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Coup d’Etat au Venezuela : m√©dias contre tambours
par Thierry Deronne
mai 2002

Au Venezuela, pays des Miss et du p√©trole, l√ o√Ļ on ne l’attendait plus, un peuple aux mains nues s’est mobilis√© en masse, sans chefs ni plan d’action, pour d√©jouer un coup d’Etat et dire non, comme en Argentine, √ la lente destruction du lien social par les int√©r√™ts transnationaux. L’√©lection √ la pr√©sidence de Hugo Chavez, issu des classes pauvres, n’avait donc √©t√© qu’un signe avant-coureur du mouvement de r√©bellion d’une population souvent d’origine africaine, assoiff√©e de dignit√©, √©cart√©e du pouvoir depuis des si√®cles par l’√©lite blanche.

En 40 ans d’un r√®gne corrompu et sans partage, cette √©lite, qui vit aux Etats-Unis, a achet√© ill√©galement √ la Commission Nationale des T√©l√©communications les 95% des fr√©quences radio et TV, s’offrant le quasi monopole de l’information. Elle a ainsi acquis un pouvoir d’intervention politique sans pr√©c√©dent, hors de tout contr√īle d√©mocratique. L’Etat ne dispose que d’un seul canal, trop pauvre pour concurrencer les autres cha√ģnes. D√®s les premiers jours du gouvernement Chavez, Globovisi√≥n, RCTV, Venevisi√≥n, Meridiano TV, CMT, Televen lancent une intense campagne quotidienne de d√©stabilisation. Alors qu’il n’a pas encore gouvern√©, Chavez est trait√© par le NY Times de "populiste r√©trograde". Le climax de cette longue campagne m√©diatique est l’√©ph√©m√®re coup d’Etat du 11 avril 2002.

Par un d√©cret contresign√© en direct par l’Eglise catholique, Pedro Carmona, le patron des patrons, s’empare pour quelques heures de tous les pouvoirs, dissout toutes les institutions d√©mocratiques, de l’assembl√©e nationale √ la Constitution, d√©cha√ģne la r√©pression contre les dirigeants populaires, les d√©put√©s, les ministres, les maires jug√©s favorables √ la "r√©volution bolivarienne", fait fermer le canal d’Etat, arr√™ter et torturer des responsables de m√©dias communautaires, derniers remparts d’une information ind√©pendante. Pour mieux contr√īler l’opinion, il √©tend ill√©galement la concession de Meridiano TV √ tout le territoire. Il annonce enfin l’accroissement de la livraison de p√©trole aux Etats-Unis tout en stoppant les livraisons √ Cuba : "plus une goutte pour Fidel !" [1]

Jamais dans l’histoire de l’Am√©rique Latine, l’engagement des m√©dias dans un coup d’Etat n’a √©t√© aussi intense et n’a mobilis√© autant de capitaux. Dons de l’√©lite elle-m√™me, mais aussi fonds canalis√©s par l’ambassade des Etats-Unis, o√Ļ le personnel de la CIA a √©t√© multipli√© dans les derniers mois avant le putsch. Les manifestations de l’opposition, multipli√©es par les cadreurs de CNN et de Globovisi√≥n, se montent √ coups de millions de dollars. On ram√®ne de gens de tous les coins du pays pour les concentrer √ Caracas, dans des shows destin√©s √ "faire masse". Les partisans de Chavez, bien que majoritaires (80 % des V√©n√©zu√©liens sont pauvres) ne peuvent compter que sur leurs propres moyens et sont priv√©s d’un tel battage m√©diatique.

Tout ceci nous renvoie √ la pr√©paration par la presse de droite du renversement de Salvador Allende au Chili en 1973 et √ la reconqu√™te du pouvoir par l’opposition au gouvernement sandiniste, au Nicaragua en 1990.

