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		<title>La Bolivie apr&#195;&#168;s la gr&#195;&#168;ve de la faim d'Evo</title>
		<link>https://risal.collectifs.net/spip.php?article2502</link>
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		<dc:date>2009-05-04T06:44:41Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pablo Stefanoni</dc:creator>


		<dc:subject>Bolivie</dc:subject>
		<dc:subject>Sin Permiso</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#195;&#169;rique du Sud</dc:subject>
		<dc:subject>Isabelle Dos Reis</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La voie vers la r&#195;&#169;&#195;&#169;lection d'Evo Morales est enfin d&#195;&#169;gag&#195;&#169;e apr&#195;&#168;s l'approbation par le Congr&#195;&#168;s d'une nouvelle loi &#195;&#169;lectorale permettant la tenue des &#195;&#169;lections du 6 d&#195;&#169;cembre prochain. Pour ce faire, le chef d'&#195;&#8240;tat bolivien a d&#195; &#187; endurer cinq jours de gr&#195;&#168;ve de la faim, appeler de nouveau &#195; une mobilisation sociale et, finalement, accepter diverses revendications de l'opposition. Celle-ci a utilis&#195;&#169; sa majorit&#195;&#169; au S&#195;&#169;nat pour faire entrave &#195; la (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot1106" rel="tag"&gt;Isabelle Dos Reis&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://risal.collectifs.net/local/cache-vignettes/L150xH103/arton2502-e5c8f.jpg?1508595454' width='150' height='103' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La voie vers la r&#195;&#169;&#195;&#169;lection d'Evo Morales est enfin d&#195;&#169;gag&#195;&#169;e apr&#195;&#168;s l'approbation par le Congr&#195;&#168;s d'une nouvelle loi &#195;&#169;lectorale permettant la tenue des &#195;&#169;lections du 6 d&#195;&#169;cembre prochain. Pour ce faire, le chef d'&#195;&#8240;tat bolivien a d&#195; &#187; endurer cinq jours de gr&#195;&#168;ve de la faim, appeler de nouveau &#195; une mobilisation sociale et, finalement, accepter diverses revendications de l'opposition. Celle-ci a utilis&#195;&#169; sa majorit&#195;&#169; au S&#195;&#169;nat&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='[RISAL] Le parlement bolivien est bicam&#195;&#169;ral. La majorit&#195;&#169; au s&#195;&#169;nat est (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; pour faire entrave &#195; la loi adaptant le r&#195;&#169;gime &#195;&#169;lectoral &#195; la nouvelle constitution ratifi&#195;&#169;e par r&#195;&#169;f&#195;&#169;rendum, en janvier dernier, avec 62% des votes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='footnote' title='[RISAL] Lire Pablo Stefanoni, Un vote qui montre une fois de plus une (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ainsi, Morales remettra son poste en jeu, &#195; un an de la fin de son mandat qui a commenc&#195;&#169; en janvier 2006 suite &#195; son triomphe en tant que premier pr&#195;&#169;sident indig&#195;&#168;ne du pays, avec le r&#195;&#169;sultat in&#195;&#169;dit de 54% des votes, le pourcentage le plus &#195;&#169;lev&#195;&#169; dans l'histoire d&#195;&#169;mocratique bolivienne r&#195;&#169;cente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une campagne permanente&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chef d'&#195;&#8240;tat bolivien a couvert les n&#195;&#169;gociations avec l'opposition d'un langage belliqueux &#8211; une bataille &#194;&#171; &lt;i&gt;entre le peuple opprim&#195;&#169; et l'oligarchie&lt;/i&gt; &#194; &#187; - voire religieux, en d&#195;&#169;pit de leur co&#195;&#175;ncidence avec la premi&#195;&#168;re Semaine sainte sous l'Etat la&#195;&#175;que instaur&#195;&#169; par la nouvelle constitution : &#194;&#171; &lt;i&gt;Je comprends qu'en d'autres temps, le Christ a sacrifi&#195;&#169; son corps pour le salut d'autres&#8230; Evo et les dirigeants sociaux offrent leurs corps en t&#195;&#169;moignage de sacrifice&lt;/i&gt; &#194; &#187;, s'est enthousiasm&#195;&#169; le vice-pr&#195;&#169;sident Alvaro Garc&#195;&#173;a Linera, apr&#195;&#168;s l'abandon par l'opposition des sessions parlementaires, laissant ainsi sans quorum un Congr&#195;&#168;s demandant un nouveau registre &#195;&#169;lectoral et la r&#195;&#169;duction du nombre de circonscriptions sp&#195;&#169;ciales pour les indig&#195;&#168;nes, une forme de discrimination positive en faveur des peuples originaires qui, en raison de leur faible densit&#195;&#169; d&#195;&#169;mographique, ne parviennent pas &#195; acc&#195;&#169;der au Congr&#195;&#168;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme cela se passe depuis un certain temps, le &lt;i&gt;timing&lt;/i&gt; des mobilisations sociales s'est adapt&#195;&#169; aux besoins du &lt;i&gt;Palacio Quemado&lt;/i&gt; [le palais pr&#195;&#169;sidentiel], dont la strat&#195;&#169;gie au jour d'aujourd'hui, vise &#195; garantir la r&#195;&#169;&#195;&#169;lection d'Evo Morales et l'obtention de la majorit&#195;&#169; aux deux chambres du parlement. Une fois le signal lanc&#195;&#169; par l'ex&#195;&#169;cutif, plus d'un millier de militants et de dirigeants sociaux ont organis&#195;&#169; des piquets de je&#195; &#187;ne sur tout le territoire bolivien. Dans les ann&#195;&#169;es 80 d&#195;&#169;j&#195; , le pr&#195;&#169;sident nationaliste de gauche de l'&#195;&#169;poque, Hern&#195;&#161;n Siles Zuazo avait fait une gr&#195;&#168;ve de la faim pour tenter de contrecarrer une vague de protestations qui en peu de temps mirent fin &#195; son gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#194;&#171; &lt;i&gt; Avant, &lt;/i&gt;[il y avait]&lt;i&gt; des gr&#195;&#168;ves de la faim contre la dictature militaire&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='footnote' title='Une r&#195;&#169;f&#195;&#169;rence aux femmes mineures qui eurent recours &#195; ce moyen contre le (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &lt;i&gt;aujourd'hui &lt;/i&gt;[il y en a] &lt;i&gt;contre les restes du mod&#195;&#168;le n&#195;&#169;olib&#195;&#169;ral &lt;/i&gt;&#194; &#187;, a proclam&#195;&#169; Morales apr&#195;&#168;s l'approbation par le Congr&#195;&#168;s de la loi, qu'il a pr&#195;&#169;sent&#195;&#169;e comme un triomphe populaire, m&#195;&#170;me s'il a accept&#195;&#169; l'&#195;&#169;laboration d'un nouveau recensement, la r&#195;&#169;duction des circonscriptions indig&#195;&#168;nes de quatorze &#195; sept, et certaines limitations pour le vote &#195; l'&#195;&#169;tranger, tout cela incorpor&#195;&#169; dans la nouvelle constitution, qui sera mise en &#339;uvre de mani&#195;&#168;re progressive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#195;&#169;sident bolivien a ensuite donn&#195;&#169; le coup d'envoi de ce qui sera une tr&#195;&#168;s longue campagne &#195;&#169;lectorale : &#194;&#171; &lt;i&gt;D'abord ils ont essay&#195;&#169; de nous battre dans les urnes et ils n'y sont pas parvenus, ensuite avec des coups d'Etat et des conspirations, et maintenant ils essayent de bloquer les &#195;&#169;lections. Il nous faut gagner en d&#195;&#169;cembre avec 70% pour qu'il n'y ait plus de chantage de la part de la droite&lt;/i&gt; &#194; &#187;, a-t-il ajout&#195;&#169; devant quelques centaines de sympathisants, qui r&#195;&#169;pondaient &#194;&#171; 90% &#194; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et m&#195;&#170;me s'il a indiqu&#195;&#169; que &#194;&#171; &lt;i&gt;gouverner est la meilleure forme de faire campagne&lt;/i&gt; &#194; &#187;, il est &#195;&#169;vident que la bataille &#195;&#169;lectorale favorise des mesures d'ex&#195;&#169;cution rapide et de fort int&#195;&#169;r&#195;&#170;t politico-m&#195;&#169;diatique dans un contexte de crise ext&#195;&#169;rieure et d'&#195;&#169;normes difficult&#195;&#169;s pour viabiliser la politique de nationalisation des hydrocarbures Cette derni&#195;&#168;re a &#195;&#169;t&#195;&#169; entrav&#195;&#169;e par un dense r&#195;&#169;seau de corruption tiss&#195;&#169; par Santos Ram&#195;&#173;rez, ex-pr&#195;&#169;sident de l'entreprise p&#195;&#169;troli&#195;&#168;re publique, ex-homme fort du Mouvement vers le socialisme (MAS), et aujourd'hui d&#195;&#169;tenu dans la prison de San Pedro. Cette affaire montre les risques de retomber dans le vieil &#195;&#169;tatisme patrimonial et client&#195;&#169;liste. La polarisation &#8211; par moment artificielle &#8211; de tout conflit avec l'opposition, rendue possible par le climat de campagne &#195;&#169;lectorale permanente &#8211; cr&#195;&#169;e une illusion de radicalit&#195;&#169; politiquement productive pour le gouvernement - et pour la toute jeune bureaucratie syndicale paysanne et ses pr&#195;&#169;bendes de l'&#195;&#8240;tat &#8211; qui en d&#195;&#169;finitive rend n&#195;&#169;cessaire la recr&#195;&#169;ation p&#195;&#169;riodique de la sensation de menace interne et externe au processus de changement, pour maintenir le climat de mobilisation. Si le harc&#195;&#168;lement de la &#194;&#171; droite raciste &#194; &#187; a pu freiner certaines initiatives gouvernementales, il a aussi contribu&#195;&#169; &#195; la coh&#195;&#169;sion des troupes elles-m&#195;&#170;mes. Et &#195; d&#195;&#169;faut d'institutions capables de r&#195;&#169;inventer le lien entre le politique et le social, l'&lt;i&gt;evismo &lt;/i&gt;a remplac&#195;&#169; progressivement l'horizon utopique du gouvernement des mouvements sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les accusations d'infiltration de la CIA au c&#339;ur de la compagnie p&#195;&#169;troli&#195;&#168;re publique YPFB, comme explication de la plus prosa&#195;&#175;que corruption de ses fonctionnaires, n'est qu'un chapitre de la longue histoire des accusations de conspirations. Mais aujourd'hui, avec l'opposition fortement fragilis&#195;&#169;e, les risques semblent davantage venir de l'int&#195;&#169;rieur que des ennemis du &#194;&#171; gouvernement populaire &#194; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une victoire &#195; la Pyrrhus&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#195;&#169; tout, pour l'opposition, ce qu'elle a obtenu s'apparente &#195; une victoire &#195; la Pyrrhus. Ses probl&#195;&#168;mes pour mettre Morales en &#195;&#169;chec sont loin de n'&#195;&#170;tre qu'un probl&#195;&#168;me de recensement &#195;&#169;lectoral. La ratification du leader &lt;i&gt;cocalero&lt;/i&gt; avec 67% des votes lors du r&#195;&#169;f&#195;&#169;rendum du 10 ao&#195; &#187;t 2008 a &#195;&#169;t&#195;&#169; un coup difficile &#195; dig&#195;&#169;rer. &#194;&#171; &lt;i&gt;La droite est tr&#195;&#168;s dispers&#195;&#169;e et d&#195;&#169;sar&#195;&#167;onn&#195;&#169;e. Tous les sondages placent Evo Morales au dessus de 40%, alors que le candidat de l'opposition le mieux plac&#195;&#169; ne d&#195;&#169;passe pas les 9% &#194; &#187;, &lt;/i&gt;explique le s&#195;&#169;nateur dissident du parti de droite Podemos, Carlos B&#195;&#182;rth. Dans un contexte d'absence de leaders nationaux, la figure montante de ces derniers mois est celle de l'ex vice-pr&#195;&#169;sident aymara V&#195;&#173;ctor Hugo C&#195;&#161;rdenas, dont la maison a &#195;&#169;t&#195;&#169; &#194;&#171; expropri&#195;&#169;e &#194; &#187; il y a quelques jours par les indig&#195;&#168;nes de sa communaut&#195;&#169; sur les bords du lac Titicaca, pour avoir appel&#195;&#169; &#195; voter &#194;&#171; NON &#194; &#187; &#195; la Constitution. M&#195;&#170;me une partie des dirigeants de Santa Cruz [bastion de l'opposition] mise sur la carte indig&#195;&#168;ne du centre contre &#194;&#171; l'indig&#195;&#169;nisme radical &#194; &#187; d'Evo, comme reflet du changement d'&#195;&#169;poque : l'ann&#195;&#169;e derni&#195;&#168;re, la droite a pris comme candidate pour le gouvernement du d&#195;&#169;partement de Chuiquisaca l'indig&#195;&#168;ne Savina Cu&#195;&#169;llar, ex-membre de l'assembl&#195;&#169;e constituante pour le parti d'Evo Morales et alphab&#195;&#169;tis&#195;&#169;e gr&#195;&#162;ce au programme &#194;&#171; Yo s&#195;&#173; puedo &#194; &#187; de l'actuel gouvernement, qui a finalement battu le candidat du MAS. Et l'opposition autonomiste de Santa Cruz int&#195;&#168;gre g&#195;&#169;n&#195;&#169;ralement des consignes en guarani, et souligne la pr&#195;&#169;sence de ses propres indig&#195;&#168;nes lors de ses concentrations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, le pass&#195;&#169; de C&#195;&#161;rdenas comme vice-pr&#195;&#169;sident lors du premier mandat de Gonzalo S&#195;&#161;nchez de Lozada (1993-1997) &#8211; aujourd'hui en fuite aux Etats-Unis et accus&#195;&#169; pour la r&#195;&#169;pression durant la guerre du gaz de 2003 - semble &#195;&#170;tre un &#195;&#169;l&#195;&#169;ment difficile &#195; mettre en avant au moment de faire face &#195; Morales, qui jouit jusqu'&#195; pr&#195;&#169;sent d'une popularit&#195;&#169; &#195; toute &#195;&#169;preuve dans le monde populaire bolivien. D'autres &#194;&#171; indig&#195;&#168;nes &#194; &#187;, tels que le maire de Potos&#195;&#173;, Ren&#195;&#169; Joaquino, ou l'ex-dirigeant paysan des vall&#195;&#169;es de Cochabamba, Alejo V&#195;&#169;liz semblent encore avoir moins de chances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, m&#195;&#170;me si elle est parvenue &#195; faire en sorte que l'on recommence le recensement &#195;&#169;lectoral dans tout le pays, le prix &#195; payer est &#195;&#169;lev&#195;&#169; pour la droite. Le gouvernement l'accuse d'&#195;&#170;tre responsable d'une d&#195;&#169;pense inutile dans un pays pauvre : le co&#195; &#187;t du nouveau recensement s'&#195;&#169;l&#195;&#168;ve &#195; quelques 35 millions de dollars. Et les sympathisants du gouvernement ont profit&#195;&#169; au maximum de la sensation selon laquelle &#194;&#171; &lt;i&gt;les d&#195;&#169;put&#195;&#169;s et les s&#195;&#169;nateurs ne travaillent pas &#194; &#187; &lt;/i&gt;pour sanctionner les congressistes qui ont abandonn&#195;&#169; les sessions. &#194;&#171; &lt;i&gt;L'oisivet&#195;&#169; est leur offre &#195;&#169;lectorale ; la paresse et le boucan leur programme de gouvernement&lt;/i&gt; &#194; &#187;, a lanc&#195;&#169; Garc&#195;&#173;a Linera, vice pr&#195;&#169;sident de la R&#195;&#169;publique mais aussi pr&#195;&#169;sident du Congr&#195;&#168;s en pleine crise de la Semaine sainte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'opposition r&#195;&#169;gionaliste est toutefois parvenue &#195; une reconnaissance tacite de ses statuts autonomistes, en plus d'avoir r&#195;&#169;ussi &#195; imposer &#8211; depuis un certain temps &#8211; son agenda autonomiste &#195; tout le pays. Le 6 d&#195;&#169;cembre, on revotera dans les cinq d&#195;&#169;partements (La Paz, Oruro, Chuquisaca, Potos&#195;&#173; et Cochabamba), o&#195;&#185; en 2006 l'avait remport&#195;&#169; le &#194;&#171; Non &#194; &#187; &#195; l'autonomie, afin d'aligner ces r&#195;&#169;gions au nouveau dessin autonomiste &#195;&#169;bauch&#195;&#169; par la nouvelle constitution &#8211; consid&#195;&#169;r&#195;&#169; en tout &#195;&#169;tat de cause comme insuffisant par la bourgeoisie agro-industrielle de Santa Cruz. &#194;&#171; &lt;i&gt;La partie de savoir comment sont compos&#195;&#169;es les assembl&#195;&#169;es l&#195;&#169;gislatives d&#195;&#169;partementales, comment on s&#195;&#169;lectionne et comment sont &#195;&#169;lus les d&#195;&#169;put&#195;&#169;s et les gouverneurs, a &#195;&#169;t&#195;&#169; reprise des statuts autonomistes, copi&#195;&#169;e et coll&#195;&#169;e &#195; la loi &#195;&#169;lectorale. A ce qu'il semble, il y a un accord entre les proches du gouvernement et l'opposition pour vivre ensemble les prochaines ann&#195;&#169;es. Le MAS se comporte comme n'importe quel autre parti &lt;/i&gt;&#194; &#187;, a comment&#195;&#169; au quotidien &lt;i&gt;P&#195;&#161;gina/12&lt;/i&gt;, Eulogio N&#195;&#186;&#195;&#177;ez, de l'ONG Centro de Investigaci&#195;&#179;n y Promoci&#195;&#179;n del Campesinado.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de maintenant, la balle est dans le camp de la Cour nationale &#195;&#169;lectorale, qui devra recenser &#195; nouveau plus de quatre millions de Boliviens, y compris les quelques 300.000 vivant &#195; l'&#195;&#169;tranger - avec un registre biom&#195;&#169;trique incluant la digitalisation de la signature, de la photo et des dix empreintes digitales de chaque votant. Et quoi qu'il en soit, 2009 sera dans la droite ligne des trois ann&#195;&#169;es d'&#195;&#169;lections permanentes qui les unes apr&#195;&#168;s les autres ont confirm&#195;&#169; la grande h&#195;&#169;g&#195;&#169;monie d'Evo Morales, et ont renvers&#195;&#169; le &#194;&#171; ballottage catastrophique &#194; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='footnote' title='[NDLR] &#194;&#171; Tant que l'antagonisme entre les deux blocs en lutte pour (...)' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; dont a souffert son mandat au cours des premi&#195;&#168;res deux ann&#195;&#169;es et demi.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.sinpermiso.info/textos/index.php?id=2500" class="spip_out"&gt;article en espagnol&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;[RISAL] Le parlement bolivien est bicam&#195;&#169;ral. La majorit&#195;&#169; au s&#195;&#169;nat est contr&#195;&#180;l&#195;&#169;e par l'opposition au gouvernement, ce qui complique la mise en poeuvre de la politique gouvernementale.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;[RISAL] Lire Pablo Stefanoni, &lt;a href='https://risal.collectifs.net/spip.php?article2475'&gt;Un vote qui montre une fois de plus une Bolivie divis&#195;&#169;e en deux&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;RISAL&lt;/i&gt;, 28 janvier 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Une r&#195;&#169;f&#195;&#169;rence aux femmes mineures qui eurent recours &#195; ce moyen contre le dictateur Hugo Banzer &#195; la fin des ann&#195;&#169;es 70.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;[NDLR] &#194;&#171; &lt;i&gt;Tant que l'antagonisme entre les deux blocs en lutte pour le pouvoir ne se r&#195;&#169;sout pas, on est dans une &#195;&#169;tape de &#8216;ballottage catastrophique' entre les deux forces en conflit qui, dans le fond, sont deux proto-h&#195;&#169;g&#195;&#169;monies qui ne r&#195;&#169;ussissent pas encore &#195; an&#195;&#169;antir ni &#195; construire une h&#195;&#169;g&#195;&#169;monie, un leadership politique et intellectuel de caract&#195;&#168;re national. C'est pourquoi, par moment, on assiste &#195; des &#195;&#169;preuves de force qui cherchent &#195; briser cet &#195;&#169;quilibre instable.&lt;/i&gt; &#194; &#187;&lt;br /&gt;
Extrait de Alvaro Garcia Linera, Bolivie : la seconde bataille pour la nationalisation du gaz,&lt;i&gt; RISAL&lt;/i&gt;, 23 septembre 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Source : Sin Permiso, 19 avril 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduction : Isabelle Dos Reis, RISAL.info.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>L'Am&#195;&#169;rique latine cordiale mais ferme face &#195; M. Barack Obama</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Maurice Lemoine</dc:creator>


		<dc:subject>Cuba &amp; les Etats-Unis</dc:subject>
