredo Molano
Article publi le 24 octobre 2003

Nous vivons en Colombie des temps difficiles, comme partout dans le monde. Nous ne sommes pas étrangers  la conjoncture internationale ; bien au contraire, nous en sommes chaque jour des protagonistes de premier rang. La plus grande difficulté que nous affrontons pour comprendre la marche notre pays, est constituée par l’épaisse couche d’unanimisme  travers laquelle nous percevons et analysons. Le consensus idéologique qu’ils ont réussi  établir, avec une indiscutable audace et efficacité, nous empêche de prendre de la distance pour comprendre ce qui se déroule sous nos yeux. Telle est la magie de l’idéologie.

En premier lieu, il faut mettre en avant la crise économique galopante qui frappe les classes moyennes des villes. On peut dire que entre les années 20 et les années 60, s’est formée en Colombie un classe moyennes adossée  la croissance de l’‰tat et au lent et laborieux développement de l’industrie manufacturière et des PME. Son histoire est liée aux vicissitudes de ces trois secteurs. Pendant les années 50 et 60 l’économie a connu une croissance encourageante qui a renforcé et consolidé les classes moyennes. La paix relative , la politique de substitution  l’importation, une conjoncture favorable  nos exportations, ont créé un climat d’optimisme qui a fait que nombreux sont ceux qui ont investi une grande part de leur patrimoine dans la formation professionnelle de leurs enfants. L’Université, tant publique que privée, a connu un développement hors du commun tant en étudiants qu’en professeurs€.

Nonobstant, l’horizon s’est vite assombri. La substitution aux importations s’est essoufflée dans les années 70 et paralysée au cours de la décennie suivante ; dans le même temps, la production de café, après la rupture du pacte mondial a chuté inexorablement au point d’occuper un rang discret dans notre commerce extérieur. L’intervention de l’‰tat a tenté de palier la crise sociale générée par la dépression dans ces deux secteurs de notre économie. D’où la radicalisation de la politique interventionniste - palliatif au chômage des classes moyennes - s’appuyant sur le clientélisme. A partir du gouvernement de Lleras Restrepo (1966-70), l’‰tat n’a cessé de croître et d’accumuler une énorme dette extérieure pour se maintenir  flot, pour financer indirectement l’économie privée, en réprimant par le feu et le sang la révolte des secteurs socio-économiques ne bénéficiant pas de la couverture institutionnelle.

La défaite de l’Union Soviétique amène le triomphe du monde unipolaire et celui du néolibéralisme. Les ‰tats-Unis imposent l’ouverture de l’économie mondiale, assurés de leur force économique et pressés par la nécessité d’élargir leur marché. La conséquence a été l’érosion de la base industrielle que les pays dits du Tiers Monde avaient réussi  constituer, et la vassalisation de leur agriculture aux cultures temporaires  vocation commerciale. Dans le même temps, la dette extérieure accumulée a connu des sommets qui ont donné  penser aux créanciers qu’il était temps de prendre des mesures drastiques pour éviter un moratoire. Les secteurs intermédiaires ont été profondément affectés par la politique néo-libérale. Le chômage officiel est devenu patent et ses effets politiques de jour en jour plus audibles. Les classes moyennes se sont paupérisées au rythme de la mise en place des programmes néo-libéraux et si leur angoisses ont été absorbées en principe par le biais du clientélisme et de la bureaucratisation ; tandis que s’enflait la dette publique, cet échappatoire s’est avéré un cul de sac. Comme nous le verrons, cette crise aura d’importants développements idéologiques et politiques.

Ces transformations intervenues en occultant une évolution du monde rural ne sont pas étrangères aux politiques officielles. La décomposition des économies rurales s’est fait jour avec la Violencia des années 50. La timide réforme agraire de Lleras Restrepo tenta de la contenir, mais les perspectives ouvertes par la Révolution Verte des années 70 l’accélérèrent de même que l’intense concentration de la propriété générée par elle, pour aboutir  une crise irréversible débouchant sur l’ouverture de l’agriculture nationale  la concurrence avec les agricultures subsidiaires et hautement productives des ‰tats Unis et de l’Europe. La disparition progressive des économies rurales a eu deux conséquences : le renforcement de la guérilla et la colonisation par la coca. Ces deux phénomènes naissent de la même matrice : exclusion politique des forces d’opposition et banqueroute du paysannat.

