Argentinazo
"Le 20 décembre, les policiers ont tué de sang-froid"
Article publi le février 2002

Extrait d’une enquête publiée par le journal argentin Página 12, février 2002, sur les événements de décembre 2001.

La légende d’une des photos de Página 12 publiée avec cette enquête le 30 décembre 2001 émet l’hypothèse d’un ordre donné en haut lieu aux policiers pour les autoriser  tirer  balles réelles. "C’est probable", estime Victor Lynn, un journaliste argentin indépendant, "Le gouvernement était paniqué, il avait décrété l’état d’urgence, et le président s’est enfui en hélicoptère. De plus, les flics n’avaient pas vraiment besoin d’être encouragés dans ce sens. Le personnel des forces de l’ordre n’a pas été épuré depuis la fin de la dictature, et les vieux réflexes répressifs et meurtriers ont la vie dure. Le sentiment d’impunité qui règne dans ce pays a fait le reste. Je crains que ces exactions ne soient jamais sanctionnées." (€) Karina s’est également rendue sur le lieu du drame. Beaucoup d’habitants n’ont pas voulu parler. Une très jeune fille lui a finalement dit la vérité : elle a vu les policiers tirer sur son frère depuis une Fiat Palio blanche. (€)
Diego Lamagna ne participait  aucune activité politique. En revanche, il avait un sens aigu de l’injustice. C’est pourquoi il avait quitté ce jour-l ,  15 heures, l’appartement de banlieue où il vivait avec sa mère. Vu le temps qu’il a mis  traverser la ville en bus, il venait  peine d’arriver quand on l’a abattu froidement (€) A cet endroit, un groupe s’était mis  lancer des pierres dans une vitrine. Aucun des casseurs n’était armé, mais, depuis l’intérieur, quatre ou cinq policiers en civil ont ouvert le feu. (€) Il y a eu diverses manières de tuer, ce jour-l . Des blessés disent avoir été pris pour cibles depuis les motos censées tirer seulement des gaz lacrymogènes. Il y a eu ceux qui ont vu leurs assassins en civil, de face, les viser  la tête. Et ceux qui ont essayé de courir et qui ont été visés dans la nuque. (€) L’avocat Claudio Pandolfi a vu "des agents en civil tirer depuis deux voitures, un 4x4 de couleur claire et une Palio blanche". Me Pandolfi soutient que c’étaient des policiers, vu leur professionnalisme glacé : ils sont descendus tranquillement des véhicules, ont appuyé leurs gros ventres contre les voitures, ont posé les bras sur les toits pour tirer et, "quand la Palio a d » partir en trombe, ils ont mis le gyrophare pour s’extraire de la circulation", raconte-t-il. (€)

© COPYRIGHT Página 12 2002.

Les opinions exprimes et les arguments avancs dans cet article demeurent l'entire responsabilit de l'auteur-e et ne refltent pas ncessairement ceux du Rseau d'Information et de Solidarit avec l'Amrique Latine (RISAL).
RISAL.info - 9, quai du Commerce 1000 Bruxelles, Belgique | E-mail : info(at)risal.info