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http://www.risal.info/spip.php?article796

Analyse détaillée des politiques du gouvernement Chávez
Venezuela : la lutte contre la pauvret√©. Mission impossible ?
par Gregory Wilpert
3 janvier 2004

Depuis deux ans, le gouvernement et l’opposition se sont beaucoup disput√©s sur la question de la pauvret√©. Ch√°vez avait √©t√© √©lu [en f√©vrier 1999, puis r√©√©lu en juillet 2000] sur un programme qui accordait une attention particuli√®re aux besoins des pauvres du Venezuela. De plus, il ne fait aucun doute que les pauvres repr√©sentent la base √©lectorale de Ch√°vez. Les sondages d’opinion, dont la fiabilit√© peut l√©gitimement √™tre mise en doute vu les accointances des organismes de sondage avec l’opposition, montrent constamment que Ch√°vez trouve son principal soutien aupr√®s de cette partie de la population v√©n√©zu√©lienne.

Cependant, cherchant √ discr√©diter Ch√°vez et √ semer le doute parmi ses supporters, l’opposition, avec l’aide de centres de recherche sur la pauvret√©, comme l’Universit√© catholique Andr√©s Bello (UCAB), pr√©tend que la pauvret√© a s√©rieusement augment√© depuis l’investiture de Ch√°vez. L’un des spots publicitaires anti-Ch√°vez les plus utilis√©s par l’opposition [qui contr√īle l’essentiel des cha√ģnes t√©l√©vis√©es] et qui passent le plus sur les √©crans, chaque fois que les stations cherchent √ appeler les gens √ manifester contre le pr√©sident, montre une pauvre femme dans un quartier pourri du pays, qui dit : "Ch√°vez disait qu’il √©radiquerait la pauvret√©, en r√©alit√©, il √©radique les pauvres."

Que la pauvret√© ait augment√© ou d√©cru sous Ch√°vez, un th√®me socio-politique est conjoint aux parties : la pauvret√© est devenue l’enjeu politique principal au Venezuela depuis que Chavez est arriv√© au pouvoir. Les partis d’opposition reconnaissent que s’ils veulent r√©ellement battre Ch√°vez au cours d’une √©lection, ils devront offrir une alternative cr√©dible sur une question : le combat contre la pauvret√©. N’ayant pas encore propos√© un tel programme, ils savent qu’ils doivent combler leur retard.

Au-del√ des programmes du gouvernement ou de l’opposition, lorsque l’on examine les donn√©es sur la pauvret√©, une √©trange contradiction surgit. D’un c√īt√©, de nombreux centres de recherche indiquent un accroissement de la pauvret√© depuis l’arriv√©e de Ch√°vez au pouvoir, et de l’autre, certains indicateurs sugg√®rent que la pauvret√© est devenue moins s√©rieuse ces cinq derni√®res ann√©es.

Par la suite, j’examinerai certaines donn√©es concernant la pauvret√© et les politiques men√©es par l’administration Ch√°vez ; cela en les comparant avec celles conduites par les pr√©sidences ant√©rieures.

Données sur la pauvreté

Il y a clairement deux tendances incontournables √ prendre en compte sur ces vingt derni√®res ann√©es, au V√©n√©zu√©la, et qui ont eu un impact consid√©rable sur la croissance de la pauvret√©. La premi√®re est une croissance constante des in√©galit√©s. La seconde est une d√©croissance constante du revenu par habitant. Ces deux tendances une fois combin√©es, le taux de pauvret√© au V√©n√©zu√©la se trouve √™tre le plus important d’Am√©rique Latine.

L’√©chelle standard de l’in√©galit√©, appel√©e "Coefficient Gini", qui mesure les in√©galit√©s de revenus dans un pays, ne montre pas de changement significatif au cours de ces trente derni√®res ann√©es au V√©n√©zu√©la. Depuis 1971 jusqu’√ 1997, il a r√©guli√®rement fluctu√©, mais s’est g√©n√©ralement maintenu entre 45 et 50, ce qui fait qu’il se cale au m√™me niveau en 1997 qu’en 1971. [1]. Cependant, il faut rappeler que le Coefficient Gini ne prend en compte que des revenus salariaux et pas des revenus du capital.

Au cours de ces trente derni√®res ann√©es au Venezuela, une autre donn√©e indique que le taux du revenu issu du capital (revenu issu des investissements divers en capital, entre autres de type rentier) a substantiellement augment√©, largement plus que celui des salaires. Une √©tude effectu√©e par Francisco Rodriguez montre que, entre les ann√©es 1970 et les ann√©es 1990, la part des revenus du travail a baiss√© de 11% dans le PIB et cela au profit des revenus du capital [2].

Donc, si l’on prend le revenu du capital en compte, selon Rodriguez, les in√©galit√©s ont cr√ » dramatiquement dans le pays, de telle sorte que le Venezuela est devenu l’une des soci√©t√©s les plus in√©galitaires du monde, d√©passant m√™me l’Afrique du Sud et le Br√©sil [3]. Plusieurs facteurs l’expliquent. Le plus important r√©side dans l’accroissement de la concentration du capital et un effondrement, conjoint, des revenus salariaux.

On peut relier cet effondrement au d√©clin des revenus p√©troliers per capita au Venezuela. M√™me si les exportations p√©troli√®res par habitant ont doubl√© entre 1973 et 1983, les revenus par t√™te, eux, ont d√©cru. La raison principale se trouve dans la baisse du prix du p√©trole, qui est pass√© de 15,92 dollars le baril en 1982 √ 3,19 dollars en 1998 (√ prix dollars constants de 1973) [4]. La valeur des exportations du p√©trole, per capita, a donc baiss√© de 955 dollars en 1974 √ 384 dollars en 1998 [5].

Sachant que le p√©trole est la principale source de revenu du Venezuela, son d√©clin, combin√© avec la croissance des in√©galit√©s, a eu un impact significatif sur le taux de pauvret√©. En fonction des m√©thodes de statistiques et de mesures que l’on adopte, la pauvret√© s’accro√ģt de mani√®re dramatique, de 33% de la population en 1975 √ 70% en 1995 [6]. Et pendant que la pauvret√© fait plus que doubler, le nombre de m√©nages rattrap√©s par la pauvret√© est pass√© de 15% √ 45%. D’autres mesures de la pauvret√©, en particulier celles qui ne concernent pas directement le revenu, sont sensiblement plus basses. Toutefois, toutes d√©peignent un pays connaissant une augmentation de la pauvret√© importante au cours des vingt-cinq derni√®res ann√©es. Si on le compare avec les autres pays d’Am√©rique latine, le Venezuela d√©tient le record d’accroissement de la pauvret√© sur la m√™me p√©riode. Parmi les pays les plus grands, il d√©tient la proportion la plus importante de population vivant dans la pauvret√©.

Quelques tendances accompagnent l’accroissement de la pauvret√© : d√©clin des salaires r√©els dans l’industrie et du salaire minimum. Les deux ont chut√© de 40% par rapport √ leurs niveaux de 1980. Ils s’√©tablissent √ un niveau inf√©rieur √ ceux de 1950 [7]. Les d√©penses sociales totales du gouvernement ont pass√© de 8% du PIB en 1987 √ 4,3% en 1997 [sous la pr√©sidence de Rafael Caldera]. De m√™me, le pourcentage des travailleurs dans l’√©conomie informelle a cr√ » de 34,5% en 1980 √ 53% en 1999. En d√©finitive, le niveau de syndicalisation est tomb√© de 26,4% en 1988 √ 13,5% en 1995.