La décomposition de l’économie rurale et l’ébranlement de sa structure sociale équivalent  une véritable explosion. Avec la destruction des liens familiaux, de voisinage, de tous les réseaux de relations sociales basées sur une solidarité mécanique, la société paysanne libère une énergie politique qui en Colombie - comme cela s’est produit dans d’autres pays dans des contextes différents - est susceptible de se transformer en violence et en lutte armée. L’histoire a été le témoin des guerres paysannes. Par ailleurs, la concentration de la propriété, le chômage urbain, les bas salaires ont canalisé la décomposition du paysannat ouvrant d’autres terres  un espace dont l’‰tat est absent, sauf pour réprimer la moindre manifestation de mécontentement et de désaccord. Le passage de la Gemeinschaft  la Gesellschaft déchaînent la violence, particulièrement l où existent des ‰tats  caractère patrimonial, comme en Colombie. Dans notre cas, la violence a été canalisée par la gauche puisque aucune garantie d’expression et d’organisation ne lui était garantie sans parler de la capacité d’influer sur des changements d’orientation politico-économique. Une convergence de processus particuliers s’est fait jour dans un contexte international qui les suscite. A partir des années 80 les classes moyennes - tant  la campagne que dans les villes - ainsi que les paysans s’appauvrissent. L’‰tat colombien s’affaiblit sous la pression du FMI et du gouvernement des ‰tats-Unis. Mais dans le même temps, dans les zones rurales, le conflit armé entre forces régulières et irrégulières de l’‰tablissement d’un côté, et les guérillas de l’autre, s’intensifie, et entraîne un interventionnisme croissant des ‰tats-Unis. Les classes moyennes des villes, bien qu’elles soient victimes tant de l’ouverture économique que des ajustements fiscaux, choisissent de soutenir le gouvernement et les ‰tats-Unis contre une guérilla dont l’image publique s’est détériorée alors que leur force devient une réelle menace politique pour l’‰tablissement. Il n’en est pas de même dans les zones rurales où la guérilla canalise une grande partie du mécontentement des paysans et des colons alors que les paramilitaires défendent par la terreur les intérêts des latifundiaires.

Les termes de l’alliance demeurent ainsi établis : les classes moyennes urbaines s’alignent sur les intérêts de l’‰tablissement, tandis que le paysannat se sensibilise au discours de la guérilla ou accepte son autorité. A l’objection que la guérilla n’a pas de bases sociales et qu’elle est vouée au commerce des drogues et des armes, je réponds que la brutalité des paramilitaires ne peut s’expliquer autrement que par les liens entre guérilla et monde paysan. S’il en était autrement, il n’y aurait pas de guerre sale. On pourrait presque dire que le conflit armé en Colombie a choisi les classes moyennes comme théâtre social historique de la confrontation. [Dans ce travail, le paysannat est considéré comme une couche sociale constituée par de petits et moyens propriétaires et, par conséquent, est lié stricto sensu davantage aux classes moyennes qu’au secteur dépossédé de tout si ce n’est de sa force de travail.]

Au moment où le malheureux Eduardo Cifuentes s’est vu contraint de renoncer  sa charge de Défenseur du Peuple, celui-ci a déclaré que le pays perdait peu  peu sa souveraineté  cause de la forte ingérence du FMI et du Plan Colombie dans la vie économique et politique. Rien n’est plus vrai. Le référendum, comme on l’a dit, est une réforme politique qui répond pour une bonne part aux exigences de la Banque mondiale qui a besoin de solides garanties pour le paiement de la dette extérieure. Le Plan Colombie, au départ stratégie injustifiée et répugnante de lutte contre les cultivateurs de coca et de pavot est devenu un plan militaire contre la sédition et aujourd’hui, sous le nom d’initiative régional andine, un instrument qui ouvre la voie  une intervention dans une Amérique latine en proie aux convulsions. En matière de politique internationale et en complément de leur économie nationale, les ‰tats-Unis ont besoin d’un Sud discipliné. L’ALCA et le marché commun du sous-continent constitue des objectifs immédiats et pour les atteindre ils ne feront pas l’économie d’une quelconque mesure politique ou militaire. La Colombie, de par sa situation géographique, son conflit interne, la faiblesse de ses institutions politiques et la servilité de sa classe dirigeante est devenue la tête de pont d’une intervention croissante des ‰tats-Unis dans la politique régionale du sous continent. La Colombie est aujourd’hui une entité que l’on a considéré depuis la fin du XIXème siècle comme un protectorat. Nous pouvons nommer nos fonctionnaires et définir nos politiques dans des limites chaque jour plus étroites, fixées par les ‰tats-Unis, le protecteur. Paradoxalement , on nous protège pour nous ôter toute protection économique, c’est  dire pour défendre les politiques néo-libérales en Amérique latine. Oui, la Colombie peut devenir le fer de lance des ‰tats-Unis dans la région andino-amazonienne, si les pays de cette zone persistent dans le léger virage  gauche de leur politique qui équivaut  reformuler le protectionnisme et l’interventionnisme de l’‰tat dans l’économie.

