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Juillet 2004
Depuis plusieurs années, le paysage social et politique du sous-continent sud-américain a fortement évolué. Chez les Bush, entre le mandat de George H., qui lança L’Initiative pour les Amériques - le futur ALCA - au début des années 90, à l’époque où « l’histoire prenait fin  » et le mandat du fils, George W., quand l’histoire reprend du poil de la bête et que l’on se remet à espérer le changement en Amérique du Sud, on a dà » ressentir le retournement de la conjoncture. Le blocage des négociations sur l’ALCA en témoigne. Ce projet ambitieux d’ « intégration  » des Amériques a une finalité économique et sécuritaire et tout indique qu’il bénéficiera essentiellement aux entreprises transnationales états-uniennes. Il vise à former un grand marché unique de 34 pays « démocratiques  », Cuba en étant exclu.
Cependant, l’Amérique du Sud a pris d’une certaine manière un virage à gauche et l’hégémonie néolibérale semble un peu s’affaiblir. Le déroulement du récent sommet des Amériques de Mar del Plata, en Argentine, les 4 et 5 novembre 2005, semblerait confirmer ce changement.
C’est l’éternelle question de la bouteille à moitié vide ou à moitié pleine. Des 34 pays présents au sommet en Argentine, 29 ont appuyé la Zone de libre-échange des Amériques (ALCA, sigles en espagnol) ou du moins la reprise des négociations. C’est considérable. Mais, en face, les pays qui ont résisté sont les économies parmi les plus importantes du sous-continent : les pays du Mercosur et le Venezuela.
Au sortir du sommet, délégations et commentateurs ont souligné l’échec du projet libre-échangiste impulsé par les EUA. Un échec pourtant tout relatif. Si l’ALCA est le principal symbole du libre-échange sur le continent et est dénoncé depuis des années par la plupart des mouvements sociaux, il ne constitue pourtant pas la seule voie de la dérégulation commerciale.