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		<dc:subject>Cara&#195;&#175;bes</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Moment exceptionnel que ce cinqui&#195;&#168;me Sommet des Am&#195;&#169;riques qui, r&#195;&#169;unissant trente-quatre nations (tous les pays de la r&#195;&#169;gion sauf Cuba), s'est tenu les 18 et 19 avril &#195; Port-of-Spain, dans l'&#195;&#174;le de Trinit&#195;&#169;-et-Tobago. Apr&#195;&#168;s la rencontre de Mar del Plata (Argentine), en novembre 2005, au cours de laquelle des milliers de manifestants conspu&#195;&#168;rent M. George W. Bush tandis que de fortes dissensions agitaient les pays membres, on attendait avec impatience le premier contact du (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?rubrique6" rel="directory"&gt;Pays &amp; r&#195;&#169;gions&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot47" rel="tag"&gt;Cuba &amp; les Etats-Unis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot70" rel="tag"&gt;Argentine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot71" rel="tag"&gt;Br&#195;&#169;sil&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot131" rel="tag"&gt;Am&#195;&#169;rique centrale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot136" rel="tag"&gt;P&#195;&#169;rou&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot144" rel="tag"&gt;Uruguay&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot153" rel="tag"&gt;Salvador&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot154" rel="tag"&gt;Honduras&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot155" rel="tag"&gt;Nicaragua&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot159" rel="tag"&gt;R&#195;&#169;publique dominicaine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot254" rel="tag"&gt;Int&#195;&#169;gration latino-am&#195;&#169;ricaine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot307" rel="tag"&gt;El Diplo / Le Monde diplomatique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot458" rel="tag"&gt;Alternative bolivarienne pour les Am&#195;&#169;riques (ALBA) &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot1015" rel="tag"&gt;Etats-Unis &amp; Am&#195;&#169;rique latine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot1079" rel="tag"&gt;Chili&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot1101" rel="tag"&gt;Costa Rica&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot1123" rel="tag"&gt;Cara&#195;&#175;bes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://risal.collectifs.net/local/cache-vignettes/L150xH102/arton2499-ec240.jpg?1508594907' width='150' height='102' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Moment exceptionnel que ce cinqui&#195;&#168;me Sommet des Am&#195;&#169;riques qui, r&#195;&#169;unissant trente-quatre nations (tous les pays de la r&#195;&#169;gion sauf Cuba), s'est tenu les 18 et 19 avril &#195; Port-of-Spain, dans l'&#195;&#174;le de Trinit&#195;&#169;-et-Tobago. Apr&#195;&#168;s la rencontre de Mar del Plata (Argentine), en novembre 2005, au cours de laquelle des milliers de manifestants conspu&#195;&#168;rent M. George W. Bush tandis que de fortes dissensions agitaient les pays membres, on attendait avec impatience le premier contact du &#194;&#171; sous-continent &#194; &#187; avec le pr&#195;&#169;sident Barack Obama.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce sens, les attentes n'ont pas &#195;&#169;t&#195;&#169; d&#195;&#169;&#195;&#167;ues, la nouvelle administration des Etats-Unis op&#195;&#169;rant une franche rupture avec la condescendance, l'arrogance et l'interventionnisme de l'&#195;&#168;re Bush. L'ambiance a &#195;&#169;t&#195;&#169; cordiale &#8211; y compris avec des pays comme le Venezuela, la Bolivie ou l'Equateur. On retiendra l'annonce faite par M. Hugo Ch&#195;&#161;vez d'un r&#195;&#169;tablissement des relations diplomatiques avec Washington, suspendues en septembre 2008 par solidarit&#195;&#169; avec la Bolivie, qui avait elle-m&#195;&#170;me expuls&#195;&#169; l'ambassadeur am&#195;&#169;ricain pour ses liens avec une opposition alors en pleine tentative de d&#195;&#169;stabilisation de M. Evo Morales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, malgr&#195;&#169; l'a priori favorable manifest&#195;&#169; par tous &#195; l'&#195;&#169;gard du nouveau locataire de la Maison Blanche, la premi&#195;&#168;re puissance mondiale n'a pu imposer son agenda.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cuba, le seul pays non invit&#195;&#169;, fut en effet tr&#195;&#168;s pr&#195;&#169;sent. L'ensemble des nations latino-am&#195;&#169;ricaines avaient, avant m&#195;&#170;me le Sommet, insist&#195;&#169; sur l'importance d'une normalisation des relations entre les Etats-Unis et l'&#195;&#174;le. Conscient de l'importance de cette demande pour la r&#195;&#169;ussite de sa tentative de &#194;&#171; d&#195;&#169;gel &#194; &#187;, M. Obama, d&#195;&#168;s le 13 avril, s'&#195;&#169;tait employ&#195;&#169; &#195; d&#195;&#169;miner le terrain en annon&#195;&#167;ant la lev&#195;&#169;e de toutes les restrictions sur les voyages et les transferts d'argent des Cubano-Am&#195;&#169;ricains vers leur pays d'origine, revenant ainsi sur les mesures impos&#195;&#169;es par M. Bush en 2004. En revanche, il ne para&#195;&#174;t pas encore dispos&#195;&#169; &#195; lever l'embargo &#195;&#169;conomique, commercial et financier impos&#195;&#169; &#195; Cuba depuis 1962.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#195;&#168;s le 16 avril (date anniversaire du d&#195;&#169;barquement de la baie des Cochons en 1961), marquant leur solidarit&#195;&#169; avec La Havane, les membres de l'Alternative bolivarienne pour les peuples de notre Am&#195;&#169;rique (ALBA)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='Bolivie, Cuba, La Dominique, Honduras, Nicaragua et Venezuela. Le Sommet de (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, r&#195;&#169;unis &#195; Cuman&#195;&#161; (Venezuela), avaient d&#195;&#169;fini une strat&#195;&#169;gie commune face &#195; un projet de d&#195;&#169;claration finale, en cours d'&#195;&#169;laboration depuis deux ans, jug&#195;&#169; insuffisant et inacceptable. A cette occasion, ils ont d'ailleurs approuv&#195;&#169; et mis en &#339;uvre (avec l'Equateur) le Syst&#195;&#168;me unique de compensation r&#195;&#169;gional des paiements (Sucre), une monnaie virtuelle (et &#195;&#169;ventuellement physique &#195; l'avenir) destin&#195;&#169;e &#195; &#195;&#169;chapper au r&#195;&#180;le h&#195;&#169;g&#195;&#169;monique du dollar&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='footnote' title='Lire Bernard Cassen, &#194;&#171; Le Sucre contre le FMI &#194; &#187;, La valise diplomatique, (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, il n'y a eu aucun consensus sur le document final du Sommet des Am&#195;&#169;riques &#8211; la &#194;&#171; D&#195;&#169;claration d'engagement de Port-of-Spain &#194; &#187; &#8211;, les membres de l'ALBA refusant, avec le soutien unanime de l'ensemble des autres pays latino-am&#195;&#169;ricains et cara&#195;&#175;bes, de cautionner un texte qui ne demandait pas la lev&#195;&#169;e de l'embargo impos&#195;&#169; &#195; Cuba. Les pr&#195;&#169;sidents ont annul&#195;&#169; la c&#195;&#169;r&#195;&#169;monie de signature de la d&#195;&#169;claration finale et, pour sauver la face, le texte n'a &#195;&#169;t&#195;&#169; paraph&#195;&#169; que par M. Patrick Manning, premier ministre du pays d'accueil et, &#195; ce titre, pr&#195;&#169;sident du Sommet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pass&#195;&#169;s g&#195;&#169;n&#195;&#169;ralement sous silence par les observateurs, d'autres sujets de dissension expliquent &#195;&#169;galement ce refus : l'absence de perspective claire face &#195; la crise &#195;&#169;conomique et financi&#195;&#168;re d&#195;&#169;clench&#195;&#169;e par &#194;&#171; &lt;i&gt; les banquiers aux yeux bleus&lt;/i&gt; &#194; &#187;, selon l'expression du pr&#195;&#169;sident br&#195;&#169;silien Luiz Inacio Lula da Silva ; et, pour l'ALBA, le refus de laisser au seul G20 (dont font partie l'Argentine, le Br&#195;&#169;sil, le Canada, les Etats-Unis et le Mexique) le privil&#195;&#168;ge de d&#195;&#169;cider des grandes affaires du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de la cl&#195;&#180;ture du Sommet, le ministre des affaires &#195;&#169;trang&#195;&#168;res du Br&#195;&#169;sil, M. Celso Amorim, a assur&#195;&#169; que le pr&#195;&#169;sident Lula jugeait &#194;&#171; &lt;i&gt; tr&#195;&#168;s difficile qu'un nouveau Sommet des Am&#195;&#169;riques ait lieu sans la pr&#195;&#169;sence de Cuba &lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='footnote' title='BBC Mundo, 18 avril 2009.' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#194; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, apr&#195;&#168;s les mesures d'assouplissement prises par l'administration Obama &#195; l'&#195;&#169;gard de l'&#195;&#174;le, les Etats-Unis semblent consid&#195;&#169;rer que la balle est maintenant dans le camp de Cuba. Le 16 avril, la secr&#195;&#169;taire d'Etat Hillary Clinton demandait la r&#195;&#169;ciprocit&#195;&#169; et &#194;&#171; &lt;i&gt;pressait instamment Cuba de lib&#195;&#169;rer les prisonniers politiques, de permettre le libre flux d'information et la libert&#195;&#169; de r&#195;&#169;union&lt;/i&gt; &#194; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A La Havane, le pr&#195;&#169;sident Ra&#195;&#186;l Castro a d&#195;&#169;clar&#195;&#169; que Cuba &#195;&#169;tait dispos&#195;&#169; &#195; n&#195;&#169;gocier avec les Etats-Unis, &#194;&#171; &lt;i&gt;en terrain neutre, en conditions d'&#195;&#169;galit&#195;&#169; et sans conditions&lt;/i&gt; &#194; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On s'accordera &#195; reconna&#195;&#174;tre que M. Obama n'a pas forc&#195;&#169;ment les mains libres &#8211; la suspension de l'embargo implique un d&#195;&#169;bat au Congr&#195;&#168;s, sous pression des exil&#195;&#169;s cubains affaiblis, mais toujours vivants ! &#8211; et que les relations entre les deux pays ne peuvent pas changer du jour au lendemain. La Havane, par ailleurs, ne souhaite pas pr&#195;&#169;cipiter le mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#195;&#169;anmoins, la demande de l'ensemble des pays latino-am&#195;&#169;ricains (y compris Cuba) demeure parfaitement l&#195;&#169;gitime : l'embargo doit &#195;&#170;tre lev&#195;&#169; par Washington de mani&#195;&#168;re &#194;&#171; &lt;i&gt; imm&#195;&#169;diate, unilat&#195;&#169;rale et inconditionnelle&lt;/i&gt; &#194; &#187;. Dans cette affaire, avatar d'une guerre froide termin&#195;&#169;e depuis longtemps, l'agresseur a toujours &#195;&#169;t&#195;&#169; la Maison-Blanche. Dix-sept r&#195;&#169;solutions successives approuv&#195;&#169;es par l'Assembl&#195;&#169;e g&#195;&#169;n&#195;&#169;rale des Nations unies ont condamn&#195;&#169; cet embargo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#195; la volont&#195;&#169; in&#195;&#169;branlable du gouvernement am&#195;&#169;ricain, au nom des &#194;&#171; droits de l'homme &#194; &#187;, de contraindre Cuba &#195; renoncer &#195; son syst&#195;&#168;me politique &#8211; quoi qu'on puisse penser de celui-ci &#8211;, elle fait sourire : c'est la Chine &#8211; parti unique ; contr&#195;&#180;le total de l'information ; mille dix ex&#195;&#169;cutions capitales en 2006 &#8211; qui, devenue le premier d&#195;&#169;tenteur de bons du Tr&#195;&#169;sor am&#195;&#169;ricain, finance une bonne partie du d&#195;&#169;ficit des Etats-Unis.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Bolivie, Cuba, La Dominique, Honduras, Nicaragua et Venezuela. Le Sommet de Cumana a ent&#195;&#169;rin&#195;&#169; l'adh&#195;&#169;sion d'un nouveau membre : Saint-Vincent et les Grenadines, Etat anglophone (120 000 habitants) des Petites Antilles.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire Bernard Cassen, &#194;&#171; Le Sucre contre le FMI &#194; &#187;, &lt;i&gt;La valise diplomatique&lt;/i&gt;, d&#195;&#169;cembre 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;BBC Mundo&lt;/i&gt;, 18 avril 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Source : La valise diplomatique / Le Monde diplomatique, 24 avril 2009.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		
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	</item>
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		<title>Gouvernements latino-am&#195;&#169;ricains : une nouvelle gauche ?</title>
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		<dc:date>2009-03-24T20:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno Fornillo, Pablo Stefanoni</dc:creator>


		<dc:subject>Gauches &amp; mouvements sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>Argentine</dc:subject>
		<dc:subject>Br&#195;&#169;sil</dc:subject>
		<dc:subject>Bolivie</dc:subject>
		<dc:subject>Venezuela</dc:subject>
		<dc:subject>Le Venezuela vers le socialisme du XXIe si&#195;&#168;cle ?</dc:subject>
		<dc:subject>Clar&#195;&#173;n</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#195;&#169;rique du Sud</dc:subject>
		<dc:subject>Nicolas Almau</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'Am&#195;&#169;rique latine vit sans aucun doute un changement d'&#195;&#169;poque. Dans les &#194;&#171; post-politiques &#194; &#187; ann&#195;&#169;es 90, l'horizon ne laissait pas voir un degr&#195;&#169; d'int&#195;&#169;gration r&#195;&#169;gionale tel qu'aujourd'hui, accompagn&#195;&#169;e d'une &#195;&#169;rosion visible des &#194;&#171; relations charnelles &#194; &#187; avec Washington et d'une multitude de nouveaux alliances comme avec la Russie, la Chine ou l'Iran. La mobilisation sociale n'avait pas encore accumul&#195;&#169; une force (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'Am&#195;&#169;rique latine vit sans aucun doute un changement d'&#195;&#169;poque. Dans les &#194;&#171; post-politiques &#194; &#187; ann&#195;&#169;es 90, l'horizon ne laissait pas voir un degr&#195;&#169; d'int&#195;&#169;gration r&#195;&#169;gionale tel qu'aujourd'hui, accompagn&#195;&#169;e d'une &#195;&#169;rosion visible des &#194;&#171; relations charnelles &#194; &#187; avec Washington et d'une multitude de nouveaux alliances comme avec la Russie, la Chine ou l'Iran. La mobilisation sociale n'avait pas encore accumul&#195;&#169; une force suffisante pour destituer des gouvernements et modifier le climat id&#195;&#169;ologique (&#194;&#171; n&#195;&#169;olib&#195;&#169;ral &#194; &#187;) dominant, et le vote n'&#195;&#169;tait toujours pas la voie privil&#195;&#169;gi&#195;&#169;e pour l'accession au gouvernement d'un ensemble de gauches post Mur de Berlin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un militaire nationaliste au Venezuela, un indig&#195;&#168;ne aymara en Bolivie, un ex-ouvrier m&#195;&#169;tallurgiste au Br&#195;&#169;sil, une femme divorc&#195;&#169;e et agnostique au Chili et une autre pouss&#195;&#169;e par son &#195;&#169;poux en Argentine, un ex-&#195;&#169;v&#195;&#170;que au Paraguay, un &#195;&#169;conomiste keyn&#195;&#169;sien en Equateur ou un oncologue moralement conservateur en Uruguay &#8230;Les gauches sud-am&#195;&#169;ricaines constituent une carte dont les contours restent &#195; tracer. La relation entre les discours et les pratiques, l'&#195;&#169;quilibre complexe entre continuit&#195;&#169;s et ruptures et la diversit&#195;&#169; des acteurs et des r&#195;&#169;alit&#195;&#169;s nationales sur la mosa&#195;&#175;que bariol&#195;&#169;e des gauches sud-am&#195;&#169;ricaines, introduisent de nombreuses difficult&#195;&#169;s au moment de l'analyse qui r&#195;&#169;sistent aux conclusions impulsives ou aux clich&#195;&#169;s qui &#8211; comme le terme mall&#195;&#169;able de &#194;&#171; populisme &#194; &#187; - &#195;&#169;puisent la discussion avant de l'ouvrir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles sont les bases empiriques et th&#195;&#169;oriques de l'actuel tournant &#194;&#171; post-n&#195;&#169;olib&#195;&#169;ral &#194; &#187; ? Jusqu'o&#195;&#185; la rh&#195;&#169;torique socialiste r&#195;&#169;nov&#195;&#169;e s'appuie-t-elle sur un nouveau mod&#195;&#168;le de d&#195;&#169;veloppement ? Des &#195;&#169;l&#195;&#169;ments novateurs surgissent-ils de l'exp&#195;&#169;rience latino-am&#195;&#169;ricaine pour imaginer un socialisme diff&#195;&#169;rent de celui du XXe si&#195;&#168;cle ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#195;&#168;s des ann&#195;&#169;es de gouvernements de tendance progressiste dans la plupart des pays d'Am&#195;&#169;rique du Sud, une s&#195;&#169;rie de livres r&#195;&#169;cemment publi&#195;&#169;s, comme &#194;&#171; &lt;i&gt;Le r&#195;&#170;ve de Bolivar &#194; &#187;&lt;/i&gt;, de Marc Saint-Up&#195;&#169;ry et &#194;&#171; &lt;i&gt;La nueva izquierda&lt;/i&gt; &#194; &#187; (&#194;&#171; &lt;i&gt;La nouvelle gauche &lt;/i&gt;&#194; &#187;) de Jos&#195;&#169; Natanson ou &#194;&#171; &lt;i&gt;Las disyuntivas de la izquierda&lt;/i&gt; &#194; &#187; (&#194;&#171; &lt;i&gt;Les alternatives de la gauche&lt;/i&gt; &#194; &#187;) de Claudio Katz abordent ces th&#195;&#169;matiques de mani&#195;&#168;re comparative et constituent une base importante pour probl&#195;&#169;matiser les exp&#195;&#169;riences en cours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Saint-Up&#195;&#169;ry, auteur fran&#195;&#167;ais r&#195;&#169;sidant &#195; Quito (&#195;&#8240;quateur), a recours &#195; un &#194;&#171; &lt;i&gt;journalisme d'impr&#195;&#169;gnation &lt;/i&gt;&#194; &#187; pour d&#195;&#169;finir le m&#195;&#169;lange de chronique journalistique et d'analyse en profondeur qui caract&#195;&#169;rise son travail et que partage en grande partie le journaliste argentin Natanson. Dans les deux ouvrages, les &#195;&#169;tudes par pays cohabitent avec des explorations transversales, comme &#194;&#171; la couleur du pouvoir &#194; &#187; en Am&#195;&#169;rique du Sud et l'int&#195;&#169;gration continentale dans le cas de Saint-Upery et des questions comme les politiques &#195;&#169;conomiques, les mod&#195;&#168;les institutionnels et les strat&#195;&#169;gies contre la pauvret&#195;&#169; des nouvelles gauches dans le texte de Natanson. Katz, membre des &lt;i&gt;Economistas de Izquierda&lt;/i&gt; (Economistes de gauche), se propose de dresser un programme d'action pour ceux qui, dans l'&#195;&#169;pineux monde des nouvelles gauches, cherchent encore &#195; d&#195;&#169;fendre un projet socialiste dans le sens traditionnel : anti ou post capitaliste&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'aura charismatique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une g&#195;&#169;om&#195;&#169;trie variable, les gouvernements progressistes du continent, aujourd'hui cr&#195;&#169;dit&#195;&#169;s d'une aura charismatique, sont, en grande partie, le fruit des mobilisations populaires &#194;&#171; anti-n&#195;&#169;olib&#195;&#169;rales &#194; &#187;. Le Kirchnerisme est insaisissable sans les journ&#195;&#169;es de 2001 [ledit &#194;&#171; Argentinazo &#194; &#187;], le cycle bolivien de r&#195;&#169;bellions populaires a port&#195;&#169; le premier pr&#195;&#169;sident indig&#195;&#168;ne, le &lt;i&gt;Caracazo&lt;/i&gt; de 1989 a ouvert la voie &#195; l'apparition post&#195;&#169;rieure de Chavez et la pression populaire a d&#195;&#169;fait un coup d'&#195;&#8240;tat contre lui en 2002, les r&#195;&#169;bellions successives, urbaines et rurales, ont conduit le jeune Rafael Correa au pouvoir. Le cas br&#195;&#169;silien est le produit d'une longue p&#195;&#169;riode d'accumulation syndicale-ouvri&#195;&#168;re conjointement &#195; des mobilisations sociales comme celles men&#195;&#169;es par les Sans terres, tandis que l'exp&#195;&#169;rience paragayenne refl&#195;&#168;te l'&#195;&#169;puisement du parti-&#195;&#8240;tat Colorado qui a gouvern&#195;&#169; le pays durant six d&#195;&#169;cennies parall&#195;&#168;lement &#195; un r&#195;&#169;veil politico-revendicatif du mouvement paysan. Pour finir, le Chili et l'Uruguay sont rest&#195;&#169;s fid&#195;&#168;les &#195; des institutions r&#195;&#169;sistantes &#195; l'heure de &#194;&#171; passer &#195; gauche &#194; &#187;, de mani&#195;&#168;re tr&#195;&#168;s mod&#195;&#169;r&#195;&#169;e cela dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les styles personnels jouent &#195;&#169;galement un r&#195;&#180;le qu'il ne faut pas minimiser, comme dans le cas des impulsions de Chavez (dans son &#195;&#169;mission t&#195;&#169;l&#195;&#169;vis&#195;&#169;e &lt;i&gt;Al&#195;&#179; Presidente&lt;/i&gt;, il a tout de m&#195;&#170;me propos&#195;&#169; &#194;&#171; en direct &#194; &#187; depuis un h&#195;&#169;licopt&#195;&#168;re de construire une &#194;&#171; ville socialiste &#194; &#187; en plein milieu du d&#195;&#169;sert), ou des intuitions d'Evo Morales &#8211; produit de ses voyages quotidiens aux confins de la Bolivie profonde -, ou des pr&#195;&#169;f&#195;&#169;rences de Correa pour les &#194;&#171; d&#195;&#169;monstrations rationnelles &#194; &#187; combin&#195;&#169;es &#195; une forte attraction pour le marketing politique. Mais les affinit&#195;&#169;s et diff&#195;&#169;rences entre ces processus se jouent aussi autant dans les palais que dans la rue et les identifier n'est pas t&#195;&#162;che ais&#195;&#169;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tandis que Katz propose une typologie g&#195;&#169;n&#195;&#169;rale qui distingue les gouvernements de &#194;&#171; centre-gauche &#194; &#187; (avec Lula comme exemple paradigmatique) des &#194;&#171; nationalistes radicaux &#194; &#187; (avec Chavez comme cas d'&#195;&#169;cole) avec une nette pr&#195;&#169;f&#195;&#169;rence en faveur de ce second bloc, Natanson fait cohabiter ces diverses exp&#195;&#169;riences sous une enseigne de &#194;&#171; nouvelle gauche &#194; &#187; qui semble forc&#195;&#169;e tant en termes d'homog&#195;&#169;n&#195;&#169;it&#195;&#169; que de nouveaut&#195;&#169;. Saint-Up&#195;&#169;ry centre son analyse sur les trajectoires institutionnelles et politiques et les marges d'action distinctes des diff&#195;&#169;rents gouvernements. Il arrive ainsi &#195; la conclusion que Chavez ne fait pas &#194;&#171; la r&#195;&#169;volution &#194; &#187; (au moins dans un sens non m&#195;&#169;taphorique ou peut-&#195;&#170;tre culturel) et que Lula &#194;&#171; n'est pas un tra&#195;&#174;tre n&#195;&#169;olib&#195;&#169;ral &#194; &#187;, en mettant en avant la continuit&#195;&#169; de Chavez avec la social-d&#195;&#169;mocratie renti&#195;&#168;re des ann&#195;&#169;es 70 et celle de Lula avec le vieux &#194;&#171; d&#195;&#169;veloppementisme &#194; &#187; br&#195;&#169;silien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#195;&#169; tout, l'id&#195;&#169;e de r&#195;&#169;volution &#194;&#171; culturelle &#194; &#187;, &#194;&#171; citoyenne &#194; &#187; ou &#194;&#171; bolivarienne &#194; &#187; refait son apparition dans plusieurs processus qui zigzaguent entre un pr&#195;&#169;sidentialisme fort et la mise en &#339;uvre de formes de participation populaire plus ou moins institutionnalis&#195;&#169;es. Toutefois, m&#195;&#170;me si la crise mondiale et la quantit&#195;&#169; de gouvernements de gauche en Am&#195;&#169;rique du Sud alimentent les voix les plus optimistes, la gauche du &#194;&#171; socialisme du XXIe si&#195;&#168;cle &#194; &#187; n'a pas facile &#195; reconstruire son identit&#195;&#169; apr&#195;&#168;s l'&#195;&#169;chec dudit socialisme r&#195;&#169;el avec sa dose d'inefficacit&#195;&#169;, son manque de libert&#195;&#169;s et un cynisme institutionnalis&#195;&#169; qui l'ont fait imploser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ceci m&#195;&#168;ne &#195; une remise en question du d&#195;&#169;bat sur l'antinomie classique r&#195;&#169;forme/r&#195;&#169;volution que Katz pense &#195;&#170;tre toujours en vigueur &#8211; bien qu'il complexifie la relation entre les deux termes - et que Natanson et Saint-Up&#195;&#169;ry estiment r&#195;&#169;volue au regard de la pr&#195;&#169;sence de nouvelles gauches &#194;&#171; pragmatiques &#194; &#187; et &#194;&#171; post r&#195;&#169;volutionnaires &#194; &#187; qui auraient remplac&#195;&#169; les discours hom&#195;&#169;riques de long terme par des objectifs &#195; court terme. Des gauches gouvernementales qui ne parlent d&#195;&#169;j&#195; plus de lutte des classes &#8211; m&#195;&#170;me son aile la plus radicale &#8211;, qui ont remplac&#195;&#169; Marx ou L&#195;&#169;nine par un panth&#195;&#169;on qui inclut Simon Bolivar, Jos&#195;&#169; Marti ou le leader aymara Tupak Katari qui organisa une r&#195;&#169;bellion anticoloniale en 1782.