La réalité du panorama économique de l’Amérique latine est tragique. Le CEPAL a qualifié les années 1988 - 2002 de « quinquennat perdu » vu que dans l’ensemble de la région, le PIB per capita a diminué de 0, 3 % en moyenne annuelle. La chute de la production en 2002 s’explique par la diminution de 7,5% des importations de biens et services, ce qui représente un manque  gagner de 31.000 millions de dollars, tandis les exportations ont stagné. Parallèlement, l’année 2002 a été néfaste en termes d’investissements étrangers directs en Amérique latine, baisse de 42,8% soit une diminution de 29.000 millions de dollars par rapport  2001. Toutefois, 52.000 millions de dollars ont été investis par les compagnies étrangères : utilités et rémunération de leurs employés. Par ailleurs, la dette extérieure en 2002 a atteint 727.000 millions de dollars, chiffre qui dépasse de 85% les exportations en Amérique latine de cette année l . « L’indice des prix  la consommation a inversé la tendance  la réduction constatée depuis 10 ans - dit le CEPAL - soit cinq points de plus qu’en 2201,  savoir 11.4% d’augmentation. Les familles des salariés, outre la réduction de leurs salaires - les plus bas de la période - ont vu leur revenu régresser de 15% par rapport  1995. le taux officiel du chômage, toujours inférieur  la réalité, a augmenté de 9,1%, pourcentage le plus élevé de toute la décennie ».

Ainsi, l’Amérique latine, après l’échec du néolibéralisme, cherche des chemins différents. Le Venezuela, l’Argentine et le Brésil se sont mis en quête d’un modèle de développement équitable permettant de recouvrer leur souveraineté nationale. Les ‰tats-Unis man“uvrent depuis longtemps contre le Venezuela et insistent journellement sur leurs différends historiques avec la Colombie pour engendrer un conflit de nature  déstabiliser le régime de Chávez ou,  défaut, créer les conditions d’une intervention militaire régionale, intervention qui pourrait être également dirigée contre le Brésil, si ce géant persiste dans son projet souverainiste.

En Colombie, le chômage oscille autour de 20%, selon les chiffres officiels. Jour après jour, notre conflit interne s’internationalise. La production de drogue illégale en Colombie occupe la même fonction que les armes destruction massive en Irak : argument pour l’intervention militaire des ‰tats-Unis. Quand nous disons intervention, nous nous référons  l’ingérence militaire croissante des ‰tats-Unis dans notre conflit interne. La subversion a cessé d’être pour le Département d’Etat la menace sino-soviétique, faute de combattants, pour devenir un maillon de l’Axe du Mal, qui amalgame terrorisme et drogue. La drogue - permettez-moi de le redire - joue le même rôle que les armes chimiques en Irak, et la terreur se drape dans les mêmes oripeaux que ceux de Al-Qaeda. Quoi qu’il en soit, l’intérêt de cette conclusion n’est pas tant le concept que les ‰tats-Unis appliquent  la sédition colombienne sinon l’accueil de cette contrebande idéologique dans de larges secteurs de la société colombienne. Comment s’est opérée cette mystification autour d’un conflit éminemment politique ? Pour répondre  cette question fondamentale, nous devons analyser la situation économique de la classe moyenne et la fonction idéologique des médias.

Sans aucun doute, la détérioration de la condition de vie en Amérique latine, du Cône Sud jusqu’au Mexique peut expliquer partiellement les tendances de centre-gauche de la région. La Colombie est l’exception : la droite - l’extrême droite même - s’est consolidée dans le même temps et semble consolider aujourd’hui son pouvoir. Quelle est la cause de notre position atypique ? Avançons une hypothèse. D’une part se pourrait être la conséquence du grand pouvoir toujours détenu par le bipartisme qui de par sa nature inclut le positionnement indépendantiste et la critique de la classe politique. A cet égard, le cas du président URIBE est révélateur : un indépendant qui construit son programme sur le rejet de la classe politique et termine par gouverner avec elle et ses chefs traditionnels. Aucun doute que la force du bipartisme, qui  l’heure de la vérité se convertit  l’unanimisme, soit encore très présente. Les tentatives d’opposition demeurent très incertaines. A ce stade nous débouchons sur une autre grande question : pour quoi l’opposition de la société civile ne prospère-t-elle pas sur notre sol ? On ne peut écarter la stratégie sanguinaire qui consiste  liquider physiquement toute alternative comportant un risque sérieux pour l’‰tablissement. L’histoire de l’Union Patriotique en est le chapitre le plus récent. Mais ce n’est pas seulement la réponse physique qui est susceptible d’expliquer la situation, c’est aussi la cooptation de l’opposition, comme ce fut le cas du MRL, la ANAPO et plus récemment du M19. Les mécanismes de cette procédure reposent sur le clientélisme et la corruption. Corrompre pour gouverner et je vais laisser ce paragraphe sous forme de points de suspension car je vais rentrer définitivement  la maison. Je ne le fais pas parce que je crois que les relations avec la « Sécurité démocratique  » « qui ne tient ni de l’une ni de l’autre » aient changé sinon simplement parce que rien n’a changé, rien ne changera et que j’ai 60 ans.