Etrangement, cependant, l’Indice de d√©veloppement humain (IDH) du Venezuela, mesur√© par le Programme de d√©veloppement des Nations unies (PNUD), ne r√©percute pas cette tendance de la pauvret√©. L’IDH mesure non seulement le revenu par habitant d’un pays, mais aussi prend en compte des facteurs tels que sant√©, l’’√©ducation, la mortalit√©, la scolarit√©, l’alphab√©tisation, et d’autres encore. Entre 1970 et 1990, l’IDH du Venezuela a cr√ » de 0,689 √ 0,821. Il a ensuite d√©clin√© r√©guli√®rement au cours de la seconde moiti√© des ann√©es 1990 et s’est remis √ cro√ģtre entre 1999 et 2001, pendant les premi√®res ann√©es de la pr√©sidence de Ch√°vez, se fixant √ 0,7694 en 2001 [8].

Il est possible de faire ressortir deux explications principales dans cette apparente contradiction. La premi√®re r√©side dans la possibilit√©, alors que les in√©galit√©s ne cessaient de cro√ģtre entre 1975 et 2000, que les segments les plus riches de la population contribuaient √ l’accroissement de l’IDH, tout simplement parce que leur participation √ cet indice s’accroissait de mani√®re disproportionnelle par rapport √ celle des pauvres, maintenant donc la moyenne de l’IDH √ un taux fort √©lev√©. Ensuite, il est possible que, m√™me si la proportion de la population plong√©e dans la pauvret√© s’accroissait, leur IDH, tout comme celui de la population en g√©n√©ral, s’am√©liorait en raison des mesures gouvernementales renfor√ßant le filet de s√©curit√© sociale du pays. Bien que manquant de donn√©es concr√®tes permettant de conforter ce raisonnement, je pointerai sur un fait : un examen des politiques concernant la pauvret√© indiquerait qu’une am√©lioration de l’IDH pendant la pr√©sidence de Ch√°vez est le produit des politiques publiques nouvellement mises en place et qui se concentrent sur les secteurs sociaux les plus pauvre du pays.

Les politiques anti-pauvreté avant Chávez

L’√©volution des politiques anti-pauvret√© au Venezuela, avant Ch√°vez, suivit le cours d’ensemble de la pauvret√© et de l’√©conomie. Elle accompagna le plein boom du milieu des ann√©es 1970 au milieu des ann√©es 1980. Elle d√©clina (tout comme les d√©penses au niveau social) de la fin des ann√©es 1980 √ la fin des ann√©es 1990. Avant le boom p√©trolier, le principal programme gouvernemental contre la pauvret√© se concentrait sur un programme de r√©forme agraire, ayant comme objectif la redistribution de terres √ 150’000 familles ; ce qui se produisit au d√©but des ann√©es 1960. Cependant, suite au boom p√©trolier [avec la hausse des prix √ l’exportation du p√©trole], le Venezuela eut la pr√©tention de devenir un pays industrialis√© moderne et n√©gligea le programme de r√©forme agraire, en favorisant des programmes de d√©veloppement qui d√©tacheraient le pays, lentement, de l’agriculture. Au d√©but, pendant les ann√©es du boom, les politiques contre la pauvret√© permirent la mise en place d’une √©ducation universelle et gratuite, de soins de sant√© gratuits, d’un salaire minimum d√©cent et de la mise en oeuvre massive de travaux publics d’infrastructure [qui enrichirent un petit secteur de la population aujourd’hui dans l’opposition]. Cet ensemble de politiques d√©pendait des revenus p√©troliers et eut un impact √©vident sur la r√©duction de la pauvret√© au Venezuela. D’autres programmes d’aide sociale existaient √©galement, mais tous souffraient du client√©lisme et du paternalisme.

Cependant, √ la charni√®re de ces vingt ann√©es, au milieu des ann√©es 1980, les mesures les plus importantes qui devaient b√©n√©ficier aux plus pauvres du pays finirent par profiter avant tout √ la classe moyenne. Pendant que le pays s’appauvrissait, alors que les salaires bas et ceux inf√©rieurs aux salaires m√©dians baissaient consid√©rablement, la classe moyenne ne disposa plus des ressources lui permettant de s’offrir l’√©ducation et les soins de sant√© priv√©s. En cons√©quence, elle fit progressivement main basse sur l’√©ducation et la sant√© publiques. D’autres programmes qui avaient √©galement pour cible les classes laborieuses, comme le programme d’assistance √ l’achat de maisons, les bourses d’√©tude internationale ou les exon√©rations d’imp√īt sur les v√©hicules, furent d√©tourn√©s au profit des seules classes moyennes.

Un facteur important dans ce glissement graduel des b√©n√©ficiaires des programmes gouvernementaux est le suivant : les services cess√®rent d’√™tre gratuits. L’√©ducation publique, par exemple, institua graduellement des frais d’inscription et exigea des frais de plus en plus grands pour l’obtention des fournitures scolaires. Dans le m√™me temps, les soins de sant√©, th√©oriquement gratuits ou √ bas prix, n’√©taient appliqu√©s que contre le paiement, par les patients, de toutes les fournitures n√©cessaires au traitement. Les glissements par √ -coups vers des mesures n√©olib√©rales lors de l’administration du [social-d√©mocrate] Carlos Andr√®s Perez (1989-1993) et √ la fin de la pr√©sidence de Rafael Caldera [√©lu en 1994 par la Convergence d√©mocratique, coalition de 17 partis] aggrav√®rent encore les probl√®mes de pauvret√© au Venezuela, sur fond de privatisations, de baisse de d√©penses sociales et d’accroissement des co√ »ts des services publics.

Il n’y a pas que la population cible qui a chang√© dans le cadre des politiques gouvernementales ; la pauvret√© a aussi chang√© graduellement. Non seulement elle englobe une proportion plus importante de la population, mais, en outre, elle a commenc√© √ affecter des gens dont nous dirions plut√īt qu’ils font partie de la classe moyenne si l’√©ducation √©tait une r√©f√©rence.

Les politiques anti-pauvreté sous la présidence de Chávez

-  Plan Bolivar 2000

Ch√°vez a √©t√© √©lu √ la fin de 1998, avec trois engagements de base : premi√®rement, briser le vieux syst√®me politique du Venezuela, connu sous le nom de ’Puntofijismo’, d’apr√®s le lieu Punto Fijo, o√Ļ les chr√©tiens-d√©mocrates de la Copei et les sociaux-d√©mocrates de l’Acci√≥n Democratica avaient sign√© un accord pour limiter le syst√®me politique v√©n√©zu√©lien √ une comp√©tition entre ces deux partis ; deuxi√®mement, Ch√°vez promit de mettre fin √ la corruption ; troisi√®mement, Ch√°vez promit de r√©duire la pauvret√© au Venezuela.