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les actuels pays socialistes n'aident pas beaucoup : la r&#195;&#169;f&#195;&#169;rence la plus proche, Cuba, semble regarder avec plus d'enthousiasme le &lt;i&gt;Do&#195;&#175; Mo&#195;&#175;&lt;/i&gt; (renouveau) vietnamien&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='[RISAL] Le &#194;&#171; Doi Moi &#194; &#187;, ou &#194;&#171; renouveau &#194; &#187; en vietnamien est le nom de (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#8211; qui consid&#195;&#168;re que l'&#195;&#169;conomie de march&#195;&#169; est &#194;&#171; &lt;i&gt;une conqu&#195;&#170;te de l'humanit&#195;&#169; et pas un simple attribut exclusif du capitalisme&lt;/i&gt; &#194; &#187; - que la r&#195;&#169;invention incertaine du socialisme. Et ce sont les Cubains eux-m&#195;&#170;mes &#8211; conscients de l'&#195;&#169;puisement du mod&#195;&#168;le d'&#194;&#171; &#195;&#169;conomie de commandement &#194; &#187; de type sovi&#195;&#169;tique &#8211; qui le disent &#195; Evo et &#195; Chavez : &#194;&#171; &lt;i&gt;Ne faites pas ce que nous avons fait &lt;/i&gt;&#194; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#195;&#169;loges de Chavez &#195; un Vladimir Poutine qui contribue &#195; repositionner la puissance Russie en revalorisant une longue culture autoritaire et imp&#195;&#169;riale qui a surv&#195;&#169;cu aux tsars, aux bolch&#195;&#169;viques et aux &#194;&#171; lib&#195;&#169;raux &#194; &#187; ne semblent pas plus contribuer &#195; d&#195;&#169;broussailler les chemins tortueux emprunt&#195;&#169;s par les nouvelles gauches ni &#195; penser les bases d'un socialisme qui, selon les paroles de l'ex-pr&#195;&#169;sident de l'Assembl&#195;&#169;e constituante &#195;&#169;quatorienne, Alberto Acosta, devrait &#195;&#170;tre &#194;&#171; &lt;i&gt;une d&#195;&#169;mocratie sans fin&lt;/i&gt; &#194; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un autre c&#195;&#180;t&#195;&#169;, les gouvernements &#194;&#171; socialistes &#194; &#187; doivent souvent faire face aux caract&#195;&#169;ristiques sociologiques de leurs partisans. Il y a plus que le consum&#195;&#169;risme effr&#195;&#169;n&#195;&#169; des V&#195;&#169;n&#195;&#169;zuliens. Bien qu'Evo Morales appelle &#195; &#194;&#171; &lt;i&gt;exterminer le capitalisme&lt;/i&gt; &#194; &#187; lors des forums internationaux, sa propre base sociale s'associe &#195; ce que Alvaro Garcia Linera appela &#194;&#171; &lt;i&gt;la r&#195;&#169;bellion des &#195;&#169;conomies familiales&lt;/i&gt; &#194; &#187; : un conglom&#195;&#169;rat h&#195;&#169;t&#195;&#169;rog&#195;&#168;ne au niveau des richesses et des revenus, compos&#195;&#169; de petits ou moyens propri&#195;&#169;taires paysans (comme les &lt;i&gt;cocaleros&lt;/i&gt;), de micro-entrepreneurs d'El Alto ou de commer&#195;&#167;ants informels de La Paz. C'est pour cela que le vice-pr&#195;&#169;sident bolivien parle de &#194;&#171; &lt;i&gt;capitalisme andin&lt;/i&gt; &#194; &#187; ou de &#194;&#171; &lt;i&gt;mod&#195;&#168;le national productif&lt;/i&gt; &#194; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nouveau mod&#195;&#168;le de d&#195;&#169;veloppement ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Natanson propose d'&#195;&#169;valuer les gouvernements de gauche sur base de ce qu'ils ont r&#195;&#169;alis&#195;&#169; en mati&#195;&#168;re de lutte contre la pauvret&#195;&#169; et les in&#195;&#169;galit&#195;&#169;s, ce qui fait appara&#195;&#174;tre un r&#195;&#169;sultat mitig&#195;&#169;. M&#195;&#170;me si l'approfondissement des programmes de transfert de rente d&#195;&#169;j&#195; appliqu&#195;&#169;s dans les ann&#195;&#169;es 90 a am&#195;&#169;lior&#195;&#169; partiellement la situation des plus pauvres, les r&#195;&#169;sultats en termes de r&#195;&#169;duction de la br&#195;&#168;che entre riches et pauvres ne sont pas encourageants sur un continent marqu&#195;&#169; par les in&#195;&#169;galit&#195;&#169;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Saint-Up&#195;&#169;ry, derri&#195;&#168;re la rh&#195;&#169;torique socialiste, on peint en &#194;&#171; rouge, tr&#195;&#168;s rouge &#194; &#187; (&#194;&#171; rojo, rojito &#194; &#187;), comme disent les V&#195;&#169;n&#195;&#169;zu&#195;&#169;liens, une reprimarisation d&#195;&#169;pendantiste des &#195;&#169;conomies. C'est pourquoi ce n'est pas un hasard si les fronti&#195;&#168;res des gouvernements les plus &#194;&#171; anti-imp&#195;&#169;rialistes &#194; &#187; co&#195;&#175;ncident avec celles des pays les plus riches en hydrocarbures : le Venezuela, la Bolivie, l'Equateur, o&#195;&#185; les gauches gouvernementales n'ont pas de quoi de se r&#195;&#169;jouir de la crise du capitalisme global. &#194;&#171; &lt;i&gt;Sarah&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Palin, la gouverneur [de l'Alaska] et colisti&#195;&#168;re de John Mc Cain s'est battue avec les principales transnationales pour augmenter &#195; 3 200 dollars le ch&#195;&#168;que que chaque habitant retire &#195; la poste annuellement comme &#8216;sa' part de la rente p&#195;&#169;troli&#195;&#168;re et personne n'oserait affirmer que l'Alaska est un &#195;&#8240;tat socialiste du XXIe si&#195;&#168;cle &lt;/i&gt;&#194; &#187;, affirme l'auteur du &#194;&#171; &lt;i&gt;R&#195;&#170;ve de Bolivar&lt;/i&gt; &#194; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cas v&#195;&#169;n&#195;&#169;zu&#195;&#169;lien est instructif : Natanson avance que m&#195;&#170;me si l'&#195;&#169;conomie non p&#195;&#169;troli&#195;&#168;re s'est d&#195;&#169;velopp&#195;&#169;e, elle l'a fait dans le style saoudien : la construction ou les finances ont cr&#195; &#187; ostensiblement, mais comme r&#195;&#169;sultat du boom p&#195;&#169;trolier (l'or noir repr&#195;&#169;sente 70% des exportations et 80% partent vers les Etats-Unis) plus que comme produit d'une diversification &#195;&#169;conomique r&#195;&#169;nov&#195;&#169;e. De plus, la r&#195;&#169;volution bolivarienne a comme substrat une culture de consommation effr&#195;&#169;n&#195;&#169;e &#195; laquelle participe la nouvelle &#194;&#171; bolibourgeoisie &#194; &#187;, avec le record mondial de whisky import&#195;&#169; et des discoth&#195;&#168;ques qui organisent des concours pour les jeunes filles de 15 ans dont le premier prix est une op&#195;&#169;ration chirurgicale de la poitrine, ce qui a d'ailleurs amen&#195;&#169; Chavez &#195; se poser la question : &#194;&#171; &lt;i&gt;Quelle est donc cette r&#195;&#169;volution, celle du whisky et des Hummers ?&lt;/i&gt; &#194; &#187;. Les bases bolivariennes elles-m&#195;&#170;mes parlent de &#194;&#171; droite endog&#195;&#168;ne &#194; &#187; qui cherche &#195; freiner la progression vers la radicalisation de la r&#195;&#169;volution et &#195; cr&#195;&#169;er une nouvelle caste bureaucratico-entrepreneurial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Illusion de progr&#195;&#168;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'emp&#195;&#170;che que le poids de l'&#195;&#8240;tat dans les &#195;&#169;conomies latino-am&#195;&#169;ricaines a augment&#195;&#169; consid&#195;&#169;rablement &#8211; c'est visible par exemple dans la ren&#195;&#169;gociation des contrats p&#195;&#169;troliers en Bolivie qui am&#195;&#169;liore sensiblement le flux de caisse de l'&#195;&#8240;tat &#8211; et il y a un consensus sur le fait que les ressources naturelles ne doivent pas rester livr&#195;&#169;es au march&#195;&#169;. Mais il subsiste ce que la sociologue Maristella Svampa appelle l' &#194;&#171; &lt;i&gt;illusion developpementiste&lt;/i&gt; &#194; &#187;, d&#195;&#169;battue partiellement &#8211; seulement dans le cas de l'&#195;&#8240;quateur &#8211; par une aile environnementaliste qui cherche &#195; complexifier les notions de d&#195;&#169;veloppement et &#195; &#195;&#169;viter de tomber dans une sorte de n&#195;&#169;od&#195;&#169;veloppementisme assistencialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas du Br&#195;&#169;sil, la discussion se focalise en grande partie sur le fait de savoir si le gouvernement de Lula est &#194;&#171; un gouvernement en dispute &#194; &#187;, entre des tendances keyn&#195;&#169;siennes-d&#195;&#169;veloppementistes et des tendances n&#195;&#169;olib&#195;&#169;rales ou &#8211; comme l'affirme une partie de la gauche d&#195;&#169;&#195;&#167;ue - si c'est une administration ouvertement n&#195;&#169;olib&#195;&#169;rale, s'appuyant sur l'orthodoxie financi&#195;&#168;re et l'agrobusiness, avec des politiques assistancialistes de contention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, &#195; l'heure d'&#195;&#169;jecter l'ex-ouvrier m&#195;&#169;tallurgiste du panth&#195;&#169;on des nouveaux leaders de gauche, deux &#195;&#169;l&#195;&#169;ments viennent contredire cette hypoth&#195;&#168;se : il faut signaler que c'est le Br&#195;&#169;sil qui a assen&#195;&#169; le coup final au projet &#195;&#169;tats-unien de Zone de libre-&#195;&#169;change des Am&#195;&#169;riques (ALCA, sigles en espagnol) et qu'il est un des promoteurs les plus d&#195;&#169;cid&#195;&#169;s de l'Union des nations sud-am&#195;&#169;ricaines (UNASUR), un puissant contrepoids &#195; Washington dans la r&#195;&#169;gion. Il faut signaler aussi en second lieu le fait que les mouvements sociaux br&#195;&#169;siliens eux-m&#195;&#170;mes &#8211; comme le radical &lt;i&gt;Movimiento sin Tierra&lt;/i&gt; &#8211; ne lui ont toujours pas d&#195;&#169;finitivement ferm&#195;&#169; la porte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'extr&#195;&#170;me occident&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce qui est du cas argentin, c'est plus complexe. Le &#194;&#171; p&#195;&#169;ronisme infini &#194; &#187;, pour reprendre l'expression de Svampa, d&#195;&#169;fie toute formule facile : ce qui est certain, c'est que le couple Kirchner semble agir davantage de fa&#195;&#167;on pragmatique selon la conjoncture plut&#195;&#180;t que d'imaginer des projets &#194;&#171; id&#195;&#169;ologiques &#194; &#187; de changement social. M&#195;&#170;me les d&#195;&#169;fenseurs les plus ardents de la th&#195;&#168;se de &#194;&#171; gouvernement en dispute &#194; &#187; - l'organisation &lt;i&gt;Libres del Sur&lt;/i&gt; &#8211; ont abandonn&#195;&#169; le gouvernement, consid&#195;&#169;rant que le &lt;i&gt;projet K&lt;/i&gt; se repose sur l'appareil du Parti justicialiste au d&#195;&#169;triment d'un projet r&#195;&#169;novateur de centre-gauche, dans le cadre d'une &#195;&#169;conomie se basant sur l'exploitation intensive de ressources naturelles (soja, p&#195;&#169;trole, mines, etc.) sans prendre en compte ses effets sociaux et environnementaux ni cr&#195;&#169;er de solides mod&#195;&#168;les de redistribution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, les projets de &#194;&#171; refondation &#194; &#187;, surtout avec les assembl&#195;&#169;es constituantes dans la r&#195;&#169;gion andine (Bolivie et &#195;&#8240;quateur) et la participation active de mouvements sociaux, indig&#195;&#168;nes et afros contre le &#194;&#171; colonialisme interne &#194; &#187;, remettent en question la d&#195;&#169;mocratie formelle au profit de formes de participation sociale &#195;&#169;largie et plus effective. Et ils ne cessent d'augurer une s&#195;&#169;quence politique de long terme et, en parall&#195;&#168;le, de nouveaux paradigmes de compr&#195;&#169;hension produits par la gauche continentale aux multiples facettes, avec la remise en question de la prolong&#195;&#169;e l&#195;&#169;thargie &#194;&#171; post moderne &#194; &#187; et le retour de la politique comme un recours &#195; la lutte pour un destin commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une conjoncture continentale, qui combine des surprises &#195; des &#194;&#171; &lt;i&gt;d&#195;&#169;j&#195; vu&lt;/i&gt; &#194; &#187; retentissants, il reste encore &#195; &#195;&#169;valuer si dans l'actuel &#194;&#171; tournant &#195; gauche &#194; &#187; pr&#195;&#169;dominent les ruptures ou les continuit&#195;&#169;s, &#195;&#169;chappant au mythe du &#194;&#171; bon sauvage &#194; &#187; qui &#8211; selon Saint-Upery &#8211; transforme l'Am&#195;&#169;rique latine en &#194;&#171; extr&#195;&#170;me occident &#194; &#187;. Ou, pour le dire autrement, en continent de l'esp&#195;&#169;rance &#195; bas prix pour la gauche affaiblie du &#194;&#171; premier monde &#194; &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.revistaenie.clarin.com/notas/2009/01/10/_-01836591.htm" class="spip_out"&gt;article en espagnol&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;[RISAL] Le &#194;&#171; Doi Moi &#194; &#187;, ou &#194;&#171; renouveau &#194; &#187; en vietnamien est le nom de la r&#195;&#169;forme &#195;&#169;conomique initi&#195;&#169;e par le Vietnam &#195; partir de 1986. L'&#195;&#169;conomie de march&#195;&#169; ya &#195;&#169;t&#195;&#169; autoris&#195;&#169;e puis encourag&#195;&#169;e par le Parti communiste vietnamien.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Source : revue &#195;&#8216;, Clar&#195;&#173;n, Argentine,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduction : Fr&#195;&#169;d&#195;&#169;ric L&#195;&#169;v&#195;&#170;que &amp; Nicolas Almau, RISAL.info.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La Bolivie prend le sillage de l'auto &#195;&#169;lectrique</title>
		<link>https://risal.collectifs.net/spip.php?article2496</link>
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		<dc:date>2009-03-16T13:21:38Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bernard Perrin</dc:creator>


		<dc:subject>Ressources naturelles</dc:subject>
		<dc:subject>Bolivie</dc:subject>
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&lt;p&gt;Les constructeurs automobiles s'int&#195;&#169;ressent &#195; nouveau &#195; l'&#195;&#169;lectrique et lorgnent sur les r&#195;&#169;serves boliviennes de lithium. Le pr&#195;&#169;sident Evo Morales conditionne son exploitation &#195; son industrialisation in situ. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#195;&#169;lectricit&#195;&#169; ne fonctionne que de 19h &#195; 22h, l'eau potable est rationn&#195;&#169;e, le bus ne passe qu'une fois par semaine, et la ville la plus proche, Uyuni, est &#195; trois heures d'une piste d&#195;&#169;fonc&#195;&#169;e... Les quelque 500 habitants qui composent la (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot52" rel="tag"&gt;Ressources naturelles&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot72" rel="tag"&gt;Bolivie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot247" rel="tag"&gt;Union europ&#195;&#169;enne &amp; Am&#195;&#169;rique latine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot303" rel="tag"&gt;Le Courrier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot1081" rel="tag"&gt;Am&#195;&#169;rique du Sud&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://risal.collectifs.net/local/cache-vignettes/L150xH103/arton2496-9fcaf.jpg?1508600340' width='150' height='103' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les constructeurs automobiles s'int&#195;&#169;ressent &#195; nouveau &#195; l'&#195;&#169;lectrique et lorgnent sur les r&#195;&#169;serves boliviennes de lithium. Le pr&#195;&#169;sident Evo Morales conditionne son exploitation &#195; son industrialisation &lt;i&gt;in situ&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'&#195;&#169;lectricit&#195;&#169; ne fonctionne que de 19h &#195; 22h, l'eau potable est rationn&#195;&#169;e, le bus ne passe qu'une fois par semaine, et la ville la plus proche, Uyuni, est &#195; trois heures d'une piste d&#195;&#169;fonc&#195;&#169;e... Les quelque 500 habitants qui composent la communaut&#195;&#169; de Rio Grande, au coeur de l'altiplano bolivien, vont pourtant bient&#195;&#180;t sortir de leur isolement et auront acc&#195;&#168;s &#195; tous les services de base : le pr&#195;&#169;sident Evo Morales en personne s'y est engag&#195;&#169;. Et pour ne pas rester en reste, le pr&#195;&#169;fet du d&#195;&#169;partement de Potosi a assur&#195;&#169; que la route sera bient&#195;&#180;t asphalt&#195;&#169;e. C'est que ce petit coin si longtemps oubli&#195;&#169; du monde, en bordure du salar d'Uyuni &#195; plus de 3600 m&#195;&#168;tres d'altitude, incarne d&#195;&#169;sormais le futur de la Bolivie, le nouvel Eldorado... C'est ici que se construit la premi&#195;&#168;re usine pilote pour l'exploitation du lithium.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#195;&#169;volution &#195;&#169;nerg&#195;&#169;tique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lithium ? C'est le plus l&#195;&#169;ger des m&#195;&#169;taux sur la plan&#195;&#168;te, et un excellent transporteur d'&#195;&#169;nergie. Il est donc appel&#195;&#169; &#195; jouer un r&#195;&#180;le fondamental dans l'industrie automobile du XXIe si&#195;&#168;cle. A la base m&#195;&#170;me d'une v&#195;&#169;ritable r&#195;&#169;volution &#195;&#169;nerg&#195;&#169;tique : gr&#195;&#162;ce &#195; lui, les batteries des voitures &#195;&#169;lectriques seront d&#195;&#169;sormais non seulement non polluantes, mais aussi plus l&#195;&#169;g&#195;&#168;res, plus petites et plus puissantes. Et donc susceptibles de mettre un terme &#195; la d&#195;&#169;pendance vis-&#195; -vis des hydrocarbures. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce changement fondamental dans le mode de propulsion des voitures int&#195;&#169;resse de plus en plus les grands constructeurs. Pr&#195;&#169;sent&#195;&#169;e au salon international de Detroit en d&#195;&#169;but d'ann&#195;&#169;e, la Chevrolet Volt de General Motors devrait &#195;&#170;tre commercialis&#195;&#169;e en 2010. Et Gen&#195;&#168;ve n'est pas en reste, avec la pr&#195;&#169;sentation en grande premi&#195;&#168;re de la nouvelle voiture &#195;&#169;lectrique de Mitsubishi, la i-Miev.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La carte du lithium dessine les contours d'une nouvelle g&#195;&#169;opolitique. Et il se trouve que la Bolivie d&#195;&#169;tient plus de la moiti&#195;&#169; des r&#195;&#169;serves mondiales de ce m&#195;&#169;tal aussi l&#195;&#169;ger que pr&#195;&#169;cieux, principalement dans le salar d'Uyuni, une &#195;&#169;tendue de plus de 10 000 km2, vestige d'un lac d'eau de mer ass&#195;&#169;ch&#195;&#169;. Certaines &#195;&#169;tudes &#195;&#169;voquent des r&#195;&#169;serves atteignant pr&#195;&#168;s de 6 millions de tonnes de lithium, d'autres parlent de 9 millions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#194;&#171; &lt;i&gt;Mais ces &#195;&#169;tudes n'ont pris en compte que la premi&#195;&#168;re couche de saumure, qui renferme le lithium. Or le salar alterne des couches de saumure et d'argile jusqu'&#195; plusieurs centaines de m&#195;&#168;tres de profondeur. Ces r&#195;&#169;serves pourraient ainsi &#195;&#170;tre vingt fois ou m&#195;&#170;me cent fois sup&#195;&#169;rieures&lt;/i&gt; &#194; &#187;, confie Saul Villegas, directeur de la section des ressources &#195;&#169;vaporistiques au sein de la COMIBOL, l'entreprise mini&#195;&#168;re publique, charg&#195;&#169;e par l'Etat bolivien de l'exploitation du lithium. Si ce dernier doit &#195;&#170;tre le p&#195;&#169;trole du XXIe si&#195;&#168;cle, &#194;&#171; alors la Bolivie sera son Arabie saoudite &#194; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De quoi susciter bien des convoitises... &#194;&#171; &lt;i&gt;Si on veut &#195;&#170;tre leaders dans la r&#195;&#169;alisation de la prochaine g&#195;&#169;n&#195;&#169;ration d'automobiles, nous devons absolument &#195;&#170;tre en Bolivie&lt;/i&gt; &#194; &#187;, a r&#195;&#169;cemment l&#195;&#162;ch&#195;&#169; &#195; La Paz un responsable de la firme Mitsubishi. Et il n'est pas le seul &#195; le penser... Le sud-cor&#195;&#169;en LG (constructeur de batteries pour General Motors) et le groupe fran&#195;&#167;ais Bollor&#195;&#169; frappent aussi &#195; la porte...