L’autre explication est  chercher dans l’existence même de la sédition et celle de la force militaire et politique - voire idéologique - au cours de la dernière décennie, c’est  dire la décennie néo-libérale. Il existe une tradition politique et religieuse, née dans les années 30 qui a permis d’identifier toute opposition au communisme, tradition recueillie et confortée pendant la guerre froide. Même si notre sédition, par pragmatisme, n’ait jamais transgressé les limites de la démocratie bourgeoise, les idéologues de l’établissement l’ont assimilé  l’athéisme, au communisme et au terrorisme lesquels, ajoutés et amalgamés ont créé l’image de l’ennemi intérieur.

Mais la seule formulation idéologique n’explique pas la force que cette dénaturation calculée a prise dans l’opinion publique et particulièrement dans la classe moyenne. Il est clair que pendant les décennies de 30  50, l’‰glise et la presse ont été des agents efficaces de cette stratégie d’idéologisation. Mais avec le progrès technique et la démocratisation de la radio et de la télévision, la chaire et les linotypes ont perdu de leur influence au profit des grands médias. Dans la mesure où les médias sont des entreprises commerciales intégrées aux grands groupes économiques, leur prédication idéologique a gagné du terrain et réussi une ingérence décisive - et décisionnelle - qui fait qu’ils sont de moins en moins la voix de l’opinion publique. Aujourd’hui en Colombie les chaînes de radio et de télévision ont une influence déterminante sur la pensée des gens, de la classe moyenne principalement, support de l’opinion publique. Cette fonction a fait vaciller, soit dit en passant, le concept même de démocratie dans la mesure où la manipulation de l’opinion publique implique en soi la manipulation de l’électorat. Le véritable vote et le consensus ont lieu dans un espace étranger  l’opinion publique : l’entreprise privée, l où les monopoles nationaux et les multinationales se taillent la part du lion.

Il en résulte la convergence de deux processus qui expliquent le virage  droite de l’opinion publique colombienne : la crise économique qui frappe la classe moyenne et l’hégémonie des grands média. Il faut y ajouter un troisième élément : la subordination de l’‰tat colombien aux ‰tats-Unis. Le jeu de ces mécanismes contribue aujourd’hui comme jamais  la prolongation et  la dégénérescence de la lutte armée. Ces facteurs ont fait triompher une politique belliciste et jeté par dessus bord la possibilité d’un arrangement pacifique et civilisé permettant d’éradiquer du conflit social ses aspects violents, en violation des droits de l’homme. L’opinion publique s’est enflammée  l’idée que la guerre serait le remède  la banqueroute économique dont elle souffre. Les idéologues des médias ont réussi  faire croire que la paupérisation et la décomposition sociale sont causées par une guérilla qui s’enrichit par le trafic de drogue et les enlèvements. Une évidence limpide vient contrer cette thèse : au cours de la dernière décennie, bien d’autres pays se sont développés dans de mêmes - voire moindres - proportions que la Colombie.

Nous avons vu jusqu’ici les conditions qui ont créé le climat pour tenter une « sortie  droite ». Examinons maintenant les politiques impulsées par Alvaro URIBE : la « Sécurité démocratique  », la référendum et la négociation avec les paramilitaires. La « sécurité démocratique  » est par essence une stratégie belliqueuse qui cherche en principe  mettre en déroute les guérillas ou tout au moins  les frapper de telle sorte que la négociation devienne une capitulation. L’idée n’est pas nouvelle. López Michelsen la soutenait en son temps : frapper d’abord, négocier ensuite ; le Sénateur Pardo et tous les généraux y ont souscrit. C’est un argument simple : investir dans la guerre pour faire baisser le co »t de l’accord. Le seul problème est que cette décision peut rendre la guerre plus chère que la paix. Ou signifie, comme disent les bonnes gens : mieux vaut un mauvais arrangement qu’un bon procès.

La « Sécurité démocratique  » a été critiquée par diverses ONG, considérant que c’était une façon d’impliquer la population civile dans la lutte armée. La mise en place d’un Réseau national d’informateurs ou délateurs, la formation de bataillons de soldats paysans, la création de nouveaux contingents de soldats professionnels sont des mesures qui sont venues en complément du Statut antiterroriste, des Zones de réhabilitation ou champs de bataille et il faudrait ajouter - dans la même logique - la fumigation des cultures illégales. Dans l’ensemble, le mérite de la formulation et du financement revient au Plan Colombie, ce qui met en évidence le caractère extérieur de la stratégie et la relie  la politique sécuritaire de l’administration BUSH.