Cependant, Ch√°vez consacra sa premi√®re ann√©e de pr√©sidence √ rompre avec le syst√®me de Puntofijo, gr√Ęce √ une nouvelle Constitution [l’Assembl√©e constituante est √©lue en avril 1999]. A cause de la r√©cession qui frappa le Venezuela en 1999, peu de ressources √©taient disponibles pour lutter contre la pauvret√©. En cons√©quence, le gouvernement Ch√°vez se concentra sur une institution qui √©tait particuli√®rement dispendieuse sans rien rapporter r√©ellement sur le plan social : l’arm√©e. Il ordonna que tous les corps militaires se consacrent √ des programmes d’aide aux pauvres. Le nom g√©n√©ral pour le programme militaro-civil √©tait ’Plan Bolivar 2000’. Chaque corps de l’arm√©e v√©n√©zu√©lienne d√©veloppa un programme diff√©rent sous l’√©gide du programme d’ensemble.

L’arm√©e de l’air d√©veloppa un plan de transport pour les gens qui n’avaient pas les moyens de voyager, mais en avaient un urgent besoin, et ce gratuitement, et dans diff√©rentes parties du pays. La marine d√©veloppa le plan Pescar 2000 (P√™cher 2000), qui incluait la r√©paration des installations frigorifiques [conservation du poisson], l’organisation de coop√©ratives et la diffusion de cours de formation professionnelle. La Garde nationale s’impliqua dans des activit√©s polici√®res, en particulier dans les endroits o√Ļ la pr√©sence de l’Etat √©tait tr√®s r√©duite. Elle r√©alisa √©galement un autre programme : le Plan Avispa, destin√© √ construire des maisons pour les pauvres. Le Plan Reviba√©tait semblable √ ce dernier, sauf qu’√ la place de construire des nouvelles maisons √ partir de rien, on r√©novait d’anciens b√Ętiments. D’autres aspects du Plan Bolivar 2000 incluaient la distribution de nourriture dans des r√©gions perdues du pays.

Le Plan Bolivar 2000 fut √ l’origine de nombreuses controverses pendant les trois ans de son existence entre 1999 et 2001. Peut-√™tre que la critique la plus importante contre lui √©tait qu’il √©tait peu et mal supervis√© et peu transparent. En cons√©quence, il fut entach√© de nombreuses attaques pour corruption contre des officiers respnsables.

N√©anmoins, il faut admettre que, durant son existence, il permit la r√©paration de milliers d’√©coles, d’h√īpitaux, de cliniques, de maisons, d’√©glises et de parcs. Plus de deux millions de personnes re√ßurent des traitements m√©dicaux. Pr√®s de mille march√©s populaires √ bas prix furent ouverts ; plus de deux millions d’enfants furent vaccin√©s et des milliers de tonnes d’ordures furent collect√©es, pour ne se limiter qu’√ un nombre restreint de ses r√©sultats.

Bien s√ »r, une grande partie du programme √©tait de nature ad hoc, s’appliquant l√ o√Ļ les officiels gouvernementaux et les forces militaires avaient identifi√© un probl√®me social et ensuite essay√© de trouver comment le r√©soudre sur le court terme. Cette critique est certes opportune, mais on doit replacer le programme dans son contexte, en se souvenant du manque de ressources au cours de l’ann√©e 1999.

De m√™me, √ la fin de l’ann√©e 1999, eut lieu la catastrophe de l’Etat de Vargas, provoquant la mort de plus de 10’000 personnes prises dans des glissements de terrains ; plus de 100’000 personnes se retrouv√®rent sans domicile. Le dommage est estim√© √ pr√®s de 4 milliards de dollars. Malgr√© la gravit√© des probl√®mes, le manque de ressources et la priorit√© donn√©e par le gouvernement √ la nouvelle Constitution [adopt√©e le 15 d√©cembre 1999 par 71% des voix], le Plan Bolivar 2000eut un impact positif significatif sur les conditions des pauvres au Venezuela, et donc, indirectement, sur l’IDH.

Mission Ch√°vez : Long et moyen terme dans ses politiques anti-pauvret√©

Ce n’est qu’en 2001 et 2002 que le gouvernement Ch√°vez a pu concentrer ses moyens sur une politique macro√©conomique de r√©duction de la pauvret√©. Les √©l√©ments les plus importants de ce plan √©taient les suivants : r√©duction de l’inflation, diversification de l’√©conomie, accroissement des revenus non li√©s au p√©trole. Chacun de ces √©l√©ments constituait des objectifs des gouvernements pr√©c√©dents, sous une forme ou une autre. Cependant, quasi tous les gouvernements ant√©rieurs ne parvinrent pas √ les atteindre. Il faut encore attendre pour voir si le programme de Ch√°vez ’ pour autant qu’on lui laisse la possibilit√© de l’appliquer - peut conna√ģtre plus de succ√®s.

En ce qui concerne les programmes de combat √ court terme contre la pauvret√©, 2002 fut une ann√©e de crise. Cela est d√ » √ la tentative de putsch, aux gr√®ves g√©n√©rales des employeurs et √ la fermeture et au sabotage de la plus importante des industries du pays, celle du p√©trole. A cause de tout cela, le gouvernement disposait de peu de ressources √ consacrer aux programmes sp√©cifiquement li√©s √ la lutte contre la pauvret√©, √ part ceux qui √©taient d√©j√ mis en oeuvre. Les politiques en cours, et peut-√™tre celles dites ’√ moyen terme’ (si l’on exclut les orientations macro√©conomiques qui prennent effet sur le long terme), int√©graient des programmes de r√©formes urbaines et agraires, des programmes de micro-cr√©dits, des d√©penses accrues en mati√®re d’√©ducation primaire et des efforts pour promouvoir les coop√©ratives √ travers tout le pays.

Bien qu’il soit encore trop t√īt pour juger de l’efficacit√© √ long terme de ces programmes dans le combat contre la pauvret√©, il est g√©n√©ralement reconnu par les chercheurs sp√©cialis√©s dans ce domaine que la redistribution des terres, les possibilit√©s d’instruction et la promotion des micro-entreprises aident des gens √ s’extraire de la pauvret√©. Examinons rapidement diff√©rents aspects de la lutte.

-  La r√©forme agraire

La r√©forme agraire au Venezuela repr√©sente probablement l’un des axes cruciaux de la pr√©sidence de Ch√°vez. Lorsqu’elle fut introduite en novembre 2001, dans un ensemble de 49 lois adopt√©es en m√™me temps, elle √©tait l’une des plus combattues par l’opposition. La loi √©tablit de mani√®re fondamentale que tous les V√©n√©zu√©liens adultes ont le droit de revendiquer un espace de terre pour leur famille, pour autant qu’ils respectent un certain nombre de conditions.

Cet espace doit √™tre r√©quisitionn√© sur les propri√©t√©s de l’Etat, qui sont √©normes et repr√©sentent la plus grande part des terres arables du pays. La loi ouvre √©galement la possibilit√© pour l’Etat de redistribuer des terres jusqu’ici d√©tenues en propri√©t√© priv√©e, si elles font partie d’une propri√©t√© de plus de 100 hectares de terres de qualit√© arable importante ou de plus de 5000 hectares de qualit√© m√©diocre. La terre serait expropri√©e au prix du march√©, faisant de cette r√©forme un programme relativement mod√©r√© dans l’histoire des r√©formes agraires du monde.