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ma&#195;&#174;tre de ses ressources&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Evo Morales est d'ailleurs encore sous le charme de sa visite en France, le mois dernier, qui lui a notamment permis de visiter l'entreprise pr&#195;&#169;sid&#195;&#169;e par Vincent Bollor&#195;&#169;. &#194;&#171; &lt;i&gt;J'ai &#195;&#169;t&#195;&#169; impressionn&#195;&#169; par leur d&#195;&#169;veloppement technologique &lt;/i&gt;&#194; &#187;, avoue le pr&#195;&#169;sident bolivien, qui a pu se mettre au volant d'un prototype de voiture &#195;&#169;lectrique, la Blue Car, d&#195;&#169;velopp&#195;&#169;e en partenariat avec Pininfarina.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la Bolivie ne b&#195;&#169;gayera pas son histoire. &#194;&#171; &lt;i&gt;Nous ne serons plus les fournisseurs serviles de mati&#195;&#168;res premi&#195;&#168;res vendues &#195; bas prix&lt;/i&gt; &#194; &#187;, pr&#195;&#169;vient Saul Villegas. Le responsable de la COMIBOL en est conscient, &#194;&#171; &lt;i&gt;la Bolivie vit la troisi&#195;&#168;me grande opportunit&#195;&#169; de son histoire&lt;/i&gt; &#194; &#187;. Et les deux premi&#195;&#168;res ont surtout &#195;&#169;t&#195;&#169; l'histoire d'un pillage organis&#195;&#169;, entam&#195;&#169; en 1545 avec l'exploitation des mines d'argent et d'&#195;&#169;tain de Potosi par les conquistadores, et poursuivi au XXe si&#195;&#168;cle par l'exportation du gaz naturel par des entreprises transnationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#195;&#169;citant volontiers la nouvelle Constitution adopt&#195;&#169;e le 25 janvier, qui emp&#195;&#170;che la privatisation des ressources naturelles, Evo Morales se montre d'ailleurs tr&#195;&#168;s clair : &#194;&#171; &lt;i&gt;L'exploitation du lithium est conditionn&#195;&#169;e &#195; son industrialisation dans le pays. Et quels que soient les partenaires, l'Etat en restera propri&#195;&#169;taire et en aura le contr&#195;&#180;le. A terme, je souhaite surtout que les batteries soient fabriqu&#195;&#169;es ici. D'ici quelques ann&#195;&#169;es, j'esp&#195;&#168;re m&#195;&#170;me que nous produirons des voitures &#195;&#169;lectriques en Bolivie ! &lt;/i&gt;&#194; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant, la Bolivie a pris les devants et investi 6 millions de dollars dans la construction d'une usine pilote &#195; Rio Grande, sur les bords du salar d'Uyuni, et de 150 000 m2 de piscines d'&#195;&#169;vaporation. &#194;&#171; &lt;i&gt;Nous d&#195;&#169;velopperons ici, d&#195;&#168;s la fin de l'ann&#195;&#169;e, la meilleure technologie permettant de s&#195;&#169;parer le lithium de la saumure, puis d'obtenir le carbonate de lithium, la substance essentielle pour la fabrication des batteries. Cette technologie est complexe, les recherches sont longues, mais c'est &#195; la port&#195;&#169;e de la Bolivie &lt;/i&gt;&#194; &#187;, poursuit Saul Villegas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Usine en construction&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'usine pilote devrait produire d&#195;&#168;s l'an prochain 40 tonnes de carbonate de lithium par mois. Lorsque le proc&#195;&#169;d&#195;&#169; sera au point, les usines d'industrialisation qui seront alors construites (en principe d'ici &#195; 2015) devraient permettre la production de plus de 20 000 tonnes annuelles, &#194;&#171; &lt;i&gt;de quoi alimenter pendant des centaines d'ann&#195;&#169;es les batteries de millions de voitures &#195;&#169;lectriques, qui n'utilisent que quelques kilos de lithium chacune &lt;/i&gt;&#194; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les investissements sont tout de m&#195;&#170;me estim&#195;&#169;s &#195; 300 millions de dollars. &#194;&#171; On attend donc de nos partenaires fran&#195;&#167;ais, japonais ou cor&#195;&#169;ens qu'ils investissent d&#195;&#168;s aujourd'hui, avec en contrepartie la garantie d'&#195;&#170;tre des clients privil&#195;&#169;gi&#195;&#169;s pour l'obtention du carbonate de lithium, dont l'industrie automobile d&#195;&#169;pend &#194; &#187;, poursuit Saul Villegas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cet &#195;&#169;change, la Bolivie ne se retrouve-t-elle pourtant pas simple exportatrice de mati&#195;&#168;re premi&#195;&#168;re ? Que devient la construction de batteries, voire de voitures, objectif avou&#195;&#169; du pr&#195;&#169;sident Evo Morales ? &#194;&#171; &lt;i&gt;Derri&#195;&#168;re les discours politiques, il faut voir la r&#195;&#169;alit&#195;&#169;. Dans le domaine de la construction de batteries, aucune proposition concr&#195;&#168;te n'a encore &#195;&#169;t&#195;&#169; faite de la part des entreprises europ&#195;&#169;ennes et asiatiques. Les conditions pos&#195;&#169;es par le gouvernement ne les enchantent gu&#195;&#168;re &lt;/i&gt;&#194; &#187;, reconna&#195;&#174;t un expert de la COMIBOL. Le bras de fer ne fait donc que commencer : &#194;&#171; &lt;i&gt;Pour construire des batteries, la Bolivie a absolument besoin de la technologie d'une entreprise comme Bollor&#195;&#169;. Comme Bollor&#195;&#169; a absolument besoin de notre lithium pour construire ses batteries... &lt;/i&gt;&#194; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoiqu'il en soit, les &#195;&#169;ventuels partenaires sont avertis : la Bolivie d'Evo Morales ne se brade plus. &#194;&#171; &lt;i&gt;Avant de signer n'importe quel accord, j'irai consulter les mouvements sociaux du d&#195;&#169;partement de Potosi &lt;/i&gt;&#194; &#187;, explique d'ailleurs le pr&#195;&#169;sident. C'est le respect du contr&#195;&#180;le social, consacr&#195;&#169; lui aussi par la nouvelle constitution. Membre de la F&#195;&#169;d&#195;&#169;ration r&#195;&#169;gionale des travailleurs paysans de l'altiplano du sud, Leopoldo Cabrera ne voit pas d'un mauvais oeil l'arriv&#195;&#169;e d'entreprises &#195;&#169;trang&#195;&#168;res, mais il avertit : &#194;&#171; &lt;i&gt;C'est le gouvernement et nous, les mouvements sociaux, qui garderont la main sur nos richesses. &lt;/i&gt;&#194; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;b&gt;********&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Paz n'est pas press&#195;&#169;e d'&#195;&#169;tatiser les anciennes mines&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
par &lt;strong&gt;B&#195;&#169;nito P&#195;&#169;rez&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nouveau credo bolivien dans le domaine des ressources naturelles, dont le pays regorge, est simple : redonner &#195; l'Etat la mainmise sur les richesses du sous-sol, tout en restant ouvert aux investissements &#195;&#169;trangers. L'exploitation d'El Mutun, une montagne du nord-est de la Bolivie qui regorge de fer et de mangan&#195;&#168;se (40 millions de tonnes sur une surface de 62 km2), en est la parfaite illustration : l'Etat bolivien a sign&#195;&#169; l'an dernier un accord avec l'entreprise indienne Jindal Steel, qui investira 300 millions cette ann&#195;&#169;e et 1,5 milliard d'ici &#195; cinq ans pour exploiter le site, qui reste sous le giron de l'Etat. Dans le domaine des hydrocarbures (la Bolivie poss&#195;&#168;de les deuxi&#195;&#168;mes r&#195;&#169;serves de gaz naturel du continent, derri&#195;&#168;re le Venezuela), la politique d'Evo Morales appara&#195;&#174;t plus radicale. Le 1er mai 2006, le pr&#195;&#169;sident bolivien annonce en effet avec fracas la nationalisation du secteur, et investit avec l'aide de l'arm&#195;&#169;e le champ de gaz naturel de San Alberto. Il ouvre dans la foul&#195;&#169;e des n&#195;&#169;gociations avec l'ensemble des entreprises &#195;&#169;trang&#195;&#168;res pr&#195;&#169;sentes en Bolivie afin de r&#195;&#169;viser les contrats, qui jusque-l&#195; n'octroyaient que 18% des royalties &#195; l'Etat. L'espagnole Repsol ou la br&#195;&#169;silienne Petrobras rechignent dans un premier temps avant d'accepter l'in&#195;&#169;luctable. D&#195;&#169;sormais les pourcentages des royalties sont pratiquement invers&#195;&#169;s. Evo Morales annonce alors que ce processus de nationalisation permettra &#195; l'Etat de faire passer ses revenus annuels de 300 millions &#195; 1,2 milliard de dollars. Dans la foul&#195;&#169;e, il finance la mise en place de deux piliers de son programme social avec la manne des hydrocarbures : la &lt;i&gt;Renta Dignidad,&lt;/i&gt; une rente universelle pour tous les Boliviens de plus de 60 ans, et le&lt;i&gt; Bono Juancito Pinto&lt;/i&gt;, une aide annuelle &#195; tous les &#195;&#169;coliers du pays. La marche en avant de la nationalisation se poursuit, &#195; coup de d&#195;&#169;crets pr&#195;&#169;sidentiels et de rachat d'actions. Dernier &#195;&#169;pisode en date : la prise de contr&#195;&#180;le le 23 janvier de la compagnie p&#195;&#169;troli&#195;&#168;re Chaco, filiale du groupe BP.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant, sur la gauche du gouvernement, certains mouvements sociaux plus radicaux font la moue, r&#195;&#169;clamant le d&#195;&#169;part pur et simple des multinationales du pays et accusant Evo Morales de faire passer une ren&#195;&#169;gociation de contrats pour une nationalisation. Dans le domaine de l'exploitation des mines, autre richesse du sous-sol bolivien, le gouvernement a jou&#195;&#169; une carte beaucoup plus prudente et la nationalisation du secteur n'est aujourd'hui plus &#195; l'ordre du jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Etatis&#195;&#169;es en 1952, les mines boliviennes ont &#195;&#169;t&#195;&#169; abandonn&#195;&#169;es par l'Etat en 1985 lors de la chute dramatique du prix des minerais. L'avenir de dizaines de milliers de mineurs n'a alors pu &#195;&#170;tre assur&#195;&#169; que par la constitution de centaines de coop&#195;&#169;ratives priv&#195;&#169;es, au b&#195;&#169;n&#195;&#169;fice d'une concession. Juan, mineur coop&#195;&#169;rativiste &#195; Potosi, r&#195;&#169;sume aujourd'hui la situation : &#194;&#171; &lt;i&gt;Ca fait trois d&#195;&#169;cennies qu'on creuse nos galeries sans l'aide de personne, et l'Etat voudrait aujourd'hui les nationaliser pour b&#195;&#169;n&#195;&#169;ficier de ses revenus ? C'est exclu. Si Evo Morales veut profiter des minerais, qu'il creuse ses propres tunnels ! &lt;/i&gt;&#194; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ann&#195;&#169;e &#195;&#169;lectorale, le pr&#195;&#169;sident sait donc qu'il ne peut pas s'ali&#195;&#169;ner l'appui potentiel du secteur des coop&#195;&#169;ratives mini&#195;&#168;res. Et la chute du prix des minerais provoqu&#195;&#169;e par la crise &#195;&#169;conomique l'incitera d'ailleurs encore moins &#195; nationaliser un secteur actuellement en crise.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Source : Le Courrier, Gen&#195;&#168;ve, 10 Mars 2009.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les exportations d'armes vers l'Am&#195;&#169;rique du Sud</title>
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		<dc:date>2009-03-06T07:20:50Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Martinot</dc:creator>


		<dc:subject>Militarisation</dc:subject>
		<dc:subject>Argentine</dc:subject>
		<dc:subject>Br&#195;&#169;sil</dc:subject>
		<dc:subject>Bolivie</dc:subject>
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		<dc:subject>GRIP</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Port&#195;&#169;s par une conjoncture &#195;&#169;conomique favorable, les pays d'Am&#195;&#169;rique du Sud ont consacr&#195;&#169; une attention plus significative &#195; leurs budgets militaires depuis 2000. &lt;br class='autobr' /&gt;
Comment faut-il interpr&#195;&#169;ter ces hausses budg&#195;&#169;taires ? Faut-il y voir une course aux armements classique ou une politique de modernisation d'un arsenal militaire devenu obsol&#195;&#168;te dans la plupart des pays du continent ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Sur fond de tensions r&#195;&#169;gionales et en raison des relations tendues qu'entretiennent de (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?rubrique6" rel="directory"&gt;Pays &amp; r&#195;&#169;gions&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot40" rel="tag"&gt;Militarisation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot70" rel="tag"&gt;Argentine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot71" rel="tag"&gt;Br&#195;&#169;sil&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot72" rel="tag"&gt;Bolivie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot73" rel="tag"&gt;Venezuela&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot74" rel="tag"&gt;Colombie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot136" rel="tag"&gt;P&#195;&#169;rou&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot144" rel="tag"&gt;Uruguay&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot151" rel="tag"&gt;Paraguay&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot247" rel="tag"&gt;Union europ&#195;&#169;enne &amp; Am&#195;&#169;rique latine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot1015" rel="tag"&gt;Etats-Unis &amp; Am&#195;&#169;rique latine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot1079" rel="tag"&gt;Chili&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot1080" rel="tag"&gt;Equateur&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot1081" rel="tag"&gt;Am&#195;&#169;rique du Sud&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot1227" rel="tag"&gt;GRIP&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://risal.collectifs.net/local/cache-vignettes/L150xH115/arton2495-f939b.jpg?1508593225' width='150' height='115' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Port&#195;&#169;s par une conjoncture &#195;&#169;conomique favorable, les pays d'Am&#195;&#169;rique du Sud ont consacr&#195;&#169; une attention plus significative &#195; leurs budgets militaires depuis 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment faut-il interpr&#195;&#169;ter ces hausses budg&#195;&#169;taires ? Faut-il y voir une course aux armements classique ou une politique de modernisation d'un arsenal militaire devenu obsol&#195;&#168;te dans la plupart des pays du continent ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur fond de tensions r&#195;&#169;gionales et en raison des relations tendues qu'entretiennent de nombreux pays latino-am&#195;&#169;ricains avec les &#195;&#8240;tats-Unis, ce consum&#195;&#169;risme militaire a suscit&#195;&#169; et suscite encore des r&#195;&#169;actions, voire des inqui&#195;&#169;tudes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. Introduction&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les exportations d'armes et d'&#195;&#169;quipements militaires vers l'Am&#195;&#169;rique du Sud se portent bien1. A tel point qu'elles commencent s&#195;&#169;rieusement &#195; pr&#195;&#169;occuper les observateurs internationaux, dans un sous-continent pourtant davantage confront&#195;&#169; &#195; des ph&#195;&#169;nom&#195;&#168;nes de violences int&#195;&#169;rieures qu'&#195; de v&#195;&#169;ritables conflits militaires r&#195;&#169;gionaux. L'importance des r&#195;&#169;centes acquisitions militaires du Venezuela et du Chili, l'augmentation du budget militaire du Br&#195;&#169;sil ou encore l'importante assistance militaire am&#195;&#169;ricaine &#195; la Colombie sont d&#195;&#169;sormais devenues des th&#195;&#168;mes prioritaires de l'agenda politique et diplomatique r&#195;&#169;gional et international. A l'analyse, cette fr&#195;&#169;n&#195;&#169;sie g&#195;&#169;n&#195;&#169;rale semble moins due &#195; l'imminence d'un conflit r&#195;&#169;gional qu'&#195; un contexte &#195;&#169;conomique actuellement favorable pour la plupart de ces pays, profitant de cette opportunit&#195;&#169; &#195;&#169;conomique pour op&#195;&#169;rer une modernisation de leurs moyens de d&#195;&#169;fense et de s&#195;&#169;curit&#195;&#169;. Cette Note se propose d'analyser les exportations d'armes vers l'Am&#195;&#169;rique du Sud. Il est n&#195;&#169;cessaire de se pencher sur ces 12 pays du sous-continent tant cette r&#195;&#169;gion du monde, si proche des &#195;&#8240;tats-Unis, conna&#195;&#174;t des &#195;&#169;volutions politiques significatives et se retrouve aujourd'hui au centre d'enjeux &#195;&#169;nerg&#195;&#169;tiques de premier plan. Nous tenterons donc de comprendre les raisons de la hausse des d&#195;&#169;penses militaires dans la plupart de ces pays en nous int&#195;&#169;ressant &#195;&#169;galement aux exportateurs d'armes les plus en vue dans la r&#195;&#169;gion. Ceci pour mieux comprendre le nouvel &#195;&#169;quilibre g&#195;&#169;ostrat&#195;&#169;gique qui se dessine dans le sous-continent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour lire la suite de cet article, t&#195;&#169;l&#195;&#169;chargez le fichier PDF ci-dessous.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Source : Groupe de recherche et d'information sur la paix et la s&#195;&#169;curit&#195;&#169;, octobre 2008.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le Br&#195;&#169;sil est-il en train de construire son propre pr&#195;&#169; carr&#195;&#169; ?</title>
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		<dc:date>2009-03-03T23:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ra&#195;&#186;l Zibechi</dc:creator>


		<dc:subject>Br&#195;&#169;sil</dc:subject>
		<dc:subject>Bolivie</dc:subject>
		<dc:subject>Paraguay</dc:subject>
		<dc:subject>IRC Programa de las Am&#195;&#169;ricas</dc:subject>
		<dc:subject>De la politique ext&#195;&#169;rieure du gouvernement Lula</dc:subject>
		<dc:subject>Equateur</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#195;&#169;rique du Sud</dc:subject>
		<dc:subject>Arnaud Br&#195;&#169;art</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ces derniers mois ont donn&#195;&#169; lieu &#195; des conflits entre le Br&#195;&#169;sil, puissance mondiale &#195;&#169;mergente, et divers petits pays voisins (surtout l'&#195;&#8240;quateur et le Paraguay), qui ont amen&#195;&#169; le gouvernement Lula &#195; prendre la d&#195;&#169;fense des multinationales de son pays et &#195; mobiliser des troupes pour en d&#195;&#169;fendre les int&#195;&#169;r&#195;&#170;ts de nation. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les vides laiss&#195;&#169;s en Am&#195;&#169;rique du Sud par le d&#195;&#169;clin des &#195;&#8240;tats-Unis sont en train d'&#195;&#170;tre combl&#195;&#169;s par de nouvelles puissances mondiales et (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot71" rel="tag"&gt;Br&#195;&#169;sil&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot72" rel="tag"&gt;Bolivie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot151" rel="tag"&gt;Paraguay&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot338" rel="tag"&gt;IRC Programa de las Am&#195;&#169;ricas&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot467" rel="tag"&gt;De la politique ext&#195;&#169;rieure du gouvernement Lula&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot1080" rel="tag"&gt;Equateur&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot1081" rel="tag"&gt;Am&#195;&#169;rique du Sud&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot1113" rel="tag"&gt;Arnaud Br&#195;&#169;art&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://risal.collectifs.net/local/cache-vignettes/L150xH103/arton2453-1f1ad.jpg?1508617410' width='150' height='103' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ces derniers mois ont donn&#195;&#169; lieu &#195; des conflits entre le Br&#195;&#169;sil, puissance mondiale &#195;&#169;mergente, et divers petits pays voisins (surtout l'&#195;&#8240;quateur et le Paraguay), qui ont amen&#195;&#169; le gouvernement Lula &#195; prendre la d&#195;&#169;fense des multinationales de son pays et &#195; mobiliser des troupes pour en d&#195;&#169;fendre les int&#195;&#169;r&#195;&#170;ts de nation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les vides laiss&#195;&#169;s en Am&#195;&#169;rique du Sud par le d&#195;&#169;clin des &#195;&#8240;tats-Unis sont en train d'&#195;&#170;tre combl&#195;&#169;s par de nouvelles puissances mondiales et par une puissance r&#195;&#169;gionale qui aspire &#195; jouer un r&#195;&#180;le &#195; l'&#195;&#169;chelle internationale. D&#195;&#168;s les ann&#195;&#169;es 1990, le capital d'origine europ&#195;&#169;enne &#8722; notamment espagnol et fran&#195;&#167;ais &#8722; a fait preuve d'un grand dynamisme dans cette partie du monde en acqu&#195;&#169;rant les entreprises d'&#195;&#8240;tat privatis&#195;&#169;es. Depuis peu, la Chine souhaite s'y faire une place en qualit&#195;&#169; d'importateur d'hydrocarbures et d'investisseur dans le domaine minier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, il y a un certain temps que le Br&#195;&#169;sil cherche &#195; s'&#195;&#169;tendre en se servant de la r&#195;&#169;gion comme d'un tremplin, ce qui a fait l'objet de diverses analyses et &#195;&#169;tudes. La nouveaut&#195;&#169;, toutefois, est que cette volont&#195;&#169; d'expansion est aujourd'hui la source de graves conflits, tel celui qui s'est produit entre les gouvernements de Rafael Correa et de Luiz Inacio Lula da Silva, mais surtout que dans certains de ces conflits la puissance r&#195;&#169;gionale mobilise des troupes pour d&#195;&#169;fendre ses int&#195;&#169;r&#195;&#170;ts, comme le cas &#195; la fronti&#195;&#168;re avec le Paraguay.