Premi√®re phase : la domination culturelle

Depuis des d√©cades, les m√©dias v√©n√©zu√©liens ont fait l’impasse sur la majorit√© sociale souvent noire de peau, stigmatisant les quartiers populaires comme lieux de l’ignorance, de la marginalit√©, du vice, de la violence, de la drogue, de la d√©linquance. Longtemps, ce lavage de cerveau a r√©ussi √ paralyser, diviser les secteurs populaires, jusqu’au jour o√Ļ la population sort de son auto-d√©nigrement, entre collectivement dans la lutte politique pour prendre part aux d√©cisions. L’√©lection d√©mocratique, en 1998, valid√©e par les observateurs internationaux, de Hugo Ch√°vez, r√©√©lu ensuite sur la base d’une Constitution nouvelle et d’un programme d’orientation populaire et nationaliste, pousse les m√©dias √ entrer en guerre.

Deuxi√®me phase : la campagne de d√©stabilisation

Cette fois, il ne s’agit plus seulement de d√©nigrer les secteurs populaires, mais de les retourner contre Chavez. Comment ? En un double mouvement : d’abord en ouvrant un ab√ģme entre peuple et gouvernement pr√©sent√© comme contraire aux int√©r√™ts populaires, sur le th√®me de l’ "appauvrissement de la population". Ensuite en projetant ce peuple sous la forme plus active d’une "masse protestataire". Un exemple parmi des milliers : la photo d’une femme appelant Chavez, retenue par un garde du palais pr√©sidentiel. Angle et composition de l’image grossissent le corps du garde, donnent l’impression qu’il repousse durement la femme. Celle-ci d√©noncera la manipulation, sans qu’El Nacional s’en pr√©occupe.

Paradoxalement, tout en disant appuyer "les revendications populaires", la m√™me presse d√©nonce un gouvernement affaibli, incapable, d√©pass√© par les √©v√©nements, incapable de maintenir l’ordre. C’est ici que se d√©nude l’objectif r√©el : pr√©parer le terrain pour un coup d’Etat r√©pressif. Diffuser des rumeurs sur des "groupes arm√©s r√©volutionnaires", cr√©er un chaos virtuel dont seul pourra nous sauver un "retour √ l’ordre". Comme le Mercurio chilien ou La Prensa nicaraguayenne, les m√©dias recourent dans ce sens √ des techniques de panique √©conomique, annon√ßant des p√©nuries imminentes, etc. [2] "La scandaleuse livraison de c√©r√©ales √ Cuba par le Chili alors que le peuple chilien meurt de faim" devient ici la scandaleuse livraison de p√©trole √ Cuba alors que "le peuple v√©n√©zu√©lien meurt de faim". Les m√©dias exploitent toute fissure, r√©elle ou invent√©e du mouvement chaviste, des Forces Arm√©es. Les interviews de g√©n√©raux ou d’ex-alli√©s gauchistes d√©√ßus par Chavez se multiplient, dans une spirale croissante, jusqu’au coup d’Etat.

En s’attaquant √ Chavez lui-m√™me, dont ils nient la l√©gitimit√©, les m√©dias franchissent le seuil de la propagande pure. Chavez n’ est plus qu’ "une greffe communiste, un clone de Castro, un narcogu√©rillero, un ami de Kafdhafi, agressif, instable, d√©ment". Les m√©dias r√©clament le respect de la libert√© d’opinion, des valeurs humanistes (le Mercurio d√©non√ßait le sectarisme marxiste de Salvador Allende) et proposent pour le remplacer des candidats comp√©tents, mod√©r√©s. Pour mieux se d√©fendre de l’accusation de propagande, ces m√©dias r√©affirment leur "supra-objectivit√©". Ils font appel √ des r√©f√©rences internationales (conf√©rences √©piscopales, syndicats internationaux de la presse libre) dans une vaste "alliance d√©mocratique contre le totalitarisme", qui inclut les Etats-Unis. Bien que la Federaci√≥n latinoamericana de periodistas (FELAP), souligne qu’aucun m√©dia n’a √©t√© ferm√©, qu’aucun journaliste n’a √©t√© arr√™t√© ou pers√©cut√©, Colin Powell, affirme le 5 f√©vrier 2002 devant la Commission de politique ext√©rieure du S√©nat que "Chavez a rompu avec la d√©mocratie". Le 6, le directeur de la CIA, George Tenet, √©voque "un climat de crise au Venezuela" et le 8 f√©vrier le FMI se dit dispos√© √ soutenir un "prochain gouvernement de transition".