En y regardant de près, tous les programmes faisaient partie du Plan Colombie ou étaient inspirés des principes de la Sécurité nationale. Le Réseau d’informateurs, par exemple, est une mesure policière classique des ‰tats-Unis, même si Cuba l’a mis en pratique. Les comités de vigilance contre les activités anti-américaines  la mode pendant la seconde guerre mondiale qui ont fait des ravages pendant le maccartisme ils remontent aux peurs qui ont généré la crémation des sorcières de Salem. En Colombie cet instrument possède une longue et ténébreuse histoire : la rétribution d’informateurs dans un pays où la majorité de la population est au chômage ou sous employée peut bénéficier d’un large soutien en dépit du dégo »t que les gens du peuple éprouvent pour ce qu’ils appellent « le mouchardage ». A la différence près que, dans ce cas la mesure est d’envergure : un million d’informateurs, selon la propagande officielle. Les dangers sont multiples et peuvent se réduire  deux. : accentuer la polarisation, surtout chez les populations rurales - ce qui conduirait  ouvrir le champs  la guerre - et fournir  l’exécutif un instrument de mobilisation politique, ce qui se traduirait par un clientélisme rampant. Quoi qu’il en soit, le réseau d’informateurs fonctionne de fait comme un catalyseur de la guerre civile.

La création des bataillons de soldats paysans s’appuie sur les mêmes fondements. Bien que la Constitution interdise explicitement l’organisation de milices nationales, les militaires ont toujours défendu contre vents et marées leur utilité militaire. Le rejet des autorités civiles et juridiques se fonde sur la possibilité que de tels bataillons se transforment - comme cela s’est déj produit - en unités paramilitaires. Lleras Restrepo (1966-70) en créa la structure juridique par décret, et les militaires armèrent des groupes de paysans pour attaquer les guérillas ou comme on disait dans les considérants « pour collaborer avec les autorités ». Quand les paramilitaires commencèrent  faire entendre les bruits de tronçonneuses au milieu des années 80, Barco (1986-90) annula la mesure, générant un grand mécontentement au sein des forces armées, défendues  ce moment-l par le Ministre de la Justice Arias Carrizosa. Lorsque Alvaro Uribe, gouverneur de l’Antioquia créa les CONVIVIR, il s’appuya sur cette tradition et tenta par tous les moyens de rétablir la mesure jusqu’ ce que le Conseil d’‰tat déclare condamne l’initiative et oblige les autorités  récupérer les armes que l’armée avait mis dans les mains des civils. Le bilan de cette remise ne fut jamais effectué. Il est fort probable que le mouvement CONVIVIR, une fois formellement dissous, ait fini par se subordonner aux AUC.

La réalité est que les bataillons de soldats paysans sont une forme de militarisation de la vie sociale creusent encore plus les profondes fractures du monde paysan. L’examen de l’esprit des lois qui faciliteraient la négociation avec les paramilitaires, montre que ces contingents deviendront la structure d’accueil de ceux qui se « démobiliseront ».

Le troisième volet politique de la « Sécurité démocratique  » réside dans la tentative de légaliser les « Zones de réhabilitation et de normalisation ». Il s’agit l d’une vieille aspiration des militaires qui remonte aux « Villages stratégiques » que les Nord-Américains ont mis en place au Vietnam. Pendant de nombreuses années l’armée a défini comme « Zones rouges » les territoires ou théâtres d’opérations où le contrôle - de fait - sur la population était absolu et supposait le recensement, le contrôle alimentaire, le monopole de l’information, le couvre-feu et même la nomination de gouverneurs et maires militaires qui ignoraient les droits des civils. Sous le gouvernement de Samper (1994-98), les militaires optèrent pour la création de ce que l’on appelait alors les « Zones spéciales d’ordre public  », qui dans leur essence sont du même ordre que les « Zones rouges  » encore en vigueur et dont les ONG ont dénoncé l’illégalité. Ce qui a amené le gouvernement  les défendre en les habillant de légalité. On voit plus clairement l’urgence que la mesure revêtait pour les militaires si nous nous rappelons que la Constitution de 91 a mis fin  l’‰tat de Siège  l’abri duquel les « Zones rouges  » reprenaient des forces. En vérité, l’initiative de Samper,  l’instar de celle de URIBE, sont des formules qui rendent viables une sorte d’‰tat de siège local, où l’Exécutif, représenté par l’Armée, assume des fonctions juridiques.

Le bilan de « Zones de réhabilitation  » est lamentable. D’une part , cyniquement, le gouvernement les a instituées dans les régions traversées par l’oléoduc de la Occidental Petroleum Company. Aucune explication n’a d’ailleurs jamais été fournie sur les raisons pour lesquelles la guerre s’intensifiait dans d’autres régions non déclarées comme telles. La réhabilitation a commencé par le recensement de la population par les militaires, ce qui, dit en passant, a contribué  intimider les populations. Elle s’est poursuivie par le contrôle du commerce et la proclamation du couvre feu, les perquisitions et les arrestations massives. Le tout couvert par des mesures complémentaires : contrôle de l’information, -déj suffisamment touchée par l’assassinat et la persécution des journalistes par les paramilitaires- et habilitation des militaires pour exercer la fonction judiciaire. L’arbitraire constitutionnel de la catégorie juridique est si flagrante que le Conseil d’‰tat a rapidement déclaré inconstitutionnels plusieurs de ses articles et ordonnances. A tel point que, le Procureur de la République, le Défenseur du Peuple et maintes ONG ont illustré cette situation par l’évocation de nombreux cas d’espèce.

