Six comploteurs anti-Castro condamnés au Panama
par Benito Pérez
Article publi le 23 avril 2004

JUSTICE - Le terroriste récidiviste Luis Posada Carriles a écopé de huit ans de prison pour avoir voulu assassiner le dirigeant cubain Fidel Castro en novembre 2000.

Fin de parcours pour Luis Posada Carriles ? Le vieux baroudeur de l’extrême droite cubaine (76ans) a été condamné mardi par la justice panaméenne  huit ans de prison pour avoir planifié en 2000 une tentative d’assassinat du dirigeant cubain Fidel Castro. Ce proche de la Fondation nationale cubano-américaine (CANF) de Miami -fugitif de la justice vénézuélienne pour un précédent attentat- avait été arrêté le 17 novembre 2000 en compagnie de cinq complices. L’arrestation intervenait après que le lider maximo cubain, en visite d’Etat au Panama, avait dénoncé qu’une tentative d’attentat  l’explosif devait avoir lieu contre lui  l’Université de la capitale panaméenne. Accusation et défense interjetteront appel du jugement. Lors de son intervention, la police panaméenne avait saisi 34kilos d’explosifs et des faux passeports. Aucun détonateur n’ayant été retrouvé, la justice avait renoncé  inculper les prévenus de « tentative d’assassinat ».

Appels multiples

Présentés au juge en mars dernier, les six accusés -M.Posada, trois Floridiens, un entrepreneur cubano-panaméen et un chauffeur panaméen- étaient finalement poursuivis pour « détention d’explosifs », « association illicite de délinquants » et « attentat  la sécurité collective ». Les détenus risquaient jusqu’ vingt ans de réclusion.
Dans une sentence mi-figue mi-raisin, le juge panaméen José Hoo Justiniani a renoncé aux deux premières accusations, mais a maintenu « l’attentat  la sécurité collective », confirmant l’intention délictueuse, mais refusant de lier avec certitude les prévenus aux explosifs retrouvés dans leur voiture. Les cinq condamnés d’origine cubaine purgeront des peines allant de sept  huit ans de prison, tandis que leur complice panaméen a écopé de quatre ans.
Le Ministère public et les parties civiles -jugeant les peines trop légères- interjetteront appel. De même que les avocats des condamnés. Les cinq activistes anti-communistes ont en effet toujours plaidé l’innocence, se disant victimes d’une machination des services secrets cubains.

L’attentat de la "Cubana"

La thèse n’est toutefois guère convaincante au vu des CV en présence. Notamment celui de leur leader, Luis Posada Carriles. Vieux baroudeur de l’anti-castrisme, lié  la CIA dès les années 1960, ce chimiste de formation -spécialiste en explosifs- avait déj connu la prison au Venezuela pour son rôle dans l’attentat de 1976 contre l’avion de la « Cubana ». Septante-trois personnes avaient péri dans l’explosion de l’appareil au-dessus des Barbades.

Evadé en 1985, ce grand ami de Jorge Mas Canosa, fondateur avec Ronald Reagan de la CANF, s’était ensuite installé en Amérique centrale. Selon ses propres déclarations, faites en juillet 1998 au New York Times, M.Posada Carriles a dirigé depuis l la campagne d’attentats de 1997 contre l’économie touristique cubaine. Campagne financée, selon lui, par la CANF et qui avait co »té la vie au touriste italien Fabio Di Celmo.

Malgré ces aveux, le Panama a refusé d’accorder l’extradition du terroriste vers Cuba, du fait que La Havane pratique toujours la peine capitale. La justice cubaine s’était pourtant engagé  ne pas solliciter de peine supérieure  vingt ans de réclusion.

Luis Posada Carriles pourrait toutefois se voir rattraper par son passé. En effet, l’ambassadeur du Venezuela au Panama a laissé entendre que Caracas pourrait réclamer  son tour l’extradition du fugitif.

Complices connus

Les pedigrees des autres condamnés floridiens sont également instructifs. Ainsi celui de Guillermo Novo Sampol, qui fut inculpé pour l’assassinat en 1976 du Chilien Orlando Letelier, l’ancien ministre de Salvador Allende, avant d’être relaxé. Douze ans auparavant, il avait déj été inquiété par la police pour une tentative d’attentat contre Ernesto « Che » Guevara  New York.
Son ami Pedro Crispin Remón fut, lui, condamné en 1986 par la justice étasunienne  dix de prison pour un attentat contre un diplomate cubain  l’ONU.

Enfin, le troisième larron en provenance de Miami, Gaspar Jimenez Escobedo, avait déj tâté de la prison par deux fois dans des affaires politiques. Condamné pour avoir kidnappé un officiel cubain au Mexique, il a aussi été suspecté pour l’explosion de la voiture du journaliste étasunien Emilio Milian en 1976.

Source : Le Courrier (http://www.lecourrier.ch), avril 2004.

Les opinions exprimes et les arguments avancs dans cet article demeurent l'entire responsabilit de l'auteur-e et ne refltent pas ncessairement ceux du Rseau d'Information et de Solidarit avec l'Amrique Latine (RISAL).
RISAL.info - 9, quai du Commerce 1000 Bruxelles, Belgique | E-mail : info(at)risal.info