Troisi√®me phase : la conspiration ouverte

En mars 2002, √ la recherche de ressources pour ses politiques sociales, le pr√©sident Chavez tente de reprendre le contr√īle de l’entreprise p√©troli√®re d’Etat PDVSA [3], dont les dirigeants sont accus√©s de corruption et de collusion avec les entreprises nord-am√©ricaines. Aussit√īt les m√©dias basculent dans la conspiration ouverte. Appliquant le sch√©ma de la gr√®ve des camionneurs contre Allende, ils incitent les employ√©s de PDVSA √ la gr√®ve contre Chavez. Comme au Chili, ils passent outre leur obligation l√©gale de diffuser les allocutions pr√©sidentielles, en rendant la voix de Chavez inaudible, en coupant l’image en deux - l’autre moiti√© montre la marche de l’opposition -, en y incrustant des textes qui d√©noncent les "atteintes √ la libert√© d’expression". Les cinq t√©l√©visions dirigent minute par minute les manifestants √ l’assaut du palais pr√©sidentiel, tout en accusant Chavez de vouloir r√©primer leur marche.

Quatri√®me phase : le coup d’Etat

Des images confuses d’√©changes de tirs inondent les √©crans. Les t√©l√©visions d√©noncent un massacre de l’opposition par Chavez. Le Secr√©taire de Presse de la Maison Banche, Ari Fleischer, confirme aussit√īt que Chavez a "donn√© l’ordre de tirer". Maurice Lemoine [4], journaliste au Monde Diplomatique : "j’√©tais sur place sur le fameux pont de l’avenida Urdaneta d’o√Ļ les "militants chavistes ont tir√© sur les manifestants d√©sarm√©s". On voit clairement sur mes photos qu’il s’agit du contraire : c’est la foule des sympathisants de Chavez qui se prot√®ge, se d√©place en rampant pour √©chapper aux tirs de francs tireurs". La marche de l’opposition, soi-disant vis√©e par les chavistes, n’est m√™me pas pr√©sente √ cet endroit. Mais cette sc√®ne tronqu√©e, diffus√©e en boucle sur toutes les t√©l√©s, reprise cent fois dans le monde entier, fournit le pr√©texte id√©al aux putschistes.

Ceux-ci prennent d’assaut le seul canal d’Etat, d√©truisent son mat√©riel. Rest√©s seuls en piste, les m√©dias putschistes triomphent en exhibant le (faux) texte de la d√©mission de Chavez [5]. Ils poussent le g√©n√©ral Rincon √ annoncer au pays la "d√©mission" de Chavez, d√©claration "reprise en boucle, toutes les vingt minutes, durant trente-six heures" (Lemoine), entrecoup√©e de matches de base-ball ou de documentaires animaliers. Car les m√©dias instaurent la censure totale sur la r√©sistance populaire, violant le droit le plus √©l√©mentaire de toute population √ √™tre inform√©e. Des fissures s’ouvrent cependant dans ce black-out : des images ext√©rieures (comme celles de Telemundo, depuis la Colombie) montrent des mouvements de protestation dans diff√©rents points du pays. Direct TV tente d’interrompre ces transmissions par satellite, mais il est trop tard. Le bouche √ oreille, les e-mails, les coups de fil (bien que Telcel coupe ses portables), les messages port√©s par des motards de quartier en quartier, brisent la peur. Des millions de citoyens d√©fient les fusils pour r√©clamer le retour du pr√©sident et le r√©tablissement de la constitution. "O√Ļ est Globovisi√≥n ?" s’exclame la foule aux tambours qui entoure les immeubles des t√©l√©visions pour exiger le droit de parole et finit par s’emparer des micros. Les propri√©taires des m√©dias d√©noncent aussit√īt une atteinte √ la libert√© de la presse orchestr√©e par Chavez. Mais des dizaines de journalistes ou producteurs d√©missionnent, d√©non√ßant la censure [6].