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#195;&#170;tre le rejet croissant des entreprises br&#195;&#169;siliennes est-il le prix que le Br&#195;&#169;sil doit payer pour son expansion commerciale et &#195;&#169;conomique. Le r&#195;&#180;le &#194;&#171; imp&#195;&#169;rialiste &#194; &#187; que joue ce pays commence &#195; faire l'objet de d&#195;&#169;nonciations. En effet, &#195; partir de 2004, le Br&#195;&#169;sil a consid&#195;&#169;rablement augment&#195;&#169; ses investissements directs &#195; l'&#195;&#169;tranger : les entreprises br&#195;&#169;siliennes ont investi, cette ann&#195;&#169;e-l&#195; , 10 milliards de dollars, contre seulement 250 millions l'ann&#195;&#169;e pr&#195;&#169;c&#195;&#169;dente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2005, le total des investissements br&#195;&#169;siliens directs &#195; l'&#195;&#169;tranger a atteint 71 milliards de dollars, alors que le Mexique, le deuxi&#195;&#168;me investisseur de la r&#195;&#169;gion, n'a investi que 28 milliards de dollars. Une part substantielle de cette expansion commerciale a eu lieu dans les pays limitrophes du Br&#195;&#169;sil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'Uruguay colonis&#195;&#169;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce petit pays qui pratique surtout l'agriculture et l'&#195;&#169;levage a une superficie 45 fois inf&#195;&#169;rieure &#195; celle de son gigantesque voisin et un produit int&#195;&#169;rieur brut (PIB) 50 fois plus petit. Au cours des dix derni&#195;&#168;res ann&#195;&#169;es, l'expansion des grandes entreprises br&#195;&#169;siliennes a modifi&#195;&#169; la carte &#195;&#169;conomique de l'Uruguay, et d'une fa&#195;&#167;on tr&#195;&#168;s particuli&#195;&#168;re depuis la derni&#195;&#168;re crise de 2002. On estime que, depuis cette ann&#195;&#169;e-l&#195; , plus de 20% des terres ont &#195;&#169;t&#195;&#169; vendues &#195; des Br&#195;&#169;siliens et &#195; des Argentins. Toutefois, il n'existe pas d'informations exactes sur l'identit&#195;&#169; des nouveaux propri&#195;&#169;taires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les dix premi&#195;&#168;res soci&#195;&#169;t&#195;&#169;s exportatrices se trouvant en Uruguay, cinq sont br&#195;&#169;siliennes. Sur le 1,511 milliard de dollars que ces dix soci&#195;&#169;t&#195;&#169;s ont export&#195;&#169; entre juillet 2007 et juin 2008, 43% appartiennent &#195; une soci&#195;&#169;t&#195;&#169; productrice de riz et &#195; quatre entreprises frigorifiques achet&#195;&#169;es &#195; l'aide de capitaux br&#195;&#169;siliens. Viennent ensuite deux entreprises uruguayennes, dont la soci&#195;&#169;t&#195;&#169; p&#195;&#169;troli&#195;&#168;re nationale, qui &#195; elles deux totalisent 29% des exportations des dix plus grandes. Quant aux &#195;&#8240;tats-Unis, ils ont seulement export&#195;&#169; 10% du total par l'interm&#195;&#169;diaire d'une seule soci&#195;&#169;t&#195;&#169;, une filiale de Cargill.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ernesto Correa, un entrepreneur de la viande de S&#195;&#163;o Paulo, a achet&#195;&#169; cent mille hectares de terre en Uruguay dans le but d'approvisionner en b&#195;&#169;tail l'entreprise frigorifique PUL, dont il d&#195;&#169;tient 75% des actions. Les entreprises frigorifiques br&#195;&#169;siliennes r&#195;&#169;alisent pr&#195;&#168;s de la moiti&#195;&#169; des exportations de viande, la principale ressource du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'apr&#195;&#168;s le journaliste Samuel Blixen, &#194;&#171; &lt;i&gt;l'avantage que pr&#195;&#169;sentent, pour le Br&#195;&#169;sil, les entreprises frigorifiques uruguayennes r&#195;&#169;side dans les possibilit&#195;&#169;s d'acc&#195;&#168;s &#195; certains march&#195;&#169;s&lt;/i&gt; &#194; &#187;, profitant ainsi du label de qualit&#195;&#169; sanitaire de la viande uruguayenne, autoris&#195;&#169;e &#195; acc&#195;&#169;der &#195; des march&#195;&#169;s interdits au Br&#195;&#169;sil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le riz est le deuxi&#195;&#168;me grand investissement de capitaux br&#195;&#169;siliens. Le Br&#195;&#169;sil r&#195;&#169;alise 90% des exportations de riz. La soci&#195;&#169;t&#195;&#169; Saman, qui exporte 45% du riz uruguayen, a &#195;&#169;t&#195;&#169; achet&#195;&#169;e cette ann&#195;&#169;e par la soci&#195;&#169;t&#195;&#169; br&#195;&#169;silienne Camil. Enfin, les entreprises br&#195;&#169;siliennes monopolisent &#195;&#169;galement la production de bi&#195;&#168;re par l'interm&#195;&#169;diaire de la multinationale Inbev, au sein de laquelle la soci&#195;&#169;t&#195;&#169; br&#195;&#169;silienne Ambev joue un r&#195;&#180;le de premier plan. En contr&#195;&#180;lant F&#195;&#161;bricas Nacionales de Cerveza ainsi que les principales entreprises de maltage, Inbev, qui est notamment propri&#195;&#169;taire de la soci&#195;&#169;t&#195;&#169; nord-am&#195;&#169;ricaine Budweiser, d&#195;&#169;tient le monopole de la cha&#195;&#174;ne de production de bi&#195;&#168;re en Uruguay.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le processus d'internationalisation et de concentration de la terre, des entreprises frigorifiques, productrices de riz et de bi&#195;&#168;re et des exportations met l'Uruguay en position de grande vuln&#195;&#169;rabilit&#195;&#169; vis-&#195; -vis du Br&#195;&#169;sil. Aussi, m&#195;&#170;me si elles ne sont pas encore en conflit avec les entreprises br&#195;&#169;siliennes, les autorit&#195;&#169;s uruguayennes manifestent-elles l'inqui&#195;&#169;tude que leur inspire ce contr&#195;&#180;le monopolistique qui peut permettre &#195; ces entreprises de fixer des prix au pr&#195;&#169;judice des producteurs uruguayens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En Bolivie, le gaz et les barrages&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par des moyens diff&#195;&#169;rents, le Br&#195;&#169;sil contr&#195;&#180;le pr&#195;&#168;s de 20% du PIB de la Bolivie (gr&#195;&#162;ce au gaz et au soja), un pourcentage qui devrait augmenter dans les ann&#195;&#169;es &#195; venir en raison des investissements strat&#195;&#169;giques qui seront effectu&#195;&#169;s dans les infrastructures, l'&#195;&#169;nergie et les mines. En revanche, ces investissements sont source de conflits. L'un d'eux concerne la construction des barrages hydro&#195;&#169;lectriques San Antonio et Jirau sur le fleuve transfrontalier Madera qui a des r&#195;&#169;percussions n&#195;&#169;gatives pour la Bolivie, mais que le Br&#195;&#169;sil consid&#195;&#168;re comme essentiel &#195; son d&#195;&#169;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les barrages, dont la construction est assur&#195;&#169;e par le consortium br&#195;&#169;silien Furnas-Odebrecht, inonderont le territoire bolivien, porteront pr&#195;&#169;judice &#195; la p&#195;&#170;che, seront &#195; l'origine d'une recrudescence de la malaria et mettront en danger les collectivit&#195;&#169;s paysannes &#194;&#171; extractivistes &#194; &#187; et indig&#195;&#168;nes des villages de Chacobo, Tacana, Cavine&#195;&#177;o, Esse Ejja et Yaminahuas, dans les d&#195;&#169;partements de Beni et de Pando.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 7 d&#195;&#169;cembre 2007, des organisations paysannes et indig&#195;&#168;nes boliviennes, avec le soutien du Mouvement des groupes atteints par les barrages du Br&#195;&#169;sil (MAB, Movimento dos Atingidos por Barragens), ont d&#195;&#169;pos&#195;&#169; aupr&#195;&#168;s de la Commission interam&#195;&#169;ricaine des droits de l'Homme une demande de mesures pr&#195;&#169;ventives pour emp&#195;&#170;cher l'&#194;&#171; attentat imminent &#194; &#187; que le gouvernement Lula s'appr&#195;&#170;tait &#195; commettre contre les droits humains et les libert&#195;&#169;s des peuples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, pendant la r&#195;&#169;cente crise politique qu'a connue la Bolivie en raison des activit&#195;&#169;s subversives men&#195;&#169;es par les oligarchies de ladite r&#195;&#169;gion de la demi-lune, le gouvernement Lula a clairement conseill&#195;&#169; &#195; Evo Morales de n&#195;&#169;gocier avec l'opposition. C'est que les int&#195;&#169;r&#195;&#170;ts du Br&#195;&#169;sil en Bolivie ne sont pas r&#195;&#169;partis sur l'ensemble du territoire, mais plut&#195;&#180;t concentr&#195;&#169;s dans les d&#195;&#169;partements autonomistes oppos&#195;&#169;s au gouvernement indig&#195;&#168;ne. Tant les hydrocarbures que les monocultures de soja (les premiers permettent l'alimentation en gaz des industries de S&#195;&#163;o Paulo alors que les seconds appartiennent &#195; de grands propri&#195;&#169;taires terriens br&#195;&#169;siliens) sont situ&#195;&#169;s dans les d&#195;&#169;partements de Tarija et de Santa Cruz, fiefs de la r&#195;&#169;bellion contre Morales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#195;&#8240;quateur contre les entreprises br&#195;&#169;siliennes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les diff&#195;&#169;rends qui opposent les entreprises br&#195;&#169;siliennes au gouvernement &#195;&#169;quatorien ne sont pas nouveaux, puisqu'ils ont commenc&#195;&#169; avec le litige survenu entre la soci&#195;&#169;t&#195;&#169; p&#195;&#169;troli&#195;&#168;re Petrobras, qui exploite un parc national, et des peuples indig&#195;&#168;nes, &#195; l'issue duquel l'entreprise br&#195;&#169;silienne a d&#195; &#187;, &#195; la mi-septembre 2008, abandonner le bloc p&#195;&#169;trolier 21 &#195; Petroecuador, l'entreprise publique &#195;&#169;quatorienne des hydrocarbures. En fait, la participation de grandes entreprises br&#195;&#169;siliennes &#195; des m&#195;&#169;gaprojets li&#195;&#169;s &#195; l&#8216;Initiative d'int&#195;&#169;gration de l'infrastructure r&#195;&#169;gionale sud-am&#195;&#169;ricaine (IIRSA) est la source de conflits de diff&#195;&#169;rents types.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dernier en date s'est produit le 23 septembre avec l'expulsion de l'entreprise de construction br&#195;&#169;silienne Odebrecht et la confiscation de ses biens en &#195;&#8240;quateur en raison de sa responsabilit&#195;&#169; dans les d&#195;&#169;fauts de la centrale hydro&#195;&#169;lectrique de San Francisco, en Amazonie, qui a &#195;&#169;t&#195;&#169; inaugur&#195;&#169;e en juin 2007, mais qui a d&#195; &#187; suspendre ses activit&#195;&#169;s un an plus tard &#195; cause des vices de construction graves que comporte cette r&#195;&#169;alisation jug&#195;&#169;e strat&#195;&#169;gique pour le pays. Depuis le d&#195;&#169;but, le gouvernement Lula a d&#195;&#169;fendu l'entreprise qui est responsable, dans le cadre de l'IIRSA, de la construction de bon nombre des installations le long du tron&#195;&#167;on Manaus (Br&#195;&#169;sil) - Manta (Equateur) qui relie l'Amazonie &#195; l'oc&#195;&#169;an Pacifique et permet l'acheminement des marchandises br&#195;&#169;siliennes vers l'Asie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les probl&#195;&#168;mes ne se sont pas arr&#195;&#170;t&#195;&#169;s l&#195; . Le barrage a &#195;&#169;t&#195;&#169; construit gr&#195;&#162;ce &#195; un pr&#195;&#170;t de 243 millions de dollars accord&#195;&#169; &#195; l&#8216;&#195;&#8240;quateur par la banque br&#195;&#169;silienne BNDES (Banque nationale de d&#195;&#169;veloppement &#195;&#169;conomique et social), pr&#195;&#170;t que ce pays refuse d&#195;&#169;sormais de rembourser au motif que le contrat a &#195;&#169;t&#195;&#169; sign&#195;&#169; &#194;&#171; &lt;i&gt;sans tenir compte des lois nationales&lt;/i&gt; &#194; &#187;. Cette situation a mis en lumi&#195;&#168;re le fait que la BNDES finance les projets de divers pays pour que ceux-ci passent des contrats avec des entreprises br&#195;&#169;siliennes : une fa&#195;&#167;on de faire bien connue de toutes les grandes puissances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En novembre, le pr&#195;&#169;sident Correa a annonc&#195;&#169; que son pays demandera &#195; la Cour internationale d'arbitrage de la Chambre de commerce internationale de Paris l'autorisation de suspendre le remboursement de la dette contract&#195;&#169;e aupr&#195;&#168;s de la BNDES. Le 21 novembre, pour la premi&#195;&#168;re fois depuis la guerre de la Triple Alliance (qui a entra&#195;&#174;n&#195;&#169; la destruction du Paraguay entre 1865 et 1870), le gouvernement br&#195;&#169;silien a rappel&#195;&#169; un ambassadeur &#194;&#171; pour consultation &#194; &#187;. Cette mesure constitue l'&#195;&#169;tape qui pr&#195;&#169;c&#195;&#168;de la rupture des relations diplomatiques, d'autant plus que le ministre br&#195;&#169;silien des Affaires &#195;&#169;trang&#195;&#168;res Amorim a clairement d&#195;&#169;clar&#195;&#169; que &#194;&#171; &lt;i&gt;la date de retour &#195; Quito de l'ambassadeur n'a pas &#195;&#169;t&#195;&#169; fix&#195;&#169;e&lt;/i&gt; &#194; &#187;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='[RISAL] Depuis lors, la situation s'est apais&#195;&#169;e et l'ambassadeur' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que la soci&#195;&#169;t&#195;&#169; Odebrecht ait reconnu l'existence de vices de construction graves, le gouvernement br&#195;&#169;silien n'a pas aim&#195;&#169; que la demande adress&#195;&#169;e au tribunal international ait &#195;&#169;t&#195;&#169; rendue publique sans qu'il en ait pr&#195;&#169;alablement &#195;&#169;t&#195;&#169; inform&#195;&#169;. D'apr&#195;&#168;s le magazine Defesanet, &#194;&#171; &lt;i&gt;en rappelant &#195; Brasilia l'ambassadeur &#195; Quito pour consultation, Lula a envoy&#195;&#169; le message qu'il &#195;&#169;tait pr&#195;&#170;t &#195; adopter la ligne dure et &#195; abandonner le style 'paix et amour&#8216; qu'il a adopt&#195;&#169; pour gagner les &#195;&#169;lections de 2002 et que, par la suite, il a appliqu&#195;&#169; dans le domaine des affaires &#195;&#169;trang&#195;&#168;res&lt;/i&gt; &#194; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Odebrecht est la plus grande entreprise de construction d'Am&#195;&#169;rique latine, l'une des vingt-cinq plus grandes soci&#195;&#169;t&#195;&#169;s dans le monde et la troisi&#195;&#168;me du Br&#195;&#169;sil. Fond&#195;&#169;e en 1944 par Norberto Odebrecht, elle exerce des activit&#195;&#169;s dans vingt pays et notamment dans tous les pays d'Am&#195;&#169;rique du Sud. En 2007, son chiffre d'affaires a atteint 17 milliards de dollars, un montant sup&#195;&#169;rieur au PIB de la Bolivie et du Paraguay. Au Br&#195;&#169;sil, son chiffre d'affaires est de 11,5 milliards de dollars, en Am&#195;&#169;rique du Sud, il est de 3,1 milliards alors qu'aux &#195;&#8240;tats-Unis, il atteint seulement 1,6 milliard, ce qui indique l'importance que rev&#195;&#170;t le sous-continent dans l'expansion de l'entreprise. Cette derni&#195;&#168;re emploie 59 000 personnes et Norberto Odebrecht est l'un des principaux donateurs du Parti des travailleurs (PT) de Lula, quand vient le temps des campagnes &#195;&#169;lectorales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Paraguay : le voisin le plus fragile&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 15 ao&#195; &#187;t 2008, &#195; peine deux mois apr&#195;&#168;s l'installation au palais pr&#195;&#169;sidentiel de l'ex-&#195;&#169;v&#195;&#170;que Fernando Lugo, des milliers de paysans ont commenc&#195;&#169; &#195; occuper des terres appartenant &#195; des producteurs de soja br&#195;&#169;siliens, notamment dans les d&#195;&#169;partements frontaliers de Itap&#195;&#186;a, Alto Paran&#195;&#161;, San Pedro, Concepci&#195;&#179;n, Amambay et Canindey&#195;&#186;. Ces riches prairies recouvertes de soja &#195;&#169;taient nagu&#195;&#168;re le bastion de l'agriculture familiale et de la forte tradition paysanne paraguayenne sur laquelle a repos&#195;&#169; la victoire de Lugo. Mais, d&#195;&#169;sormais, ces terres appartiennent &#195; des Br&#195;&#169;siliens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un autre c&#195;&#180;t&#195;&#169;, la ren&#195;&#169;gociation du trait&#195;&#169; d'Itaip&#195;&#186;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='footnote' title='[RISAL] Voir &#195; ce sujet : C&#195;&#169;cile Lamarque, Le trait&#195;&#169; d'Itaipu entre (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, sign&#195;&#169; en 1973 par les dictatures alors au pouvoir au Br&#195;&#169;sil et au Paraguay, dont l'issue serait susceptible de faciliter la consolidation du gouvernement Lugo, est laiss&#195;&#169;e en suspens. Le barrage d'Itaip&#195;&#186; (le deuxi&#195;&#168;me au monde), poss&#195;&#169;d&#195;&#169; en commun par les deux pays, a une puissance install&#195;&#169;e de 8 250 MW. Le Paraguay consomme tout juste 5% de ce total et doit vendre &#195; prix co&#195; &#187;tant les 95% restants &#195; son voisin. Itaip&#195;&#186; produit 20% de l'&#195;&#169;nergie consomm&#195;&#169;e par le Br&#195;&#169;sil, une &#195;&#169;nergie en &#195;&#169;change de laquelle le Paraguay re&#195;&#167;oit &#195; peine 300 millions de dollars par an, ce qui repr&#195;&#169;sente un prix de vente tr&#195;&#168;s inf&#195;&#169;rieur au prix du march&#195;&#169; international et au co&#195; &#187;t de remplacement de l'&#195;&#169;nergie vendue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ricardo Canese, ing&#195;&#169;nieur sp&#195;&#169;cialis&#195;&#169; dans l'&#195;&#169;nergie, estime que les 53 000 GW vendus annuellement au Br&#195;&#169;sil valent, au prix du march&#195;&#169;, pas moins de 4 milliards de dollars, ce qui repr&#195;&#169;sente pr&#195;&#168;s de la moiti&#195;&#169; du PIB du Paraguay. Lugo ne pr&#195;&#169;tend pas aller aussi loin, mais il affirme que son pays devrait recevoir entre 1,5 et 2 milliards de dollars, c'est-&#195; -dire entre cinq et sept fois plus que ce qu'il re&#195;&#167;oit &#195; l'heure actuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les n&#195;&#169;gociations se heurtent &#195; des difficult&#195;&#169;s. Apr&#195;&#168;s deux rencontres, le Br&#195;&#169;sil refuse de c&#195;&#169;der tant sur le prix que sur la &#194;&#171; libre disposition &#194; &#187;, c'est-&#195; -dire le droit du Paraguay de disposer librement des exc&#195;&#169;dents et de les vendre &#195; un autre pays. Au sein du gouvernement Lugo, on estime qu'avec 1 ou 2 milliards de dollars suppl&#195;&#169;mentaires, il serait possible d'investir dans les &#195;&#169;coles, les h&#195;&#180;pitaux, les infrastructures routi&#195;&#168;res et les mille et une n&#195;&#169;cessit&#195;&#169;s dont a besoin ce pays pauvre, appauvri par 61 ans de corruption orchestr&#195;&#169;e par le parti Colorado.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Paraguayens se sentent &#194;&#171; exploit&#195;&#169;s &#194; &#187; par leurs voisins. Il y a des mois de cela, un groupe de paysans a br&#195; &#187;l&#195;&#169; le drapeau br&#195;&#169;silien. Depuis, les m&#195;&#169;dias ne se lassent pas de montrer et de remontrer la sc&#195;&#168;ne. Toutefois, la crise n'a &#195;&#169;clat&#195;&#169; que lorsque les paysans ont commenc&#195;&#169; &#195; occuper les terres de Paraguayens d'origine br&#195;&#169;silienne (les Brasiguayens), notamment dans le d&#195;&#169;partement de San Pedro, la r&#195;&#169;gion la plus pauvre du pays o&#195;&#185; Lugo a &#195;&#169;t&#195;&#169; ordonn&#195;&#169; &#195;&#169;v&#195;&#170;que en 1994. Le gouvernement a r&#195;&#169;agi avec prudence et s'est montr&#195;&#169; ouvert au dialogue, alors que l'Institut de d&#195;&#169;veloppement rural et de la terre (INDERT) ne cesse d'annoncer l'achat de terres en vue de la r&#195;&#169;forme agraire, un projet auquel les fonds qui proviennent d'Itaip&#195;&#186; sont indispensables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement qui a manqu&#195;&#169; de prudence et m&#195;&#170;me perdu sa bonne humeur a &#195;&#169;t&#195;&#169; celui de Lula. Le 17 octobre, dix mille soldats ont lanc&#195;&#169; la m&#195;&#169;ga op&#195;&#169;ration baptis&#195;&#169;e Frontera Sur II (Fronti&#195;&#168;re Sud II), faisant usage d'avions, de chars, de navires de guerre et de munitions r&#195;&#169;elles. &#195;&#8364; Asunci&#195;&#179;n, la presse a d&#195;&#169;clar&#195;&#169; que l'op&#195;&#169;ration avait donn&#195;&#169; lieu &#195; divers exercices comme l'occupation du barrage d'Itaip&#195;&#186; et le sauvetage de citoyens br&#195;&#169;siliens. Le gouvernement Lugo a pouss&#195;&#169; les hauts cris et affirm&#195;&#169; que le Br&#195;&#169;sil souhaite n&#195;&#169;gocier la paix des planteurs de soja contre un quelconque avantage au sujet d'Itaip&#195;&#186;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#195;&#169;clarations du g&#195;&#169;n&#195;&#169;ral br&#195;&#169;silien Jos&#195;&#169; Elito Carvalho Siqueira, chef du Commandement militaire du Sud, ont empir&#195;&#169; les choses. &#194;&#171; &lt;i&gt;La phase pendant laquelle nous devions cacher les choses est termin&#195;&#169;e. Aujourd'hui, nous devons montrer que nous sommes une puissance et il est important que nos voisins le sachent. Nous ne pouvons pas ne pas nous entra&#195;&#174;ner et ne pas montrer que nous sommes forts, que nous sommes l&#195; et que nous avons la capacit&#195;&#169; de faire face &#195; n'importe quelle menace&lt;/i&gt; &#194; &#187;, a-t-il d&#195;&#169;clar&#195;&#169; le 18 octobre au journal &lt;i&gt;Ultima Hora&lt;/i&gt;. Au sujet de la s&#195;&#169;curit&#195;&#169; d'Itaip&#195;&#186;, le g&#195;&#169;n&#195;&#169;ral a dit qu'il s'agissait d'une question d'ordre militaire, et ce, m&#195;&#170;me si le barrage &#195;&#169;tait occup&#195;&#169; par des mouvements sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ministre des Affaires &#195;&#169;trang&#195;&#168;res Amorim a demand&#195;&#169; sans d&#195;&#169;tour au gouvernement paraguayen de mettre un frein aux &#194;&#171; exc&#195;&#168;s &#194; &#187; commis contre les Brasiguayens. Lugo a abord&#195;&#169; le sujet devant l'Assembl&#195;&#169;e permanente de l'OEA, &#195; laquelle il a dit que l'attitude du Br&#195;&#169;sil rendait difficile l'&#195;&#169;tablissement d'un dialogue fraternel entre voisins. Il a insinu&#195;&#169; que l'op&#195;&#169;ration militaire avait &#195;&#169;t&#195;&#169; un &#194;&#171; message concernant Itaip&#195;&#186; &#194; &#187;. &#194;&#171; &lt;i&gt;Aucun trait&#195;&#169; n'est viable quand il consacre l'iniquit&#195;&#169; ni n'est bon sur le plan &#195;&#169;thique quand il engendre des asym&#195;&#169;tries r&#195;&#169;sultantes d'un effort commun&lt;/i&gt; &#194; &#187;, a-t-il d&#195;&#169;clar&#195;&#169; &#195; Washington.