Le programme de r√©forme agraire prit un d√©part relativement lent, surtout en raison de l’infrastructure n√©cessaire qu’elle exigeait pour √™tre mis en place. Mais si le gouvernement a distribu√© peu de terres en 2002, l’ann√©e suivante connut une nette acc√©l√©ration du processus. Plus de 1,5 million d’hectares furent distribu√©s √ environ 130’000 familles [9]. Cela repr√©sente une moyenne de 11,5 hectares par famille. Un nombre total de 650’000 personnes a b√©n√©fici√© du programme (si l’on estime la moyenne de l’unit√© familiale √ 5 personnes). Il faut noter que, jusqu’ici, aucune terre n’a √©t√© expropri√©e. Cependant, il y a eu beaucoup de conflits concernant des terres que le gouvernement consid√®re comme propri√©t√© d’Etat, mais que de grands propri√©taires terriens revendiquent comme √©tant les leurs, bien qu’ils ne disposent d’aucun document pour le prouver.

La r√©forme agraire est cens√©e √™tre un programme large, et cherche √ √©viter les probl√®mes que d’autres programmes semblables ont rencontr√©s √ d’autres occasions, tels que celui de s’assurer que les nouveaux paysans b√©n√©ficient bien d’un encadrement, de cr√©dits, de la technologie et des r√©seaux commerciaux permettant √ leurs familles de vivre sur leurs nouvelles propri√©t√©s. Et donc, en plus de l’INTI (l’Institut national des terres), une autre institution fournit des cr√©dits et des formations, ainsi qu’une organisation du march√© agricole, afin de permettre aux b√©n√©ficiaires de la r√©forme agraire de pouvoir vendre leurs produits.

Dans son ensemble, le programme de r√©forme agraire poursuit des objectifs √ la fois √ long et √ court terme. Tout d’abord, √ long terme, il est suppos√© contribuer √ la diversification de l’√©conomie v√©n√©zu√©lienne et assurer ce que l’on appelle au Venezuela la ’souverainet√© alimentaire’, c’est-√ -dire la capacit√© pour le pays de satisfaire ses propres besoins en mati√®re de nourriture de base. Ensuite, √ moyen terme, le programme a pour but de r√©duire la pauvret√© rurale (et y compris urbaine, dans une mesure restreinte, car il appartient aux populations urbaines de d√©cider de quitter leurs bidonvilles et de se diriger vers la campagne).

-  La r√©forme urbaine

Une autre mesure tr√®s importante contre la pauvret√© prise par le gouvernement Ch√°vez est la r√©forme urbaine. Elle consiste √ redistribuer des terres des barrios- les quartiers populaires - √ leurs habitants. Le concept est assez similaire √ celui que Hernando de Soto [un lib√©ral] a promu au P√©rou et dans d’autres pays [10]. Toutefois, ce programme int√®gre d’autres √©l√©ments int√©ressants qui pourraient en faire un exemple pour d’autres pays.

Le concept de la redistribution des terres urbaines a plusieurs objectifs simultan√©s. D’abord, il s’agit de donner la possibilit√© aux personnes qui acqui√®rent un titre de propri√©t√© sur leur maison, g√©n√©ralement construite de leurs mains, d’avoir un sentiment de s√©curit√© pour la premi√®re fois. Gr√Ęce √ ce titre, ils savent que cette maison est bien la leur et qu’on ne la leur retirera pas. Ensuite, ils peuvent utiliser cette maison pour effectuer un petit emprunt, soit pour la rendre plus confortable, soit pour en acheter une autre, soit encore pour investir dans une micro-entreprise. Un troisi√®me objectif consiste de cr√©er un v√©ritable march√©, de fait, qui, s’il est r√©gul√©, peut am√©liorer la qualit√© g√©n√©rale du voisinage. Le processus d’acquisition des titres de propri√©t√© urbaine, par ailleurs, est un processus collectif, ce qui am√®ne √ renforcer les relations au sein du quartier, et donc √ am√©liorer les infrastructures locales, comme les routes, les acc√®s aux services, la s√©curit√©, le confort, etc. Ce dernier point, concernant la nature collective du processus, est peut-√™tre l’aspect le plus novateur du programme. En fait, pour acqu√©rir un titre de propri√©t√©, il faut que 100 ou 200 familles se mettent ensemble et forment un comit√©. Ce dernier les repr√©sentera face au gouvernement afin de r√©gulariser la propri√©t√© des terres des familles. Cons√©quence, peut-√™tre inattendue, de ce processus : dans de nombreux cas, les comit√©s de terres ont commenc√© √ travailler sur d’autres sujets bien plus nombreux, une fois r√©alis√©es la n√©gociation et l’acquisition des titres de propri√©t√©. Ils ont √©galement form√© des sous-comit√©s qui n√©gocient avec les compagnies de services publics comme la compagnie des eaux, celle de l’√©lectricit√©, etc. Les comit√©s de terres urbaines fournissent des partenaires in√©dits pour les diff√©rentes agences gouvernementales et celles des services publics afin de n√©gocier avec eux directement. Auparavant, ces agences et ces services publics devaient n√©gocier avec des officiels locaux de type ex√©cutif, qui √©taient g√©n√©ralement trop √©loign√©s des probl√®mes des localit√©s sp√©cifiques pour conna√ģtre les diff√©rences.

Jusqu’√ ce jour, le processus de r√©forme urbaine est bas√© sur un d√©cret pr√©sidentiel, ce qui signifie que seules les terres d√©tenues par le gouvernement peuvent √™tre redistribu√©es aux habitants des barrios. Il y a une loi qui a √©t√© r√©dig√©e afin que tous les habitants des barrios puissent faire partie du processus. Mais cette loi a √©t√© mise au rencard au profit de lois plus urgentes. Cependant, ce seul d√©cret pr√©sidentiel permet √ environ un tiers des habitants des barrios d’acqu√©rir des titres de propri√©t√©, puisqu’on estime √ cette proportion les terres d√©tenues par le gouvernement dans les barrios, un autre tiers est d√©tenu en propri√©t√© priv√©e, et le dernier tiers est ind√©termin√© du point de vue de la propri√©t√©.

Le processus est tr√®s lent, malheureusement. En effet, il est assez compliqu√© au plan des √©tapes techniques et l√©gales. En novembre 2003, ce sont 45’000 familles, 225’000 personnes, √ travers le Venezuela, qui ont re√ßu des titres de propri√©t√© sur leurs maisons, et 65’000 autres familles (330’000 personnes) qui devraient prochainement b√©n√©ficier du d√©cret.

-  L’√©conomie sociale

Le projet d’√©conomie sociale du gouvernement Ch√°vez n’est pas ’juste’ une mesure contre la pauvret√©, mais constitue probablement l’√©l√©ment central du projet bolivarien de Ch√°vez. Il n’a pas seulement pour ambition d’all√©ger le probl√®me de la pauvret√©. Le site du gouvernement sur l’√©conomie sociale d√©finit l’√©conomie sociale sur base des sept √©l√©ments suivant [11] :

1. L’√©conomie sociale est une √©conomie alternative.

2. Y dominent les pratiques démocratiques et autogérées.

3. Y sont privilégiées les formes de travail basées sur le partenariat et non sur le salariat.

4. La propri√©t√© sur les moyens de production y est collective (√ l’exception des cas de micro-entreprises).

5. Elle est basée sur une distribution égale des surplus.

6. Elle est solidaire de l’environnement o√Ļ elle se d√©veloppe.

7. Elle tient √ son autonomie face aux centres monopolistiques du pouvoir √©conomique ou politique.

La d√©finition ci-dessus est probablement le fruit d’une id√©alisation. Elle a √©t√© √©crite par une √©quipe r√©unie sous les auspices de l’ancien ministre du Plan et du D√©veloppement, Felipe Perez, et du vice-ministre pour la Planification locale, Roland Denis. Ces derniers furent d√©mis de leurs fonctions au d√©but de l’ann√©e 2003. G√©n√©ralement, le projet d’√©conomie sociale du gouvernement Ch√°vez a √©t√© r√©duit √ la promotion des coop√©ratives et du micro-cr√©dit.

