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Venezuela
Mafia au pays du Bolivar
par Yannick Lacoste
1er octobre 2007

Le 15 ao√ »t dernier, les repr√©sentants syndicaux de l’Union Nationale des Travailleurs (UNT), travailleurs du minist√®re du Travail et de la S√©curit√© sociale du Venezuela, avaient rendez-vous avec la directrice de cabinet du ministre, Lennina Galindo, afin de pr√©senter leur projet de convention collective nationale pour l’ensemble des travailleurs du secteur public. A leur arriv√©e, il leur est indiqu√© que la directrice de cabinet est en rendez vous avec le ministre Jos√© Ram√≥n Rivero. Les repr√©sentants syndicaux d√©cident donc d’attendre. A la fin de la journ√©e, on revient √ nouveau les voir pour leur indiquer que sur ordre du ministre, Lennina Galindo n’est pas autoris√© √ les recevoir. Les syndicalistes, furieux, d√©cide alors d’occuper le minist√®re, jusqu’√ √™tre re√ßus. Quarante cinq personnes, hommes et femmes, restent donc √ attendre. Dans un premier temps, chef de cabinet, vice-ministre sont envoy√©s pour convaincre les r√©calcitrants de sortir du minist√®re. Puis, comprenant qu’il ne pourrait √©viter une confrontation, le ministre ordonne la fermeture des portes, mais aussi de couper l’eau et l’√©lectricit√©. Six jours se sont ainsi √©coul√©s sans √©volution de la situation. On emp√™che les pompiers de rentrer, on interdit tout contact avec les employ√©s du minist√®re qui, par solidarit√©, tentent vainement de leur faire parvenir de la nourriture. Priv√©s d’eau, d’alimentation, de m√©dicaments, devant ce manquement grave aux droits √©l√©mentaires de la personne humaine, les courageux syndicalistes restent tout de m√™me en place. Le ministre fait alors appel √ l’arm√©e pour les √©vacuer. Celle-ci se rend sur les lieux, constate l’occupation, mais d√©cide de ne pas intervenir. Furieux, le ministre d√©cide alors d’utiliser purement et simplement des m√©thodes mafieuses, en faisant appel √ des voyous de quartiers. Promettant √ chacun 50 000 bolivars (environ 15 euros), il leur demande de faire sortir manu militari ces syndicalistes qu’il pr√©sente comme des opposants anti-chavistes. S’en suit une √©vacuation violente du minist√®re o√Ļ les syndicalistes sont chass√©s par des voyous arm√©s de revolvers.

Mais le plus cocasse de l’histoire n’est pas dans l’√©vacuation en tant que telle.

En fait, ces camarades syndicalistes sont tous membres du courant C-CURA [gauche] de la UNT, et se revendiquent pour beaucoup comme trotskistes. Et au moment o√Ļ l’√©vacuation se d√©roulait, ce m√™me ministre faisait un discours d’inauguration lors du premier hommage officiel rendu par la R√©publique bolivarienne √ … L√©on Trotski !

Les syndicalistes ont depuis fait appel √ Chavez pour qu’une commission d’enqu√™te soit nomm√©e afin de faire toute la lumi√®re sur cette triste histoire. L’affaire suit son cours.

De Caracas, Yannick Lacoste