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au mois d'octobre, quelque quatre mille paysans se sont r&#195;&#169;unis devant une des propri&#195;&#169;t&#195;&#169;s de Tranquilo Favero, peut-&#195;&#170;tre le Brasiguayen le plus embl&#195;&#169;matique de tous. Ils ont abattu les haies et menac&#195;&#169; de mettre le feu &#195; un de ses 30 silos. Rien que dans les d&#195;&#169;partements de Canindey&#195;&#186; et de Alto Paran&#195;&#161;, qui sont frontaliers avec les Etats br&#195;&#169;siliens du Paran&#195;&#161; et du Mato Grosso, les Brasiguayens poss&#195;&#168;dent 1,2 million d'hectares, soit 40% de la superficie des deux d&#195;&#169;partements, et 80% des cultures de soja.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien qu'il n'existe pas de chiffres officiels, on estime qu'un demi-million de Br&#195;&#169;siliens se sont install&#195;&#169;s dans les zones frontali&#195;&#168;res depuis les ann&#195;&#169;es 1960, ce qui repr&#195;&#169;sente 10% de la population du pays. Ces personnes sont habituellement des producteurs aux exploitations de taille moyenne, qui poss&#195;&#168;dent en moyenne 500 hectares de terre et font travailler des ouvriers agricoles venus du Br&#195;&#169;sil. Dans certaines zones, on entend parler portugais et la monnaie la plus courante est le Real.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tranquilo Favero a &#195;&#169;t&#195;&#169; surnomm&#195;&#169; le &#194;&#171; roi du soja &#194; &#187; parce qu'il cultive 55 000 hectares sur lesquels 35 000 lui appartiennent. Il s'est install&#195;&#169; au Paraguay il y a 40 ans et poss&#195;&#168;de des papiers d'identit&#195;&#169; du pays. Dans une longue interview accord&#195;&#169;e au journal &lt;i&gt;Ultima Hora&lt;/i&gt;, le dimanche 2 novembre, il fait preuve d'une curieuse conscience sociale : &#194;&#171; &lt;i&gt;Il est &#195;&#169;vident que les paysans prot&#195;&#168;gent les plantations de marihuana&lt;/i&gt; &#194; &#187;, a-t-il d&#195;&#169;clar&#195;&#169;. Puis d'ajouter que les &lt;i&gt;asentamientos&lt;/i&gt; de paysans sans terre sont &#194;&#171; &lt;i&gt;des nids de d&#195;&#169;linquants&lt;/i&gt; &#194; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien qu'adapt&#195;&#169;es ne version brasiguayenne, ces paroles font ni plus ni moins r&#195;&#169;f&#195;&#169;rence au concept de &#194;&#171; narcogu&#195;&#169;rrilla &#194; &#187; cr&#195;&#169;&#195;&#169; par les strat&#195;&#168;ges militaires &#195;&#169;tats-uniens. De son c&#195;&#180;t&#195;&#169;, apr&#195;&#168;s avoir interview&#195;&#169; le g&#195;&#169;n&#195;&#169;ral Carvalho, Kaiser Konrad, le directeur de Defesanet, a &#195;&#169;crit : &#194;&#171; &lt;i&gt;L'op&#195;&#169;ration Frontera Sur II vise &#195; faire passer le message au gouvernement Lugo que les militaires br&#195;&#169;siliens ont les yeux sur la situation des Brasiguayens, qui souffrent de voir leurs terres envahies et de recevoir des menaces de perdre les propri&#195;&#169;t&#195;&#169;s qu'ils ont acquises l&#195;&#169;galement. &lt;/i&gt;&#194; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Br&#195;&#169;sil et l' &#194;&#171; agression &#195;&#169;trang&#195;&#168;re &#194; &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 2 octobre, Lula a promulgu&#195;&#169; le d&#195;&#169;cret 6.952 qui r&#195;&#169;glemente le processus national de conscription en cas d'&#194;&#171; agression &#195;&#169;trang&#195;&#168;re &#194; &#187;. Ce d&#195;&#169;cret pr&#195;&#169;cise que par agression &#195;&#169;trang&#195;&#168;re il faut entendre &#194;&#171; &lt;i&gt;toute menace ou tout acte portant atteinte &#195; la souverainet&#195;&#169; nationale, &#195; l'int&#195;&#169;grit&#195;&#169; du territoire, au peuple br&#195;&#169;silien ou aux institutions du pays, et ce, m&#195;&#170;me s'il n'y a pas invasion du territoire national&lt;/i&gt; &#194; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteur d'un &#195;&#169;ditorial de Defesanet a affirm&#195;&#169; que l'adoption du d&#195;&#169;cret laisse clairement entendre aux pays voisins que &#194;&#171; &lt;i&gt; l'agression ou la pers&#195;&#169;cution des citoyens br&#195;&#169;siliens qui r&#195;&#169;sident au Paraguay (les Brasiguayens) et dans la r&#195;&#169;gion de Pando, en Bolivie, et une nouvelle menace d'interrompre les approvisionnements en gaz ou la saisie d'installations ou d'entreprises br&#195;&#169;siliennes &#195; l'&#195;&#169;tranger, seront, dor&#195;&#169;navant, consid&#195;&#169;r&#195;&#169;es comme une agression ext&#195;&#169;rieure et une r&#195;&#169;ponse militaire de la part du Br&#195;&#169;sil a dor&#195;&#169;navant une protection l&#195;&#169;gale.&lt;/i&gt; &#194; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question d&#195;&#169;passe le gouvernement Lula. Il s'agit de l'affirmation pour une puissance &#195;&#169;mergente comme le Br&#195;&#169;sil, qu'elle peut d&#195;&#169;placer ses fronti&#195;&#168;res l&#195; o&#195;&#185; sont ses int&#195;&#169;r&#195;&#170;ts nationaux. Il semble &#195;&#169;vident que toutes les grandes puissances se sont construites de cette fa&#195;&#167;on, selon une attitude que, depuis toujours, on appelle &#194;&#171; imp&#195;&#169;rialisme &#194; &#187;. C'est peut-&#195;&#170;tre pour cela que nombre de Sud-Am&#195;&#169;ricains ont le sentiment que le Br&#195;&#169;sil est en train de construire son propre pr&#195;&#169; carr&#195;&#169;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.ircamericas.org/esp/5722" class="spip_out"&gt;article en espagnol&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;[RISAL] Depuis lors, la situation s'est apais&#195;&#169;e et l'ambassadeur br&#195;&#169;silien est retourn&#195;&#169; &#195; Quito.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;[RISAL] Voir &#195; ce sujet : C&#195;&#169;cile Lamarque, &lt;a href='https://risal.collectifs.net/spip.php?article2432'&gt;&lt;i&gt;Le trait&#195;&#169; d'Itaipu entre le Paraguay et le Br&#195;&#169;sil : un scandale qui a trop dur&#195;&#169;&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, CADTM/ RISAL, d&#195;&#169;cembre 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Source : IRC Programa de las Am&#195;&#169;ricas, 5 d&#195;&#169;cembre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tradiuction : Arnaud Br&#195;&#169;art, RISAL.info.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Regarder au-del&#195; des conjonctures</title>
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		<dc:date>2009-02-17T23:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ra&#195;&#186;l Zibechi</dc:creator>


		<dc:subject>Gauches &amp; mouvements sociaux</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;L'arriv&#195;&#169;e de Barack Obama &#195; la Maison Blanche, la profonde crise &#195;&#169;conomique mondiale, ajout&#195;&#169;e au d&#195;&#169;clin &#195;&#169;tats-unien et &#195; l'existence de huit gouvernements progressistes et de gauche en Am&#195;&#169;rique du Sud, sont des faits si importants qu'ils ont engendr&#195;&#169; la confiance, chez de larges secteurs, de pouvoir trouver de nouvelles voies pour nos soci&#195;&#169;t&#195;&#169;s frapp&#195;&#169;es par deux d&#195;&#169;cennies de n&#195;&#169;olib&#195;&#169;ralisme. Il s'agit d'une conjoncture particuli&#195;&#168;re et in&#195;&#169;dite, (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?rubrique6" rel="directory"&gt;Pays &amp; r&#195;&#169;gions&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot13" rel="tag"&gt;Gauches &amp; mouvements sociaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot71" rel="tag"&gt;Br&#195;&#169;sil&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot72" rel="tag"&gt;Bolivie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot73" rel="tag"&gt;Venezuela&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot301" rel="tag"&gt;La Jornada&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot1015" rel="tag"&gt;Etats-Unis &amp; Am&#195;&#169;rique latine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot1081" rel="tag"&gt;Am&#195;&#169;rique du Sud&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot1085" rel="tag"&gt;Fr&#195;&#169;d&#195;&#169;ric L&#195;&#169;v&#195;&#170;que&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://risal.collectifs.net/local/cache-vignettes/L150xH115/arton2484-8ae9a.jpg?1508593226' width='150' height='115' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'arriv&#195;&#169;e de Barack Obama &#195; la Maison Blanche, la profonde crise &#195;&#169;conomique mondiale, ajout&#195;&#169;e au d&#195;&#169;clin &#195;&#169;tats-unien et &#195; l'existence de huit gouvernements progressistes et de gauche en Am&#195;&#169;rique du Sud, sont des faits si importants qu'ils ont engendr&#195;&#169; la confiance, chez de larges secteurs, de pouvoir trouver de nouvelles voies pour nos soci&#195;&#169;t&#195;&#169;s frapp&#195;&#169;es par deux d&#195;&#169;cennies de n&#195;&#169;olib&#195;&#169;ralisme. Il s'agit d'une conjoncture particuli&#195;&#168;re et in&#195;&#169;dite, appel&#195;&#169;e &#195; devenir un point de rupture &#195; l'&#195;&#169;chelle plan&#195;&#169;taire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A de multiples occasions, on a mentionn&#195;&#169; que la d&#195;&#169;cadence des Etats-Unis comme unique superpuissance permet la naissance d'un nouveau rapport de forces dans la r&#195;&#169;gion sud-am&#195;&#169;ricaine, o&#195;&#185; la force d&#195;&#169;cisive du Br&#195;&#169;sil s'affirme nettement ainsi que la possibilit&#195;&#169; de construire une int&#195;&#169;gration r&#195;&#169;gionale qui ne prenne pas seulement ses distances de l'Empire mais aussi du libre-&#195;&#169;change.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par d&#195;&#169;finition une conjoncture ne dure en g&#195;&#169;n&#195;&#169;ral qu'un laps de temps relativement court. Dans ce cas-ci, on peut parler, tout au plus, d'une d&#195;&#169;cennie, temps dont disposent les forces du changement pour imposer au moins une partie de leurs objectifs avant que d'autres forces, aux int&#195;&#169;r&#195;&#170;ts diff&#195;&#169;rents, se trouvent dans des conditions d'imposer les leurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#195;&#169;e que &#194;&#171; &lt;i&gt;le moment est venu&lt;/i&gt; &#194; &#187; s'est install&#195;&#169;e l&#195;&#169;gitimement dans les discours d'une bonne partie des dirigeants politiques et sociaux, comme le refl&#195;&#168;tent des d&#195;&#169;clarations et documents du r&#195;&#169;cent Forum social mondial, qui s'est tenu &#195; Belem (Br&#195;&#169;sil). Mais on y lit aussi la conviction que si on ne trouve pas de sortie au mod&#195;&#168;le actuel d'accumulation, c'est-&#195; -dire au capitalisme, la crise peut d&#195;&#169;boucher sur la construction d'un monde encore pire que l'actuel. Gaza, l'Irak, la Colombie sont des exemples de ce qui peux advenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une bonne partie des objectifs qui ressortent de la charte des mouvements sociaux et dans la D&#195;&#169;claration de l'Assembl&#195;&#169;e des Mouvements Sociaux montrent clairement quelle peut &#195;&#170;tre la voie des changements. On y d&#195;&#169;nonce l'id&#195;&#169;ologie du &#194;&#171; d&#195;&#169;veloppement &#194; &#187; et le &#194;&#171; progr&#195;&#168;s &#194; &#187;, ainsi que l'imp&#195;&#169;rialisme et le capitalisme dans sa guerre de conqu&#195;&#170;te pour s'approprier les biens communs de l'humanit&#195;&#169;. Mais on n'y m&#195;&#169;nage pas non plus les critiques aux nouvelles formes qu'acquiert le mod&#195;&#168;le n&#195;&#169;olib&#195;&#169;ral, en particulier &#194;&#171; &lt;i&gt;les grands groupes &#195;&#169;conomiques locaux &#8211; lesdites &#8216;multilatinas' -, associ&#195;&#169;s &#195; une grande partie des gouvernements de la r&#195;&#169;gion &lt;/i&gt;&#194; &#187;. Les mouvements sociaux d&#195;&#169;noncent, par cons&#195;&#169;quent, le m&#195;&#169;ga projet qu'est l'IIRSA (Initiative d'int&#195;&#169;gration de l'infrastructure r&#195;&#169;gionale d'Am&#195;&#169;rique du Sud), men&#195;&#169; par la bourgeoisie br&#195;&#169;silienne qui, derri&#195;&#168;re le d&#195;&#169;veloppement d'interconnexions des infrastructures cache &#194;&#171; &lt;i&gt; l'appropriation transnationale des biens de la nature &lt;/i&gt;&#194; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les faits, les mouvements sud-am&#195;&#169;ricains attaquent &#194;&#171; leurs &#194; &#187; gouvernements &#194; &#187; en d&#195;&#169;non&#195;&#167;ant les principaux projets &#195;&#169;conomiques, ceux destin&#195;&#169;s &#195; promouvoir le &#194;&#171; d&#195;&#169;veloppement &#194; &#187; de la r&#195;&#169;gion comme, par exemple, l'exploitation mini&#195;&#168;re &#195; ciel ouvert, l'agrobusiness et les agrocarburants. Ils mettent &#195;&#169;galement le doigt sur ce qui fait mal : &#194;&#171; &lt;i&gt;l'occupation d'Ha&#195;&#175;ti par des troupes de pays latino-am&#195;&#169;ricains&lt;/i&gt; &#194; &#187;, sans oublier le Plan Colombie et de la pr&#195;&#169;sence de bases militaires &#195;&#169;trang&#195;&#168;res. Ce ne fut pas simplement un exercice d'autonomie politique, mais plut&#195;&#180;t une indication des urgences du moment, l'id&#195;&#169;e qu'il est n&#195;&#169;cessaire d' &#194;&#171; &lt;i&gt;avancer maintenant&lt;/i&gt; &#194; &#187; et de ne pas d&#195;&#169;l&#195;&#169;guer aux gouvernements mais cr&#195;&#169;er plut&#195;&#180;t les conditions &lt;i&gt;&#194;&#171; pour l'&#195;&#169;mergence d'une nouvelle offensive des peuples &lt;/i&gt;&#194; &#187; qui modifie radicalement le rapport de forces dans la r&#195;&#169;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une d&#195;&#169;cennie de gouvernements d'un nouveau genre commence &#195; montrer des apports et des limites des changements promus d'en haut et &#195; nous montrer qui sont ceux qui sont v&#195;&#169;ritablement int&#195;&#169;ress&#195;&#169;s &#195; changer le monde. Une partie substantielle des gouvernements est plus occup&#195;&#169;e &#195; se consolider qu'&#195; imprimer un cours nouveau. L'unique pays capable de pousser toute la r&#195;&#169;gion, le Br&#195;&#169;sil, se pr&#195;&#169;occupe plus de s'&#195;&#169;riger en puissance mondiale qu'&#195; abandonner le mod&#195;&#168;le. Lula semble plus occup&#195;&#169; &#195; catapulter sa probable successeur, la ministre Dilma Rousseff, qu'&#195; combattre l'immense pouvoir du capital financier dans son pays. Il ne suffit pas de promouvoir un monde et une r&#195;&#169;gion multipolaire si on n'affaiblit pas en m&#195;&#170;me temps le n&#195;&#169;olib&#195;&#169;ralisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un autre c&#195;&#180;t&#195;&#169;, sortir du mod&#195;&#168;le est plus complexe que ce que l'on peut supposer. Apr&#195;&#168;s 10 ans d'Hugo Chavez au gouvernement, le Venezuela continue d'&#195;&#170;tre un pays qui rencontre d'&#195;&#169;normes difficult&#195;&#169;s pour sortir de la d&#195;&#169;pendance p&#195;&#169;troli&#195;&#168;re. Il s'agit de processus tr&#195;&#168;s lents, pour lesquels il faut les conditions non seulement politiques mais aussi sociales et culturelles. Cuba a eu besoin de presque un demi-si&#195;&#168;cle pour cesser d'&#195;&#170;tre un pays monoproducteur de canne &#195; sucre. A ces difficult&#195;&#169;s, il faut ajouter des orientations qui renforcent le mod&#195;&#168;le, comme celle de Rafael Correa qui mise sur l'exploitation mini&#195;&#168;re transnationale, un choix qui ne peut qu'aiguiser la d&#195;&#169;pendance de l'&#195;&#8240;quateur, comme cela s'est pass&#195;&#169; au cours du dernier demi-si&#195;&#168;cle. Ce n'est pas la voie pour construire le &#194;&#171; socialisme du XXIe si&#195;&#168;cle &#194; &#187;, encore moins si elle implique d'aller contre les principaux mouvements sociaux. L'affrontement en cours entre le gouvernement de Correa et le mouvement indig&#195;&#168;ne, qui s'est sold&#195;&#169; par des dizaines de bless&#195;&#169;s et de d&#195;&#169;tenus lors des actions du 20 janvier contre la loi mini&#195;&#168;re, oblige &#195; porter le regard au-del&#195; de la conjoncture actuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gouvernements progressistes de la r&#195;&#169;gion peuvent &#195;&#170;tre les alli&#195;&#169;s des changements, mais les artisans du monde nouveau sont les peuples organis&#195;&#169;s en mouvements. Le cas de la Bolivie, o&#195;&#185; le gouvernement d'Evo semble marcher &#195; l'unisson avec les mouvements, est pour l'instant la seule exception. M&#195;&#170;me si plusieurs analystes et politiciens d&#195;&#169;fendent le r&#195;&#180;le central que doivent tenir les gouvernements, il n'est pas inutile de rappeler que la conjoncture actuelle a &#195;&#169;t&#195;&#169; cr&#195;&#169;&#195;&#169;e par la r&#195;&#169;sistance de ceux d&#8216;en-bas qui ont discr&#195;&#169;dit&#195;&#169; le mod&#195;&#168;le. Si ces gouvernements ne prennent pas une orientation claire, ils seront la cible, &#195; l'avenir, de l'in&#195;&#169;vitable offensive des mouvements.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.jornada.unam.mx/2009/02/13/index.php?section=opinion&amp;article=018a1pol" class="spip_out"&gt;article en espagnol&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Source : La Jornada, Mexique, 13 f&#195;&#169;vrier 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduction : Fr&#195;&#169;d&#195;&#169;ric L&#195;&#169;v&#195;&#170;que, RISAL.info.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>La crise &#195;&#169;conomique est aussi celle du mod&#195;&#168;le de d&#195;&#169;veloppement extractiviste</title>
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		<dc:date>2009-02-11T23:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Eduardo Gudynas</dc:creator>


		<dc:subject>Ressources naturelles</dc:subject>
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		<dc:subject>ALAI, Agencia Latinoamericana de Informaci&#195;&#179;n</dc:subject>