Le programme de micro-cr√©dit est, en bien des points, model√© sur celui de la Bank Grameendu Bangladesh. Il repose n√©anmoins sur plusieurs bases institutionnelles diff√©rentes. En premier, il y a plusieurs banques qui se consacrent au micro-cr√©dit, comme la Banco de la Mujer (Banque de la femme), la Bandes(Banque pour le d√©veloppement √©conomiqueetsocial), la Banfoandes(Banque pour la promotion de la r√©gion andine) et la Banco del Pueblo(Banque du peuple). Ensuite, il y a des institutions comme le Fonds pour le d√©veloppement du micro-cr√©dit et le Minist√®re du d√©veloppement de l’√©conomie sociale. Il y a √©galement une loi bancaire controvers√©e qui exige de toutes les banques traditionnelles qu’elles consacrent un certain pourcentage de leurs pr√™ts au micro-cr√©dit.

Entre 2001 et 2003, environ 50 millions de dollars de micro-cr√©dits ont √©t√© accord√©s par les banques cit√©es ci-dessus. La Banque de la femme et la Banque du peuple ont octroy√© 70’000 micro-cr√©dits √ elles seules. Pour l’ann√©e suivante, le gouvernement a l’intention d’√©tendre le programme de micro-cr√©dits jusqu’√ le tripler, selon le ministre de l’Economie sociale, Nelson Merentes [12]. Les banques priv√©es et publiques ont √©galement allou√© des micro-cr√©dits pour un total de 75 millions de dollars pour la seule dur√©e du mois de septembre 2003 [13].
Parmi les b√©n√©ficiaires principaux du programme de micro-cr√©dits, on retrouve les coop√©ratives, qui repr√©sentent le deuxi√®me pilier de la vision de l’√©conomie sociale du gouvernement. Alors que le Venezuela ne comptait qu’environ 800 coop√©ratives au moment de l’accession de Ch√°vez au pouvoir, elles sont aujourd’hui estim√©es au nombre de 40’000, soit cinquante fois plus nombreuses. La promotion active des coop√©ratives a non seulement relanc√© le secteur de la petite entreprise, qui est g√©n√©ralement connue pour √™tre le principal cr√©ateur d’emplois dans l’√©conomie, mais a √©galement promu une plus grande √©galit√© puisque les membres d’une coop√©rative partagent leurs revenus de mani√®re plus √©galitaire que dans une entreprise traditionnelle.

-  Les Ecoles bolivariennes et les programmes de garderies

Nous le rappelions dans l’introduction de cet article, le syst√®me d’√©ducation publique, au Venezuela, avait exclu de l’√©cole un nombre de plus en plus grand de pauvres, emp√™chant de plus en plus d’enfants en difficult√© de recevoir un enseignement gratuit. Ces barri√®res prenaient g√©n√©ralement la forme de frais d’inscription qui √©taient √©tablis par chaque √©cole individuellement, souvent pour compenser le manque de ressources budg√©taires qu’elles recevaient du gouvernement central. En 1996, les d√©penses publiques pour l’√©ducation n’√©quivalaient plus qu’√ 2,1% du PIB.

Lorsque Ch√°vez arriva au pouvoir, les d√©penses d√©volues √ l’√©ducation √©taient l’un des sujets qui occupaient le plus le gouvernement. En 2001, les d√©penses √©taient revenues √ 4,3% du PIB, soit deux fois le taux de 1996, et l’un des plus √©lev√©s depuis vingt ans. La plus grande partie des investissements dans l’√©ducation se concentrait dans la construction de nouvelles √©coles et la transformation des anciennes en ’Ecoles bolivariennes’.

Les Ecoles bolivariennes sont cens√©es soulager la pauvret√© de plusieurs mani√®res diff√©rentes. En premier lieu, elles programment une occupation des enfants sur toute la journ√©e, ce qui permet aux deux parents d’√™tre dispens√©s de s’occuper de leurs enfants pour travailler. De m√™me, ce programme √©tal√© sur toute la journ√©e permet l’inclusion d’activit√©s plus culturelles et sportives. En second lieu, les Ecoles bolivariennes fournissent les repas du matin et du midi, ainsi qu’un go√ »ter de fin d’apr√®s-midi, bref des repas r√©guliers aux enfants pauvres, ce qu’ils n’avaient pas, g√©n√©ralement, avant cela. En troisi√®me lieu, ces √©coles sont cens√©es mieux s’int√©grer √ la communaut√© que les √©coles publiques normales.

En 2003, pr√®s de 2800 Ecoles bolivariennes ont √©t√© ouvertes, parmi lesquelles la moiti√© √©taient de nouvelles constructions. Ces √©coles b√©n√©ficient √ environ 600’0000 enfants, soit 12% des enfants en √Ęge d’√™tre scolaris√©s [14]. Le gouvernement pr√©tend que, par l’√©limination des frais d’inscription et l’expansion du syst√®me scolaire public, ce sont plus d’un million et demi d’enfants qui ont √©t√© r√©int√©gr√©s au syst√®me scolaire au Venezuela, entre 1999 et 2002. Le pourcentage des enfants scolaris√©s est remont√© de 83% en 1999 √ 90% en 2002.

Compl√©mentaire √ ce programme des Ecoles bolivariennes, le ’Plan Simoncito’ est cens√© fournir une aide quotidienne et une √©ducation pr√©scolaire aux enfants de 0 √ 6 ans, de sorte que les parents puissent s’occuper de leurs propres activit√©s. De nombreux chefs de famille sont des parents uniques [femmes avec enfants] et ont de nombreuses difficult√©s pour allier famille et travail. D√®s lors, ce programme permet d’aider de nombreux parents pauvres, souvent c√©libataires, souvent des m√®res.

Les programmes de garderie subventionn√©s par l’Etat ne sont en rien une nouveaut√© au Venezuela. D√©j√ , √ la fin des ann√©es 1980, de tels programmes existaient. Toutefois, ils se sont accrus de mani√®re importante. En 1989, 19’000 enfants √©taient pris en charge par ce type de programmes ; ils √©taient 150’00 en 1998. L’arriv√©e au pouvoir de Ch√°vez a encore fait exploser ces chiffres pour atteindre 300’000. Le pourcentage d’enfants pris en charge est pass√© de 40 √ 45%.

-  L’Universit√© bolivarienne.