L’apr√®s-coup d’Etat

Une des le√ßons de cette bataille est l’importance des m√©dias communautaires, cibles imm√©diates de la r√©pression de Carmona. Nicolas Rivero, de Radio Perola est tortur√© longuement, devant les siens. Catia TVe, Radio Catia Libre sont perquisitionn√©s, leurs responsables pourchass√©s par la police. Malgr√© tout , le site alternatif pro-bolivarien [7] Antiescualidos.com r√©ussit √ informer minute par minute sur ce qui se passe au Venezuela. D’autres communicateurs populaires r√©ussissent √ remettre en marche la cha√ģne d’Etat b√Ęillonn√©e par les putschistes, et sont les seuls √ filmer les √©v√©nements dans la rue. Un espace autonome d’information n√© sous le r√©gime de Chavez, qui le d√©passe et qui augure bien de la s√©dimentation de la d√©mocratie au Venezuela.

Malgr√© leur implication directe dans le putsch, les m√©dias commerciaux ne seront pas inqui√©t√©s. La conspiration a repris de plus belle, d√©veloppant deux options (institutionnelle ou violente) d’interrompre le mandat de Chavez. R√©f√©rendums pour l’obliger √ d√©missionner, appels √ le faire passer en jugement, d√©nonciation du limogeage de g√©n√©raux putschistes comme "une grave atteinte √ l’int√©grit√© des forces arm√©es". Pour la Maison Blanche, Chavez "doit mettre fin aux attaques contre la libert√© de la presse, les syndicats, la hi√©rarchie catholique, et √ la pers√©cution des opposants". Autre obsession des m√©dias, qui trahit la peur de l’√©lite face √ l’organisation populaire : les "cercles bolivariens" [8]. Ces organisations de base pluralistes consacr√©es au travail communautaire deviennent des "cercles terroristes arm√©s, entra√ģn√©s par les Libyens, constitu√©s sur le mod√®le cubain", qu’il convient de "d√©sarmer d’urgence, pour √©viter un bain de sang". En 1983, les √©v√™ques nicaraguayens critiquaient ainsi le service militaire √©tabli par les Sandinistes pour d√©fendre le pays contre l’agression de la contra : "personne ne doit √™tre oblig√© √ prendre les armes pour d√©fendre une id√©ologie avec laquelle il n’est pas d’accord." Le th√®me de "Chavez assassin" est ressass√©, sur la base de la manipulation expliqu√©e par Lemoine. Le "plan B" est en marche. Chavez sait que s’il ferme un de ces journaux ou une de ces t√©l√©visions, les Etats-Unis auront beau jeu de relancer la machine : "le dictateur b√Ęillonne la presse !".

Vu par la RTBF

La nuit de la "d√©mission" de Chavez, la RTBF couvrait l’√©v√©nement : le "patron des patrons" du Venezuela "acceptait" la mission que le peuple lui donnait en endossant le r√īle de pr√©sident. Dans aucune des √©ditions de la nuit, le mot "coup d’Etat" ne fut prononc√©. Mais un analyste fut interview√© pour nous expliquer la situation : c’√©tait un d√©l√©gu√© commercial de Fortis Banque. Christian Galloy [9], correspondant de la RTBF, profite du Journal Parl√© pour faire passer une vision id√©ologique : la fin de "l’autoritarisme collectiviste", "la joie visible que procure aux V√©n√©zu√©liens la chute du Pr√©sident Chavez", "capable de museler les cha√ģnes de t√©l√©vision et de faire tirer sur la foule qui r√©clamait sa d√©mission re√ßue aujourd’hui avec soulagement" (sic).

Au JT du samedi 12 avril, N. Massart laisse d√©filer les images du putschiste Carmona comme celles d’une simple passation de pouvoir. Elle tait les condamnations les plus significatives : celles de la France et de la plupart des pays d’Am√©rique latine (le Groupe de Rio). Les seules condamnations qu’elle retient sont celles... de Cuba et de l’Irak. Interrog√©e sur son mutisme face √ la r√©pression en cours, elle explique : "je n’avais pas d’images". Le lendemain, face √ l’insurrection populaire qui ram√®ne Chavez √ la pr√©sidence, la journaliste propose de passer les parties d’une interview o√Ļ j’√©voque des aspects positifs du r√©gime de Chavez, parties coup√©es la veille. Aux t√©l√©spectateurs qui se plaignent, le r√©dacteur M. Konen √©crit : "le probl√®me n’√©tait pas celui de la l√©gitimit√© mais de la r√©alit√© qui a √©t√© fort mouvante", r√©ponse √©tonnante de la part d’un responsable d’une des missions fondamentales du service public.