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		<dc:subject>Chlo&#195;&#169; Meier</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La crise &#195;&#169;conomique qui a d&#195;&#169;but&#195;&#169; aux Etats-Unis atteint maintenant l'Am&#195;&#169;rique latine et s'exprime tant sur le plan financier que sur celui de la production. Ces derniers mois, les nouvelles sont identiques dans presque toutes les capitales. La baisse des exportations, due &#195; la r&#195;&#169;duction des achats par les pays industrialis&#195;&#169;s, se conjugue &#195; une baisse du prix des principaux produits export&#195;&#169;s par l'Am&#195;&#169;rique latine. Le cr&#195;&#169;dit disponible s'amenuise, de m&#195;&#170;me que (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot70" rel="tag"&gt;Argentine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot71" rel="tag"&gt;Br&#195;&#169;sil&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot72" rel="tag"&gt;Bolivie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot73" rel="tag"&gt;Venezuela&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot136" rel="tag"&gt;P&#195;&#169;rou&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot151" rel="tag"&gt;Paraguay&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot189" rel="tag"&gt;Changement climatique, mod&#195;&#168;le de d&#195;&#169;veloppement &amp; protection de l'environnement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot308" rel="tag"&gt;ALAI, Agencia Latinoamericana de Informaci&#195;&#179;n&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot1080" rel="tag"&gt;Equateur&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot1081" rel="tag"&gt;Am&#195;&#169;rique du Sud&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot1164" rel="tag"&gt;Chlo&#195;&#169; Meier&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://risal.collectifs.net/local/cache-vignettes/L150xH103/arton2471-8801d.jpg?1508594908' width='150' height='103' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La crise &#195;&#169;conomique qui a d&#195;&#169;but&#195;&#169; aux Etats-Unis atteint maintenant l'Am&#195;&#169;rique latine et s'exprime tant sur le plan financier que sur celui de la production. Ces derniers mois, les nouvelles sont identiques dans presque toutes les capitales. La baisse des exportations, due &#195; la r&#195;&#169;duction des achats par les pays industrialis&#195;&#169;s, se conjugue &#195; une baisse du prix des principaux produits export&#195;&#169;s par l'Am&#195;&#169;rique latine. Le cr&#195;&#169;dit disponible s'amenuise, de m&#195;&#170;me que les marges de man&#339;uvre dont disposent les gouvernements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En y regardant de plus pr&#195;&#168;s, on constate que cette d&#195;&#169;b&#195;&#162;cle plan&#195;&#169;taire est aussi une crise du mod&#195;&#168;le de d&#195;&#169;veloppement extractiviste. L'acc&#195;&#168;s aux cr&#195;&#169;dits internationaux et les possibilit&#195;&#169;s d'exporter ne sont pas seuls en cause ; les m&#195;&#169;canismes essentiels qui soutiennent le d&#195;&#169;veloppement bas&#195;&#169; sur l'extraction des ressources naturelles et leur vente sur les march&#195;&#169;s mondiaux chancellent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreux gouvernements, de Nestor Kirchner en Argentine &#195; Alan Garc&#195;&#173;a au P&#195;&#169;rou, ont b&#195;&#169;n&#195;&#169;fici&#195;&#169; dans le pass&#195;&#169; d'un excellent contexte &#195;&#169;conomique, caract&#195;&#169;ris&#195;&#169; par une forte croissance bas&#195;&#169;e sur leurs exportations &#195;&#169;lev&#195;&#169;es. Mais, en r&#195;&#169;alit&#195;&#169;, cette conjoncture favorable r&#195;&#169;sultait, dans une large mesure, de facteurs externes (forte demande internationale et prix &#195;&#169;lev&#195;&#169;s), et ces gouvernements n'en ont pas profit&#195;&#169; pour cr&#195;&#169;er un type de d&#195;&#169;veloppement autonome. Ils ont pratiquement tous opt&#195;&#169; pour un renforcement de la strat&#195;&#169;gie &#195;&#169;conomique extractiviste, misant en masse sur l'agrobusiness, le p&#195;&#169;trole et le gaz naturel, ainsi que sur les m&#195;&#169;taux comme l'aluminium ou les alliages de fer. M&#195;&#170;me le Br&#195;&#169;sil, un pays qui se pr&#195;&#169;sente comme une &#195;&#169;conomie industrialis&#195;&#169;e, garde un profil exportateur ; les mati&#195;&#168;res premi&#195;&#168;res constituent pr&#195;&#168;s de la moiti&#195;&#169; de ses exportations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A titre d'exemple, prenons le soja, principal produit d'exportation de pays comme le Br&#195;&#169;sil, l'Argentine ou le Paraguay. Son prix avait grimp&#195;&#169; jusqu'&#195; 600 dollars la tonne. Il a ensuite perdu la moiti&#195;&#169; de sa valeur, et selon les projections pour les prochains mois, il devrait stagner aux alentours des 300 dollars. Les prix du ma&#195;&#175;s, du bl&#195;&#169; et d'autres produits agroalimentaires ont &#195;&#169;galement chut&#195;&#169;, et le march&#195;&#169; des biocombustibles s'est contract&#195;&#169;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cons&#195;&#169;quences sociales et environnementales de ces chutes de prix sont tr&#195;&#168;s claires. Par exemple, et pour rester dans le domaine l'agriculture, celle intensive en capital (par exemple pour l'acquisition de pi&#195;&#168;ces d&#195;&#169;tach&#195;&#169;es de tracteurs ou de moissonneuses-batteuses ou l'usage intensif de produits agrochimiques) devrait entrer en crise. La solution &#195; ce probl&#195;&#168;me est de miser sur des formes de production dont les co&#195; &#187;ts sont moindres (la valeur de la terre en particulier), et se limiter aux infrastructures existantes. En Amazonie centrale (par exemple dans le Rondonia, l'Acre ou dans d'autres Etats de l'arc de d&#195;&#169;forestation amazonien du Br&#195;&#169;sil), mais aussi dans les r&#195;&#169;gions voisines du P&#195;&#169;rou (route interoc&#195;&#169;anique sud), dans l'est de la Bolivie, l'est du Paraguay et le nord de l'Argentine, la fronti&#195;&#168;re agricole pourrait avancer sur des zones sylvestres. La crise aura de graves cons&#195;&#169;quences pour l'environnement. Parall&#195;&#168;lement, elle frappera de plein fouet l'agriculture familiale et paysanne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le commerce agricole international va se trouver confront&#195;&#169; &#195; d'&#195;&#169;normes difficult&#195;&#169;s. Le syst&#195;&#168;me d'aide est en passe de changer. Dans l'Union europ&#195;&#169;enne, par exemple, la crise &#195;&#169;conomique rend de plus en plus difficile la politique des subsides &#195; l'agriculture ; on envisage d'y imposer des barri&#195;&#168;res tarifaires classiques pendant qu'aux Etats-Unis, les agriculteurs ont de plus en plus de peine &#195; obtenir des cr&#195;&#169;dits. Enfin, en Chine (l'un des principaux destinataires des exportations latino-am&#195;&#169;ricaines), le Comit&#195;&#169; central du Parti communiste a d&#195;&#169;cid&#195;&#169; d'autoriser l'achat et la location de terres par des particuliers, des coop&#195;&#169;ratives et m&#195;&#170;me des entreprises, une d&#195;&#169;cision qui transformera compl&#195;&#168;tement la campagne chinoise. Si, en 2009, ce nouveau capitalisme rural am&#195;&#169;liore la productivit&#195;&#169;, il faudra compter sur une chute des importations en provenance d'Am&#195;&#169;rique latine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#195;&#170;me temps, la situation va se compliquer pour le Venezuela, la Bolivie, l'Equateur, ainsi que, mais dans une moindre mesure toutefois, pour le P&#195;&#169;rou et le Br&#195;&#169;sil. En effet, ces pays verront leurs revenus diminuer en raison de l'effondrement du prix des hydrocarbures et de la r&#195;&#169;duction de leurs exportations. De plus, tout au long de l'ann&#195;&#169;e, l'exploration, la prospection et l'exploitation de nouveaux gisements (particuli&#195;&#168;rement au P&#195;&#169;rou et en Equateur) conna&#195;&#174;tront un ralentissement. La Bolivie, qui freine sa production d'hydrocarbures&#8211; elle est m&#195;&#170;me descendue en de&#195;&#167;a de ses propres objectifs &#8211; est maintenant confront&#195;&#169;e &#195; une baisse de la demande de la part du Br&#195;&#169;sil. Parall&#195;&#168;lement, les &#195;&#169;normes investissements n&#195;&#169;cessaires &#195; l'exploitation des gisements oc&#195;&#169;aniques du Br&#195;&#169;sil vont aussi rester en suspens. Cons&#195;&#169;quence de cette nouvelle situation : faute de cr&#195;&#169;dit, l'entreprise norv&#195;&#169;gienne charg&#195;&#169;e de la construction des plateformes p&#195;&#169;troli&#195;&#168;res marines (Sevan Marine) a pratiquement cess&#195;&#169; le montage, suspendant ainsi toutes les commandes de Petrobras.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, les prix des minerais ont eux aussi chut&#195;&#169;. Le coup est particuli&#195;&#168;rement dur pour les pays andins, mais le Br&#195;&#169;sil et l'Argentine ne sont pas &#195;&#169;pargn&#195;&#169;s. Le cuivre, par exemple, a retrouv&#195;&#169; son prix de fin 2005. D&#195;&#169;j&#195; visibles, les effets de cette tendance ne feront que s'accentuer en 2009 : suspension de nouveaux projets d'investissement, affaiblissement de la petite industrie mini&#195;&#168;re andine (comme c'est d&#195;&#169;j&#195; le cas au P&#195;&#169;rou), aggravation des probl&#195;&#168;mes de la pauvret&#195;&#169; et d&#195;&#169;gradation des performances environnementales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'il s'agisse des hydrocarbures ou des minerais on a parfois tent&#195;&#169;, par le pass&#195;&#169;, de compenser la chute des prix internationaux en augmentant de fa&#195;&#167;on massive les volumes extraits, mais les cons&#195;&#169;quences sociales et &#195;&#169;cologiques de ce choix se sont r&#195;&#169;v&#195;&#169;l&#195;&#169;es extr&#195;&#170;mement n&#195;&#169;gatives. A mesure que les probl&#195;&#168;mes &#195;&#169;conomiques s'aggravent en Am&#195;&#169;rique latine, la concurrence pour exporter et pour attirer les capitaux internationaux s'intensifie. Par cons&#195;&#169;quent, les gouvernements se montrent de plus en plus r&#195;&#169;ticents &#195; renforcer les exigences et le contr&#195;&#180;le dans le domaine de l'environnement, consid&#195;&#169;r&#195;&#169;s comme des entraves aux investissements, &#195; l'instar du Br&#195;&#169;sil, qui cherche d&#195;&#169;j&#195; &#195; assouplir les r&#195;&#168;gles de protection de l'Amazonie, ou de l'Argentine, dont la pr&#195;&#169;sidente, Cristina Fern&#195;&#161;ndez de Kirchner, vient d'apposer son veto &#195; une loi qui emp&#195;&#170;cherait toute activit&#195;&#169; mini&#195;&#168;re dans les glaciers des Andes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ni les gouvernements, ni de nombreux intellectuels, ne semblent prendre conscience du fait que nous sommes face &#195; une crise du mod&#195;&#168;le extractiviste. Cette id&#195;&#169;e du d&#195;&#169;veloppement comme croissance &#195;&#169;conomique garantie par les exportations de biens primaires se heurte d&#195;&#169;sormais non plus uniquement &#195; des limites internes &#8211; lesquelles s'expriment sous la forme de conflits sociaux locaux et de d&#195;&#169;g&#195;&#162;ts &#195;&#169;cologiques &#8211; mais &#195;&#169;galement &#195; des limites externes. Qu'&#195; cela ne tienne, on s'acharne &#195; aller sur cette voie. Nombre de gouvernements comptent sortir de la crise en appliquant &#195; ces secteurs des strat&#195;&#169;gies de soutien et de subsides. Pour preuve, les paquets successifs de cr&#195;&#169;dits accord&#195;&#169;s par le Br&#195;&#169;sil dans le but d'appuyer les exportations agro industrielles, ou la r&#195;&#169;cente approbation, en Equateur, de la loi mini&#195;&#168;re, qui encourage la production transnationalis&#195;&#169;e et renoue avec la conception de l'extractivisme d'exportation comme moteur du d&#195;&#169;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette question devient une urgence pour 2009 : la strat&#195;&#169;gie extractiviste, consistant &#195; exploiter la Nature afin d'exporter des mati&#195;&#168;res premi&#195;&#168;res vers les march&#195;&#169;s mondiaux, n'est pas durable sur les plans &#195;&#169;conomiques, sociaux et environnementaux. . Par cons&#195;&#169;quent, les gouvernements, mais &#195;&#169;galement les mouvements sociaux, doivent comprendre qu'il est n&#195;&#169;cessaire de concevoir des modes de d&#195;&#169;veloppement structur&#195;&#169;s diff&#195;&#169;remment. Plut&#195;&#180;t que d'exporter des mati&#195;&#168;res premi&#195;&#168;res, il faut les utiliser dans des cha&#195;&#174;nes de production propres et partag&#195;&#169;es, o&#195;&#185; l'on puisse cr&#195;&#169;er de v&#195;&#169;ritables emplois et r&#195;&#169;duire l'impact social et environnemental.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://alainet.org/active/28446" class="spip_out"&gt;article en espagnol&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Source : ALAI, Agencia Latinoamericana de Informaci&#195;&#179;n, janvier 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduction : Chlo&#195;&#169; Meier, pour RISAL.info.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un vote qui montre une fois de plus une Bolivie divis&#195;&#169;e en deux</title>
		<link>https://risal.collectifs.net/spip.php?article2475</link>
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		<dc:date>2009-01-27T23:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pablo Stefanoni</dc:creator>


		<dc:subject>Bolivie</dc:subject>
		<dc:subject>A l'Encontre</dc:subject>
		<dc:subject>Clar&#195;&#173;n</dc:subject>
		<dc:subject>Assembl&#195;&#169;e constituante en Bolivie</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#195;&#169;rique du Sud</dc:subject>
		<dc:subject>A l'encontre</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;R&#195;&#169;f&#195;&#169;rendum sur la nouvelle Constitution : le &#194;&#171; Oui &#194; &#187; a triomph&#195;&#169; dans l'Ouest du pays alors que le &#194;&#171; Non &#194; &#187; a recueilli la majorit&#195;&#169; dans l'Est. &lt;br class='autobr' /&gt;
Evo Morales a gagn&#195;&#169; une fois de plus son bras de fer avec l'opposition. Selon les sondages &#195; la sortie des urnes, environ 60% ont dit &#194;&#171; oui &#194; &#187; &#195; une nouvelle Constitution qui, il y a un an, paraissait condamn&#195;&#169;e &#195; l'&#195;&#169;chec. A l'image de ce qui s'est pass&#195;&#169; au cours de toute l'histoire bolivienne, (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?rubrique6" rel="directory"&gt;Pays &amp; r&#195;&#169;gions&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot72" rel="tag"&gt;Bolivie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot490" rel="tag"&gt;A l'Encontre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot505" rel="tag"&gt;Clar&#195;&#173;n&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot548" rel="tag"&gt;Assembl&#195;&#169;e constituante en Bolivie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot1081" rel="tag"&gt;Am&#195;&#169;rique du Sud&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot1187" rel="tag"&gt;A l'encontre&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://risal.collectifs.net/local/cache-vignettes/L150xH115/arton2475-4abc8.jpg?1508618551' width='150' height='115' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;R&#195;&#169;f&#195;&#169;rendum sur la nouvelle Constitution : le &#194;&#171; Oui &#194; &#187; a triomph&#195;&#169; dans l'Ouest du pays alors que le &#194;&#171; Non &#194; &#187; a recueilli la majorit&#195;&#169; dans l'Est.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Evo Morales a gagn&#195;&#169; une fois de plus son bras de fer avec l'opposition. Selon les sondages &#195; la sortie des urnes, environ 60% ont dit &#194;&#171; oui &#194; &#187; &#195; une nouvelle Constitution qui, il y a un an, paraissait condamn&#195;&#169;e &#195; l'&#195;&#169;chec. A l'image de ce qui s'est pass&#195;&#169; au cours de toute l'histoire bolivienne, la r&#195;&#169;gion andine a fait pencher la balance au niveau national, en vertu de son poids d&#195;&#169;mographique, de sa &#194;&#171; vision nationale &#194; &#187; et parce que le gouvernement y si&#195;&#168;ge. Le m&#195;&#169;lange d'identitification ethnico-culturelle et une culture politique plus proche de l'&#195;&#169;tatisme expliquent l'adh&#195;&#169;sion sans faille de l'Ouest bolivien &#195; Evo Morales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette r&#195;&#169;gion fut d&#195;&#169;j&#195; le centre du &#194;&#171; socialisme militaire &#194; &#187; des ann&#195;&#169;es 1930, de la r&#195;&#169;volution nationale de 1952, du nationalisme militaire des ann&#195;&#169;es 1970 et des guerres de l'eau et du gaz dans les ann&#195;&#169;es 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, cette nouvelle victoire des partisans du gouvernement a un go&#195; &#187;t amer. Apr&#195;&#168;s le triomphe &#195;&#169;crasant de Morales le 10 ao&#195; &#187;t 2008 [lors du r&#195;&#169;f&#195;&#169;rendum r&#195;&#169;vocatoire], qui avait r&#195;&#169;ussi &#195; ouvrir une br&#195;&#168;che dans la &#194;&#171; demi-lune &#194; &#187; autonomiste et &#195; laisser la droite au bord du chaos, les r&#195;&#169;sultats [du r&#195;&#169;f&#195;&#169;rendum du 25 janvier 2009] nous montrent une Bolivie &#195; nouveau divis&#195;&#169;e en deux. M&#195;&#170;me si les r&#195;&#169;sultats pr&#195;&#169;liminaires sous-estiment souvent le vote rural &#8211; largement favorable au gouvernement national &#8211;, la victoire du &#194;&#171; Non &#194; &#187; dans les d&#195;&#169;partements de Santa Cruz, Beni, Parija et Pando redessine une &#194;&#171; demi-lune &#194; &#187; dans l'opposition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est certain que les 40% qui se sont oppos&#195;&#169;s [lors du r&#195;&#169;f&#195;&#169;rendum] &#195; la nouvelle Constitution repr&#195;&#169;sente une portion minoritaire du pays. Toutefois, cette minorit&#195;&#169; nationale est majoritaire dans des r&#195;&#169;gions compactes du territoire bolivien. Malgr&#195;&#169; tout, les accusations de l'opposition, qui explique les r&#195;&#169;sultats en d&#195;&#169;non&#195;&#167;ant des fraudes qu'elle ne peut prouver, d&#195;&#169;montrent son impuissance au moment mener bataille sur la sc&#195;&#168;ne politique nationale et la difficult&#195;&#169; qu'elle a &#195; comprendre la dimension du &#194;&#171; ph&#195;&#169;nom&#195;&#168;ne Evo &#194; &#187; parmi les exclus. Au m&#195;&#170;me titre que ce qui s'est produit au Venezuela &#8211; bien que dans une moindre mesure &#8211;, il est clair qu'il y a une diff&#195;&#169;rence entre l'appui donn&#195;&#169; au pr&#195;&#169;sident et celui donn&#195;&#169; &#195; un texte constitutionnel r&#195;&#169;dig&#195;&#169; au milieu de conflits, discordes et difficult&#195;&#169;s pour aboutir &#195; des accords.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le d&#195;&#169;partement de Pando, on a v&#195;&#169;cu un r&#195;&#169;f&#195;&#169;rendum particulier. Le gouvernement d'Evo Morales y est intervenu, a arr&#195;&#170;t&#195;&#169; le pr&#195;&#169;fet de la province&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='[RISAL] C'est dans la province de Pando qu'a eu lieu le (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et a nomm&#195;&#169; &#195; sa place un chef militaire. Le &#194;&#171; Non &#194; &#187; qui s'est impos&#195;&#169; dimanche remet en question la strat&#195;&#169;gie bas&#195;&#169;e sur la force utilis&#195;&#169;e par le gouvernement dans cette r&#195;&#169;gion amazonienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, les divisions ne se font pas sentir qu'entre l'Est et l'Ouest du pays : les sondages &#195; la sortie des urnes et les d&#195;&#169;comptes rapides r&#195;&#169;v&#195;&#168;lent une division ville-campagne. Dans la majorit&#195;&#169; des neuf capitales de province, le &#194;&#171; Non &#194; &#187; s'est impos&#195;&#169;. L&#195; , le discours de l'opposition a fait son effet. Il a convaincu de nombreux votants &#194;&#171; m&#195;&#169;tis &#194; &#187; de rejeter la Constitution soumise &#195; r&#195;&#169;f&#195;&#169;rendum en insistant sur le fait qu'elle instaurerait un &#194;&#171; &lt;i&gt;racisme &#195; l'envers&lt;/i&gt; &#194; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, dans les zones rurales, la population laiss&#195;&#169;e historiquement &#195; l'&#195;&#169;cart, a consid&#195;&#169;r&#195;&#169; que, pour la premi&#195;&#168;re fois dans l'histoire, elle sera int&#195;&#169;gr&#195;&#169;e comme citoyenne &#195; part enti&#195;&#168;re, &#195; &#195;&#169;galit&#195;&#169; avec les &#194;&#171; cr&#195;&#169;oles-m&#195;&#169;tis &#194; &#187;. Et il ne s'agit pas seulement des habitants des zones rurales : dans des villes comme La Paz, El Alto et Oruro, la fronti&#195;&#168;re entre ville et campagne est poreuse et ces villes sont en grande partie &#194;&#171; &lt;i&gt;des centres urbains avec une mentalit&#195;&#169; rurale&lt;/i&gt; &#194; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#195;&#170;tre qu'il y a une donn&#195;&#169;e de bon augure. Plusieurs opposants ont reconnu clairement que &#194;&#171; &lt;i&gt; le &#8216;Oui' a gagn&#195;&#169; et il faut appliquer la loi &lt;/i&gt;&#194; &#187;. Toutefois, personne ne croit que cela soit possible sans de nouveaux compromis.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.clarin.com/diario/2009/01/26/elmundo/i-01846789.htm" class="spip_out"&gt;article en espagnol&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;[RISAL] C'est dans la province de Pando qu'a eu lieu le tristement c&#195;&#169;l&#195;&#168;bre &#194;&#171; Massacre d'El Porvenir &#194; &#187;. &#194;&#171; &lt;i&gt;Dans la nuit du 10 au 11 septembre 2008, plusieurs groupes de paysans convergeaient vers Cobija, capitale du d&#195;&#169;partement du Pando, au nord du pays, afin d'y tenir une assembl&#195;&#169;e g&#195;&#169;n&#195;&#169;rale. Le gouverneur d&#195;&#169;partemental, Leopoldo Fern&#195;&#161;ndez, donna l'ordre de freiner l'avanc&#195;&#169;e des syndicalistes vers la ville. Les premi&#195;&#168;res escarmouches, vers trois heures du matin, dans la localit&#195;&#169; d'El Porvenir, &#195; une heure de Cobija, prirent rapidement la forme d'une embuscade contre les paysans. Les employ&#195;&#169;s d&#195;&#169;partementaux, avec la complicit&#195;&#169; de mercenaires li&#195;&#169;s au narcotrafic local, ont tir&#195;&#169; &#195; vue sur une foule o&#195;&#185; se trouvaient femmes et enfants. La chasse &#195; l'homme dura deux jours, les tueurs allant jusqu'&#195; effectuer des battues dans les bois et tirer sur les paysans sans d&#195;&#169;fense traversant le fleuve &#195; la nage. &#195;&#8364; ce jour, on d&#195;&#169;nombre dix-huit victimes, dont quinze paysans et un enfant. Le nombre de disparus, une semaine apr&#195;&#168;s les faits, permet malheureusement de penser que d'autres victimes restent &#195; d&#195;&#169;couvrir. Leopoldo Fern&#195;&#161;ndez est aujourd'hui emprisonn&#195;&#169; &#195; La Paz pour complicit&#195;&#169; avec des groupes terroristes. Un fait in&#195;&#169;dit pour celui qui symbolise parfaitement la vieille et intouchable classe politique bolivienne, hier li&#195;&#169;e aux dictatures militaires et aujourd'hui convertie aux vertus du n&#195;&#169;olib&#195;&#169;ralisme. (&#8230;)&lt;/i&gt; &#194; &#187;. Extrait de Herv&#195;&#169; Do Alto, &#194;&#171; Bras de fer avec la r&#195;&#169;action &#194; &#187;, &lt;i&gt;Rouge&lt;/i&gt;, octobre 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Source : Clar&#195;&#173;n, 26 janvier 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduction : revue A l'encontre. Traduction r&#195;&#169;vis&#195;&#169;e et adapt&#195;&#169;e par l'&#195;&#169;quipe de RISAL.info.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le Sucre contre le FMI</title>