Mais le gouvernement ne cède pas dans son bras de fer et reformule la norme sous le nom de « Statut antiterroriste  » qu’un Congrès aux ordres s’apprête  approuver et qui reprend pour une bonne part la législation connue sous le nom de « Statut de sécurité  » décrétée par Turbay [président de la Colombie entre 1978 et 1982], sous la pression des militaires, dans les années 80.

Même si la fumigation des cultures illégales - et non illicites - ne tombe pas sous le coup du statut de la « Sécurité démocratique  », elle fait partie intégrante de la politique d’ordre public. Le Plan Colombie, redéfini comme stratégie contre-insurrectionnelle s’appuie essentiellement sur la liquidation de la culture de la coca et du pavot, source logistique de la guérilla, ce qu’elle est dans la réalité. Ce positionnement rappelle le massacre des buffles dans le Middle West, prétexte  la liquidation des Peaux Rouges et  l’implantation des prairies vouées  l’élevage extensif. En y regardant de près la référence n’est pas seulement un trait d’ironie mais très édifiante : la fumigation ne viserait pas seulement  mettre en déroute la guérilla mais  déplacer les colons, laissant aux mains des éleveurs les terres soumises  la fumigation ; avec la collaboration des paramilitaires qui prennent le contrôle des dites terres après le passage des petits avions.

En bref, fumigation est synonyme de déplacement et non d’éradication, comme nous l’avons constaté non seulement dans l’histoire récente de la Colombie mais dans celle du Pérou ou de la Bolivie. En guise de défense les colons défrichent la brousse dans d’autres régions et sèment  nouveau la seule chose qui leur assure un faible gain. Le rôle de l’ouverture de l’économie a été suffisamment souligné de même que la privatisation du secteur public, l’élargissement et la consolidation du trafic de drogue. Les tenants de la propagande officielle ne veulent voir le rôle de la guérilla que comme voile  la responsabilité de l’‰tat et au del des instances supra nationales dans cette dynamique. Les cultures sont en effet fumigées et flétries par le glyphosate qui - soit dit en passant - est utilisé en dosage interdit par la Loi. Le Ministre de l’Intérieur a déclaré que le glyphosate dont la concentration a augmenté de 8  10% « n’est pas nuisible et s’il l’était, ses ravages seraient insignifiants au regard de ceux causés par les cultures illicites ». C’est pour cette raison que les plaintes sur les effets nocifs et criminels des fumigations sur les forêts, sources, animaux et êtres humains ont proliféré au point que le Tribunal de Cundinamarca les ait classé sans suite, obéissant  une mise sous tutelle. Le Président a déclaré,  la suite de cette ordonnance, que, sous son gouvernement, les épandages ne seraient pas arrêtés.

La fumigation ne s’est limité aux cultures de coca ou de pavot dans les zones de colonisation mais a semé la mort et la désolation dans des réserves indigènes qui cultivaient la feuilledecocadepuis, comme dit le poète, la nuit de temps. Les protestations des indigènes ont été ignorées comme l’on été les plaintes réitérées des habitants des zones de culture commerciale légale subventionnée dans la plupart des cas par les programmes de substitution (caoutchouc, cacao, palmes africaines).

Le gouvernement et le Bureau de contrôle des stupéfiants et de prévention du crime de l’ONU (Unodc) a déclaré récemment que les plantations de coca ont été réduites d’environ 30% : en 2001 on en avait dénombré 144.000 Ha., et le dernier comptage fait état de 102.000 Ha. seulement. Toutefois, Klaus Nyholm, représentant de la Colombie et de l’Equateur  l’Unodc, n’arrive pas  savoir si cet état de fait résulte du contrôle du marché par les groupes armés - vu que, note-t-il, la coca est maintenant achetée directement dans les exploitations - ou encore d’une relative amélioration des cours des produits agricoles, du déplacement des cultures vers le Pérou et la Bolivie ou de la fumigation. Par ailleurs, deux faits n’ont pas été pris en compte : l’invasion de la coca dans les zones caféicoles et la prolifération des plantations en Arauca et la plate-forme pacifique que les photos aériennes ont totalement localisées. Ce qui est s »r, c’est qu’ New York et Los Angeles, le gramme de cocaïne, toujours plus pure co »te toujours 100 dollars comme il y a dix ans. De toutes façons, il convient de se demander ce qu’il adviendrait du million de paysans qui aujourd’hui cultivent la coca au cas très improbable où l’éradication était totale et définitive. Il convient de prendre en compte les chiffres du chômage, le manque total de protection sociale des travailleurs agricoles d » aux aides consenties aux producteurs des pays riches et les faibles droits de douane qui pèsent sur nos pays. Reste une interrogation qui englobe la problématique : la fumigation est-elle une stratégie contre la guérilla, ou une politique pour mener une guerre durable, sachant que celle-ci tient une place importante dans le Plan Colombie et que les ‰tats-Unis commercialisent 50% des armes dans le monde ?