Mis√®re d’un "journalisme de r√©gie" qui consiste √ coller en un temps record un son emprunt√© aux d√©p√™ches trouv√©es sur le web sur des news pr√©-achet√©es et "pr√©-dig√©r√©es" ?

Ce sont en tout cas des journalistes ind√©pendants, arm√©s d’ordinateurs, de lignes t√©l√©phoniques √ travers le monde entier qui ont fait le travail. Le recueil des t√©moignages, le temps et l’√©nergie de la contre-enqu√™te, l’articulation du local et du global, le recoupement des sources, l’anticipation inform√©e des "√©v√©nements", bref tout ce qui fait le journalisme professionnel, semble d√©sormais appartenir aux m√©dias hors audimat, hors march√©, tel Indymedia, qui a r√©v√©l√© la participation des marines belge et hollandaise au coup d’Etat contre la d√©mocratie, en mission d’arri√®re-garde aux Cara√Įbes.

Notes:

[1Si Cuba ach√®te du p√©trole v√©n√©zu√©lien √ des prix pr√©f√©rentiels, les m√©dias oublient de dire que c’est aussi le cas de Ha√Įti ou du Nicaragua, r√©gimes qui sont loin d’√©pouser les vues du pr√©sident v√©n√©zu√©lien...

[2D√®s que l’√©conomie nord-am√©ricaine est entr√©e en r√©cession fin 2001, le prix du p√©trole a commenc√© √ retomber, ce qui a contribu√© aux difficult√©s du gouvernement Chavez et a donn√© une arme politique √ l’opposition.

[3Comme dans n’importe quel pays du monde, l’Etat actionnaire nomme les directions des entreprises nationales et leur communique ses orientations - ce que d’ailleurs tous les gouvernements v√©n√©zu√©liens pr√©c√©dents ont fait. Compagnie anonyme ayant pour seul actionnaire l’Etat, Petr√≥leos de Venezuela SA (PDVSA) est devenue peu √ peu un "Etat dans l’Etat", sous la coupe d’un groupe de quarante cadres sup√©rieurs. Ces "g√©n√©raux du p√©trole" y appliquent "leur" politique, privil√©gient les int√©r√™ts √©trangers, n’h√©sitent pas √ violer les normes de l’OPEP en augmentant la production et en vendant √ perte, affaiblissent l’entreprise et pr√©parent sa privatisation.

[4Lemoine Maurice, "Chavez sauvé par le peuple", Le Monde Diplomatique, mai 2002.

[5La BBC ira jusqu’√ montrer le "texte de la d√©mission du pr√©sident" sur son site web. Or, celui-ci n’a rien sign√©.

[6En juin dernier, le syndicat du plus grand quotidien du Venezuela, El Nacional, a publi√© une d√©claration historique lan√ßant un avertissement aux propri√©taires des m√©dias : "nous ne nous laisserons plus utiliser". Les travailleurs du quotidien ajoutent que : "nous n’approuvons pas la diffusion d’informations d√©form√©es et intol√©rantes et nous n’acceptons ni les dirigeants ni les organisations qui pr√©tendent nous repr√©senter, nous guider et nous manipuler avec leurs arr√™ts de travail alors qu’ils ont refus√© √ maintes reprises aux travailleurs leur droit l√©gitime de faire gr√®ve pour des revendications de travail et n’ont pas r√©agi devant les licenciements des travailleurs ..."

[7Le bolivarianisme vise √ r√©unifier les nations et les peuples d’Am√©rique Latine, comme condition premi√®re du d√©veloppement national et de la justice sociale.

[8Les cercles bolivariens "√©taient 2.000 il y a six mois, on en compte plus de 123.000 aujourd’hui." (Le Monde, 26.06.02)

[9Apr√®s une petite enqu√™te, nous avons d√©couvert que Christian Galloy, avant de lancer en Equateur un site baptis√© Latinreporters.com, avait fond√© √ Auderghem (Bruxelles) une liste Droite d√©mocratique (DD) qui "n’√©tait en miniature, qu’un RPR auderghemois", selon ses propres termes. Cela aide √ comprendre sa position sur l’actuel r√©gime v√©n√©zu√©lien.