		<link>https://risal.collectifs.net/spip.php?article2472</link>
		<guid isPermaLink="true">https://risal.collectifs.net/spip.php?article2472</guid>
		<dc:date>2009-01-26T23:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bernard Cassen</dc:creator>


		<dc:subject>Finance, dette ext&#195;&#169;rieure &amp; institutions internationales</dc:subject>
		<dc:subject>Bolivie</dc:subject>
		<dc:subject>Cuba</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#195;&#169;rique centrale</dc:subject>
		<dc:subject>Honduras</dc:subject>
		<dc:subject>Nicaragua</dc:subject>
		<dc:subject>Int&#195;&#169;gration latino-am&#195;&#169;ricaine</dc:subject>
		<dc:subject>El Diplo / Le Monde diplomatique</dc:subject>
		<dc:subject>Equateur</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#195;&#169;rique du Sud</dc:subject>
		<dc:subject>Cara&#195;&#175;bes</dc:subject>
		<dc:subject>M&#195;&#169;moire des luttes</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les dirigeants politiques mondiaux sont visiblement d&#195;&#169;contenanc&#195;&#169;s par l'acc&#195;&#169;l&#195;&#169;ration de la crise syst&#195;&#169;mique actuelle du capitalisme. A peine ont-ils pris une d&#195;&#169;cision qu'elle est d&#195;&#169;j&#195; d&#195;&#169;pass&#195;&#169;e par les &#195;&#169;v&#195;&#169;nements. Tout le monde a maintenant conscience que les plans de sauvetage financiers, &#195;&#169;conomiques et industriels mis en oeuvre dans les m&#195;&#169;tropoles du lib&#195;&#169;ralisme r&#195;&#169;unies dans l'ancien G7 (devenu G8 avec l'incorporation de la Russie) ne sont que les (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot78" rel="tag"&gt;Cuba&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot131" rel="tag"&gt;Am&#195;&#169;rique centrale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot154" rel="tag"&gt;Honduras&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot155" rel="tag"&gt;Nicaragua&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot254" rel="tag"&gt;Int&#195;&#169;gration latino-am&#195;&#169;ricaine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot307" rel="tag"&gt;El Diplo / Le Monde diplomatique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot1080" rel="tag"&gt;Equateur&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot1081" rel="tag"&gt;Am&#195;&#169;rique du Sud&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot1123" rel="tag"&gt;Cara&#195;&#175;bes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://risal.collectifs.net/spip.php?mot1190" rel="tag"&gt;M&#195;&#169;moire des luttes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logo spip_logo_right spip_logos' alt=&#034;&#034; style='float:right' src='https://risal.collectifs.net/local/cache-vignettes/L150xH104/arton2472-fcccb.jpg?1508606563' width='150' height='104' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les dirigeants politiques mondiaux sont visiblement d&#195;&#169;contenanc&#195;&#169;s par l'acc&#195;&#169;l&#195;&#169;ration de la crise syst&#195;&#169;mique actuelle du capitalisme. A peine ont-ils pris une d&#195;&#169;cision qu'elle est d&#195;&#169;j&#195; d&#195;&#169;pass&#195;&#169;e par les &#195;&#169;v&#195;&#169;nements. Tout le monde a maintenant conscience que les plans de sauvetage financiers, &#195;&#169;conomiques et industriels mis en oeuvre dans les m&#195;&#169;tropoles du lib&#195;&#169;ralisme r&#195;&#169;unies dans l'ancien G7 (devenu G8 avec l'incorporation de la Russie) ne sont que les &#195;&#169;pisodes d'un feuilleton : apr&#195;&#168;s le plan 1, il y aura le 2, puis le 3, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pourtant pas ce sentiment d'urgence qui s'est d&#195;&#169;gag&#195;&#169; du Sommet du G 20 du 15 novembre dernier &#195; Washington, malgr&#195;&#169; l'&#195;&#169;norme battage m&#195;&#169;diatique dont il a fait l'objet. On y a simplement pris rendez-vous pour un autre sommet qui aura lieu avant avril 2009. Avant le 31 mars, les ministres des finances des 20 gouvernements concern&#195;&#169;s doivent lancer des &#8220;actions imm&#195;&#169;diates&#8221; dans cinq domaines identifi&#195;&#169;s dans le communiqu&#195;&#169; final comme des &#8220;principes communs&#8221; : renforcer la transparence et la responsabilit&#195;&#169; ; favoriser une r&#195;&#169;gulation saine ; promouvoir l'int&#195;&#169;grit&#195;&#169; des march&#195;&#169;s financiers ; renforcer la coop&#195;&#169;ration internationale entre instances de r&#195;&#169;gulation ; r&#195;&#169;former les institutions financi&#195;&#168;res internationales. D&#195;&#169;j&#195; , &#195; la mi-d&#195;&#169;cembre 2008, l'&#195;&#169;norme scandale du fonds am&#195;&#169;ricain Bernard Madoff qui a englouti 50 milliards de dollars de riches investisseurs sans que la Security and Exchange Commission (SEC), le &#8220;gendarme&#8221; de la Bourse am&#195;&#169;ricaine, s'aper&#195;&#167;oive de quoi que ce soit, montre bien l'ampleur de la t&#195;&#162;che &#195; accomplir. On peut douter qu'existe la volont&#195;&#169; politique de la mener &#195; bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela d'autant plus, comme nous l'explique l'&#195;&#169;conomiste fran&#195;&#167;ais Jacques Sapir, que les cinq principes cit&#195;&#169;s plus haut &#8220;&lt;i&gt;sont accompagn&#195;&#169;s de la proclamation d'un attachement &#195; la lib&#195;&#169;ralisation financi&#195;&#168;re et d'un rejet de toutes mesures protectionnistes. Or ces deux lib&#195;&#169;ralisations sont celles qui ont conduit aux pratiques que l'on cherche &#195; r&#195;&#169;glementer et qui sont &#195; la base de la crise actuelle. La contradiction entre les principes de r&#195;&#169;forme &#195;&#169;nonc&#195;&#169;s et l'engagement &#195; poursuivre les politiques de lib&#195;&#169;ralisation est d'un telle &#195;&#169;vidence que las march&#195;&#169;s financiers, loin de se r&#195;&#169;jouir, ont soit stagn&#195;&#169; soit accentu&#195;&#169; leur baisse le lundi 17 d&#195;&#169;cembre&lt;/i&gt;&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment o&#195;&#185; la montagne m&#195;&#169;diatique du G 20 accouchait d'une souris lib&#195;&#169;rale, la presse internationale restait muette sur une r&#195;&#169;union qui va pourtant d&#195;&#169;boucher sur un &#195;&#169;v&#195;&#169;nement historique : la mise en place, en Am&#195;&#169;rique latine, d'une structure mon&#195;&#169;taire r&#195;&#169;gionale en rupture totale avec la logique des institutions de Bretton Woods, et qui brisera le monopole du Fonds mon&#195;&#169;taire international (FMI).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On se souvient que, pour parer &#195; la grande crise financi&#195;&#168;re de 1997, partie de l'Asie orientale, le Japon avait propos&#195;&#169; de cr&#195;&#169;er un Fonds mon&#195;&#169;taire asiatique qui, en injectant des liquidit&#195;&#169;s dans les circuits financiers des pays affect&#195;&#169;s, aurait permis de limiter l'ampleur du &#8220;tsunami&#8221; et d'&#195;&#169;viter sa propagation &#195; la Russie, puis au Br&#195;&#169;sil. A l'&#195;&#169;poque, le gouvernement am&#195;&#169;ricain et le FMI tu&#195;&#168;rent cette initiative dans l'oeuf.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que Tokyo ne put &#195; l'&#195;&#169;poque r&#195;&#169;aliser, un petit groupe d'Etats des Cara&#195;&#175;bes, d'Am&#195;&#169;rique centrale et du Sud en train de le faire, et en allant m&#195;&#170;me beaucoup plus loin : r&#195;&#169;unis &#195; Caracas le 26 novembre, les dirigeants des six pays&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='footnote' title='La Bolivie, Cuba, la Dominique, le Honduras, le Nicaragua et le (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; membres de l'Alternative bolivarienne pour les peuples de notre Am&#195;&#169;rique (Alba), rejoints par l'Equateur, ont non seulement d&#195;&#169;cid&#195;&#169; de cr&#195;&#169;er un Fonds de stabilisation et de r&#195;&#169;serve qui les prot&#195;&#168;gera collectivement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-2' class='spip_note' rel='footnote' title='Dans l'imm&#195;&#169;diat et pour des raisons de proc&#195;&#169;dures de d&#195;&#169;cision, la (...)' id='nh2-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, mais aussi, pour toutes les transactions commerciales, tant intra-zone que hors-zone, de se doter d'une unit&#195;&#169; de compte commune assortie d'une chambre de compensation de paiements. Cette unit&#195;&#169; de compte et cette chambre porteront le nom de Syst&#195;&#168;me unitaire de compensation r&#195;&#169;gionale ou SUCRE&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-3' class='spip_note' rel='footnote' title='Du nom d'Antonio Jos&#195;&#169; de Sucre (1795-1830), lieutenant de Simon (...)' id='nh2-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On reconna&#195;&#174;tra dans ce dispositif aussi bien les m&#195;&#169;canismes de l'Union europ&#195;&#169;enne des paiements qui, de 1950 &#195; 1958, assura une stabilit&#195;&#169; compl&#195;&#168;te des changes entre ses 18 pays membres, que ceux du Syst&#195;&#168;me mon&#195;&#169;taire europ&#195;&#169;en (SME) et de son &#195;&#169;l&#195;&#169;ment central : l'ECU (European Currency Unit), anc&#195;&#170;tre de l'euro. Comme l'ECU, le SUCRE sera seulement, du moins dans l'imm&#195;&#169;diat, une unit&#195;&#169; de compte et de valeur. Pas une monnaie avec son institut d'&#195;&#169;mission et ses pi&#195;&#168;ces ou billets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette initiative, qui pose cependant certains probl&#195;&#168;mes techniques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-4' class='spip_note' rel='footnote' title='Sur les six premiers pays ayant d&#195;&#169;cid&#195;&#169; le lancement du SUCRE, l'un, (...)' id='nh2-4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et qui devrait se concr&#195;&#169;tiser au d&#195;&#169;but 2009, est une tr&#195;&#168;s gros pav&#195;&#169; dans le jardin du FMI. La d&#195;&#169;claration finale de la r&#195;&#169;union de Caracas critique en effet vertement &#8220;un syst&#195;&#168;me financier international qui a promu la libre circulation des capitaux et la domination de la logique de la sp&#195;&#169;culation financi&#195;&#168;re au d&#195;&#169;triment de la satisfaction des besoins des peuples&#8221;. Sans &#195;&#170;tre nomm&#195;&#169;ment d&#195;&#169;sign&#195;&#169;, le G 20 n'est pas &#195;&#169;pargn&#195;&#169; : les signataires d&#195;&#169;noncent &#8220;l'absence de propositions cr&#195;&#169;dibles et vigoureuses pour faire face aux effets d&#195;&#169;vastateurs de la crise financi&#195;&#168;re&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cr&#195;&#169;ation du SUCRE s'inscrit dans une logique g&#195;&#169;opolitique : mettre fin &#195; l'h&#195;&#169;g&#195;&#169;monie du FMI - dont le pr&#195;&#169;sident Chavez demande m&#195;&#170;me la dissolution &#8211; et donc des Etats-Unis et du billet vert, pour aller vers un monde multipolaire, y compris dans le domaine mon&#195;&#169;taire. La d&#195;&#169;claration fait &#195;&#169;tat de &#8220;&lt;i&gt;la ferme conviction que l'espace r&#195;&#169;gional est l'espace privil&#195;&#169;gi&#195;&#169; pour donner des r&#195;&#169;ponses imm&#195;&#169;diates et effectives&lt;/i&gt;&#8221; &#195; la crise en vue de cr&#195;&#169;er un &#8220;&lt;i&gt;espace lib&#195;&#169;r&#195;&#169; des inefficaces institutions financi&#195;&#168;res globales et du monopole du dollar comme monnaie de change et de r&#195;&#169;serve&lt;/i&gt;&#8221; et &#8220;&lt;i&gt;pour avancer vers la cr&#195;&#169;ation d'une monnaie commune, le SUCRE&lt;/i&gt;&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le SUCRE ne pose aucun probl&#195;&#168;me de financement : &#195; lui seul, le Venezuela dispose de r&#195;&#169;serves de change de 100 milliards de dollars. Par ailleurs, sa simple existence aura un effet dissuasif sur la sp&#195;&#169;culation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette volont&#195;&#169; de construction et de solidarit&#195;&#169; r&#195;&#169;gionales, notamment en mati&#195;&#168;re mon&#195;&#169;taire, s'est &#195;&#169;galement manifest&#195;&#169;e deux semaines plus tard lors du sommet du Syst&#195;&#168;me de l'int&#195;&#169;gration centramaricaine (SICA)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-5' class='spip_note' rel='footnote' title='Le SICA comprend 7 Etats membres (Belize, le Costa Rica, El Salvador, le (...)' id='nh2-5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; tenu le 5 d&#195;&#169;cembre 2008 &#195; San Pedro Sula au Honduras. Comme deux des Etats promoteurs du SUCRE, le Honduras et le Nicaragua, sont aussi membres du SICA, ils ont relay&#195;&#169; l'initiative prise &#195; Caracas et ils ont invit&#195;&#169; le pr&#195;&#169;sident &#195;&#169;quatorien, M. Rafael Correa, &#195; faire prochainement une tourn&#195;&#169;e en Am&#195;&#169;rique centrale pour l'expliquer. Le SICA a par ailleurs pris une initiative qui va dans le m&#195;&#170;me sens que le SUCRE et qui, &#195; terme, pourrait converger avec lui. Les pr&#195;&#169;sidents r&#195;&#169;unis au Honduras demandent en effet que soit &#195;&#169;tudi&#195;&#169;e &#8220;la mise en place d'une chambre de compensation centram&#195;&#169;ricaine et la cr&#195;&#169;ation d'une monnaie centram&#195;&#169;ricaine&#8221;. C'est-&#195; -dire d'un dispositif semblable au SUCRE, m&#195;&#170;me si la signification de &#8220;monnaie centram&#195;&#169;ricaine&#8221; figurant dans le communiqu&#195;&#169; final, n'est pas pr&#195;&#169;cis&#195;&#169;e. S'agit-il d'une unit&#195;&#169; de compte, comme l'ECU, d'une monnaie commune ou d'une monnaie unique, tel l'euro ? A moins que cette expression renvoie &#195; un processus &#195;&#169;volutif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le SUCRE est ouvert &#195; tous les pays de l'h&#195;&#169;misph&#195;&#168;re, mais il n'est pas question d'en remodeler l'architecture en fonction des souhaits de tel ou tel Etat qui voudrait s'y joindre. Cette architecture a d'ailleurs une coh&#195;&#169;rence &#195; laquelle on peut difficilement toucher sans le d&#195;&#169;truire. Et, &#195; cet &#195;&#169;gard, l'exp&#195;&#169;rience de la Banque du Sud n'est pas encourageante : sa cr&#195;&#169;ation a certes &#195;&#169;t&#195;&#169; d&#195;&#169;cid&#195;&#169;e, mais sa mise en place se fait attendre, notamment en raison des atermoiements du Br&#195;&#169;sil. Dans ce domaine comme dans d'autres, le gouvernement du pr&#195;&#169;sident Lula est en effet pris dans une contradiction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un c&#195;&#180;t&#195;&#169;, comme on l'a vu lors du r&#195;&#169;cent Sommet de Sauipe&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-6' class='spip_note' rel='footnote' title='R&#195;&#169;unis le 17 d&#195;&#169;cembre 2008 &#195; Sauipe, pr&#195;&#168;s de Salvador de Bahia, au (...)' id='nh2-6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, il souhaite une int&#195;&#169;gration r&#195;&#169;gionale latino-am&#195;&#169;ricaine dans laquelle, en raison de son poids, il jouerait logiquement le premier r&#195;&#180;le, notamment vis-&#195; -vis de Washington. Ce qui devrait le conduire &#195; se joindre au SUCRE et &#195; encourager les Etats du C&#195;&#180;ne Sud &#195; en faire autant. Un tel &#195;&#169;largissement modifierait les &#195;&#169;quilibres au sein du Syst&#195;&#168;me, ce que les membres actuels, en premier lieu le pr&#195;&#169;sident Chavez, sont parfaitement dispos&#195;&#169;s &#195; accepter, mais sur le principe &#194;&#171; un Etat une voix &#194; &#187;, quel que soit l'apport financier des uns et des autres au Fonds de stabilisation et de r&#195;&#169;serve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un autre c&#195;&#180;t&#195;&#169;, m&#195;&#170;me apr&#195;&#168;s la premi&#195;&#168;re &#195;&#169;lection de Lula en octobre 2002, le Br&#195;&#169;sil a continu&#195;&#169; &#195; jouer en permanence la carte de la &#194;&#171; respectabilit&#195;&#169; &#194; &#187; politique vis-&#195; -vis de Washington et du FMI, notamment dans le remboursement de sa dette ext&#195;&#169;rieure. Cette &#194;&#171; respectabilit&#195;&#169; &#194; &#187;, couronn&#195;&#169;e par son appartenance au G 20, serait s&#195;&#169;rieusement affect&#195;&#169;e par l'adh&#195;&#169;sion aux th&#195;&#168;ses anti-lib&#195;&#169;rales contenues dans le document fondateur du SUCRE&#8230; D'autant plus que aussi bien les membres du SUCRE que ceux du SICA ne reconnaissent pas la l&#195;&#169;gitimit&#195;&#169; du G 20 &#195; d&#195;&#169;cider des affaires mon&#195;&#169;taires du monde et appellent &#195; une concertation sur le sujet dans le cadre des Nations unies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de la visite du pr&#195;&#169;sident Dmitri Medvedev &#195; Caracas le 27 novembre 2008, au lendemain de la r&#195;&#169;union Alba &#195;&#169;largie &#195; l'Equateur, l'&#195;&#169;ventualit&#195;&#169; de l'entr&#195;&#169;e de la Russie dans l'Alba en qualit&#195;&#169; d'observatrice a &#195;&#169;t&#195;&#169; &#195;&#169;voqu&#195;&#169;e, comme l'avait &#195;&#169;t&#195;&#169; celle de l'Iran auparavant. La Russie songe &#195;&#169;galement &#195; cr&#195;&#169;er une zone rouble qui pourrait se doter de m&#195;&#169;canismes de coop&#195;&#169;ration avec la zone Alba &#195;&#169;largie. En Asie, le projet avort&#195;&#169; de 1997 pourrait reprendre forme. La multipolarit&#195;&#169; mon&#195;&#169;taire semble en route&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La Bolivie, Cuba, la Dominique, le Honduras, le Nicaragua et le Venezuela.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-2' class='spip_note' title='Notes 2-2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dans l'imm&#195;&#169;diat et pour des raisons de proc&#195;&#169;dures de d&#195;&#169;cision, la Dominique n'aura qu'un statut d'observateur.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-3' class='spip_note' title='Notes 2-3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Du nom d'Antonio Jos&#195;&#169; de Sucre (1795-1830), lieutenant de Simon Bolivar et vainqueur de la bataille d'Ayacucho (1824) qui assura l'ind&#195;&#169;pendance des colonies espagnoles d'Am&#195;&#169;rique du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-4' class='spip_note' title='Notes 2-4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur les six premiers pays ayant d&#195;&#169;cid&#195;&#169; le lancement du SUCRE, l'un, l'Equateur, a comme monnaie nationale le dollar, et un autre, Cuba, a une monnaie non convertible.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-5' class='spip_note' title='Notes 2-5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le SICA comprend 7 Etats membres (Belize, le Costa Rica, El Salvador, le Guatemala, le Honduras, le Nicaragua et le Panama), un Etat associ&#195;&#169; (la R&#195;&#169;publique Dominicaine) et trois observateurs (l'Espagne, le Mexique et Ta&#195;&#175;wan).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-6'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-6' class='spip_note' title='Notes 2-6' rev='footnote'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;R&#195;&#169;unis le 17 d&#195;&#169;cembre 2008 &#195; Sauipe, pr&#195;&#168;s de Salvador de Bahia, au Br&#195;&#169;sil, les pays d'Am&#195;&#169;rique latine et des Cara&#195;&#175;bes ont d&#195;&#169;cid&#195;&#169; de cr&#195;&#169;er une organisation permanente dans laquelle se fondront l'actuel Groupe de Rio et le Sommet de l'Am&#195;&#169;rique latine et des Cara&#195;&#175;bes pour l'int&#195;&#169;gration et le d&#195;&#169;veloppement (CALC) nouvellement cr&#195;&#169;&#195;&#169;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Source : article publi&#195;&#169; (dans sa premi&#195;&#168;re version) sur le site du Monde diplomatique et ensuite sur celui de l'association M&#195;&#169;moire des luttes, janvier 2009.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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