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Analysons maintenant le référendum auquel s’attèle le gouvernement et qui constitue une promesse électorale de Uribe. Depuis quelque temps, les gouvernements, gênés par le contrôle exercé par l’organe législatif, aspirent  limiter le pouvoir de ce dernier et se sont employés  le discréditer devant l’opinion publique. Il est certain que beaucoup de parlementaires sont corrompus, encore que le nombre des entrepreneurs privés et des fonctionnaires d’‰tat véreux ne soit pas moindre. Beaucoup d’entre eux, pour ne pas dire tous, récalcitrants, recourent au clientélisme pour manipuler leurs bases électorales. Cette man“uvre, en vérité, commence avec les enveloppes budgétaires distribuées aux parlementaires pour les mettre sous tutelle. En d’autres mots, la corruption existe  part égale au sein de l’entreprise privée, le gouvernement et le Congrès.

Les médias se font l’écho de la campagne de dénigrement provenant de l’Exécutif et les amplifie au point de mettre en péril la séparation des pouvoirs, tant ces idées prennent corps dans l’opinion publique.

La même aversion que l’Exécutif nourrit  l’égard du contrôle Législatif ; il la nourrit pour une raison identique envers le Conseil d’‰tat, le Procureur de la République et le Défenseur du Peuple. De plus, ce même rejet a déterminé l’exclusion de toute opposition politique, quand ce n’est pas son élimination physique systématique tout au long de notre histoire. Uribe a proposé au cours de sa campagne électorale de réduire le Parlement  une seule Chambre pour des raisons d’économie et de fonctionnalité. Ce n’est pas faux : un Parlement plus modeste n’est pas seulement moins onéreux pour le Trésor mais il est aussi pour le Prince. Mais, guidé par la prudence. Le Président a choisi de menacer les pères de la patrie de révocation, éventualité terrifiante étant donné le co »t des campagnes électorales, car comme on la déj vu dans le pays, révocation ne veut pas dire remplacement. Recourrant  des man“uvres dans la plus pure tradition clientéliste - la réduction budgétaire - Uribe a obtenu du Congrès l’organisation d’un référendum. Après les ajustements d’usage exécutés par les parties, l’initiative a été soumise au Conseil d’‰tat qui, malgré l’avis négatif émis par le Procureur de la République sur la plupart des articles, l’a reconnue conforme  la Constitution, exception faite de quatre points. Le référendum comporte deux parties : l’une est la tentative de rendre moins trouble le rôle du Congrès au bénéfice de l’Exécutif ; l’autre consiste en l’inscription dans la Constitution des politiques d’ajustement fiscal élaborés par le Fond Monétaire International au bénéfice des créanciers. Selon l’avis d’éminents constitutionalistes, la plupart de ces amendements pourrait être adoptée par des procédures régulières, c’est la raison pour laquelle, ajoutent-ils, le référendum s’est transformé en plébiscite pour le Président, qui soit dit en passant, n’en a pas besoin, vu qu’il conserve, si on en croit les sondages, une assise politique de 70%. Que cherche alors Uribe ? Rendre tangible un accord déj signé avec le FMI relatif  l’acceptation de sa politique par le pouvoir législatif, afin d’éviter  l’avenir, des procédures dilatoires. Rappelons que la dette extérieure colombienne dépasse maintenant les 40.000 millions de dollars, chiffre qui s’il venait  être dépassé, mettrait le Trésor dans l’impossibilité d’honorer la dette. En effet, la politique d’ajustement du FMI ne considère pas seulement la dette contractée, mais celle qui garantirait les futurs emprunts imposés par la guerre que les réformes fiscales  venir ne pourraient couvrir.

Le budget de guerre et le service de la dette extérieure représentent pour le pays 70% de ses revenus ordinaires. L’avantage pour le FMI de transformer ses formules mathématiques en articles de Loi est d’éviter les contrariétés que l’examen de son bilan serait susceptible de générer, comme cela vient de se passer avec l’adoption d’une taxe  la valeur ajoutée de 2% sur tous les articles du panier de la ménagère. L’annonce du référendum a suscité une puissante opposition. Le Parti Libéral, dont le Président Uribe prétend être membre, a décrété « l’opposition active ». Le Pôle d’Opposition, nouveau parti de gauche, a également appelé  l’abstention. Le Conseil d’‰tat a accordé une valeur juridique  l’abstention vu que tout référendum doit être approuvé par 25% du corps électoral, ce qui équivaut  plus de 6.400.000 voix, chiffre difficile  atteindre dans une consultation électorale. Enfin, un ex-magistrat de la Cour a interjeté une action en tutelle considérant que le référendum interfère dans le libre exercice des élections des maires et des gouverneurs qui auront lieu le lendemain du référendum. La situation est si embarrassante pour le gouvernement qu’il a créé toutes sortes de prébendes et canonicats pour susciter les votes, telle la baisse des droits d’inscription dans les universités publiques et des facilités pour être exempté du service militaire. Le Président - mais oui - a eu recours  des chantages qui ont eu le don d’irriter encore plus un des camps abstentionnistes :  de multiples reprises, Uribe et certains hauts fonctionnaires ont déclaré que si le référendum n’était pas approuvé, il n’y aurait pas de fonds pour l’investissement public et qu’il faudrait en venir  une autre réforme fiscale. Il essaie sans doute de contrecarrer un des articles les plus polémiques consistant  geler pour deux ans les salaires du public et par l même ceux du secteur privé. De toutes façons le Président a déclaré que si les mesures ne passaient pas par la voie référendaire, il les imposerait par d’autres moyens. C’est ainsi que Uribe comprend la démocratie.