De m√™me que l’√©ducation avait exclu de plus en plus d’enfants pauvres du syst√®me scolaire, les √©tudes sup√©rieures √©taient devenues inaccessibles √ un grand nombre de personnes issues de milieux d√©favoris√©s. Ce tendance s’acc√©l√©ra particuli√®rement parce que la population du V√©n√©zu√©la croissait bien plus rapidement que le syst√®me universitaire. Techniquement, toute personne qui a atteint le stade de bachelier est cens√©e avoir acc√®s √ l’universit√©. En r√©alit√©, les universit√©s publiques ont d√ » restreindre l’entr√©e par le biais d’examens d’entr√©e. Ceux-ci, comme c’est souvent le cas, ont clairement √©tabli une discrimination envers les classes laborieuses et pauvres. Un facteur important dans ce processus de filtrage est que les √©tudiants des classes moyennes et sup√©rieures pouvaient se pr√©parer aux examens d’entr√©e par des cours sp√©ciaux qui les y pr√©paraient, cours qui n’√©taient pas accessibles aux personnes issues des classes dites inf√©rieures. Alors qu’en 1984, 70 pour cent des √©tudiants issus des classes pauvres et qui s’inscrivaient dans l’enseignement sup√©rieur √©taient admis, ce chiffre tombait √ 19 pour cent en 1998 [15]. Pour les √©tudiants des classes laborieuses, le taux d’admission tomba de 67 √ 27%.

En cons√©quence de cela, le nombre de V√©n√©zu√©liens remplissant les conditions, et qui auraient voulu suivre des √©tudes sup√©rieures mais n’ont pas pu le faire parce que leurs r√©sultats aux examens d’entr√©e √©taient insuffisants, est estim√© √ plus de 400’000.

L’Universit√© bolivarienne du Venezuela est cens√©e, d√®s lors, combler ce foss√© qui existe entre la demande et l’offre universitaire. Et m√™me bien plus que cela, elle doit privil√©gier ses admissions aux √©tudiants issus des classes pauvres. Jusqu’ici, 2400 √©tudiants se sont inscrits dans cette universit√© qui a commenc√© ses cours en octobre 2003, et 20’000 autres √©tudiants sont d√©j√ pr√©-inscrits. L’universit√© devrait s’√©tendre √ travers le pays et a pour ambition d’atteindre les 100’000 inscriptions
 [16].

Mesures √ court terme contre la pauvret√© - les Missions.

La crise s√©v√®re provoqu√©e par la tentative de coup d’Etat en avril 2002 et par les gr√®ves patronales du p√©trole en d√©cembre 2002 a r√©duit consid√©rablement les ressources disponibles destin√©es √ poursuivre le programme de mesures √ court terme contre la pauvret√© du Plan Bolivar.

Et donc, au cours de la majeure partie des ann√©es 2002 et 2003, ces programmes furent peu aliment√©s. Cependant, √ la fin de 2003, les finances de l’Etat se sont am√©lior√©es. Le gouvernement pouvait donc √ nouveau se concentrer sur ce compl√©ment de mesures √ court terme. Bien √©videmment, la proc√©dure de r√©f√©rendum pour √©carter le pr√©sident et la n√©cessit√© de renforcer sa popularit√© ont probablement jou√© un r√īle important dans l’urgence √ remettre ces politiques en mouvement.

-  Mission Robinson - Education primaire

En octobre 2003, le pr√©sident Ch√°vez annon√ßa sept " Missions " diff√©rentes de combat contre la pauvret√©. La premi√®re √©tait la Mission Robinson, appel√©e ainsi d’apr√®s Simon " Robinson " Rodriguez, qui √©tait le professeur de Simon Bolivar. La Mission Robinson est cens√©e combattre l’analphab√©tisme. Bien que l’analphab√©tisme soit relativement peu √©lev√© au V√©n√©zu√©la -de l’ordre de 7 pour cent (la moyenne latino-am√©ricaine et carib√©enne est de 11 pour cent), il est certainement l’un des facteurs les plus s√©rieux contribuant √ la pauvret√©.

Et donc, √ travers un accord de coop√©ration avec Cuba, le V√©n√©zu√©la invita des centaines d’experts en alphab√©tisation √ venir pour former des enseignants. Lors de la premi√®re phase du programme, lanc√©e le 1er juillet 2003, des √©tudiants apprennent √ lire et √ √©crire, en utilisant la m√©thodologie cubaine, bas√©e sur les nombres, partant du principe que la plupart des personnes qui sont analphab√®tes savent cependant compter. D’apr√®s des statistiques gouvernementales, plus d’un million de V√©n√©zu√©liens b√©n√©ficient actuellement de ce programme, avec l’aide de 100.000 professeurs d’alphab√©tisation qui travaillent √ travers tout le pays. La seconde phase, Mission Robinson II, d√©passe l’alphab√©tisation et a pour ambition d’apprendre aux participants tout ce dont ils ont besoin pour r√©ussir le 6e degr√© d’√©cole primaire. Le programme est tr√®s compress√©, de sorte qu’en deux ans, des √©tudiants accomplissent leur " grade Robinson II ", au lieu d’y passer 6. La Mission Robinson II a commenc√© le 28 octobre 2003 et entend incorporer 629.000 √©tudiants cette seule ann√©e, le plupart d’entre eux apr√®s avoir particip√© √ la premi√®re Mission Robinson.

L’opposition pr√©tend que ce programme n’est rien d’autre qu’une couverture favorisant un endoctrinement cubain. Cependant, m√™me un simple coup d’Ň“il au mat√©riel utilis√© (les " biblioth√®ques " d’une douzaine de livres, que tout chef de famille ou participant re√ßoit gratuitement) et l’une ou l’autre conversation que l’on peut avoir avec les gens qui ont suivi ce programme montrent qu’il est impossible d’√©tayer de telles accusations.

-  Mission Ribas - Education secondaire

Parall√®lement √ ces programmes d’alphab√©tisation et d’√©ducation primaire, le gouvernement a cr√©√© la Mission Ribas, d’apr√®s le nom de Jos√© Felix Ribas, destin√©e √ des individus qui ont d√ » abandonner le coll√®ge. Selon le gouvernement, il y a plus de 5 millions de V√©n√©zu√©liens dans ce cas. La Mission Ribas est cens√©e incorporer ceux-ci dans un programme d’√©ducation qui devrait leur permettre de passer l’exemen ad√©quat en deux ans maximum. Le ministre de l’Energie et des Mines, qui est l’un des coordinateurs principaux de ce programme, a annonc√© au d√©but du mois de novembre qu’un peu plus de 700’000 V√©n√©zu√©liens avaient manifest√© leur int√©r√™t pour le programme de Mission Ribas. Les 200’000 premiers ont commenc√© le 17 novembre et les autres √ une date ult√©rieure.

Comme les autres missions, ce programme est gratuit. Cependant, 100’000 participants recevront des bourses sur la base de leurs besoins propres. La plupart des cours seront sous la forme de ’t√©l√©-classes’, utilisant des vid√©os, avec l’aide d’un facilitateur. Une fois les √©tudiants arriv√©s au bout de leurs √©tudes, la compagnie p√©troli√®re propri√©t√© de l’Etat, la PDVSA, et la compagnie √©lectrique, la CADAFE, offriront des emplois √ ces √©tudiants dans les secteurs du p√©trole et de l’√©nergie. L’ensemble du programme a √©t√© coordonn√© √ sa base par la PDVSA et la CADAFE, qui assurent √©galement la plus grande partie du financement du programme.

-  Mission Sucre - Education sup√©rieure

Pour les pauvres, l’un des principaux obstacles √ l’acc√®s √ l’universit√© est le manque de moyens financiers. Ils doivent g√©n√©ralement travailler en plus de leurs √©tudes, sans compter qu’ils ont souvent une famille, rendant ainsi leurs √©tudes quasiment impossibles. Mission Sucre, nomm√©e ainsi d’apr√®s le h√©ros de l’Ind√©pendance, est essentiellement un programme de bourses pour l’√©ducation universitaire, √ travers lequel, dans un premier temps ’ il a d√©marr√© en novembre 2003 -, 100’000 pauvres recevront l’√©quivalent de 100 dollars par mois pour leur √©ducation universitaire.

En septembre 2003, ce sont d√©j√ 420’000 V√©n√©zu√©liens qui ont manifest√© leur int√©r√™t pour ces bourses. Guiseppe Gianetto, le recteur de la plus grande universit√© du Venezuela, l’Universidad Central de Venezuela, qui est √©galement un critique d√©clar√© du gouvernement Ch√°vez, a dit cependant que la Mission Sucre est d√©magogique en soi, parce que le gouvernement ne sera jamais capable de s’occuper de 400’000 √©tudiants qui veulent entrer dans le syst√®me universitaire, pour une simple question de manque de places. Les universit√©s publiques existantes ne peuvent s’occuper d’autant d’√©tudiants, selon Gianetto. Le gouvernement, cependant, pr√©tend que la plupart d’entre eux trouveront une place dans les universit√©s bolivariennes, qui sont en phase d’ouverture √ travers tout le pays. En 2004, on ne trouvera encore que 20’000 places dans le cadre de ce projet. Et m√™me si 80’000 √©tudiants suppl√©mentaires pouvaient rapidement trouver √ s’int√©grer dans les infrastructures nouvellement cr√©√©es, il reste toutefois 300’000 √©tudiants potentiels exclus du syst√®me universitaire.

-  Mission "Barrio Adentro" - Soins de sant√© √ la communaut√©

Afin de faire face aux gros probl√®mes de sant√© dans les barrios, les communaut√©s pauvres, le gouvernement Ch√°vez lan√ßa un programme de sant√© communautaire appel√© " Barrio Adentro ". Ce programme, lanc√© avec l’aide d’un peu plus de 1.000 m√©decins cubains, √©tablit des petites cliniques de sant√© communautaire dans les barrios, dans des endroits qui, g√©n√©ralement, ne sont jamais visit√©s par des m√©decins. Le programme fut d’abord lanc√© √ Caracas en tant que projet pilote. Il s’est maintenant r√©pandu √ travers le pays. Apr√®s six mois d’existence, le programme desservait d√©j√ trois millions de V√©n√©zu√©liens, principalement dans la grande m√©tropole de Caracas et aux alentours.

Alors que les habitants des barrios accueillent de mani√®re tr√®s positive ces m√©decins qui font m√™me des visites √ domicile, quelque chose qui n’arrivait jamais avant, l’Association des m√©decins du V√©n√©zu√©la s’√©leva contre le ph√©nom√®ne. Une action fut intent√©e imm√©diatement devant un tribunal contre les m√©decins cubains, s’appuyant sur le fait que ceux-ci ne poss√®dent pas les accr√©ditations exig√©es par la loi v√©n√©zu√©lienne. En juillet 2003, une cour admit la plainte comme fond√©e. Le Ministre de la Sant√©, cependant, dit que la sant√© du public √©tait une plus grande priorit√© qu’une injonction du tribunal et que le gouvernement ne la reconna√ģtrait pas. Maria Urbaneja, la ministre en question, dit que, bien que de nombreux m√©decins v√©n√©zu√©liens se trouvent sans travail actuellement, on n’arrivait pas √ en trouver assez qui veuillent bien travailler dans les barrios. Il existe un plan, cependant, qui a pour but de remplacer progressivement les m√©decins cubains par des V√©n√©zu√©liens, du moins si on en trouve.

-  Mission Miranda - R√©servistes Militaires

L’arm√©e du V√©n√©zu√©la a longtemps √©t√© un endroit o√Ļ les pauvres ont pu trouver une √©ducation et un travail. Cependant, une fois qu’ils quittent l’arm√©e, ils se retrouvent g√©n√©ralement sans emploi. Et donc, par rapport √ cette frange de la population, le gouvernement Ch√°vez a lanc√© la Mission Miranda, d’apr√®s le nom d’un autre h√©ros de l’ind√©pendance, le g√©n√©ral Francisco de Miranda. Cette mission cr√©√© une r√©serve militaire √ partir de ces personnes qui ont servi dans l’arm√©e. Tous ceux qui participent √ ce programme recevront un revenu minimum, une instruction pour former des coop√©ratives et l’opportunit√© de b√©n√©ficier de micro-cr√©dits. Lorsque le programme fut annonc√© le 19 octobre 2003, 50.000 anciens soldats s’√©taient d√©j√ inscrits et 50.000 autres allaient s’adjoindre avant la fin de l’ann√©e. Tous les r√©servistes qui se sont inscrits sont actuellement sans emploi.

L’opposition s’interrogea sur les intentions cach√©es de la Mission Miranda, pr√©tendant que Ch√°vez √©tait en train de se construire une arm√©e parall√®le dont il prendrait directement les commandes. L’id√©e √©tant que Ch√°vez aurait l’intention de militariser le pays et de cr√©er une force arm√©e qui lui serait totalement d√©vou√©e et ce pr√©cis√©ment en vue de sa possible d√©faite lors du r√©f√©rendum. On le soup√ßonne encore de vouloir us√© d’une force arm√©e pour se permettre de conserver le pouvoir, m√™me s’il perd le r√©f√©rendum. Croire ou non √ ces assertions, cela d√©pend du degr√© de machiav√©lisme que l’on attribue au pr√©sident Ch√°vez. A ce jour, cependant, il n’y a aucune indication qui puisse indiquer que Ch√°vez ait l’intention de conserver le pouvoir par la force, s’il √©tait battu lors d’√©lections d√©mocratiques.

-  Mission Mercal - Distribution de nourriture

Enfin, il y a encore la Mission Mercal, qui se pr√©sente comme un r√©seau de distribution de nourriture √ travers tout le pays, et ce √ des taux l√©g√®rement inf√©rieurs au march√©, dans des supermarch√©s soutenus par le gouvernement. Le concept de ce programme est partiellement d√ » √ la gr√®ve g√©n√©rale des employeurs de d√©cembre 2002, dont l’un des effets avait √©t√© la fermeture du r√©seau commercial de distribution de nourriture. Le gouvernement Ch√°vez d√©cida donc d’√©tablir un r√©seau de distribution de nourriture organis√© par l’Etat. Le programme ne d√©marra pas tr√®s rapidement ; en novembre 2003, il n’y avait encore qu’√ peine cent centres √ travers tout le pays. Pour autant, le gouvernement acc√©l√®re la construction de ces supermarch√©s, de sorte que leur nombre devrait doubler en d√©cembre (2003) et atteindre m√™me le nombre de 2000 en f√©vrier 2004.

L’opposition critique ce programme √©galement, bien s√ »r, pr√©tendant que les march√©s Mercal font du tort au secteur priv√©. C’est probablement le cas l√ o√Ļ le march√© Mercal se trouve √ proximit√© de supermarch√©s classiques. Cependant, de m√™me que pour le programme Barrio Adentro, les march√©s Mercal sont cens√©s desservir des localit√©s o√Ļ le secteur priv√© se trouve √™tre absent. Ainsi donc, l’impact que ces march√© auront sur le secteur priv√© ne devrait pas √™tre si grand.