Passons maintenant en revue la politique de paix, réduite  la négociation avec les paramilitaires, étant donné que le gouvernement n’a rien tenté avec la guérilla, sinon l’exigence de conditions jugées par elle inacceptables, même dans le cas d’un accord limité  un échange humanitaire entre guérilleros faits prisonniers par l’‰tat et des personnes retenues ou séquestrées par la guérilla. La pièce maîtresse de la négociation avec les paramilitaires est la dite Loi d’Alternative pénale, dite de la « Tendresse ». Ce qui veut dire, selon le gouvernement les peines de prison seraient substituées par une autre alternative qui, en conservant - ajoute-t-il - le droit  la vérité  la justice et  la réparation, permette la démobilisation. Selon la revue Seman, le projet de Loi, ardemment défendu par le Ministre de l’Intérieur, a été négocié préalablement avec les trafiquants de drogue et les paramilitaires. Cette thèse audacieuse est vraisemblable puisque Castaño a suggéré qu’elle conditionne la remise des armes afin d’éviter une catastrophe nationale.

De quelles peines alternatives s’agit-il, et quels délits couvrirait-elle ? Le projet est précis eu égard au second point : la loi s’appliquerait  tout le monde, y compris aux auteurs des atrocités stipulées par le Traité de Rome.

La réponse du gouvernement est la suivante :

« La suspension conditionnelle de l’exécution de la peine s’étendrait aux membres des groupes armés en marge de la Loi qui contribueraient efficacement  l’établissement de la paix dans le pays. Nous disons que la condition pour la suspension conditionnelle de l’exécution de la peine, le Groupe Armé Organisé en marge de la Loi auquel appartiendrait la personne devra avoir déclaré la cessation des hostilités et participé activement au processus de paix. De plus, le condamné devra s’être expressément engagé  ne pas commettre dorénavant aucun acte délictueux, et devra promettre de poser des actes contribuant effectivement  la réparation des préjudices causés aux victimes, au dépassement du conflit et  l’obtention de la paix. C’est  dire : ils devront fournir des biens ou un travail  des institutions effectuant un travail social en faveur des victimes, manifester publiquement leur repentir, collaborer effectivement  la démobilisation d’organisations en marge de la Loi et fournir des informations  cet effet. Tous ces bénéfices seraient octroyés par le Président de la République et leur exécution vérifiée par une Commission ».

Les critiques tombèrent en pluie. Nous en relèverons trois points. Le Défenseur du Peuple déclara que la paix ne pouvait se faire au prix de l’impunité des délits de lèse humanité. A son avis - écrivit El Tiempo - « la liberté conditionnelle proposée par le Président génère dans la pratique une procédure pénale de papier, dont les jugements seront purement décoratifs et dont les bénéficiaires directs seront les paramilitaires ». Pour conclure le tout, le Docteur Cifuentes, a considéré que le « quasi pardon » des délits dilue l’effet dissuasif du Code pénal et des droits de l’Homme.

Pour sa part , Human Rights Watch pense que la loi permettrait aux paramilitaires d’acheter l’impunité comme le fit il y a quelques années Fidel Castaño, remettant au gouvernement via une fondation de vastes domaines qui furent aussitôt transformés en camps d’entraînement paramilitaires. Concrètement, cette ONG considère que la loi ne garantit pas des investigations impartiales et sérieuses permettant d’établir la vérité sur les crimes et d’identifier les civils ou les militaires liés aux paramilitaires. Sur simple ordre de la Présidence, les coupables d’atrocités ne passeraient pas un seul jour derrière les barreaux. L’argument central de l’information est repris : « La loi permettrait que ceux qui violent les droits de l’Homme échappent  la justice réelle par virement bancaire ».

Exposé de l’écrivain et sociologue colombien Alfredo MOLANO  la Semaine pour la Colombie : "Alternatives", qui s’est déroulée  Bruxelles du 6 au 11 octobre 2003.

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