Conclusion

Passant en revue les nombreux programmes qui existent d√©sormais pour combattre la pauvret√© au V√©n√©zu√©la, il est clair que l’impact sur l’√©ducation est le plus manifeste. Les programmes √ court et √ moyen terme sont principalement centr√©s sur celle-ci. Cette id√©e suit tr√®s raisonnablement de nombreuses √©tudes qui ont montr√© que l’√©ducation est l’un des moyens les plus efficaces pour r√©duire la pauvret√©. Cependant, il s’agit √©galement d’une strat√©gie qui exige beaucoup de temps pour qu’elle r√©colte ses fruits. Si, au cours de l’√©tablissement de cette strat√©gie, le gouvernement rencontre √ nouveau une s√©v√®re d√©convenue, comme ce fut le cas lors des ann√©es 2002-2003, ses mesures contre la pauvret√© risquent de n’avoir aucun effet apparent √ court terme.

La pr√©sidence de Ch√°vez est, √ ce jour, √ observer en quatre phases. La premi√®re, 1999, connut une grave r√©cession √©conomique, une r√©forme constitutionnelle et un d√©sastre naturel [17], au cours de laquelle on ne put faire grand chose contre la pauvret√©, √ l’exception de la mise en place du Plan Bolivar 2000. La seconde phase, 2000-2001, fut une p√©riode relativement heureuse, au cours de laquelle, le gouvernement Ch√°vez consolida son pouvoir politique et commen√ßa √ implanter ses programmes de r√©duction de la pauvret√© √ long et √ moyen terme, sur base de r√©formes macro-√©conomiques, de r√©formes urbaines et rurales, de cr√©ations d’√©coles bolivariennes et de soutien aux micro-cr√©dits et aux coop√©ratives. La troisi√®me phase, de d√©cembre 2001 √ mai 2003, fut la plus difficile. Le gouvernement dut affronter des gr√®ves g√©n√©rales d’employeurs, un coup d’Etat manqu√© et la paralysation de l’entreprise la plus importante du pays, celle du p√©trole. Durant cette phase, le pays et le gouvernement souffrirent leurs plus grands revers en terme de r√©duction de la pauvret√©. Il ne fait aucun doute que, avec l’accroissement de l’inflation et du ch√īmage, la pauvret√© a √©galement cr√ ». En outre, peu de ressources ont pu √™tre mobilis√©es dans le cadre des programmes de r√©duction de la pauvret√©.

Mai 2003, pourra-t-on dire, marque le d√©but d’une quatri√®me phase, parce que l’entreprise p√©troli√®re fut remise en place et l’opposition se concentra sur des strat√©gies plus politiques qu’√©conomiques ou militaires pour tenter de se d√©barrasser du pr√©sident Ch√°vez. Au cours de cette phase, le gouvernement put disposer de plus grandes ressources, notamment gr√Ęce √ la hausse du prix du p√©trole, afin de soutenir les mesures √ court terme et de se recentrer sur les strat√©gies √ moyen terme, en particulier les r√©formes urbaines et rurales et l’Universit√© bolivarienne. Combien de temps cette phase durera-t-elle, ceci d√©pend malheureusement avant tout de l’opposition. Si elle joue loyalement le jeu concernant le r√©f√©rendum, le gouvernement sera capable de poursuivre ses programmes existants plus ou moins comme pr√©vu. Pour autant, si l’opposition essaie de provoquer une nouvelle crise, les programmes pourraient s’en retrouver handicap√©s une fois de plus et la pauvret√© continuera de cro√ģtre comme elle l’a toujours fait depuis 20 ans...

Notes:

[1L’Index ou coefficient Gini va de 0, niveau o√Ļ tous les revenus sont identiques, √ 1, niveau indiquant une in√©galit√© compl√®te, tous les revenus √©tant individualis√©s. Source : Francisco Rodriguez (2000), " Factor Shares and Resource Booms : Accounting for the Evolution of Venezuelan Inequality ", in World Institute for Development Economics Research - Research Paper from World Institute for Development Economics Research - Research Paper www.wider.unu.edu/publications/wp205.pdf

[2ibid., p.5.

[3Rodriguez : "Si nos calculs sont corrects, le V√©n√©zu√©la, aujourd’hui, est un des pays o√Ļ les in√©galit√©s sont les plus grandes dans le monde, selon son Index Gini [de 62.6], d√©passant celui de l’Afrique du Sud (62.3) et celui du Br√©sil (61.8).", ibid., p.6.

[4OPEC Statistical Bulletin, 2001.

[5En dollars de 1985. Calculs personnels, bas√©s sur la valeur des exportations du p√©trole (IMF, International Financial Statistics Yearbook 1993), sur la population (Instituto Nacional de Estadistica, Venezuela, www.ine.gov.ve), et du taux d’√©change de 1985 (Banco Central de Venezuela : http://www.bcv.org.ve/).

[6Selon la ligne de pauvret√© bas√©e sur le revenu, utilis√©e par le Projet Pauvret√© de l’Universit√© catholique Andres Bello (Matias Riutort, "El Costo de Eradicar la Pobreza" in Un Mal Posible de Superar, Vol. 1, UCAB, 1999).

[7Kenneth Roberts, "Social Polarization and the Populist Resurgence in Venezuela," p.59, in Venezuelan Politics in the Chávez Era, édité par Steve Ellner and Daniel Hellinger (2002), Lynne Rienner Publishers.

[8Instituto Nacional de Estadistica : www.ine.gov.ve

[9Note du traducteur : Selon une d√©p√™che de la Radio Nacional de Venezuela, le 29 d√©cembre 2003, quelques 2.260.000 hectares de terre auraient √©t√© distribu√©s dans la cadre de ce que l’on appelle au Venezuela la r√©volution agraire.

[10Voir : Hernando de Soto (2000), The Mystery of Capital.

[11http://www.economiasocial.mpd.gov.ve/sistema.html

[12Source : El Mundo, Nov. 4, 2003 (http://www.venezuelanalysis.com/news.php?newsno=1087).

[13Source : Bulletin #56 (October, 2003) du Minist√®re des Finances (http://www.mf.gov.ve/acrobat/Boletin Finanzas Ed.2056.pdf

[14Sur base d’une population en √Ęge d’aller √ l’√©cole primaire de 5 millions (degr√© 1 √ 6 ou √Ęge de 6 √ 13 ans), selon les statistiques de l’Institut National de Statistiques du V√©n√©zu√©la.

[15Voir : 3 A√Īos de la Quinta Republica (http://www.mpd.gov.ve/3 A%D1OS/3AnosdelaVRepublica.pdf).

[16Selon Aló Presidente, #168, du 19 octobre 2003.

[17Le glissement de terrain dans l’Etat de Vargas, qui eut lieu en d√©cembre 1999 et au cours duquel plus de 10.000 personnes perdirent la vie et plus de 150.000 personnes leurs maisons.


En cas de reproduction de cet article, veuillez indiquer les informations ci-dessous:

Source : Venezuelanalisis.com (http://www.venezuelanalisis.com/), 11-11-03.

Traduction : Thierry Thomas, pour le RISAL (http://risal.collectifs.net/)

Les opinions exprimťes et les arguments avancťs dans cet article demeurent l'entiŤre responsabilitť de l'auteur-e et ne reflŤtent pas nťcessairement ceux du Rťseau d'Information et de Solidaritť avec l'Amťrique Latine (RISAL).